Chengdu-J-20-VLO-Prototype
17 janvier 2013 par Edouard Maire - info-aviation.com
Le Chengdu J-20 est le premier prototype d’avion de combat furtif développé par la Chine. Le pays a investi des sommes importantes dans ce projet qui marque une étape majeur dans la modernisation de l’Armée de libération du peuple, et de ses capacités de puissance aérienne en particulier.
Cet avion n’est pas le caprice d’un général de la PLAAF, ni un défi technologique de Chengdu Aircraft pour impressionner les Occidentaux. Le J-20 est conçu dans un esprit stratégique : un avion de grande taille, d’une longue portée, agile et avec une capacité importante d’armes dans ses soutes internes. Sa vocation est d’être projeté non seulement au large des côtes chinoises, mais a aussi dans le monde. Son succès en mission dépend de sa furtivité face aux radars ennemis et notamment face à ses principaux rivaux : le F-22 Raptor américain et le PAK FA T-50 russe.
Les Chinois ont-ils réussi à répondre à ces critères de conception ? En juillet 2011, le Docteur Michael Pelosi et le Docteur Carlo Kopp ont publié une évaluation préliminaire et spéculative de la performance de la furtivité du Chengdu J-20 à travers une large gamme de fréquences radar.
Elle s’appuie sur des simulations utilisant un algorithme de simulation physique optique effectuées sur des fréquences de 150 MHz, 600 MHz, 1,2 GHz, 3,0 GHz, 6,0 GHz, 8,0 GHz, 12,0 GHz, 16,0 GHz et 28 GHz sans un revêtement absorbant et pour des fréquences de 1,2 GHz, 3,0 GHz, 6,0 GHz, 8,0 GHz, 12,0 GHz, 16.0 GHz avec un revêtement absorbant, couvrant tous les aspects angulaires de la cellule.
Représentation polychrome (PCSR) du J-20 sur une fréquence radar de 150 MHz à bande VHF (très haute fréquence) utilisée par les radars à très longue portée (exemple : détection de missile balistique). Plus la température de couleur est chaude et plus la signature radar est élevée.
Ces simulations ont révélé que si le J-20 conserve les buses de vectorisation axisymétriques et des flancs adoucis, l’avion pourrait au mieux livrer une faible signature radar essentiellement à l’avant grâce à son nez angulaire très proche de celui du F-22 Raptor.
Dans une interview accordée au Wall Street Journal, Richard Aboulafia, analyste de l’aviation pour Teal Group, une firme aérospatiale et de défense, a déclaré que la Chine est encore loin de pouvoir produire des avions furtifs.
« Le J-20 est une vision de l’avenir furtif chinois. Son allure et sa forme rappellent celles du F-22, mais lorsque vous regardez l’avion en détails, vous vous rendez compte qu’il s’agit juste d’un avion bricolé. Prenez, par exemple le plan canard: les ailes sont étroites sur le nez de l’avion pour assurer sa maniabilité. Il n’y a pas de meilleure façon de garantir une réflexion radar que l’ajout de canards à l’aéronef. ». Il ajoute : « Il est tout à fait possible que, dans 10 ans les Chinois produisent un avion équivalent au F-22, mais d’ici là, l’Occident aura également franchi une étape supplémentaire », conclue t-il.

