02/07/2011, AEROCONTACT
STRASBOURG, 1er juillet (Reuters) - L'Eurocorps, embryon d'une future armée européenne, coûte moins à la France qu'il ne lui rapporte, ont affirmé vendredi ses responsables à Strasbourg, à l'occasion d'une passation de commandement.
La Cour des comptes avait dénoncé dans son rapport 2011 le coût des huit corps militaires européens, dont l'Eurocorps, en soulignant que ces unités passaient plus de temps à s'entraîner que sur des théâtres d'opération.
"Oui, nous avons besoin de nous entraîner", a affirmé le nouveau chef du corps européen, le général français Olivier de Bavinchove, lors d'une conférence de presse.
Le général allemand Hans-Lothar Domröse, qui lui cédait le commandement, a insisté sur la nécessité de former les armées européennes à travailler sous commandement multinational, tel que celui de l'Eurocorps.
"Je ne vois pas une seule nation dans le monde qui serait capable de faire face, seule, aux menaces actuelles", a-t-il dit.
Lorsqu'une unité française s'entraîne avec l'Eurocorps, la France ne paye pas plus que sa contribution initiale au budget de 12 millions d'euros, pour une unité de 1.700 soldats basés à Strasbourg, a-t-il souligné.
Cette quote-part, calculée au prorata du nombre de militaires qu'y envoie chaque pays, représente 34% pour la France, 27% pour l'Allemagne, 20% pour l'Espagne, 16% pour la Belgique et 4% pour le Luxembourg.
"Pour chaque euro que la France dépense, elle reçoit trois euros", a résumé le général allemand.
L'Eurocorps, dont la création a été actée en 1992 par le président français François Mitterrand et par le chancelier allemand Helmut Kohl, "est en réalité un quartier général très bon marché", a acquiescé Olivier de Bavinchove.
(Gilbert Reilhac, édité par Patrick Vignal)
