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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 14:50
Nexter gonfle ses muscles avant son rapprochement avec Krauss-Maffei

Le fabricant du char Leclerc affiche de très bons résultats 2014 avec une marge opérationnelle supérieure à 13%. (photo Ministère de la Défense)

 

17/03/2015 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Tous les résultats économiques et financiers de Nexter sont en hausse en 2014. Ce qui n'est pas le cas de sa maison mère Giat-Industries plombé par Eurenco.

 

En pleine forme Nexter ! Avant son rapprochement avec le groupe allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW), dont le calendrier de l'opération va très probablement glisser avec une conclusion prévue à la fin de l'été, le groupe public d'armements terrestres a annoncé ce mardi "pour la 9ème année sans discontinuité" être très profitable. Nexter a enregistré "une marge opérationnelle supérieure à 13% de son chiffre d'affaires" (13,5% selon nos informations, contre 14% en 2013). Le résultat net est en forte progression (60%), à 118 millions d'euros (74 millions en 2013). Des résultats qui ne vont pas manquer de soulever à nouveau la question de la parité du contrôle de la future entité qui sera créée à l'issue du processus de rapprochement entre les deux groupes.

Le chiffre d'affaires de Nexter s'est élevé en 2014 à 1,048 milliard d'euros, également en nette augmentation (33%) par rapport à l'exercice précédent (787 millions d'euros en 2013). De son côté, KMW n'a réalisé que 750 millions d'euros de ventes. A l''international, le chiffre d'affaire de Nexter a progressé "sensiblement" et contribue à hauteur de 53% du chiffre d'affaires total. A périmètre équivalent et hors croissance externe, l'augmentation du chiffre d'affaires est de l'ordre de 25%, a expliqué dans son communiqué le groupe public. L'année dernière, le groupe a renforcé son pôle munitionnaire en acquérant les sociétés Mecar en Belgique et Simmel Difesa en Italie auprès du groupe britannique Chemring.

 

Des prises de commandes en hausse

S'agissant des prises de commandes, le contrat Scorpion a boosté Nexter, qui a engrangé 1,2 milliard d'euros de contrats (contre 612 millions en 2013). "L'innovation et l'activité commerciale soutenues placées au cœur du développement organique, associées à une stratégie de croissance externe ciblée, (...) ont permis au Groupe de doubler ses prises de commandes sur l'exercice", a expliqué Nexter. L'international y a contribué pour 56%. Soit un "book to bill" (ration chiffre d'affaires/prises de commandes) de 1,2.

Au final, le carnet de commandes s'est établi à 5 milliards d'euros à fin décembre 2014 (2,6 milliards d'euros en 2013), "dont 2,8 milliards d'euros d'intentions de commandes liées aux tranches conditionnelles attachées aux marchés déjà affermis au 31 décembre 2014". Soit plus de deux ans d'activité, avec une part relative de l'export qui totalise désormais 53,2% du carnet de commandes fermes. Enfin, conséquence de la croissance externe, la part du secteur munitionnaire atteint 883 millions d'euros, plaçant le pôle munitionnaire du groupe parmi les trois leaders munitionnaires en Europe.

 

Giat Industries plombé par Eurenco

Si Nexter est en forme, ce n'est pas le cas d'Eurenco. La filiale spécialisée dans la fabrication des poudres et explosifs pour munitions, obus et petits missiles plombe carrément la marge de la maison mère Giat Industries (autour de 8%). Les pertes "abyssales" ,selon les termes employés, de la société rachetée trois millions d'euros à l'État, se sont élevées à plusieurs dizaines de millions d'euros et font perdre plus de cinq points de marge à Giat Industries.

La modernisation du site de Sorgues (projet Phénix) est arrêtée. Le montant de cette opération devait s'élever à 120 millions d'euros au total, dont 100 millions pour la seule production d'hexogène, un composé chimique considéré comme l'un des explosifs militaires les plus puissants. Selon un observateur, le besoin actuel en hexogène s'élèverait à 30 tonnes alors que la capacité de la nouvelle usine prévoyait une production de 1.000 tonnes.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:55
3 millions d'euros : c'est le prix modeste payé par Nexter pour s'offrir SNPE

Nexter met la main sur Eurenco, une filiale de SNPE dont le chiffre d'affaires va s'élever à 270 millions d'euros en 2013

 

30/12/2013 Michel Cabirol – laTribune.fr

 

La maison mère de Nexter, GIAT Industries, s'est offert SNPE, dont Eurenco, qui va enregistrer un chiffre d'affaires de 270 millions d'euros environ en 2013. Une très jolie affaire pour le groupe public d'armements terrestres.

 

Au-delà de l'intérêt stratégique de ce rapprochement, le rachat de SNPE par Nexter est un super coup financier pour le grouper public spécialisé dans les armements terrestres. Le montant de la transaction n'avait jamais été donné officiellement. C'est aujourd'hui le cas. "L'acquisition par la société GIAT Industries de la totalité des actions composant le capital de la société SNPE, pour un prix de trois millions d'euros, est approuvée", selon un arrêté récemment publié dans le Journal officiel.

Un prix très modeste en raison notamment de potentiels passifs environnementaux pesant sur l'ancien groupe de chimie SNPE. Un prix d'ailleurs agréé par l'Etat, propriétaire à 100 % de Nexter et de SNPE, et plus précisément par les trois ministères de tutelle - Economie et Finances, Redressement productif et Défense. Nexter met la main sur Eurenco, une filiale de SNPE qui fabrique des poudres et des explosifs pour les industriels de la défense et du secteur de l'énergie en pleine forme. "Ce marché a actuellement une croissance de 7 % à 8 % par an. Il a doublé en huit ans", avait expliqué cet automne à "La Tribune" , le PDG d'Eurenco, Jacques Cardin

 

Eurenco va réaliser un chiffre d'affaires de 270 millions d'euros

Pour autant, Nexter ne manquera pas de valoriser cet achat le jour où l'Etat lui trouvera enfin un partenaire européen - un peu l'Arlésienne depuis plus plus de dix ans maintenant. Car Eurenco devrait réaliser en 2013 un chiffre d'affaires de 270 millions d'euros en hausse de 9 % par rapport à 2012 (248 millions). Il s'élevait seulement à 137 millions il y a encore six ans (en 2007). L'Ebitda d'Eurenco devrait passer de 6 millions d'euros en 2012 à 9 millions en 2013, en croissance de plus de 50 %.

En outre, Nexter va acquérir un groupe, qui est ne train de construire l'une des usines les plus modernes du monde en matière de fabrication de poudres. Si l'Etat a longtemps trouvé la facture de la modernisation du site de Sorgues trop élevée (120 millions d'euros), dont 100 millions d'euros pour la seule production d'hexogène, un composé chimique considéré comme l'un des explosifs militaires les plus puissants, il a fini par l'approuver. SNPE finance cet investissement sur fonds propres à hauteur de 85 % et l'Etat 15 % sous forme d'avances remboursables (soutien à l'export).

 

Une condition sine qua non du rachat de SNPE par GIAT Industries

La modernisation du site de Sorgues (projet Phénix) était la condition sine qua non du rachat d'Eurenco par Giat Industries. L'usine aujourd'hui à bout de souffle - elle avait été rénovée en… 1954 -, était vitale. Car c'était  "la solution permettant de produire des explosifs de façon rentable", estimait le PDG de SNPE, Antoine Gendry.

En 2013, le chiffre d'affaires de l'usine de Sorgues devrait s'élever à 32 millions d'euros, dont 95 % dédiés aux activités militaires (contre 24/25 millions entre 2006-2008). Eurenco dispose aujourd'hui de clients sûrs comme BAE Systems, Nexter, Rheinmetall (Allemagne), Otomelara (Italie) MBDA, Thales TDA… ainsi que de nombreux clients à l'export, notamment en Asie.

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 12:55
Défense : Giat Industries s'offre SNPE

25/10/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Le conseil d'administration de Giat-Industries, société de tête du groupe Nexter a approuvé jeudi l'acquisition de la totalité des titres de la SNPE

 

Le conseil d'administration de Giat-Industries, holding de tête du groupe Nexter, réuni jeudi, a approuvé l'acquisition de la totalité des titres de la SNPE "dans le but de renforcer et consolider la filière industrielle et par la même de conforter les approvisionnements du groupe", a annoncé ce vendredi Nexter. L'Etat est actionnaire à 100 % des deux sociétés.

Sur les 18 membres du conseil d'administration, seuls douze ont participé au vote - les représentants de l'Etat n'ayant pas souhaité y participer pour des raisons de conflit d'intérêt, la plupart étant administrateur également de SNPE. Ce projet a recueilli neuf voix  pour tandis que les trois administrateurs CGT se sont abstenus.

Le groupe d'armement public s'offre ainsi Eurenco (filiale poudres et explosifs de SNPE), qui devrait réaliser en 2013 un chiffre d'affaires de 270 millions d'euros en hausse de 9 % par rapport à 2012 (248 millions), pour le modeste montant de 3 millions d'euros environ, notamment en raison des potentiels passifs environnementaux pesant sur l'ancien groupe de chimie.

 

Consolidation européenne

"A terme ce rapprochement doit aussi favoriser la consolidation européenne du secteur poudres et explosifs", a-t-il précisé. Ce projet permettra le développement d'Eurenco et de ses compétences "au bénéfice de tous ses clients", a rappelé Nexter. Eurenco vend au groupe présidé par Philippe Burtin 30 % de sa production tandis qu'il exporte environ 60 % environ de sa production. Dans ce cadre, Giat-Industries "préservera l'autonomie du sous-groupe SNPE par rapport à Nexter Systems et ses filiales".

Dans une seconde étape, Philippe Burtin aimerait pouvoir rapprocher Eurenco de son rival Nitrochemie, une coentreprise détenue par l'allemand Rheinmetall et le suisse Ruag. Car selon lui, il ne peut pas y avoir deux fournisseurs européens de cette taille sur un marché aussi restreint.

 

L'opération devrait être achevée autour su 15 décembre

Pour rendre effectif ce rachat en 2013, il reste néanmoins à mener à son terme les démarches entreprises auprès des autorités de la concurrence ainsi que les procédures réglementaires d'informations des instances représentatives du personnel qui leur sont associées. Ainsi, un comité central d'entreprise (CCE) doitse  réunir début novembre.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 10:55
Défense : ci-gît SNPE, 1971-2013

L'usine de Sorgues, qui produit de l'hexogène, est en cours de modernisation

 

10/10/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Un conseil d'administration de Giat Industries, la holding de Nexter Systems, doit se tenir le 24 octobre pour entériner le rachat de SNPE et de sa filiale de poudres et explosifs Eurenco.

 

Tic-tac, tic-tac… La fin de SNPE est maintenant très proche. Un conseil d'administration de Giat Industries, la holding de Nexter Systems, doit se tenir le 24 octobre pour acter le décès de l'ancienne Société nationale des poudres et explosifs (SNPE), créée en 1971. Ce jour-là, le conseil du groupe public d'armement terrestre doit entériner le rachat des dernières activités de SNPE, dont Eurenco qui l'un des rares acteurs mondiaux dans le domaine si particulier des poudres et explosifs.

 

"Le closing de l'opération est attendu avant Noël", précise à La Tribune le PDG de SNPE, Antoine Gendry. Giat Industries mettra la main sur Eurenco, mais également sur sa maison mère SNPE plombée par de lourds passifs environnementaux mais dotée d'une trésorerie d'une centaine de millions d'euros, abondamment alimentée par les cessions de toutes les activités en vue de la fermeture définitive du groupe public.

 

Modernisation du site de Sorgues

 

La modernisation du site de Sorgues (projet Phénix) était la condition sine qua non du rachat d'Eurenco par Giat Industries, le projet initial du gouvernement Fillon. L'usine aujourd'hui à bout de souffle - elle avait été rénovée en… 1954 -, était vitale. Car c'était  "la solution permettant de produire des explosifs de façon rentable", estime Antoine Gendry. Mais ce lourd investissement n'était pas gagné d'avance. Car l'Etat a longtemps trouvé la facture de la modernisation du site de Sorgues trop élevée (120 millions d'euros), dont 100 millions d'euros pour la seule production d'hexogène, un composé chimique très stable considéré comme l'un des explosifs militaires les plus puissants.

 

SNPE finance cet investissement sur fonds propres à hauteur de 85 % et l'Etat 15 % sous forme d'avances remboursables (soutien à l'export). Un investissement possible pour SNPE grâce à sa trésorerie, qui a profité d'ailleurs ces dernières années à l'Etat actionnaire. En 2011, il a en effet reçu un joli dividende de 180 millions d'euros.

 

Pourquoi l'usine de Sorgues a été sauvée ?

 

Fallait-il fermer l'usine de Sorgues ou la moderniser ? "Le marché était demandeur", constate  Antoine Gendry. A raison. En 2013, le chiffre d'affaires devrait s'élever à 32 millions d'euros, dont 95 % dédiés aux activités militaires (contre 24/25 millions entre 2006-2008). Eurenco dispose aujourd'hui de clients sûrs comme BAE Systems, Nexter, Rheinmetall (Allemagne), Otomelara (Italie) MBDA, Thales TDA… ainsi que de nombreux clients à l'export, notamment en Asie.

 

Mais cette usine perdait chaque année de l'argent en raison de la vétusté de ses outils de production. Cela se traduisait par des sureffectifs et par des manquements à la aux normes environnementales pour l'usine de Sorgues. "Depuis la fin du conflit Irak-Iran en 1988 et le début des années 90, le marché des explosifs a été divisé par 10", rappelle en outre le PDG d'Eurenco, Jacques Cardin. Sorgues était alors en sous-activité dans les années 2000.

 

Sécuriser l'approvisionnement de l'armée française

 

Au bout du bout, l'Etat prend enfin la décision de lancer la modernisation de Sorgues fin juillet 2012 lors d'un conseil d'administration de SNPE. Le gouvernement Ayrault acte ainsi le maintien d'une filière de poudres et d'explosifs nationale afin de sécuriser l'approvisionnement de l'armée française. Le site de Sorgues est sauvé et pourra continuer à produire de l'hexogène pour les missiles, torpilles et obus… de l'armée française.

 

Une décision stratégique de souveraineté nationale, dont l'origine remonte à 2007 avec l'arrêt de la seule usine britannique d'explosifs qui était détenue par BAE Systems. "Ils sont venus nous voir et nous ont dit qu'ils comptaient sur nous", explique Jacques Cardin. Après avoir évoqué une fermeture, Antoine Gendry décide finalement en novembre 2008 de proposer à l'Etat la modernisation de Sorgues. Fin 2011, le PDG de SNPE a son plan de bataille.

 

Une nouvelle usine qui va conforter le redressement d'Eurenco

 

Les travaux ont commencé en juillet 2013. Fin 2015, la nouvelle usine commencera à produire, les effectifs basculant progressivement vers le nouveau site. Elle atteindra son rythme de croisière début 2016. Elle sera entre autre dotée d'une chaufferie au bois (biomasse), qui couvrira 80 % des besoins. Financée en partie par l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) et exploitée par Cofély, elle permettra à Eurenco d'économiser 500.000 euros par an.

 

Elle va conforter le redressement d'Eurenco. Car cette nouvelle usine permettra à Sorgues d'atteindre l'objectif de 36/40 millions de chiffre d'affaires fixé par la direction. Elle devrait également « générer du cash » après avoir plombé les comptes d'Eurenco. L'activité explosif, basé notamment à Sorgues, avait enregistré entre - 7 et - 8 millions d'euros d'Ebitda en 2010. Au total, Eurenco devrait réaliser en 2013 un chiffre d'affaires de 270 millions d'euros en hausse de 9 % par rapport à 2012 (248 millions). Il s'élevait seulement à 137 millions il y a encore six ans (en 2007). L'Ebitda d'Eurenco devrait passer de 6 millions d'euros en 2012 et 9 millions en 2013, en croissance de plus de 50 %.

 

Enfin, plombé par l'usine finlandaise de Vihtavuori, Eurenco est le sur le point de la céder au concurrent norvégien et finlandais Nammo. La filiale de SNPE, qui a déjà annoncé son intention de fermer cette usine, est aujourd'hui en négociation exclusive avec Nammo, qui attend des garanties de l'Etat finlandais en matière de charge de travail pour Vihtavuori.

 

Eurenco vise les pays émergents

 

"Nous sommes en voie de redressement depuis cinq ans", constate Jacques Cardin. Et le groupe de poudres et explosifs profitent d'une "dynamique" venue des pays émergents (Brésil, Inde, Indonésie, Singapour, Arabie saoudite…), qui veulent se doter d'une industrie de munitions. C'est ce marché que vise Eurenco pour croître.

 

Le marché mondial ouvert (hors Chine, Etats-Unis et Russie) est estimé entre 400 et 500 millions d'euros (100 millions en Europe) par Antoine Gendry et Jacques Cardin. Eurenco, qui a réalisé 40 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012 dans les explosifs, détient "50 % du marché européen et environ 15 % du marché mondial", estiment les deux dirigeants.

 

Enfin, Eurenco bénéficie de la bonne santé du secteur "oil and gaz", qui multiplie les forages, et du secteur minier. "Ce marché a actuellement une croissance de 7 % à 8 % par an. Il a doublé en huit ans", note Jacques Cardin. Et c'est le site suédois d'Eurenco à Karlskoga, qui en profite. Il produit aujourd'hui à 60 % de son chiffre d'affaires pour le secteur du "oil and gaz" et de l'industrie minière..

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 11:55
Productions Eurenco - source Ead-Minerve

Productions Eurenco - source Ead-Minerve

13/09 Alain Ruello, Les Echos

 

Le CCE de Nexter étudie le projet de reprise aujourd'hui.

 

Encore un mois, voire un mois et demi, et SNPE n'existera plus. C'est aujourd'hui en effet que le CCE de Nexter tient sa première réunion d'information sur le projet de reprise du groupe de chimie, dont l'actif principal n'est plus constitué que par le fabricant de poudre et d'explosifs Eurenco. « Si l'on inclut l'avis de l'autorité de la concurrence, le dossier devrait être bouclé en fin d'année », assure-t-on de source proche.

 

Nexter ne devrait quasiment rien débourser. Dans les comptes de SNPE figurent en effet pour plusieurs centaines de millions d'euros de passifs environnements d'Eurenco pour lesquels l'Etat, actionnaire à 100 % du groupe de chimie, n'apportera pas sa garantie. Nexter (où plutôt Giat, son holding de défaisance) devant assumer ses passifs, le prix de la transaction s'en trouvera diminué d'autant. « La différence entre actif et passif devrait être proche de zéro », confirme-t-on aux « Echos ».

 

Sa trésorerie épargnée, Nexter va récupérer trois choses dans la corbeille de SNPE : 50 % de CNC, un fabricant chinois de nitrocellulose (participation en vente), près de 200 millions d'euros de trésorerie (une fois la cession des 27 % du chimiste belge Tessenderlo entérinée), mais surtout Eurenco.

 

Relative autonomie

 

Avec Nitrochemie, coentreprise de l'allemand Rheinmetall (55 %) et du suisse Ruag (45 %), Eurenco est le principal fournisseur de poudre et explosifs en Europe. Porté par l'exportation, son chiffre d'affaires devrait progresser de 9 % cette année, à 275 millions d'euros. La marge brute d'exploitation est encore faible - entre 3 et 4 % des revenus - mais elle s'améliore. Elle va profiter de la construction d'une nouvelle usine à Sorgues (Vaucluse), dont la première pierre doit être posée le 3 octobre. Pour Nexter, reprendre Eurenco, c'est sécuriser ses approvisionnements. Mais comme il compte aussi parmi ses clients BAE, MBDA ou Rheinmetall, le fabricant de poudre et explosifs devrait bénéficier d'une relative autonomie une fois racheté. Logiquement, l'étape suivante sera un rapprochement entre Eurenco et Nitrochemie, compte tenu de la taille du marché.

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 10:56
version "félinisée" du VBCI de Nexter System commandé par l'Armée de Terre. (DGA)

version "félinisée" du VBCI de Nexter System commandé par l'Armée de Terre. (DGA)

26-06-2013 Par Hubert Levet, pour Challenges.fr

 

L’Etat actionnaire organise la reprise de SNPE et de sa principale filiale, Eurenco, sous l’égide de Nexter. L’opération sera annoncée aux salariés le 27 juin.

 

Jeudi 27 juin, la direction de la société publique Nexter présente à ses salariés, dans le cadre d’un comité central d’entreprise un projet de rapprochement avec Eurenco. Nexter est le leader français de la défense terrestre avec 2.700 salariés et 742 millions d’euros de chiffre d’affaires. Eurenco, spécialisé dans les poudres et explosif, est la principale filiale du groupe public SNPE. La société emploie 980 collaborateurs. Mené sous l’égide du gouvernement, l’opération devrait être réalisée par une reprise de SNPE par Giat Sa, holding de Nexter, sur la base de valorisations qui devraient être arrêtées en septembre prochain. Certains actifs seront cédés, notamment les activités finlandaises d’Eurenco. Des négociations devraient par ailleurs être menées pour rapprocher le nouvel ensemble de l’allemand Nitrochemie Group.

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 15:55
Eurenco fournit l'une des charges modulaires du canon Caesar de Nexter - photo US Army

Eurenco fournit l'une des charges modulaires du canon Caesar de Nexter - photo US Army

14/05/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Avec son rachat par Nexter, le fabricant de poudres et explosifs pour munitions, obus et petits missiles, ne veut pas être considéré uniquement comme un satellite du groupe public d'armement terrestre. Nexter ne représente que 15 % du chiffre d'affaires du groupe Eurenco.

 

L'opération de rapprochement entre les deux groupes publics, SNPE (maison mère d'Eurenco) et Giat Industrie (holding de Nexter), qui va dans le bon sens selon tous les acteurs concernés, nécessite néanmoins quelques ajustements très fins pour que la consolidation de la filière munitionnaire française soit gagnante-gagnante, notamment pour Eurenco. Car Nexter ne représente que 15 % du chiffre d'affaires environ du groupe Eurenco, qui a réalisé, selon nos informations, 248 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2012 (plus de 1.000 salariés). "Les besoins de Nexter ne sont pas suffisants pour faire vivre Eurenco", explique-t-on à "La Tribune". Cette acquisition permettra au groupe d'armements terrestres de sécuriser son approvisionnement en poudres et explosifs (Eurenco lui vend environ 30 % de sa production) en internalisant la fourniture des composants essentiels pour ses munitions.

 

Ce contexte économique et stratégique a donc été pris en compte dans la rédaction du communiqué publié lundi. Il précise que "cette opération devrait permettre de regrouper, au sein d'une même entité et dans le respect de leurs stratégies, de leurs clients et de leurs marchés respectifs, les activités complémentaires des deux groupes". C'était la volonté de SNPE de protéger l'activité d'Eurenco. "Nous ne voulons pas devenir une société de poudres que pour le compte de Nexter", fait-on valoir dans le groupe SNPE.

 

Eurenco exporte 60 % de sa production

 

Pas question donc qu'Eurenco, qui se partage par exemple les charges modulaires du canon tracté Caesar de Nexter avec le groupe suisse Nitrochemie (groupe Rheinmetall), soit considéré que comme un "satellite de Nexter". Ce qui lui ferait perdre des marchés. Car Eurenco, selon nos informations, exporte environ 60 % environ de sa production, en dehors des pays où la filiale de SNPE est implantée. Elle a cinq usines de production modernes en Belgique (Clermont), en Finlande (Vihtavuori), en France (Bergerac et Sorgues) et en Suède (Karlskoga) et a ouvert un bureau commercial à Washington ainsi qu'une société de distribution à Houston.

 

Enfin, Eurenco devrait régler le dossier de Vihtavuori, dont le site a perdu près de 4 millions d'euros en 2012. Tout en poursuivant les discussions pour une éventuelle reprise du site avec les autorités finlandaises, la filiale de SNPE a lancé en parallèle une procédure de licenciement des salariés de Vihtavuori en vue d'une fermeture éventuelle. Une mesure qui pourrait éviter à Eurenco des discussions à l'infini pour la reprise du site.

 

Vers une consolidation européenne

 

La consolidation de la filiale munitionnaire pourrait être un premier pas vers un mouvement européen. Eurenco, qui avait entamé des discussions très amont avec Nitrochemie. De son côté, le PDG de Nexter n'est pas hostile à une telle opération. Philippe Burtin aimerait pouvoir rapprocher Eurenco de son rival Nitrochemie, une coentreprise détenue par l'allemand Rheinmetall et le suisse Ruag. Car selon lui, il ne peut pas y avoir deux fournisseurs européens de cette taille sur un marché aussi restreint.

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 10:55
source FOB

source FOB

14/05 Par Bruno Trevidic – LesEchos.fr

 

Sa maison mère GIAT Industries est en discussion avec SNPE pour lui racheter Eurenco. Cette filiale est spécialisée dans la fabrication de poudres et d'explosifs.

 

Le feuilleton de la consolidation de la filière française de munitions a repris de plus belle avec l'annonce, hier soir, de « discussions » entre GIAT Industries, maison mère du groupe d'armement terrestre Nexter, et SNPE, en vue de la reprise de sa filiale Eurenco, spécialisée dans la fabrication de poudres et d'explosifs. « Cette opération devrait permettre de regrouper, au sein d'une même entité […] les activités complémentaires des deux groupes dans le domaine munitionnaire et de rationaliser la gestion des affaires domaniales et environnementales issues de l'historique des deux groupes. Elle devrait intervenir en 2013 sous la forme d'un rapprochement des deux groupes autour de GIAT Industries », explique un communiqué. GIAT et SNPE ayant tous les deux l'Etat pour unique actionnaire, les discussions ont toutes les chances d'aboutir.

 

Sécurisation des approvisionnements

 

Cette opération permettrait à Nexter, leader français dans la fabrication de munitions, de mettre la main sur son principal fournisseur en poudres et explosifs. De quoi sécuriser ses approvisionnements et éviter un possible rachat d'Eurenco par un concurrent européen, dans un contexte de démantèlement de SNPE. En 2011, Eurenco avait réalisé un chiffre d'affaires de 209 millions d'euros pour 941 salariés, contre 736 millions d'euros pour Nexter. En 2011, Nexter avait déjà engagé des discussions avec Thales, en vue de lui racheter sa filiale TDA spécialisée dans les obus de 120 et de mortier, en échange d'une part de son capital. Mais l'opération, sans être formellement abandonnée, n'avait pu être finalisée avant l'élection présidentielle et le changement de patron à la tête de Thales.

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