photo Armée de l'Air
20/07/2011 AEROCONTACT
Les Emirats arabes unis (EAU) constituent aujourd'hui la meilleure chance pour la France de conclure à court terme un contrat d'exportation d'avions Rafale, a estimé mercredi le ministre de la Défense, Gérard Longuet.
Dassault Aviation n'a pas réussi jusqu'ici à placer à l'étranger cet appareil polyvalent réputé l'un des plus performants du monde mais aussi l'un des plus chers, qui équipe l'armée de l'air et les forces aéronavales françaises.
"C'est un matériel qui a fait ses preuves", a déclaré Gérard Longuet lors d'une rencontre avec des journalistes.
"Mais les pays ont des problèmes budgétaires - c'est le cas du Brésil. Ils peuvent avoir des problèmes politiques - c'est le cas de l'Inde", a-t-il ajouté. "Il reste les Emiratis, avec lesquels les négociations sont avancées."
Selon le ministre de la Défense, les EAU n'exigeraient plus aujourd'hui des réacteurs plus puissants, ce qui constituait jusqu'à récemment une des conditions posées par les Emiratis pour acheter l'avion français.
Gérard Longuet y voit notamment le fruit de l'intervention de Rafale dans les frappes aériennes opérées depuis mars contre les forces de Mouammar Kadhafi en Libye.
"Le caractère opérationnel et polyvalent du Rafale est affirmé chaque jour par ces interventions", a-t-il dit. "Le théâtre libyen apporte la démonstration que la motorisation actuelle est parfaitement pertinente."
Les EAU discutent depuis 2008 avec Dassault de l'achat de 60 Rafale pour un montant d'environ 10 milliards de dollars, pour remplacer leur flotte de Mirage 2000 achetés en 1983.
DÉCISION BRÉSILIENNE REPORTÉE À 2012
Au Brésil, où Gérard Longuet se trouvait à la fin de la semaine dernière, la priorité du gouvernement brésilien est la marine et les sous-marins et il est hautement improbable qu'une décision sur l'achat d'avions de combat intervienne en 2011, a précisé le ministre français de la Défense.
"Le Rafale n'est pas exclu mais c'est la décision qui n'est pas pour l'instant au coeur des préoccupations de la présidente Dilma Rousseff", a-t-il dit.
Le président Nicolas Sarkozy avait cru pouvoir annoncer, lors d'une visite au Brésil, que son homologue brésilien de l'époque, Luiz Inacio Lula da Silva, avait décidé de doter l'armée de l'air brésilienne de Rafale.
Mais Lula a cédé la place à Dilma Rousseff début 2011 sans que cette annonce reçoive un début de concrétisation.
Le ministre brésilien de la Défense, Nelson Jobim, a déclaré le 9 juillet que le Brésil ne réexaminerait pas avant début 2012 son appel d'offres en vue de l'achat d'avions de combat, pour lequel le Rafale est en concurrence avec le F-18 américain de Boeing et le Grippen suédois de Saab.
"La principale nécessité pour nous, ce sont les transferts de technologies", a néanmoins dit Nelson Jobim. Transferts que la France a promis d'accorder "sans limite" au Brésil.
Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, Dilma Rousseff travaille cependant à rapprocher le Brésil des Etats-Unis.
L'Inde a pour sa part présélectionné fin avril le Rafale et le Typhoon du consortium européen Eurofighter pour un contrat de 126 avions de combat.
Gérard Longuet se dit confiant dans la préférence de l'état major indien pour le Rafale et un choix technique plutôt que politique. "Donc c'est plutôt de bon augure", estime le ministre, qui voit là aussi un effet Libye.
