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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 07:59
Hollande a nommé tous les patrons du renseignement français

25/06/2013 Par Jean Guisnel  / Défense ouverte  - Le Point.fr

 

On sait le poids d'une nomination présidentielle. Tous les chefs de services de renseignements désignés par Sarkozy ont été remplacés.

 

Il aura fallu 13 mois à François Hollande pour nommer personnellement les directeurs des principaux services de renseignements français, mais cette tâche est désormais pratiquement terminée. Patrick Calvar à la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) et Bernard Bajolet à la DGSE (Direction générale des services extérieurs) lui doivent personnellement leur poste. Tout comme le directeur du renseignement militaire (DRM) Christophe Gomart et le coordonnateur national du renseignement, l'ancien préfet de la Corrèze Alain Zabulon, ces deux derniers ayant été nommés la semaine dernière en conseil des ministres.

 

Pour que le dispositif des rouages du renseignement "hollandais" soit complet, il faudra attendre la nomination du successeur de Francis Delon, le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale. Recordman de longévité en poste (depuis 2007), il paraît peu vraisemblable qu'il soit remplacé avant que la rédaction du projet de loi de programmation militaire, dans laquelle il joue un rôle actif, soit terminée. Le titulaire de ce poste dépendant du Premier ministre a entre autres en charge la protection informatique de l'État, le secrétariat des conseils de défense et celui de la CIEEMG (Commission interministérielle pour l'étude des exportations de matériels de guerre). Deux personnalités demeurent citées depuis plusieurs mois pour succéder à Francis Delon, dont l'ancien ambassadeur Dominique de Combles de Nayves, aujourd'hui avocat d'affaires au cabinet August & Debouzy. François Hollande demeurerait hésitant entre ce dernier et conseiller à la Cour des comptes, ancien collaborateur de Lionel Jospin à Matignon et animateur du think tank socialiste Orion, Louis Gautier. Aux dernières nouvelles, les actions de Gautier seraient en baisse et celles de Combles de Nayves, en hausse. Bref, rien n'est joué !

 

Redistribution des cartes

 

Pour l'heure, la communauté du renseignement assiste à une forme de redistribution des cartes. Elle voit dans le fait que Bernard Bajolet (DGSE) tutoie François Hollande et échange en permanence des SMS avec lui une preuve de la reprise en main personnelle du service par le chef de l'État, au détriment du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et de son entourage. Et tout le monde attend au tournant Alain Zabulon, dont le rôle est essentiel dans le dispositif, mais qui, peu expérimenté en matière de renseignement, ne possède pour seule richesse que son expérience préfectorale. La petite équipe qui travaillait avec son prédécesseur Ange Mancini sait que des changements vont intervenir. Déjà, le colonel Thierry Burkhard a été proposé par l'état-major des armées - candidature retenue ! - pour succéder à l'actuel adjoint militaire du CNR (Centre national du renseignement), le général Hubert de Reviers de Mauny. Il rejoindra son nouveau poste à la fin de l'été.

 

Le départ de l'administrateur civil Jérôme Poirot est également programmé. Des successeurs potentiels ont été contactés, dont le collaborateur parlementaire de Jean-Jacques Urvoas, député socialiste du Finistère et président de la commission des Lois de l'Assemblée nationale. Ce jeune docteur en science politique, Floran Vadillo, a décliné l'offre. Pour l'heure, il privilégie aux côtés d'Urvoas la préparation de la future loi sur le renseignement. Sans autre commentaire, il a confirmé au Point n'être pas candidat au CNR.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 10:55
Exercice Chamborant 2013 : au cœur du renseignement

21/06/2013 Sources : 2e RH Armée de Terre

 

Du 27 mai au 06 juin 2013, le 2e Régiment de Hussards s’est entraîné dans la région de Chaumont à l’occasion de l’exercice Chamborant. 160 militaires regroupés dans deux détachements de recherche humaine (DETREHUM) étaient présents. Composés de patrouilles de recherche profonde et d’équipes de recueil de l’information, renforcés d’une Field Humint Team Néerlandaise et d’une patrouille d’appui électronique, ils ont renseigné sur la manœuvre et les intentions d’un adversaire non conventionnel constitué de 135 militaires et civils.

 

« Au travers d’un scénario d’une grande richesse, l’exercice Chamborant a mis nos patrouilles de recherche profonde et nos équipes de recueil de l’information à rude épreuve en les confrontant à un rythme d’engagement très soutenu et à des situations complexes mais réalistes. Elles en ressortent grandies et confirmées dans leur aptitude à être déployées très prochainement en opérations extérieures », nous précise le chef renseignement du bureau organisation instruction (CRBOI)

 

A l’instar de nombreux théâtres sur lesquels le régiment est projeté, les deux DETREHUM, commandés par un poste de commandement BRM (Bataillon de Renseignement Multicapteurs), avaient pour mission d’appuyer une brigade interarmes française, intégrée à une force internationale de stabilisation. Agissant dans le cadre d’une résolution de l’ONU, à la demande d’un état allié, cette force avait pour mandat de contrôler l’une de ses provinces, ayant fait l’objet d’une invasion par les troupes d’un état voisin belliqueux et de préparer son engagement dans une seconde province toujours occupée par ce dernier.

 

Ayant le possibilité d’agir à la fois dans une province relativement permissive et dans une autre tenue par l’ennemi, les DETREHUM ont ainsi mis en application l’ensemble des modes d’action maîtrisés par les patrouilles de recherche profonde et les équipes de recueil de l’information de manière furtive, discrète et ouverte. Plus d’une quarantaine de missions de reconnaissance et de surveillance furent ainsi effectuées sur des camps d’entrainement, des positions d’artillerie ou encore des sites servant à des facilitateurs. Certaines de ces missions donnèrent lieu à des actions de désignation dans la profondeur au profit d’avions de chasse. Cent cinquante entretiens furent également réalisés auprès d’une quarantaine de sources. En outre, les équipes de recueil mirent en pratique leurs savoir-faire en matière d’interrogation de personnes capturés.

 

Cet exercice permis d’intégrer pour la première fois des personnels issus de quatre batteries de renseignement de brigade.

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 21:20
NSA Chief Urges Public Debate of Surveillance

June 14, 2013 defense-aerospace.com

(Source: US Department of Defense; issued June 13, 2013)

 

NSA Chief Urges Public Debate of Terrorist Surveillance

 

WASHINGTON --- Now that the existence of classified National Security Agency data-gathering efforts have been leaked to the public, the head of U.S. Cyber Command and NSA said yesterday he wants the public to understand the programs “so they can see what we’re doing and what the results of it are.”

 

Among the results, Army Gen. Keith B. Alexander told the full Senate Appropriations Committee, is the disruption or contributions to the disruption in the United States and abroad of “dozens of terrorist events.”

 

Alexander testified along with interagency partners from the Homeland Security Department, the FBI and the National Institute of Standards and Technology during a hearing that U.S. Sen. Barbara Mikulski of Maryland, the committee chair, convened to discuss preparing for and responding to the enduring cyber threat.

 

But several senators -- given their first chance to question Alexander since NSA contractor Edward Snowden leaked information to newspapers June 6 about classified surveillance practices -- abruptly asked about the leaks and about legislation authorizing the practices.

 

In his leaks to the media, Snowden described two NSA surveillance programs authorized by the Foreign Intelligence Surveillance Act, which Congress created in 2008. Section 702 of FISA authorizes access to records and other items of foreign targets located outside the United States under court oversight.

 

Section 215 of the Patriot Act broadened FISA to allow the FBI director or another high-ranking official there to apply for orders to produce telephone records, books and other materials to help with terrorism investigations.

 

Revelations about the programs have launched a debate nationwide about privacy, because Section 215 allows NSA to collect something called metadata -- information about call length and connections -- for phone calls that occur inside the United States and between the United States and other countries.

 

“These authorities complement each other in helping us identify different terrorist actions and … disrupt them,” Alexander told the senators. “If you want to get the content [of the phone calls], you'd have to get a court order. In any of these programs … we [need] court orders for doing that, with oversight by Congress, by the courts and by the administration.”

 

Some of the senators asked for details about terrorism cases that the NSA surveillance programs have helped, and Alexander named a few but said he intended to bring a classified list of them to today’s closed session of the Senate Select Committee on Intelligence.

 

But Alexander said he also wanted to provide an unclassified version -- if he could make that happen, he said -- this week that could be released to the public.

 

“I think this is an area where we have to give [Congress and the American people] the details. They need to understand it so they can see what we're doing and what the results of it are,” he added.

 

“We all had this concern coming out of 9/11 -- how are we going to protect the nation,” the general said, “because we did get intercepts on [Khalid Muhammad Abdallah al-Mihdhar], but we didn't know where he was. We didn't have the data collected to know that he was a bad person.”

 

Mihdhar was one of five hijackers of American Airlines Flight 77 who flew that aircraft into the Pentagon as part of the Sept. 11, 2001, attacks.

 

“Because he was in the United States,” Alexander continued, “the way we treated it [then] is that he's a U.S. person, so we had no information on him. If we didn't collect that [information] ahead of time, we couldn't make those connections.”

 

Now through its surveillance programs, the NSA creates a set of telephone metadata from all over the United States, and only under specific circumstances can officials query the data, he said.

 

“And every time we do, it's auditable by the [congressional] committees, by the Justice Department, by the court and by the administration,” Alexander said. “We get oversight from everybody on this.”

 

The collection of U.S. telephone metadata is one of the elements that should be debated nationally, Alexander said, but he described why it was helpful in terrorism cases to do so.

 

“Let's take Mihdhar,” he said. “[Congress] had authorized us to get Mihdhar's phones in California, but Mihdhar was talking to the other four teams [in other parts of the country].

 

“Today, under the business-record FISA, because we had stored that data in the database, we now have what we call reasonable, articulable suspicion. We could take that [phone] number and go backwards in time and see who he was talking to,” the general continued. “And if we saw there were four other groups, we wouldn't know who those people were -- we'd only get the numbers. We'd say, ‘This looks of interest,’ and pass it to the FBI. We don't look at U.S. identities. We only look at the connections.”

 

Alexander said he would like to see a nationwide debate on such topics for a couple of reasons.

 

“I think what we're doing to protect American citizens here is the right thing,” he said. “Our agency takes great pride in protecting this nation and our civil liberties and privacy, and doing it in partnership with this committee, with this Congress, and with the courts. We aren't trying to hide it. We're trying to protect America, so we need your help in doing that. This isn't something that's just NSA or the administration. … This is what our nation expects our government to do for us.”

 

Alexander said he’s not the only official involved in getting information declassified, but added, that if he can make it happen, he will.

 

“I do think what we're doing does protect American civil liberties and privacy,” he told the Senate panel. “The issue is [that] to date, we've not been able to explain it, because it's classified, so that issue is something we're wrestling with.”

 

“How do we explain this and still keep the nation secure?” he asked. “That's the issue that we have in front of us.”

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 23:38
La vaguemestre du renseignement US

Nicolas Gros-Verheyde - (BRUXELLES2)

 

La Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité fait apparemment plus confiance aux renseignements US qu’à ses Etats membres. Le communiqué qu’a publié Catherine Ashton vaut d’être cité intégralement. Car il se suffit elle-même…

 

Washington et les “autres”

 

“I saw with great concern the statement released on 13 June by the White House. This presents new indications by the US intelligence services that the Assad regime has used chemical weapons against opposition forces in Syria. This assessment, combined with others that have been circulated, makes even more urgent our repeated calls for an agreement to immediately deploy a UN verification mission to investigate these allegations on the ground.
At the same time, these developments can only reinforce the importance of a political solution and should accelerate the efforts of the international community to find a definitive political solution to the conflict. It is urgent to advance the political process, starting with the convening of the planned peace conference on Syria. The EU will contribute to its success in every possible way.
The next Foreign Affairs Council will examine the overall situation and recent developments in Syria, of which the alleged chemical attacks are an important factor.”

Suite de l'article

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 22:20
US leaker Snowden under criminal investigation: FBI

June 14, 2013 thehindubusinessline.com (PTI)

 

Washington, Jun 14: The United States has launched a criminal investigation and is taking “all necessary steps” to prosecute Edward Snowden for exposing secret US surveillance programmes, the FBI director said yesterday.

 

“As to the individual who has admitted to making these disclosures, he is the subject of an ongoing criminal investigation,” FBI Director Robert Mueller told the House Judiciary Committee.

 

“These disclosures have caused significant harm to our nation and to our safety. We are taking all necessary steps to hold the person responsible for these disclosures,” he said.

 

The FBI chief’s comments offered the first explicit confirmation that the US Government was pursuing Snowden, the 29-year-old American IT specialist who has admitted to leaking information about far-reaching surveillance programs.

 

Snowden, who worked as a subcontractor handling computer networks for the National Security Agency, is now in Hong Kong, where he has vowed to contest any US attempt to extradite him.

 

Mueller defended the collection of American phone records and Internet traffic as legal programs that were approved by a judge and were in accordance with the Constitution.

 

He added that the Government was determined to safeguard privacy rights and civil liberties even as it seeks to prevent possible terrorist attacks on the United States.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 16:20
Edward Snowden - The Guardian Glenn Greenwald Laura Poitras Handout

Edward Snowden - The Guardian Glenn Greenwald Laura Poitras Handout

14/06/2013 Par Lucie Ronfaut - LeFigaro.fr

 

Pas besoin de matériel sophistiqué pour répandre les secrets de la Défense américaine. Les autorités ont révélé jeudi qu'Edward Snowden, le technicien à l'origine du scandale d'espionnage impliquant la CIA et la National Security Agency (NSA), avait volé des informations ultraconfidentielles à l'aide d'une simple clé USB. D'après le Los Angeles Times , les enquêteurs savent à présent combien de documents ont été dérobés ainsi que leur provenance exacte. Une information qu'ils n'ont néanmoins pas rendu publique.

 

Un technicien bien informé

Edward Snowden travaillait pour la NSA à Hawaï depuis un mois lorsqu'il a dérobé ces documents. Il les a transportés à l'aide de quatre ordinateurs portables jusqu'à Hongkong, où il se cache aujourd'hui. Le jeune homme de 29 ans a ensuite informé les journaux The Guardian et The Washington Post de l'existence du programme secret Prism. La NSA utiliserait ce dernier afin d'espionner les communications des citoyens sur Internet.

Le travail d'Edward Snowden, administrateur systèmes, lui donnait un accès facile au réseau des ordinateurs de la NSA. D'après le Los Angeles Times, le technicien savait parfaitement comment échapper au contrôle opéré afin d'éviter tout téléchargement illégal de documents officiels. Parmi les informations qu'il a dérobées, on trouve une présentation PowerPoint sur le fonctionnement du programme Prism, normalement destinée aux employés de la NSA.

 

Les clés USB inquiètent le Pentagone

Ce n'est pas la première fois que les services de Défense américains sont victimes de l'utilisation frauduleuse de clés USB. En 2008, les systèmes informatiques du Pentagone avaient été infectés par un virus. À l'origine du programme malveillant, un soldat ayant utilisé une clé USB qu'il avait auparavant branchée dans un cybercafé en Afghanistan. En conséquence, on avait interdit aux employés d'utiliser des supports de stockage amovibles lorsqu'ils étaient connectés sur les systèmes informatiques du département de la Défense. L'interdiction avait ensuite été partiellement levée en 2010. Quelques mois plus tard, le soldat Bradley Manning téléchargeait et transmettait au site WikiLeaks plus d'un millier de documents classés confidentiels à l'aide d'un CD-ROM ... et d'une clé USB.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 07:30
Ecoutes FBI et NSA. Experts israéliens au coeur du scandale Prism ?

Jun 11 IsraelValley Desk | Défense

 

La révélation de l’accès du FBI et de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) aux infrastructures de neuf géants américains d’Internet est troublante. Le programme Prism, révélé par le Washington Post, serait un outil permettant aux services de renseignement américain d’accéder aux données des personnes situées à l’étranger, qui ne sont pas protégées par la loi américaine contre les consultations sans ordonnance.

 

Samuel Guedj (article publié par Le Monde Juif) : "Potentiellement, ce sont les données de l’ensemble des utilisateurs mondiaux d’AOL, Apple, Facebook, Google (et YouTube), Microsoft (et Skype), PalTank et Yahoo qui sont concernées. Deux d’entre eux (Facebook et Google) ont démenti avoir des « portes dérobées » dans leurs services, qu’ils ont aussi refusé d’installer au Royaume-Uni fin avril. Apple affirme ne pas connaître ce programme.

 

La NSA aurait embauché deux sociétés israéliennes secrètes au cœur des écoutes électroniques du réseau de télécommunications américain. X (nom publié dans la presse américaine) et Y (nom publié dans la presse américaine), deux noms au cœur du scandale FBI-NSA qui fait trembler l’Amérique.

 

Les firmes israéliennes ont été fondées en Israël dans les années 1990. Les deux sociétés offrent des capacités de contrôle des informations pour les fournisseurs de services et les organismes gouvernementaux. Ces sociétés israéliennes peuvent donc accéder et conserver de grandes quantités d’informations sur un grand nombre de cibles. Ces deux sociétés sont dirigées par d’anciens officiers militaires israéliens de la très mystérieuse Unité 8200".

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 07:20
Des dizaines d'actes terroristes déjoués par la surveillance, selon la NSA

12 juin 2013 Romandie.com (AFP)

 

WASHINGTON - Les programmes de surveillance électronique et téléphonique de l'Agence de sécurité nationale (NSA) américaine ont contribué à empêcher des dizaines d'actes terroristes, a affirmé mercredi le directeur de l'Agence, le général Keith Alexander.

 

Il s'agit de dizaines d'actes terroristes que (ces programmes) ont contribué à empêcher (...) ici et à l'étranger, a-t-il déclaré lors d'une audition au Sénat américain, en précisant qu'il espérait rendre public le chiffre exact d'ici une semaine.

 

C'est mon intention, je pousse pour y parvenir, peut-être plus tôt, a-t-il dit. Je veux que les Américains sachent que nous sommes transparents.

 

Selon l'espion en chef des Etats-Unis, le programme d'interception des communications d'internet baptisé PRISM a notamment joué un rôle crucial pour déjouer le projet d'attentat du métro de New York, en 2009, par le jeune Afghan Najibullah Zazi.

 

Non seulement il a été crucial, mais c'est grâce à lui que nous développé la piste. C'est lui qui nous a permis de savoir ce qu'il se passait, a-t-il justifié, en évoquant l'article 702 d'une loi votée en 2008 par le Congrès et qui encadre la surveillance d'internet.

 

Le patron de la NSA a fermement défendu ses programmes en rappelant qu'ils étaient strictement encadrés par la justice et le Congrès.

 

Etant donné la nature de notre travail, bien sûr, peu de personnes en dehors des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire peuvent connaître les détails de ce que nous faisons ou voir que nous fonctionnons tous les jours selon des règles strictes, et que nous rendons des comptes dans le cadre d'un des régimes de supervision les plus rigoureux du gouvernement, a-t-il écrit dans une déclaration déposée devant la commission du Sénat.

 

Tout dépend de la confiance. Nous fonctionnons de façon à conserver la confiance des Américains car cette confiance est une exigence sacrée, y explique-t-il. Nous ne voyons pas de compromis entre sécurité et liberté. Ce n'est pas un choix, et nous pouvons et devons accomplir les deux simultanément.

 

Sa participation à cette audition, prévue depuis longtemps et consacrée à la cybersécurité, intervient six jours après les révélations sur deux programmes secrets de surveillance téléphonique et électronique, aux Etats-Unis et à l'étranger.

 

Ces programmes hautement secrets ont été dévoilés par Edward Snowden, un ex-consultant informatique de la NSA, qui s'est réfugié à Hong-Kong avant de transmettre des documents au Washington Post et au Guardian.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 20:20
La NSA défend la légalité des programmes de surveillance américains

12 juin 2013 Romandie.com (AFP)

 

WASHINGTON - Le général Keith Alexander, directeur de l'Agence nationale de sécurité (NSA), a défendu mercredi la légalité des vastes programmes de surveillance américains révélés la semaine dernière, en rappelant qu'ils fonctionnaient sous supervision rigoureuse.

 

Etant donné la nature de notre travail, bien sûr, peu de personnes en dehors des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire peuvent connaître les détails de ce que nous faisons ou voir que nous fonctionnons tous les jours selon des règles strictes, et que nous rendons des comptes dans le cadre d'un des régimes de supervision les plus rigoureux du gouvernement, devait-il dire devant une commission du Sénat américain, selon le texte de sa déclaration transmis à la presse au début de son audition.

 

Tout dépend de la confiance. Nous fonctionnons de façon à conserver la confiance des Américains car cette confiance est une exigence sacrée, devait-il expliquer. Nous ne voyons pas de compromis entre sécurité et liberté. Ce n'est pas un choix, et nous pouvons et devons accomplir les deux simultanément.

 

Il y a de multiples mécanismes de supervision en place, devait-il ajouter.

 

La participation de l'espion en chef américain à cette audition, prévue depuis longtemps et consacrée à la cybersécurité, intervient six jours après les révélations sur deux programmes secrets de surveillance téléphonique et électronique, aux Etats-Unis et à l'étranger.

 

Ces programmes hautement secrets ont été dévoilés par Edward Snowden, un ex-consultant informatique de la NSA, qui s'est réfugié à Hong-Kong avant de transmettre des documents au Washington Post et au Guardian.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 13:55
Jean-Jacques Urvoas : "L'efficacité du renseignement n'est pas dissociable de son contrôle"

10/06/2013 Propos recueillis par Jean Guisnel / Défense ouverte - Le Point.fr

 

Alors que François Hollande vient d'annoncer plusieurs mesures issues d'un rapport parlementaire, son auteur revient sur les motifs de ces changements, qui n'étaient pas attendus aussi vite.

 

Député du Finistère et président de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, le socialiste Jean-Jacques Urvoas est un chaud partisan d'une réforme des services de renseignements, et notamment de leur contrôle. Récent auteur d'un rapport sur "l'évaluation du cadre juridique applicable aux services de renseignements", il est l'un des inspirateurs des mesures annoncées lundi par l'Élysée. Interview.

 

 

Le Point.fr : Le chef de l'État vient d'annoncer une série de mesures que vous préconisez dans votre rapport sur les services de renseignements. Qu'en pensez-vous ?

 

Jean-Jacques Urvoas : Je n'ai pas évoqué ce sujet avec le président de la République, mais j'ai pris soin d'adresser le rapport au coordonnateur national du renseignement, son collaborateur direct selon le décret de 2009. Je crois que nos préconisations ont été examinées avec bienveillance, dans la mesure où le chef de l'État a réuni pour la première fois le conseil national du renseignement pour annoncer une extension des prérogatives de la délégation parlementaire au renseignement, la publication partielle de la stratégie nationale du renseignement, la modernisation des ressources humaines et techniques des services de renseignements et la création d'une inspection du renseignement, autant de propositions formulées dans le rapport. François Hollande marque donc son intérêt pour la thématique, et je suis heureux d'avoir apporté ma pierre à l'édifice qu'il commence à bâtir.

 

Quel accueil votre rapport avait-t-il reçu de la part des services de renseignements ?

 

À l'origine, la démarche n'avait pas recueilli un assentiment unanime. J'avais même noté une prudence inquiète dans la composante militaire du monde du renseignement. On s'y demandait, en substance, comment un béotien pouvait se risquer à traiter un tel sujet. Le caractère néophyte des rapporteurs suscitait une certaine réserve. Notre travail, la dimension consciencieuse de nos travaux ont cependant permis de faire tomber des barrières. Ce rapport était attendu. Il a été reçu par les services comme un point d'appui utile. Les directeurs des trois principaux services (DGSE, DCRI, DRM) ont eu l'amabilité de nous faire savoir que notre travail recelait des pistes dont ils souhaitaient la concrétisation.

 

Et quelles ont été les réactions au gouvernement ?

 

Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ont manifesté leur intérêt pour nos propositions. Du côté de la défense nationale, le silence a prévalu. Les organisations syndicales de policiers ont manifesté une forme de consensus. À ce stade, le rapport apparaît comme un élément du débat. C'est un premier succès pour une démarche nouvelle.

 

Dois-je comprendre que, du côté de la défense, l'accueil a été mitigé ?

 

Il est vrai que, dans les armées, l'accueil, sans être mitigé, s'est révélé plus prudent. Je trouve cohérent que les acteurs du renseignement extérieur se montrent inquiets lorsqu'on parle loi, contrôle, régulation. Au début, on m'avait dit que le renseignement extérieur ne pouvait être touché par cette démarche de légalisation. Ce qui est évident... Nous écrivons bien dans le texte que le cadre national est concerné par nos propositions. Mais la DGSE peut trouver une indéniable légitimation dans la reconnaissance législative de la spécificité de ses missions mais également dans le contrôle que nous proposons de mettre en place, et notamment le contrôle parlementaire.

 

Dans l'éternel équilibre à définir entre la sécurité de l'État et la liberté des citoyens, n'avez-vous pas privilégié le premier de ces enjeux ?

 

Ma position est très claire : aucun moyen ne peut être octroyé aux services de renseignements sans qu'un contrôle démocratique s'assure de son usage démocratique, légal et proportionnel. Certes, le rapport préconise de doter les services de nombreux nouveaux outils (assortis d'une pluralité de contrôle,) car ma principale principale découverte en conduisant ces travaux a résidé dans la découverte de l'incroyable faiblesse des moyens des services face aux menaces dantesques auxquelles ils sont confrontés. Alors même que les citoyens les imaginent tout-puissants, potentiellement liberticides, fondamentalement intrusifs et dénués de tout respect pour la vie privée, j'ai découvert une réalité bien différente ! On attend des services, notamment intérieurs, la sanctuarisation du territoire national. L'un des objectifs du rapport consiste à faire prendre conscience de la fragilité des outils actuels, de la nécessité de les renforcer, tout en instituant un contre-pouvoir performant. On entend parfois que, pour ce qui touche à l'encadrement des services, l'alternative se situe entre l'illégalité et le contrôle par les juges. Je persiste à penser que, par le biais d'une autorité administrative indépendante, on peut parvenir à concilier la protection de la vie privée et une efficacité accrue des organisations.

 

Notre entretien se déroule alors qu'aux États-Unis la polémique fait de nouveau rage sur les intrusions de la NSA dans la vie des citoyens. Qu'en pensez-vous ?

 

Ce débat est sain, et je me félicite qu'il existe. Le pire serait l'absence de toute confrontation ou enquête. Il faut tout faire pour éviter qu'un sentiment d'ivresse s'empare de ceux qui sont pourvus de larges moyens d'action en matière de surveillance électronique. L'efficacité du renseignement n'est pas dissociable de son contrôle. Toutefois, je serais, pour ma part, hostile à ce que l'on se contente de considérer que la solution réside dans un accroissement du contrôle parlementaire. Ce serait un alibi, car le Parlement ne pourra jamais encadrer les outils techniques du renseignement. Ceux-là même qui permettent aux services américains de se montrer de plus en plus intrusifs, tandis que les moyens de contrôle ne suivent pas : le droit court toujours après la technique.

 

C'est pourquoi vous proposez la mise en place en France d'une CCAR (commission de contrôle des activités de renseignements) ?

 

Mais bien sûr ! Nous avons un modèle unique au monde : l'autorité administrative indépendante. J'ai le plaisir et le privilège de siéger dans l'une d'entre elles : la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS). Elle démontre au quotidien une efficacité reconnue par tous les services. Je ne comprendrais pas que l'on ne tente pas de s'inspirer de ce modèle pour éviter de tomber dans les dérives que connaissent les États-Unis aujourd'hui.

 

Dans votre rapport, vous parlez peu de l'utilisation frauduleuse par des officines d'espionnage privé des moyens détenus légitimement par l'État. N'est-ce pas pourtant un grave souci ?

 

Le rapport contient deux éléments de réponse à votre question. Le premier réside dans le rappel que le renseignement est un monopole d'État. Avec l'adoption d'une loi, cette mention restreindrait considérablement l'éventail des moyens déployés par ces officines qui aujourd'hui ne sont pas suffisamment encadrées. Par ailleurs, il est indispensable de construire un véritable contrôle hiérarchique au sein de notre appareil de renseignements. Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'existent la "tricoche" et d'autres procédés frauduleux assimilés. Tout cela pourrait d'ores et déjà être sévèrement sanctionné, pour peu que quelqu'un veuille se donner la peine de s'y intéresser d'un peu plus près. Il n'est rien besoin d'inventer ! On peut même trouver aisément les traces et les origines de ces fraudes grâce à l'informatique. Simplement, il n'existe pas dans les services de moyens humains suffisamment rompus aux procédures et détachés de l'institution pour ne pas être juges et parties. L'inspection des services de renseignements, que nous proposons, aurait aussi pour mission de traquer ces déviances ! La création d'un canal d'audit et d'enquête me paraîtrait fort utile par les temps qui courent.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:55
L'Elysée crée une inspection des services du renseignement

10/06 lesechos.fr

 

L'Elysée a annoncé lundi la création d'une inspection des services de renseignement, à l'issue d'une réunion du Conseil national du renseignement présidée par François Hollande. « La création d'une inspection des services de renseignement permettra au gouvernement de consolider le contrôle et l'évaluation sur la politique du renseignement et les services qui en ont la charge », a indiqué la présidence dans un communiqué .

 

Cette mesure avait été proposée à la mi-mai par une mission parlementaire alors que le fonctionnement des services de renseignement avait soulevé de nombreuses interrogations, notamment dans l’affaire Merah. Fin mai, après la violente agression d’un militaire à la Défense, le président Hollande avait lui-même souhaité « une meilleure coopération » et un meilleur échange d’informations entre les services, jugeant qu’il avait pu être « défaillant » dans le passé.

 

Par ailleurs, ajoute l’Elysée, « le contrôle parlementaire des services de renseignement sera renforcé à travers l’élargissement des prérogatives de la délégation parlementaire au renseignement », sans davantage de précisions également sur la nature de ces nouvelles compétences. « Une stratégie nationale du renseignement, dont une partie sera rendue publique, sera préparée par le coordonnateur national du renseignement », poursuit la présidence, qui souligne que « la modernisation des ressources humaines des services de renseignement, l’adaptation de leurs effectifs à leurs missions et leurs capacités techniques, revêtiront un caractère prioritaire ».

 

Selon l’Elysée, le Conseil national du renseignement réuni lundi était le premier depuis la création de cette instance fin décembre 2009. Celle-ci a pour mission de définir les orientations stratégiques et les priorités en la matière, mais aussi de planifier les moyens humains et techniques des « services ». Elle se réunit sous la présidence du président de la République, en présence du Premier ministre, des ministres concernés, des directeurs de ces services et du coordonnateur national du renseignement.

 

Toujours selon l’Elysée, le conseil réuni lundi « avait notamment pour objectif d’examiner les mesures proposées dans le cadre des travaux d’élaboration du Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale » dont François Hollande a « confirmé les orientations annoncées le 17 avril aux membres de la délégation parlementaire au renseignement, lors de la remise de leur rapport pour l’année 2012 ».

 

« Face à la montée de la menace terroriste, le président de la République a salué l’action des services de renseignement et remercié le coordonnateur national du renseignement, (le préfet Ange Mancini, ndlr) pour le travail mené depuis deux ans », conclut l’Elysée.

 

La communauté française du renseignement compte près de 11.000 personnes. Les principaux services sont la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la Direction du renseignement militaire (DRM) et la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD).

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 17:35
China steals new Australia spy agency blueprints: Report

May 28, 2013, timesofindia.indiatimes.com (AFP)

 

Attorney General Mark Dreyfus, the minister in charge of the spy agency, on Tuesday refused to confirm or deny the report.

 

CANBERRA, Australia: Australian officials on Tuesday refused to confirm or deny whether Chinese hackers had stolen the blueprints of a new spy agency headquarters as a news report claims. A tiny party essential to the ruling coalition's government demanded an inquiry into how much damage may have been done.

 

Australian Broadcasting Corp. television reported on Monday night that the plans for the 630 million Australian dollar ($608 million) Australian Security Intelligence Organization building had been stolen through a cyberattack on a building contractor. Blueprints that included details such as communications cabling, server locations and security systems had been traced to a Chinese server, the network reported.

 

Des Ball, an Australian National University cybersecurity expert, said China could use the blueprints to bug the building, which is nearing completion in Canberra, the capital, after lengthy construction delays.

 

Ball told the ABC that given the breach, ASIO would either have to operate with "utmost sensitivity" within its own building or simply "rip the whole insides out and ... start again."

 

Attorney General Mark Dreyfus, the minister in charge of the spy agency, on Tuesday refused to confirm or deny the report, citing a longstanding government policy of declining to comment on security matters.

 

He later said the lakeside glass and concrete structure did not need to be redesigned, and that ASIO will move in this year.

 

"This building is a very secure, state-of-the-art facility," said Dreyfus, adding that the ABC report contained "unsubstantiated allegations."

 

"I'm not going to comment on operational matters involving the Australian Security Intelligence Organization or any security matters," he said.

 

Questioned about the alleged security breach in Parliament, Prime Minister Julia Gillard described the ABC report as "inaccurate" but refused to go into detail.

 

The minor Greens party, which the center-left Labor Party relies on to maintain its minority government, has demanded an inquiry into the future of the troubled building, which has been plagued by cost blowouts from an original budget of AU$460 million.

 

"It is time that we had an independent inquiry into the whole sorry history of the ASIO building and the extent to which the current hacking has compromised its capacity to ever be the building and serve the purpose for which it was intended," Greens leader Christine Milne told reporters.

 

She said no more money should be spent on the building until an inquiry was held into the truth of the hacking allegation and the extent of the alleged security compromise.

 

The alleged hacking would appear to be "an extremely serious breach" to Australia's intelligence-sharing allies, including the United States, Milne said.

 

Dreyfus didn't immediately respond to the Greens' call for an inquiry.

 

ASIO, Australia's main spy agency, has grown rapidly since the al-Qaida attacks on the United States on September 11, 2001, and is constructing its new headquarters to house its growing staff. Staff numbers have trebled to almost 1,800 in a decade.

 

Tobias Feakin, a national security analyst with the Australian Strategic Policy Institute, said that if a security breach has occurred, it could affect intelligence sharing with allies including the United States.

 

"There is no doubt that instances like this, if proved true, create a period of difficulty," Feakin said. "But one thing that would happen is that there would be mutual assistance provided to be able to plug that gap and no intelligence agency could possibly allow that kind of breach to continue."

 

Foreign minister Bob Carr refused to discuss the allegations but said the claims do not jeopardize Australia's ties with its most important trading partner, China.

 

"It's got absolutely no implications for a strategic partnership," Carr said. "We have enormous areas of cooperation with China."

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 16:35
Le QG des services secrets d'Australie aurait été piraté par des Chinois

28 mai 2013 RTL.be (AFP)

 

Le ministre australien des Affaires étrangères a assuré mardi que les relations avec la Chine ne seraient pas affectées par des informations de presse évoquant le piratage par des Chinois des plans secrets du nouveau siège qui abritera les services secrets du pays.

 

Selon la télévision publique ABC, les documents piratés incluent la disposition des câbles censés garantir la protection et assurer la communication de l'énorme bâtiment, le plan des étages et les endroits où se trouvent les serveurs informatiques.

 

Le ministre Bob Carr a assuré que le gouvernement était "tout à fait conscient" des menaces de cyber-attaques visant la sécurité nationale. "Rien de ce qui est discuté (dans la presse: ndlr) ne nous surprend", a-t-il déclaré. Il a refusé de confirmer ou démentir que des pirates chinois étaient derrière cette dernière attaque, comme l'affirmait l'émission très respectée de journalisme d'investigation Four Corners, diffusée lundi soir sur ABC.

 

"Je ne vais pas commenter le fait que les Chinois ont fait, ou pas, ce qui est évoqué" dans cette émission, a déclaré le ministre des Affaires étrangères. "Nous ne voulons pas partager avec le monde et des agresseurs potentiels ce que nous savons à propos de leurs actions, ou comment ils les conduisent".

 

L'Australie est un allié de longue date des Etats-Unis. Mais son premier partenaire commercial est la Chine, grand acheteur des matières premières dont le sous-sol australien regorge, notamment le minerai de fer.

 

Les affirmations d'ABC "n'ont absolument aucune implication pour un partenariat stratégique", a déclaré le chef de la diplomatie australienne. "Nous avons de vastes domaines de coopération avec la Chine".

 

Selon l'émission Four Corners, l'attaque portée contre un fournisseur participant à la construction du nouveau siège des services secrets à Canberra a pour origine un serveur en Chine.

 

Ce vol informatique, dont ABC ne précise pas la date, accroît les risques pour l'agence d'être espionnée et pourrait entraîner d'importants surcoûts et délais. Le bâtiment était censé être opérationnel le mois dernier.

 

Les plans permettent de déterminer les pièces pouvant être utilisées pour les conversations confidentielles et les endroits où placer des engins d'écoute, selon Des Ball, professeur à l'université nationale d'Australie, interrogé pour l'émission.

 

Plusieurs affaires d'espionnage informatique impliquant des Chinois se sont produites ces dernières années en Australie. En 2011, les ordinateurs des Premier ministre, ministres des Affaires étrangères et de la Défense avaient été piratés. La presse affirmait que les agences du renseignement chinois étaient soupçonnées, une information que Canberra n'avait pas voulu commenter.

 

Pékin avait démenti ces accusations, qualifiées de "sans fondement et proférées dans un but bien particulier".

 

En mars dernier, les réseaux informatiques de la banque centrale australienne ont été piratés, la presse affirmant là aussi que l'attaque avait été menée par des logiciels chinois à la recherche d'informations sensibles.

 

En 2012, les autorités ont interdite au géant chinois des équipements en télécommunications Huawei de déposer une offre pour le programme national d'internet à bandes larges, craignant des risques d'attaques informatiques.

 

Début 2013, une firme américaine de sécurité sur internet, Mandiant, a affirmé que l'armée chinoise contrôlait des centaines, voire des milliers de pirates informatiques parmi les plus virulents du monde, un rapport qui a suscité l'ire de Pékin.

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 07:20
Interoperability with intelligence community paramount for DCGS-A

 

 

May 21st, 2013 By Army News Service - defencetalk.com

 

This week, the Army Intelligence and Security Command conducted a demonstration of the Distributed Common Ground System – Army, for members of the press as well as members of Congress and their staff to help them better understand the system.

 

The top message coming out of the demonstration was that Distributed Common Ground System – Army, or DCGS-A, is compliant with the standards of the intelligence community, that includes the Army, the other services, the DOD intelligence agencies, and other federal government intelligence services as well.

 

Also a key message of Army intelligence community leaders at the demonstration was the idea that new tools and software packages could be added to the already robust DCGS-A “family of capabilities,” but only if they are compliant with the standards of the intelligence community, only if they are seamlessly interoperable.

 

The DCGS-A is part of a larger network of DCGS systems within the DOD, including one run by the Navy, the Marine Corps, and the Air Force.

 

The “system” connects Soldiers involved in intelligence gathering and analysis with each other, with those in the intelligence community of joint partners, and with the larger intelligence community of the U.S.

 

DCGS-A is already deployed to theaters worldwide, said Lt. Gen. Mary A. Legere, the Army’s deputy chief of staff, G-2.

 

“It is globally deployed,” Legere said. “This is not a system that is in the lab. This is a system that is supporting and has supported nine corps, 38 divisions and 138 brigade combat teams. It has been since its inception, fielded, and supporting both of the wars, as well as spreading out to other global theaters.”

 

Today, she said, DCGS-A is in Afghanistan and is used by Soldiers throughout the Middle East, as well as at units assigned to U.S. Africa Command, U.S. Army Pacific Command, “and anywhere you have Soldiers who are deployed.”

 

The DCGS-A is not a piece of software, or a piece of hardware. It’s really an “enterprise,” Legere said.

 

That is, there is now a collection of different software packages, only some developed by the Army, that are used by members of the intelligence community across the Army. All of those software packages can process intelligence that is shared in a way that they can all access it and process it without the complication of incompatible data.

 

Intelligence information produced by Army sensors, such as a Gray Eagle, a Global Hawk or a Shadow unmanned aerial system, or by human intelligence gatherers, are easily ingested into the DCGS-A system because they are all compliant with one standard. And the data, once inside the system, is easily shared, around the world and instantly, with users of DCGS-A.

 

The data, because it is compliant with a single standard, can be ingested and processed by any one of dozens of intelligence analysis software tools because all the data is compatible. Output from those tools also remains compatible and visible across the DCGS-A “enterprise,” across the intelligence assets of other services, and across the wider U.S. intelligence community.

 

Legere said DCGS-A is a “family of capabilities, [that] includes sensor controls and downlinks for data that connects our Soldiers to the joint intelligence platforms. It’s a common enterprise, it ensures all the data they see is viewable and is accessible so the Soldiers can collect, analyze, collaborate, re-task and redistribute intelligence.”

 

It’s not the Army, or one defense contractor that has built DCGS-A. Legere said more than 40 private sector industry partners across the U.S. are participants in development of the system, all of whom have adjusted their own independent products they brought to the table to fit within the DCGS-A environment, and within the environment of the larger U.S. intelligence community.

 

Legere said that there is better software available to be included within the DCGS-A enterprise, but that in order for such software pieces to be accepted and integrated, they must first be compliant with DCGS-A, which is in turn compliant with intelligence community standards.

 

“We take joint and intelligence community interoperability very seriously,” Legere said. “We work with the other DCGS programs [in the other services], so that nothing comes in on our hardware or software that would impede our ability to share or interact with our partners, their data or sensors.”

 

The general went on to say that Soldier safety, and winning the war fight is the No. 1 priority of the DCGS-A program, and data standards is key to ensuring that.

 

“Ultimately, every decision we make about our program is about our Soldiers and their commanders,” she said. “Sometimes we have to explain that that intelligence community standard, and that data access, may be more important than the thing that, quite frankly, seems easier, but creates issues.”

 

The Army didn’t create the intelligence community data standards, Legere said. But the Army does, as the largest “footprint” in any theater, have a responsibility for compliance with those standards, and like joining the Army itself, part of participation means compliance with standards.

 

“Other services count on the Army for this disciplined support,” she said. “And our industry partners who work with us understand we do not want to compromise interoperability in order to use their products.”

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 12:55
Renseignement. Départ d'Ange Mancini

12 mai 2013 par Ainsi va le monde !

 

Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement quittera ses fonctions, le 12 juin prochain, selon un décret publié ce matin au Journal officiel. Le préfet Mancini avait bénéficié en 2009 d’une dérogation afin de poursuivre sa mission à la tête de la préfecture de la Martinique. Il avait, deux ans plus tard, succédé à Bernard Bajolet à la tête du CNR. M. Mancini est âgé de 68 ans.

 

Le JO de ce 12 mai publie, également, l’arrêté de nomination d’Amaury de Hauteclocque  qui devient sous-directeur des affaires internationales, transfrontalières et de la sûreté à la police aux frontières (DCPAF). Celui-ci, qui a dirigé le RAID pendant plus de cinq ans devrait prendre ses fonctions demain.

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 11:35
Dans la peau d’un mentor opérationnel de la DPSD en Afghanistan

14/05/2013 Sources : EMA

 

L’adjudant Damien est actuellement en mission en Afghanistan au sein du détachement « contre ingérence » (french counter intelligence cellule) de la direction de protection et de sécurité de la Défense (DPSD). Il assume la tâche de mentor opérationnel au profit de plusieurs officiers de renseignement des forces de sécurité afghane.

Dans la peau d’un mentor opérationnel de la DPSD en Afghanistan

L’adjudant Damien décrit sa mission ainsi : « il s’agit d’aider et de conseiller les officiers de sécurité afghans placés à la source du recrutement de l’armée afghane afin qu’ils puissent détecter les tentatives d’infiltration d’insurgés dans leurs rangs. Il s’agit bien de mentoring opérationnel ; je suis un conseiller.  En aucun cas je ne me substitue au rôle que tiennent mes interlocuteurs afghans ».

 

Dans le cadre de sa mission, l’adjudant Damien échange et travaille avec le colonel Mohammad afin de prévenir, déceler et surveiller toute personne qui présente un risque ou toute source potentielle de vulnérabilité. Officier renseignement de l’école de guerre afghane (CSC : Command and Staff College), le colonel Mohammad est un ancien compagnon d’armes du commandant Massoud, figure emblématique en Afghanistan, ayant combattu contre l’occupation soviétique et le régime des talibans de 1996 à 2001. L’adjudant précise : « De tous les officiers renseignement avec qui je traite, le colonel Mohammad est celui qui reste le plus simple dans ses rapports malgré son passé de combattant émérite ».

 

Métier de l’ombre, le travail des agents de la DPSD est une mission fondamentale en France comme en opérations extérieures (OPEX). Autonomie, capacité d’adaptation, ouverture d’esprit et sens du relationnel sont autant de qualités primordiales et indispensables que doit posséder tout inspecteur.

 

« Je ne représente qu’une petite partie d’un dispositif plus vaste destiné à assurer la sécurité de nos forces ».

Dans la peau d’un mentor opérationnel de la DPSD en Afghanistan

La DPSD est le service de renseignement  dont dispose le ministre de la défense pour assumer ses responsabilités en matière de sécurité du personnel, des informations, du matériel et des installations sensibles. Dans son périmètre de compétence, à savoir la sphère défense, la DPSD agit auprès des forces partout où elles sont stationnées ou déployées en opérations comme auprès des entreprises liées par contrat à la défense. Agissant essentiellement dans un cadre préventif, la DPSD recueille, analyse et diffuse aux autorités du ministère des renseignements relatifs aux menaces potentielles contre les intérêts de la défense.

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 12:55
Le contrôle du renseignement français : une mission impossible ?

mai 6, 2013 par MGN Abou Djaffar & Zone d’Intérêt

Les services de renseignement sont méconnus des Français, et font souvent l’objet d’une publicité négative prenant la forme de rumeurs et de scandales, signes de potentiels dysfonctionnements. Relayée par un excellent cinéma parodique (Les Barbouzes, Le Grand Blond, Opération Corned Beef), cette méconnaissance des services par le public peut être reliée aux relations complexes qui existent entre la communauté du renseignement et les institutions de la République. Nombre des représentants de la nation et de hauts fonctionnaires sont ainsi parfaitement ignorants du fonctionnement et des missions des différents services nationaux, tandis que la législation succincte en vigueur apparaît aujourd’hui comme imparfaite.

Les dix dernières années ont vu se succéder plusieurs initiatives pour réformer l’encadrement du renseignement en France, telles que la création d’une délégation parlementaire au renseignement, sans pour autant remédier à ses lacunes. Alors que travaille encore la commission d’enquête parlementaire sur le fonctionnement des services de renseignement, initiée en juillet 2012, deux blogueurs d’AGS, un ancien des services (Abou Djaffar) et un passionné de renseignement (Zone d’Intérêt), se posent quelques questions sur l’avenir du renseignement français et sur son contrôle.

Les services de renseignement, en tant qu’organisations discrètes et autonomes, ont-ils vraiment besoin d’un soutien politique et de communiquer auprès du public pour mener à bien leurs missions ?

De part la nature sensible et intrinsèquement secrète de certaines de leurs missions, telles que la lutte contre le terrorisme ou le contre-espionnage, les services de renseignement n’ont pas pour vocation première de communiquer sur leurs actions, notamment afin de protéger leurs sources et leurs méthodes. Néanmoins, les services ne peuvent pas se priver de toute communication puisqu’ils doivent être en mesure de faire comprendre aux décideurs politiques et au parlement – qui sont leurs donneurs d’ordres et leurs financeurs – la nature précise de leurs missions, au risque de recevoir des orientations ministérielles ou des budgets inadéquats. Ils ont également la responsabilité d’informer régulièrement les citoyens sur leur rôle, leurs objectifs et leurs résultats, afin de respecter le cadre démocratique qu’ils ont pour mission de préserver et qui justifie leur existence même. Établir des liens avec la population facilite également la coopération des citoyens avec les services, puisqu’ils perçoivent mieux la nature et l’utilité de leurs actions. Communiquer auprès des institutions et du public est donc un impératif d’efficacité pour les services, mais force est de constater qu’ils font trop peu d’efforts en ce domaine et laissent leur image se dégrader, au fil de révélations inexactes et de scandales.

Pendant des décennies, et singulièrement à partir des indépendances africaines, le pouvoir a pris l’habitude de pratiquer la diplomatique parallèle ou d’employer des réseaux politiques afin de régler des crises qui semblaient hors de portée des capacités des services. Au Liban, dans les Balkans, au Maghreb ou dans les anciennes possessions françaises en Afrique, ces réseaux, parfois dangereusement proches de l’illégalité, quand ils n’étaient pas franchement employés à des tâches inavouables, ont longtemps gêné l’action des services. Plus que de l’ignorance, il y eut surtout de la méfiance pour des services finalement très légalistes, et une arrogance très parisienne qui faisait penser que quelques affairistes pouvaient faire mieux que des centaines de professionnels.
Cette attitude, qui conduisit des présidents ou des ministres à imposer des missions infaisables dans les délais impartis, a même été interprétée par certains observateurs comme une volonté parfaitement assumée de tenir en coupe réglée une communauté qui aurait pu menacer le pouvoir, en France, absolu, du chef de l’Etat. Cette attitude, absurde dans un pays qui ne pratique guère le coup d’Etat et dont les services sont fidèles, explique en grande partie pourquoi la représentation nationale est tenue à l’écart des services.

Comment moderniser le contrôle démocratique du renseignement français tout en protégeant des informations sensibles ? Les services sont-ils prêts à jouer le jeu ?

La France ne peut pas se contenter d’un cadre institutionnel qui repose sur le huis clos des ministères et sur de trop rares auditions parlementaires. Il est nécessaire d’établir une législation claire permettant aux administrations du renseignement de rendre des comptes, mais également d’exprimer leurs attentes et leurs points de vue, auprès de véritables organes de contrôle issus du parlement. Traditionnellement, les directions des services de renseignement font un usage abusif du secret, afin de sélectionner les interlocuteurs à qui ils rendent compte et éviter que les informations qu’ils fournissent soient utilisées pour restreindre leur liberté d’action. Toutefois, à d’autres niveaux hiérarchiques – en particulier chez les analystes – la volonté de faire comprendre aux élus et à la population la teneur de leur travail et la complexité du monde est un souhait très répandu.

Les parlementaires sont à même d’exploiter des informations classifiées, ce qu’ils font déjà dans les commissions des Affaires étrangères et de la Défense nationales, les services ne peuvent donc pas se réfugier derrière des questions d’accréditations, en particulier du fait des lois qui obligent leurs détenteurs à une discrétion stricte. Auprès du public, l’absence d’information sous prétexte de protection de la sûreté nationale ne tient pas vraiment non plus, puisque certains rapports d’information peuvent être rédigés sans révéler d’éléments sensibles qui ne concernent que les aspects opérationnels du renseignement.

En refusant de commenter des opérations de guerre ou des crises majeures, la communauté du renseignement, à laquelle personne ne demande de dévoiler des secrets en public, laisse la parole libre à un écosystème parasite de faux experts, anciens aigris ou notoirement incompétents, qui polluent le débat, alimentent la presse en analyses bâclées et contribuent à brouiller, sinon le message, du moins la vision de la situation. Le rôle des services n’est évidemment pas de relayer la parole de l’Etat, et encore moins de participer à des actions de propagande interne, mais leur compréhension du monde, qui inspire en partie la diplomatie nationale, devrait ponctuellement être présentée au public.

Par crainte de la lumière comme par incapacité (qui pour parler en public sans provoquer la honte boulevard Mortier ou à Levallois ?), et par refus dogmatique de ce qu’un directeur de la DGSE appelait avec mépris l’influence (« L’influence, je n’y crois pas »), les services se contentent de passer une tête dans quelques écoles ou universités choisies et de donner des conseils techniques à des étudiants parfois meilleurs qu’eux.

Ce refus d’un autre âge de la part de certains responsables (pas tous, évidemment) contribue à entretenir le public et une bonne partie des élus dans une ignorance de plus en plus gênante alors que les évolutions du monde placent les services plus que jamais en première ligne.

Un vrai dialogue devrait donc s’instaurer entre les services, le public et les institutions, fondé sur un présupposé d’intégrité des fonctionnaires du renseignement et sur l’acceptation d’un parlement capable de rendre compte aux citoyens, sans pour autant entraver l’action des services.

De quelle façon le parlement peut-il s’assurer d’avoir accès aux informations pertinentes pour contrôler les services de renseignements ? Quels sont les outils à mettre en place ?

Le renseignement, en tant que discipline, possède ses propres codes et des méthodes et procédures que les parlementaires doivent s’approprier par une initiation au sein des différents services, et par le conseil d’experts issus de la communauté du renseignement, mais également de la société civile et du milieu universitaire, dans une recherche de pluralité.

Les liens entre les organes de contrôle et les services doivent être constants, ce qui passe par la présence d’agents de liaison auprès du parlement, afin de pouvoir informer régulièrement les élus sur l’évolution des problématiques et des menaces. Le parlement doit également avoir à sa disposition une équipe de qualité dédiée à l’information parlementaire sur les questions de renseignement, capable de produire des rapports et des notes, y compris sur les aspects les plus techniques. La capacité du parlement à contrôler le renseignement passe par des auditions élargies, au-delà des seuls directeurs de services, en diversifiant les profils et le niveau hiérarchique des spécialistes auditionnés. Les contrôleurs du renseignement doivent également disposer d’un pouvoir d’enquête, leur permettant de se rendre dans les services et de consulter les documents nécessaires à leurs travaux, en particulier lorsque des dysfonctionnements sont rapportés.

Quelle place donner aux citoyens dans le contrôle du renseignement et comment les intéresser à ces questions ?

Le grand public se montre souvent intéressé par le milieu du renseignement, comme l’illustrent certains succès de librairie et l’audience des reportages qui y sont consacrés, mais subit l’idée reçue selon laquelle le renseignement ne devrait pas leur être ouvert. Dans les écoles et les universités, étudiantes et étudiants font parfois preuve d’une curiosité et d’une pertinence dans leurs questionnements qui font cruellement défaut à leurs parents. Sans doute sont-ils conscients du monde qui s’annonce.

L’absence d’information des services de renseignement auprès des citoyens les pousse, au final, vers une littérature où l’offre majoritaire est généralement médiocre et inexacte, ce qui renforce des clichés sulfureux et une certaine méfiance envers les professionnels du renseignement. Il est nécessaire d’établir de réels canaux de communication et la communauté du renseignement doit notamment se rendre plus accessible aux demandes de la presse. Une première tentative d’ouverture au monde universitaire a été lancée en 2010 avec la création de l’Académie du renseignement, mais elle n’offre toujours pas l’accès nécessaire aux chercheurs pour étudier le fonctionnement des services, alors même que d’autres institutions sensibles, telles que les armées, s’ouvrent. Il est essentiel pour l’information des citoyens de publier un rapport annuel d’information digne de ce nom sur les activités des services de renseignement, qui inclue un compte-rendu détaillé des travaux de la commission de contrôle et des extraits substantiels des auditions réalisées au cours de l’année. Un tel rapport doit également être en mesure d’établir des indicateurs de résultats et d’expliquer les grandes orientations administratives, techniques et budgétaires des services de renseignement. Au-delà d’un simple exercice comptable, ce rapport serait un outil de sensibilisation du public aux enjeux du renseignement, et offrirait l’opportunité aux professionnels d’informer les citoyens sur les problématiques et les risques qui sont au cœur de leur travail.

Est-il vraiment possible de contrôler les interceptions de communications ? Renseignement et respect de la vie privée peuvent-ils être compatibles ?

Les interceptions de communications, comme la surveillance des communications internet ou les écoutes téléphoniques, sont des actes techniques qui reposent avant tout sur l’accès à des dispositifs spécifiques dont l’acquisition et l’usage sont encadrés par la loi. En ce qui concerne les services de renseignement, les interceptions de communications font l’objet d’un contrôle de la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS), qui n’a toutefois pas le pouvoir d’empêcher une interception qu’elle juge irrégulière et qui ne rend pas de rapport public de ses activités. Les services de renseignement doivent être en mesure d’accéder à des communications privées afin de mener leur mission de protection de la sécurité nationale, toutefois les interceptions ne doivent pas sortir du cadre de la stricte nécessité opérationnelle et ne doivent pas devenir une solution de facilité pouvant mener à la constitution de larges bases de données issues des communications des citoyens.

Le cadre réglementaire des interceptions doit être précisé, en concertation avec des associations et des représentants de la société civile, en particulier dans le contexte de multiplication et de diversification des modes de communication liées à internet. La CNCIS doit être en mesure d’analyser plus finement les demandes d’interceptions – près de 300 par jour – et doit rendre un rapport public pour informer les citoyens sur l’évolution du nombre d’interceptions et éviter les dérives inflationnistes. La commission de contrôle devrait également être en mesure d’émettre des réprimandes en cas d’abus manifeste et d’entamer des procédures judiciaires si nécessaire.

Il est nécessaire de renforcer la confiance des citoyens dans les services de renseignement, en sanctionnant systématiquement les abus dans les interceptions de communications, y compris lorsqu’ils ont lieu à de hauts niveaux hiérarchiques et en mettant un terme aux interceptions ordonnées dans un contexte informel, hors des procédures réglementaires.

Sans jamais essayer de justifier des intrusions insupportables dans la sphère privée, les services doivent pouvoir, sereinement, expliquer la raison des dispositifs qu’ils utilisent. Qu’il s’agisse de renseignement technique ou humain, rien ne devrait pouvoir être fait hors du mandat de la défense de l’Etat et du peuple. Services administratifs soumis à des lois et des règlements, les différentes organisations chargées de recueillir et d’analyser du renseignement en France sont, comme les autres administrations du pays, soumises au facteur humain, à des pressions financières et à des dysfonctionnements. Si ceux-ci sont rares, ils sont potentiellement plus graves et peuvent parfois donner le sentiment d’une politisation excessive (mais hélas inévitable), voire de dérives inquiétantes. La création de relations de confiance entre ces services et la sphère politique serait la marque d’une évolution démocratique positive, et la garantie d’un fonctionnement amélioré dans les années qui viennent. De même, et sans livrer de secrets, une communication plus ambitieuse à l’égard des citoyens pourrait, enfin, donner le sentiment que la population n’est plus infantilisée. On peut toujours rêver.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 07:55
Conférence « Vers un nouveau cadre juridique pour le activités de renseignement »

23.04.2013 anaj-ihedn.org

 

15 mai 2013 – L’ANAJ-IHEDN a le plaisir de vous inviter à une conférence exceptionnelle :

 

« Vers un nouveau cadre juridique pour le activités de renseignement »

 

Jean-Jacques URVOAS, Président de la commission des lois de l’Assemblée Nationale et Rapporteur de la commission d’enquête sur le fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés

 

Mercredi 15 mai 2013
19h30 à 21h00

Ecole militaire
Amphitéâtre Desvallières

 

Les services de renseignement français ont connu ces dernières années de profondes des évolutions tant opérationnelles qu’institutionnelles : création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), du poste de Coordonnateur national au renseignement (CNR) et de la Délégation parlementaire au renseignement (DRP).

 

Le 6 décembre 2012, l’Assemblée nationale a créé une commission d’enquête sur le fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés, suite à l’Affaires Merah, mais également dans la continuité des réformes enclenchées ces dernières années.


Cette conférence sera l’occasion de pouvoir échanger avec Jean-Jacques URVOAS sur les conclusions et les recommandations proposées dans son rapport.

 

Informations : conference-renseignement@anaj-ihedn.org

 

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 22:19
"Le cadre juridique du renseignement doit évoluer"

 

20 Avril 2013 Jean-Dominique Merchet

 

Un entretien avec Bertrand Warusfel, spécialiste du droit de la défense et de la sécurité.

 

Bertrand Warusfel,  avocat et professeur à l'Université de Lille 2, est l'un des meilleurs spécialistes français des aspects juridiques de la défense et de la sécurité. Il a récemment organisé une journée d'études sur "la modernisation et le cadre juridique du renseignement en France". Il a bien voulu répondre aux questions de Secret-Défense.

 

Faut-il faire évoluer le cadre juridique dans lequel travaillent les différents services de renseignement ?

 

Assurément et pour plusieurs raisons. Tout d'abord, quoi que l'on fasse, ce cadre juridique évolue que ce soit par l'effet du droit européen (Cour européenne des droits de l'homme, notamment) ou international (par exemple, développement de la juridiction pénale internationale) ou du fait des dispositions juridiques intervenant dans des domaines connexes. Lorsque, par exemple, la loi Perben 2 du 9 mars 2004 autorise les officiers de police judiciaire à utiliser des moyens spéciaux d'investigation et en contrôle l'application, cela révèle a contrario que lorsque les fonctionnaires du renseignement utilisent ces mêmes moyens (sonorisation, infiltration, usage de fausses identités, ..), il leur manque un cadre juridique approprié.

 

Plus profondément, les sociétés démocratiques sont aujourd'hui soumises à des principes incontournables, au premier rang desquels il y a le primat des libertés fondamentales et du respect de la règle de droit et l'impératif que toute mesure restrictive dérogeant au droit commun (pour des raisons de sécurité nationale) fasse l'objet d'une autorisation législative et soit compensée par la mise en place de mécanisme de contrôle. En d'autres termes, un Etat moderne peut toujours doter ses services de prérogatives exorbitantes mais il doit l'assumer politiquement et l'encadrer juridiquement. C'est pourquoi le livre blanc de 2008 avait justement annoncé "un nouveau dispositif juridique" et une "définition législative des missions des services de renseignement".

 

Abuse-t-on, en France, du secret-défense ?

 

Depuis Montesquieu, l'on sait que tout pouvoir porte en lui le germe de son abus et c'est vrai pour le pouvoir de classifier qui peut permettre d'étouffer certaines révélations gênantes ou bloquer les enquêtes. Mais je pense que la prise de conscience des risques de la sur-classification et de l'usage abusif du secret est aujourd'hui très forte. Les choses ont déjà changé avec la pratique de la CCSDN qui exerce un contrôle assez efficace et qui rend le plus souvent des avis favorables à la déclassification au moins partielle des informations demandées par les juridictions.

 

On pourrait cependant progresser dans deux directions. D'une part, en donnant à la CCSDN, éventuellement remaniée, un pouvoir de décision et non plus un rôle consultatif, afin d'en faire un vrai "juge du secret". D'autre part, en permettant une "judiciarisation" plus aisée des résultats du renseignement. On a déjà commencé avec le nouvel article 656-1 du code de procédure pénale qui permet depuis 2011 à un agent des services de renseignement de pouvoir apporter anonymement son témoignage devant une juridiction. On devrait pouvoir aller plus loin en permettant, par exemple, la déclassification éventuelle d'une interception de sécurité qui serait utile à une instruction en cours, voire en organisant un accès de certains juges habilités à certaines informations classifiées.

 

Selon vous, qu'attendent les professionnels en terme de contrôle juridique et politique de leurs activités ?

 

Il est toujours difficile de répondre pour les autres, a fortiori lorsqu'il s'agit des membres d'une communauté très diverse et qui ne s'expriment que rarement en public. Pour autant, les échanges que nous avons eu par exemple avec certains d'entre eux à l'occasion de notre journée d'études du 4 avril à l'Université Lille 2 montrent que deux soucis sont désormais assez dominants. D'une part, consacrer officiellement la légitimité de leur métier en acceptant la mise en oeuvre de contrôles parlementaires ou administratifs efficaces. D'autre part, fournir aux personnels impliqués dans ces activités un cadre d'emploi clair et des garanties juridiques empêchant la mise en cause de leur responsabilité personnelle dès lors qu'ils ont agi sur instructions de leur hiérarchie et dans la limite des prérogatives que leur reconnaitront les textes.

 

Comment jugez-vous la situation française par rapport à d'autres grandes démocraties ?

 

Je crois que si nous mettons rapidement en chantier l'adoption d'un cadre juridique pour le renseignement (comme cela pourrait résulter des recommandations de révision du Livre blanc ainsi que du rapport de la mission d'information de la Commission des Lois), nous aurons rattrapé une partie importante du retard que la France avait accumulé depuis longtemps. Restera cependant à mettre en oeuvre cette nouvelle révolution juridique et culturelle et cela prendra du temps, puisque les pratiques et les mentalités changent moins vite que les textes.

Mais cela nous permettra aussi de participer pleinement à la réflexion européenne et internationale qui se développe sur ces sujets. La relation délicate entre sécurité nationale et libertés publiques est en effet une problématique mondiale qui concerne tous les Etats et l'enjeu en la matière est ni plus ni moins de faire émerger des standards de référence qui soient à la fois efficaces et équilibrés. La doctrine et la pratique française vont pouvoir y contribuer, dès lors que cette modernisation juridique aura été menée à bien.

 

Lors de votre journée d'études, vous évoquiez la "lente modernisation" du renseignement en France. Qu'est ce que cela signifie ?

 

J'ai utilisé la formule "lente modernisation" pour décrire le processus dans lequel s'est engagé progressivement la système français de renseignement depuis une vingtaine d'années. Il y a effectivement modernisation en la matière, puisque au moins depuis les efforts de réactivation du Comité interministériel du renseignement en 1989, la création de la DRM en 1992 ou la loi du 10 juillet 1991 sur les interceptions, les évolutions se sont succédées jusqu'à l'ensemble de réformes qui ont accompagné le Livre blanc de 2008 : création de la DCRI, d'un coordonnateur national du renseignement et du Conseil national du renseignement, parallèlement à la mise en place de la Délégation parlementaire au renseignement (DPR) et d'une Académie du renseignement.

 

Mais je pense que cette modernisation a été lente, dans la mesure où le système était resté presque inchangé entre 1945 et 1992 et où il aura fallu encore près de vingt ans pour faire advenir des évolutions que beaucoup estimaient déjà indispensables lors des débats préparatoires au précédent livre blanc de 1994 ! Cela est le signe à la fois de la complexité (bien connue) de toute réforme en France et des particularités propres à ce secteur très particulier des affaires de l'Etat.

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 20:44
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 17:56
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 07:55

DGSE logo

 

10/04/2013 Vincent Lamigeon, grand reporter à Challenges - Supersonique

 

La rumeur du remplacement d’Erard Corbin de Mangoux se répandait depuis plusieurs mois dans Paris. L’information est officielle depuis ce matin : Bernard Bajolet, ancien coordonnateur national du renseignement et actuel ambassadeur à Kaboul, est le nouveau patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le plus important service de renseignement français. Le profil du nouveau boss est du genre solide : fin connaisseur du monde arabo-musulman, ancien ambassadeur en Jordanie, en Bosnie-Herzégovine, en Irak et en Algérie, il avait aussi été le premier titulaire du poste de coordinateur national du renseignement.

 

Le nouveau patron débarque dans une « Piscine », le surnom donné par les médias au siège de la DGSE boulevard Mortier (les agents préfèrent dire "la Boîte"), en pleine transformation. Dans la foulée d’un Livre blanc de 2008 ayant consacré le renseignement en priorité stratégique, la loi de programmation militaire 2009-2014 prévoit 690 recrutements sur la période, notamment des profils techniques et des analystes. La DGSE compte 4991 agents, dont 72% de civils et 28% de militaires, et la croissance des effectifs se poursuit, de même que celle du budget : 600 millions d’euros de crédits de paiement en 2013, contre 577 millions en 2012 (+4%), auxquels il faut rajouter 50,2 millions d’euros provenant des fonds spéciaux.

 

L’accroissement des moyens de la DGSE est cependant à nuancer : « Les crédits et les effectifs de la DGSE ne représentent qu’environ 1 % des crédits et des effectifs du ministère de la défense et que ses moyens humains et financiers restent deux à trois fois inférieurs à ceux dont disposent nos principaux partenaires européens, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne », indiquaient les sénateurs Jeanny Lorgeoux et André Trillard en novembre 2012 dans un avis sur le projet de loi de finances 2013.

 

Un vrai problème, alors que les missions de la DGSE sont très larges : « rechercher et d'exploiter les renseignements intéressant la sécurité de la France, ainsi que de détecter et d'entraver, hors du territoire national, les activités d'espionnage dirigées contre les intérêts français afin d'en prévenir les conséquences », précise le Code de la défense. Le dernier arrêté d'organisation de la DGSE (21 décembre 2012)  a aussi officialisé l'existence d'un « service de sécurité économique ».

 

De quels moyens dispose la DGSE ? Selon l’expression d’Erard Corbin de Mangoux lors de son audition à l’Assemblée nationale en février dernier, elle « recueille le renseignement par tous moyens, notamment en disposant d’une centaine de postes à l’étranger et en diligentant entre 1 500 à 1 800 missions par an ». Les moyens techniques sont larges : renseignement d’origine électromagnétique (ROEM), la DGSE disposant notamment d’un site d’un centre d’écoute et d’interception à Domme, dans le Périgord ; dispositifs d’interception des flux Internet ; imagerie satellite, en bénéficiant des données transmises par la direction du renseignement militaire (DRM)… Mais les moyens humains sont au moins aussi importants, d’où l’importance du recrutement actuel de profils très spécialisés.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:00

cyber warfare

 

13/03/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Près de cinq ans après la réorganisation des services de renseignements français, La Tribune publie une série de quatre articles faisant le point sur leur évolution, les nouveaux enjeux auxquels ils doivent faire face, leurs succès et leurs manques. Deuxième épisode de cette série, les services de renseignements, qui se réorganisent pour mieux lutter contre les menaces de cyber-espionnage et la multiplication des opérations de cyber-sabotage.  

 

En 2008, le livre blanc sur la défense avait fait une priorité de la cyberdéfense comme un nouvel instrument des armées. « La stratégie nationale de la France a véritablement commencé à évoluer à partir de 2008 et du dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui a identifié le risque d'attaque majeure contre les systèmes d'information comme une menace stratégique, et estimé que le degré de probabilité d'occurrence dans les quinze années à venir était extrêmement fort », confirme le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), Patrick Pailloux. Cinq ans plus tard, la France s'est effectivement organisée en définissant une stratégie et en se dotant de capacités de cyberdéfense. Elle a notamment créé en 2009 la secrète Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), chargée de missions de prévention mais aussi de missions de réaction. Pour mettre en œuvre cette stratégie, la France a établi une capacité centralisée.

 

Une lutte perdue d'avance ?

 

Mais face à l'ampleur et la multiplication des attaques informatiques et de nouvelles menaces, l'ANSSI est incapable de répondre à toutes les menaces faute de disposer des ressources suffisantes. Ce qui n'est pas réellement une surprise. Mais l'aveu vient de Patrick Pailloux lui-même, ce qui donne encore plus de poids au besoin de renforcer cette structure au moment où le gouvernement est tenté de couper dans les dépenses de défense. « Notre capacité de réaction et de défense est hélas 'enfoncée' par le volume des attaques informatiques, si bien que nous devons en permanence arbitrer entre les différentes attaques pour décider de celles sur lesquelles nous devons nous mobiliser, explique le patron de l'ANSSI. Notre action est ici facile à comprendre. Elle peut être comparée à celle des pompiers : des groupes d'intervention sont chargés d'intervenir auprès des administrations ou des grandes entreprises victimes d'attaques, pour les aider à gérer la situation ». Un constat également partagé par le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli : « à ce jour, au niveau étatique comme industriel, nos parades me paraissent très insuffisantes ».

 

Des capacités informatiques offensives prêtes

 

Pour le conseiller spécial du ministre de la Défense, Jean-Claude Mallet, en charge de la rédaction du nouveau Livre blanc après le départ de Jean-Marie Guéhenno, la menace est bien prise en compte. Elle « progresse à un rythme beaucoup plus rapide que celui des réponses qui lui sont apportées par nos entreprises et par les grands acteurs de la défense », précise-t-il. C'est dans ce cadre, révèle-t-il que le ministère de la Défense « réfléchit à des capacités informatiques offensives, dont les autorités publiques, au plus haut niveau de l'État, pourraient décider de l'emploi - en l'occurrence, un emploi proportionné, discret et le plus efficace possible, en appui des actions militaires ». Et d'assurer que « le développement des capacités de cyberdéfense comme de capacités offensives est une ambition qui ouvre un champ formidable pour nos jeunes ingénieurs et nos militaires : c'est le meilleur des technologies et des intelligences, dont notre pays ne manque pas - les acteurs de la défense le montrent tous les jours -, qu'il faudra mobiliser ». Pour autant, Jean-Claude Mallet a confirmé que la France disposait déjà de ces moyens offensifs. C'est « déjà le cas », affirme-t-il.

 

Au-delà de cette capacité offensive, que le sénateur du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel, avait révélé en juillet 2012 - la France dispose d'une doctrine lui permettant de mener des opérations offensives dans le domaine de la cyberdéfense -, Jean-Claude Mallet assure que « les moyens de l'ANSSI doivent impérativement être renforcés afin de compléter le spectre de nos capacités de défense en ces domaines ». D'autant comme le rappelle-t-il « la numérisation fera l'objet d'investissements massifs, comme l'ont confirmé le président de la République et le gouvernement ». En outre, Jean-Claude Mallet a l'intention de durcir les normes de sécurité pour tous les fournisseurs du ministère. « Je pressens le moment où le ministère de la défense devra imposer à ses partenaires privés des normes de sécurité, dont le non-respect leur interdira tout simplement de lui fournir des moyens », explique-t-il. Enfin, rappelle-t-il, une réserve citoyenne a été créée pour sensibiliser l'opinion et faire la promotion d'un esprit de cyberdéfense. Nous réfléchissons aussi à la mise en place d'une réserve opérationnelle qui permettrait à la société française de résister à un incident ou une agression de grande ampleur, au-delà des moyens » évoqués précédemment.

 

Et les services de renseignements ?

 

Tout comme l'Etat, les priorités des agences de renseignements en la matière ont également évolué même si elles se placent sous l'autorité de l'ANSSI, une entité très récente. Ainsi, le coordonnateur national du renseignement, le préfet Ange Mancini, qui juge l'ANSSI « très performante, estime que « les cyberattaques doivent quant à elles être considérées comme des actes de guerre, ce qui fait que ce domaine doit rester tout à fait confidentiel ». Pour le patron de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le préfet Érard Corbin de Mangoux, « l'espace cyber est une caisse de résonnance des menaces existantes, dont il représente une troisième dimension. Au-delà des menaces classiques qui s'expriment par ce canal, existent de nouveaux risques : pénétration dans les réseaux, mise en danger des systèmes de sécurité, pillage industriel... Face à ces risques, la France s'est dotée d'une organisation cyber cohérente, dans laquelle les moyens humains sont primordiaux, avec, notamment, la création de l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information. Une coordination est assurée avec les armées et la Direction générale de l'armement ».

 

Pour autant, tout comme l'ANSSI, les services de renseignements tâtonnent dans la lutte contre le cyber-espionnage. « Nous débutons dans le domaine de la 'cyber-guerre', souligne le directeur du renseignement militaire (DRM), le général Didier Bolelli. Pour le moment, nous nous limitons à rechercher des informations, à travers un certain nombre de sites ou de réseaux ». Et de rappeler que « la DRM n'est pas en pointe dans la 'cyber guerre', contrairement à l'ANSSI ou à la DGSE. Il n'en demeure pas moins que la menace est importante. Nous nous en protégeons principalement en usant de réseaux fermés et indépendants les uns des autres ».

 

Des agences de plus en plus concernées

 

La DRM a décidé de se préoccuper des ces menaces, selon le général Bolelli, « notamment pour identifier ce que nous appelons les organigrammes cyber, c'est-à-dire l'état des forces adversaires en cyber espace ». Car « certains pays ou entreprises internationales ont déjà été victimes d'attaques de ce type, avec des destructions d'ordinateurs à distance. La menace est sérieuse et nous incite à la plus extrême vigilance ». Du coup, la DRM va y travailler « pour la partie militaire mais les autres services de renseignement sont également interpellés ». D'autant que « les attaques sont souvent lancées depuis des pays dépourvus de législation en la matière ou de repères individuels offshore ».

C'est le cas également à la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD). Le directeur de la DPSD, le général Jean-Pierre Bosser, souhaite recruter « plus d'officiers supérieurs ou de catégorie A pour participer à l'analyse ou traiter de la cyberdéfense. C'est un vrai sujet pour les deux ans qui viennent », estime-t-il. Et de rappeler des dangers d'internet et des réseaux sociaux qui deviennent « de plus en plus un sujet de préoccupation » puisqu'en « face de nous, il y a des gens puissants et organisés ». « C'est ainsi que des sites de régiments engagés en Afghanistan, comme le 1er RCP à Pamiers, ont fait l'objet d'attaques en 2010. Ces sites, destinés à informer les familles, ont été infiltrés à des fins subversives et pour faire des repérages sur certaines familles », raconte-t-il. Pour lutter contre ces attaques, le général Bosser estime qu' « informer nos cadres, et surtout nos jeunes, de la dangerosité de ces réseaux est vraiment un de nos soucis majeurs ».

 

La DCRI en pointe sur les questions de cyber-sécurité

 

Aux côtés de l'ANSSI, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est « le seul service de renseignement de sécurité engagé dans ce domaine », estime son patron, Patrick Calvar, qui assure que « les attaques informatiques constituent à mon sens le danger le plus grave, et il ne fera que croître ». Car selon, lui « la cybercriminalité représente un danger majeur, dans tous les secteurs - criminalité de droit commun, terrorisme, espionnage et intelligence économique. Il n'est pas certain que le vrai bilan ait été fait des dégâts déjà commis, car de nombreuses entreprises ne souhaitent pas une contre-publicité de cet ordre. Nous devons définir une stratégie dans laquelle chacun joue un rôle complémentaire. Cela prendra du temps ».

 

A la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), le problème est également aigu. « Les bases de données, matériels informatiques et logiciels destinées à la surveillance du cybercommerce, représentent un poste budgétaire important », souligne le patron de la DNRED, Jean-Paul Garcia. « Nous devons encore améliorer nos performances en matière de lutte contre la cyberdélinquance, qui se développe beaucoup. La cellule Cyberdouane recevra avant la fin du mois de juin les moyens nécessaires pour développer la pratique des coups d'achat - nous en avons la capacité depuis 2012 - qui nous permet, sous une identité fictive, de pénétrer les réseaux ». Mais déjà la DNRED a déjà remporté quelques succès, en matière non seulement de médicaments et de cigarettes mais aussi de contrefaçons, « internet étant un lieu privilégié d'échanges », rappelle Jean-Paul Garcia.

 

Retrouver le premier article d'une série de quatre sur les services de renseignements français

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 17:55

DGSE logo

 

03/02/2013 Le Figaro.fr

 

Selon Le Journal du dimanche, le Directeur général de la DGSE, Erard Corbin de Mangoux, serait sur la selette suite à l'échec du sauvetage en Somalie de l'otage Denis Allex. "Un échec complet", indique un ancien de la DGSE dans le JDD.

 

Le préfet Erard Corbin de Mangoux avait été nommé en octobre 2008 par Nicolas Sarkozy. Selon le JDD, "de discrètes consultations sont en cours" pour son remplacement qui serait effectif "d'ici à l'été."

 

Il y a deux semaines, un commando du service action de la DGSE a tenté, en vain, de libérer un de leurs agents présumé, Denis Allex, retenu par les chebab somaliens depuis plus de trois ans. L'opération s'est soldée par la mort d'au moins deux soldats français ainsi que celle de l'otage. Selon nos informations, six autres membres du commando auraient été blessés, et auraient été soignés ces derniers jours à Djibouti.

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 19:01

dupuy-de-lome-Def-650x442.jpg

Le navire "espion" français Dupuy de Lôme a "été plusieurs fois au large de la Syrie" (crédit : marine nationale / GUIAVARCH)

 

déc 4, 2012 Nicolas Gros-Verheyde (BRUXELLES2)

 

La Syrie est sous une observation attentive des alliés de l’OTAN.

 

Echanges de mails, téléphone fixe, lignes GSM … l’ensemble des communications peut servir à se faire une image de la situation dans le pays, des mouvements de troupes ou de l’humeur possible. La force – ou la faiblesse du pouvoir – comme les relations entre les insurgés sont ainsi scrutées à la loupe. La proximité du pays avec l’Europe facilite il est vrai l’observation.

 

De terre…

On sait déjà que les bases souveraines britanniques à Chypre permettent au Royaume-Uni de collecter des informations, renseignements qu’ils partagent avec les Etats-Unis. Il en est de même des bases militaires turques mises à la disposition des alliés de l’OTAN. Mais d’autres moyens aériens et maritimes sont également engagés.

 

En l’air…

Tout d’abord, les avions Awacs de l’OTAN – ou d’autres pays – survolent la zone. Ils ne sont pas directement déployés sur la Syrie mais le sont en permanence dans le cadre de l’opération Active Endeavour (anti-terroriste) dans l’est de la Méditerranée, comme l’a confirmé à B2 un diplomate au QG de l’Alliance.

 

… et en mer

Enfin, chacun des pays peut envoyer dans la zone plusieurs moyens de collecte d’informations qui se relaient sur place. La présence du navire allemand « Loker avait fait des vagues il y a quelques semaines outre-Rhin. La présence du « bâtiment collecteur de renseignements » Dupuy de Lome (A-759), a été plus discrète mais bien réelle. Depuis le début du conflit syrien, le navire « espion » de la Marine nationale – qui comprend environ 80 à 90 « techniciens » de la DRM (direction du renseignement militaire) et d’autres services – a été déployé « à plusieurs reprises le long des côtes syriennes » comme libanaises, ainsi que B2 en a eu confirmation auprès de militaires. Sa capacité d’écoute de ce navire mis en service à l’été 2006 est multiple (radio, téléphone et GSM, satellites…). Il a été utilisé notamment lors de la dernière opération en Libye.

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