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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 11:55
photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

 

21/10/2015 Sources : Marine nationale

 

Vendredi 16 octobre, le contre-amiral Damlaincourt, adjoint à Brest de l’amiral commandant la force d’Action navale, a fait reconnaître le capitaine de corvette Bariller comme commandant de l’équipage A du bâtiment multi-missions D’Entrecasteaux. Cette cérémonie marquait également la première levée des couleurs sur cette unité. Construit à Concarneau par les chantiers Piriou, le D’Entrecasteaux ainsi que ses trois prochains sister ships ont vocation à assurer les missions de souveraineté outre-mer. Le bâtiment, armé par 2 équipages composés chacun de 23 marins, doit rejoindre Brest d’ici la fin de l’année pour y effectuer une période d’essais. Le bâtiment regagnera enfin, courant 2016, Nouméa, son port d’attache.

 

Les B2M sont dotés de deux équipages de 23 membres  qui  se relaieront à bord tous les 4 mois. Le second se consacrera à des tâches organiques, des phases d’entraînement à quai ou de permission. Il pourra également servir de renfort au premier équipage lors de maintenance et sera stationné dans le port d’attache du B2M.

 

Le Bougainville doit, quant à lui, arriver à Papeete au 4ème trimestre 2016, le Champlain à La Réunion au 1er trimestre 2017 et le 4èmeB2M –dont le nom n’est pas encore défini- aux Antilles à l’été 2017.

 

Bâtiments modernes et polyvalents,  les 4 B2M ont vocation à assurer des missions de souveraineté outre-mer (protection ZEE, projection, soutien logistique, sauvegarde et assistance), en remplaçant partiellement les bâtiments de transport léger (BATRAL).

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 11:55
Les priorités du budget 2016 pour la Marine


02.10.2015 par LeMarin.fr
 

Le projet de budget de la défense 2016, présenté le mercredi 30 septembre en conseil des ministres, est le premier à bénéficier des effets de l’actualisation de la loi de programmation militaire, réalisée après les attentats de janvier. 500 millions d’euros sont donc ajoutés, portant le total à 31,98 milliards d’euros (hors pensions). 9,95 milliards d’euros servent directement à l’achat d’équipement neuf, 7,24 milliards à la préparation des forces et à leur emploi. Au total, l’agrégat équipement porte sur 17 milliards d’euros, en augmentation de 300 millions. Ces choix et ceux qui suivent devront être votés par le parlement : régulièrement, les élus injectent leurs propres amendements.

 

- Des renforcements d’effectifs. Des centaines de postes de protection – non quantifiés à ce stade, la présentation diffusée ce mercredi n’entre pas dans le détail de la ventilation – sont créées dans la Marine, pour renforcer la posture de protection. Cinq cents postes de fusiliers marins ont été ouverts en 2015, et, dans la Marine, on estime que le même volume de recrutement serait proposé en 2016. S’y ajoutent aussi des spécialistes de la cyberdéfense et de la sûreté nucléaire.

 

- La dissuasion toujours soutenue. La dissuasion air et marine dispose de 3,6 milliards d’euros de crédits, dans un ratio non défini, mais qui s’établit en moyenne à 10/90. En 2016, l’adaptation du troisième SNLE au missile M-51 se poursuit, en même temps que sont lancées la nouvelle version de ce missile intercontinental et les études sur les successeurs des SNLE actuels. La tête nucléaire océanique (TNO) doit également être mise en service. Le missile ASMP-A fait, lui, l’objet d’une rénovation à mi-vie, et déjà, de l’étude de son successeur. Il est utilisé par les chasseurs de l’armée de l’air, mais aussi les Rafale marine du porte-avions.

Les réseaux de transmissions des ordres nucléaires doivent aussi être modernisés. Une des unités qui s’en charge doit d’ailleurs migrer sur la base d’Avord (Cher) l’an prochain.

 

- Les commandes : B2M, BSAH, SLAMF, Fremm, FTI. Pour la Marine, les commandes portent sur une frégate multimission (Fremm), deux bâtiments de soutien et d’assistance hauturière (BSAH, portant le total à quatre), un quatrième bâtiment multimission (B2M), mais aussi un prototype de système de lutte antimine futur (Slamf). Elle doit aussi passer la commande de kits de largage de chaînes Sar pour les derniers avions de surveillance maritime Falcon 50 livrés ces derniers mois, et qui ne disposaient pas de trappes de largage, contrairement à la première génération exploitée par la flottille 24F de Lann-Bihoué. Le document budgétaire entérine également le transfert de quatre avions de patrouille maritime ATL-2 à la mission de surveillance maritime.

En outre, les études relatives aux frégates de taille intermédiaire (FTI) seront lancées (leur entrée en service est prévue en 2023), et le contrat pour l’arme d’infanterie future (AIF), qui équipera également la Marine, sera notifié.

 

- Les livraisons : Fremm, Rafale, Caïman. En 2016, la Marine percevra une Fremm supplémentaire, le premier patrouilleur léger guyanais (PLG), ainsi que trois Rafale marine de première génération, rénovés au standard 3. Mais elle ne recevra pas le moindre chasseur neuf.

L’aviation navale va aussi bénéficier de deux Caïman marine supplémentaire – elle vient de recevoir le quinzième fin septembre. Les 25 premiers poids lourds des forces spéciales (PLFS) seront livrés également en 2016, et les commandos marine doivent recevoir leur part.

Plus étonnant, le document budgétaire révèle que les deux premiers lots de missiles de croisière navals (MDCN) seront aussi livrés pour les Fremm et les futurs Barracuda (alors que le premier est toujours en construction).

 

- Des injections dans le MCO. Le poste du maintien en condition opérationnelle progresse de 7 % à 3,4 milliards d’euros, et 250 millions d’autorisations d’engagement nouvelles sont identifiés. Pour la Marine, il s’agit de l’entretien des futurs patrouilleurs, des frégates et des SNA. Ces derniers affichent déjà une activité de 1 000 jours de mer, grâce à l’action de DCNS à Toulon. Les pièces de rechange d’hélicoptères sont aussi concernées : la flotte la plus en difficulté actuellement est, paradoxalement, celle du Caïman marine, dont seulement un peu plus de la moitié des hélicoptères sont disponibles.

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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 17:55
photo patrouilleur austral Albatros - Marine Nationale

photo patrouilleur austral Albatros - Marine Nationale


05.03.2015 par Philippe Chapleau - Lignes de Défense
 

Les ZEE françaises (zones économiques exclusives) du bout du monde couvrent 1,058 million de km2 dans l'océan Indien et 1,727 million de km2 dans les mers australes.

Et pour surveiller ces immenses étendues, y assurer la surveillances des pêches, le SAR, les missions de souveraineté etc, la Marine nationale ne dispose que d'une poignée de navires:
- une frégate de surveillance, le Floréal. La seconde FS, le Nivôse, est en réparation à Maurice suite à l'incendie de septembre dernier (et indisponible pour toute l'année 2015),
- un patrouilleur austral vieux de plus 30 ans dont le retrait du service actif interviendra en 2015 (sous peu), L'Albatros,
- un patrouilleur (ex-palangrier), Le Malin,
- un Batral vieux de 30 ans et dont le retrait est prévu en 2016, le La Grandière. Ce dernier navire a été récemment amené à effectuer une mission de police de pêche sur l'archipel des Glorieuses (voir un article ici).

 

B2M. Les deux retraits à venir vont considérablement réduire le potentiel naval français dans la zone et ils ne seront que partiellement et péniblement compensés par le retour du Nivôse. Il faut compter sur l'arrivée lointaine d'un B2M dont deux exemplaires sont en construction chez Piriou, à Concarneau. Le premier, baptisé D'Entrecasteaux, sera livré en octobre mais il ira à Nouméa. L'éventuel 4e B2M pourrait aller dans l'océan Indien.

 

A noter une exposition à l'Aquarium Tropical de la Porte Dorée dans le 12e arrondissement de Paris; elle est dédiée aux "Terres Extrêmes" et "aux escales dubout du monde".
Au programme de cette exposition à l'Aquarium Tropical de la Porte Dorée : une quarantaine de panneaux réalisés par Stéphanie Légeron et par Bruno Marie, les deux auteurs d'un futur beau livre sur les TAAF (http://escales-au-bout-du-monde.com) ; des projections de films ; des animations pédagogiques ; ainsi que la présentation de pièces archéologiques exposées pour la première fois au public. Plus d'infos ici.

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 17:55
CPV 105 photo Piriou

CPV 105 photo Piriou

 

3 mars 2015 par Henri Weill - Ainsi va le monde !

 

Le groupe Piriou (1200 salariés) va construire dans ses chantiers de Concarneau (Finistère) deux patrouilleurs CPV 105. Des navires de 32 m destinés à des missions de contrôle des zones côtières. Particularité : ils seront financés sur fonds propres sans commande préalable et serviront donc de vitrine à l’entreprise bretonne. Entreprise dont la dernière commande de la marine française, concerne trois bâtiments multimissions (B2M, 65m) avec une option pour un quatrième.

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 17:55
Jean-Yves Le Drian, chez Piriou, suggère la prochaine commande d'un quatrième B2M

Devant la maquette d'un B2M (bâtiment multi-missions), Jean-Yves Le Drian et Pascal Piriou (à sa gauche). photo T. Creux


27.02.2015 par Philippe Chapleau - Lignes de Défense
 

A Concarneau, lors de sa visite aux chantiers Piriou, le ministre de la Défense a annoncé qu'il devait trouver "4 noms" pour les B2M, ce qui laisse penser que dans la LPM bientôt révisée pourrait être inclus le 4e exemplaire.

 

 

Jean-Yves Le Drian, chez Piriou, suggère la prochaine commande d'un quatrième B2M

A aussi eu lieu, ce midi, la pose symbolique de la première tôle du CPV 105 (coastal patrol vessel), un patrouilleur de 32,50m (photo ci-dessus). Deux exemplaires de ce type de bâtiment vont être construits sur fonds propres par le chantier Piriou.

 

A lire aussi dans Ouest-France du 28 Février

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 17:55
B2M - Des bâtiments multi-missions source DGA

B2M - Des bâtiments multi-missions source DGA

 

24 Février Ouest-France

 

Le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian est en visite dans le Finistère ce vendredi. Piriou à Concarneau et Hénaff à Pouldreuzic sont au programme.

 

Jean-Yves Le Drian visitera les chantiers Piriou vendredi matin, notamment l'assemblage du B2M, le futur bateau multi-missions de la Marine nationale, dont la coque a été construite dans une filiale Piriou à Gdansk en Pologne, avant d'être remorquée vers Concarneau pour l'achèvement. Trois unités ont été commandées à Kership, la filiale Piriou-DCNS.

 

Le ministre poursuivra sa visite dans le pays bigouden, à Pouldreuzic, chez Hénaff l'après-midi.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 14:55
B2M : les futurs « couteaux suisses » de la marine nationale

 

28/10/2014 DGA

 

Des navires qui permettront de projeter des forces de police et de gendarmerie, porter assistance à la population, lutter contre les incendies, transporter des marchandises… Cela sera possible d’ici à 2015 avec les B2M ! Des bâtiments multi-missions cruciaux pour la surveillance et la protection de nos espaces maritimes en Outre-Mer, très attendus par nos forces.

 

Pas un, ni deux, mais bien trois exemplaires du B2M ont été commandés aux industriels français Piriou et DCNS en décembre 2013. Un marché global d’une durée de  plus de huit ans, qui couvre aussi bien les études, la construction que le maintien en condition opérationnelle. Objectif : remplacer trois bâtiments de transport léger actuellement déployés en Outre-mer, qui vont être prochainement retirés du service et désarmés. « Un premier bateau est déjà en construction et devrait être livré en 2016 en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa. Les deux autres suivront en 2016 pour les Antilles (Fort de France) et la Polynésie française (Papeete) », explique Chantal Péchoux, manager B2M à la DGA.

 

Leurs missions ? « Assurer l’ensemble des actions de l’État en mer : la surveillance et la protection des intérêts français dans les zones économiques exclusives (ZEE), la sauvegarde et l’assistance au profit des populations notamment en cas de catastrophes naturelles, la projection de forces de police ou de gendarmerie dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale, le narcotrafic, la piraterie ou encore la police des pêches », poursuit-elle.

 

Une large palette d’équipements

 

Quels sont les points forts de ces futurs B2M ? D’abord, leur robustesse et leur endurance : avec une longueur de 65 m, une largeur de 14 m et un tirant d’eau de 4,2 m, ils ont un design qui s’inspire des navires de soutien à l’offshore (ex : plateformes pétrolières ) et peuvent atteindre la vitesse de 13 nœuds. Ensuite, leur autonomie : ils sont capables de naviguer 250 jours par an et permettent des opérations de 30 jours sans ravitaillement avec  40 personnes à bord. « Mais là où ils font toute la différence, c’est avec leur plate-forme multi-missions qui font d’eux de véritables "couteaux suisses"de la marine nationale », tient à souligner Chantal Péchoux

 

La palette des équipements des B2M est en effet très large  et en autre :

- un pont d’une surface importante pour stocker des conteneurs, et véhicules  4x4 ;

- une grue de 17 t pour manutentionner  seul  ses conteneurs et son embarcation de servitude ;

- des capacités importantes pour stocker et délivrer  de l’essence, du gazoil, de l’eau douce… ;

- une infirmerie pouvant accueillir jusqu’à trois personnes hospitalisées ;

- un treuil pour porter assistance et remorquer des navires en difficulté ;

- une embarcation de 8 m pour débarquer personnels et fret ;

- un dispositif de lutte contre les incendies et des canons à eau d'assistance;

- deux embarcations rapides pour projeter des forces de police ;

- une capacité de réaliser des opérations d’hélitreuillage ;

- une passerelle panoramique avec une visibilité à 360° pour une surveillance optimale ;

- de solides moyens de communication ;

- la possibilité de mettre en œuvre des plongeurs  via une plateforme spécifique ;

- une  capacité de poser un hélicoptère léger sur le pont en mesures conservatoires.

 

Autant de possibilités de missions et d’usages sur un espace si compact et si contraint, c’est sûre, c’est du jamais vu !

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 11:55
PIRIOU selects iXBlue's QUADRANS as reference gyrocompass for the B2M ship program

 

27 October 2014 iXBlue

 

PIRIOU selects iXBlue’s QUADRANS as reference gyrocompass for the French Navy B2M multi-mission ship program as iXBlue QUADRANS sales tops 400 units since launch. For each vessel, iXBlue will supply the complete navigation suite, including QUADRANS gyrocompass, NETANS data distribution and processing unit, and the warfare navigation software.

 

Marly-le-roi, France, October 27, 2014, iXBlue is a leading global provider of navigation, positioning, and imaging solutions and services for civil and defense applications. PIRIOU is a leader in shipbuilding and marine repairs, specializing in the design, construction, and repair of high value-added ships. In 2013, PIRIOU and DCNS jointly won the contract for the supply of three multi-mission ocean-going vessels and the associated maintenance services. This contract, awarded by French defense procurement agency DGA, with PIRIOU as lead contractor, is part of the B2M multi-mission ship program. It covers the design and construction of three 65-meter multi-purpose ocean-going ships, to be delivered in 2015 and 2016. The ships are intended for the overseas operation. Seeking the best navigation solution available in the market for these vessels, PIRIOU has selected iXBlue solutions. PIRIOU chose the iXBlue navigation product suite over competitor products for its superior performance, total-cost-of-ownership advantage, and iXBlue’s comprehensive navigation solution offerings and expertise. For each of the three new French navy multi-mission vessels built at its shipyard, PIRIOU will be fitting the complete iXBlue navigation suite. For each vessel, iXBlue will deliver two advanced Fiber Optic Gyrocompass and motion sensor QUADRANS, one NETANS data distribution and processing unit, a number of navigation sensors, and two independent warfare navigation software suites.

 

Xavier Montazel, head of iXBlue navigation system business unit says, “We are proud to be selected for the French navy B2M program. Concurrent with this success, iXBlue is also proud to mark the important milestone for the sales of 400 QUADRANS, our smallest FOG-based gyrocompass, delivered since the launch of QUADRANS. The QUADRANS FOG is now carving a significant share among iXBlue’s 4500 FOG products shipped.”

 

The FOG technology within all iXBlue gyros represents the only solid state gyro technology available today. As with other iXBlue gyros, the QUADRANS gyrocompass requires zero maintenance, bringing distinct advantages in reduced cost and operational impact in support, in both naval and mission-critical commercial civil applications. The compass is approved for the high-speed crafts and is available as a stand-alone sensor or as a system with peripheral components tailored to any requirement. iXBlue is also recognized as the supplier of complete integrated navigation solutions and services, from need assessment to design to installation and compliance.

 

iXBlue’s revolutionary fiber-optic gyro technology is available in a range of inertial navigation and attitude and heading reference systems in service with more than 30 navies, aboard a full range of naval platforms.

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 10:55
Euronaval a ouvert ses portes

 

28/10/2014 Paul Hessenbruch - Economie et technologie

 

Euronaval, le plus grand salon mondial du naval de défense a ouvert ses portes lundi 27 octobre 2014 au Bourget.  Durant toute une semaine, cette manifestation met sur le devant de la scène le savoir-faire opérationnel de l’armée française et les nouveautés technologiques.

 

Avec près de 30 000 visiteurs professionnels et une centaine de délégations attendue, le stand du ministère de la Défense ne devrait pas désemplir.

 

Ainsi du Rafale Marine, au missile Exocet en passant par les PME et ETI françaises soutenues par le ministère,  la Défense affiche ses réussites. Sur les 170 M2 du stand Défense, ingénieurs de l’armement et opérationnels se succèdent pour présenter aux délégations officielles les missions et la technologie des armées.

 

Une partie du stand est aussi dédiée aux futurs équipements. A ce titre, le Bâtiment multimissions (B2M), le patrouilleur du futur, est présenté aux visiteurs. Ce navire, dont le premier exemplaire devrait être livré fin 2015 assurera les missions de surveillance et protection des intérêts français dans les Zones économiques exclusives (ZEE). Il servira aussi à la lutte contre l’immigration illégale, le narcotrafic et la piraterie.

 

Est également présenté « Topside intégré », une étude amont sur un concept innovant d'architecture physique et fonctionnelle des superstructures d'un bâtiment de combat. Ce concept permet une répartition optimale des senseurs, des équipements de transmission et des brouilleurs du navire. Les bénéfices attendus concernent la discrétion du bâtiment et l'amélioration de la performance globale de son système de combat. Ce concept, développé par DCNS et Thales pour la DGA, vise des premières applications pratiques au cours de la prochaine décennie.

 

L'idée de «Topside intégré» est de penser l'installation des appendices extérieurs des équipements du système de combat dès la conception de la superstructure d'un nouveau bâtiment afin d'éviter de devoir les disposer sur des mâts qui nuisent à la furtivité du bâtiment, même lorsqu'ils sont dits « intégrés ».

 

Mardi 28 octobre 2014, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, inaugure le salon afin d’apporter son soutien aux entreprises du secteur de l’industrie de défense navale. Il doit échanger avec les industriels présentant les matériels en dotation ou à venir dans notre armée.

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 12:55
Marine nationale : Piriou et DCNS vont fabriquer trois bâtiments multimissions

 

09.01.2013 Par Olivier Berger, grand reporter à La Voix du Nord- Défense Globale

 

Réunis dans une coentreprise née au printemps (Kership), Piriou et DCNS ont remporté le contrat pour la fourniture de trois navires hauturiers multimissions destinés à l'outre-mer (image Piriou/B2M) et à remplacer les antiques BATRAL (bâtiments de transport légers). Il existe une option pour un quatrième bateau et des prestations de maintenance associées. Ces B2M (bâtiments multimissions), de 65 m de long et de 1 500 tonnes, seront livrés entre 2015 et 2016.

 

La Direction générale de l'armement (DGA) a commandé ces trois B2M à Piriou et DCNS le 30 décembre. L'entreprise de Concarneau (1 000 personnes dont 300 en France, 135 M€ de chiffre d'affaires en 2013, 400 bateaux livrés depuis 1965), Piriou, est en charge de la conception et de la réalisation des navires. DCNS (13 200 salariés, 2,9 milliards d'euros de CA) a mené les études à caractère militaire, la fourniture des systèmes de communication embarquée (SITIP) et sera en charge de la maintenance en conditions opérationnelles (MCO) des bateaux pour 6 ans.

 

Ces B2M seront déployés en outre-mer pour des actions de l'Etat en mer : surveillance et protection des intérêts français dans les zones économiques exclusives (pêche, immigration illégale, narcotrafic, piraterie), sauvegarde et assistance des des populations, projection de forces (20 personnes, deux 4x4, armes et munitions), mise en œuvre de plongeurs et d'équipement (drones) pour des interventions sous-marines, remorquage jusqu'à 30 tonnes.

 

Les B2M sont armés par un équipage de 20 marins, d'un déplacement d'environ 2 300 tonnes en charge, pouvant atteindre une vitesse de 13 nœuds. Ces bâtiments permettront d'effectuer des missions de 30 jours sans ravitaillement, et seront en mesure de naviguer 200 jours par an.

Pascal Piriou, le PDG du groupe, a apprécié dans un communiqué : « Cette commande était fondamentale pour nous. D’abord sur le plan pratique car nous en avions besoin pour éviter un creux de charge en 2014, mais aussi bien sûr sur le plan stratégique puisque qu’elle donne corps à notre collaboration avec DCNS qui se voit ainsi mise sur orbite avec de belles perspectives à suivre, notamment à l’export. »

 

A noter d'un point de vue administratif que l’offre conjointe de Piriou et DCNS a été effectuée avant la création du groupement Kership. Il faudra donc l'accord de l’Etat pour permettre le transfert du contrat vers Kership.

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 08:55
Bâtiment multi-missions (B2M)

Bâtiment multi-missions (B2M)

 

09/01/2014 DGA

 

La Direction générale de l’armement (DGA) a commandé au groupement d’entreprise Piriou et DCNS, le 30 décembre 2013, trois Bâtiments multi-missions (B2M), ainsi que six ans de soutien initial pour chaque navire.

 

Les B2M, qui seront déployés outre-mer, sont destinés à remplir des missions interministérielles d’Action de l’État en mer (AEM), notamment la surveillance et la protection des intérêts français dans les Zones économiques exclusives (ZEE), la sauvegarde et l’assistance au profit des populations, ainsi que la projection ponctuelle de forces :

 

- Ils auront la capacité de projeter 20 personnes (interarmées, police ou gendarmerie) avec deux véhicules de type 4x4, leurs armes et leurs munitions.

 

- Ils pourront assurer l’évacuation de ressortissants et contribuer à la mise en œuvre de plongeurs et d’équipements (notamment des drones) pour réaliser des interventions sous-marines.

 

- Dans le cadre de l’action de l’État en mer, ils assureront des missions de police des pêches, et contribueront à la lutte contre l’immigration illégale, le narcotrafic et la piraterie.

 

- Ils assisteront les navires en difficulté et participeront à la sauvegarde des biens et des personnes, grâce à leurs moyens de lutte contre l’incendie et leurs capacités de remorquage jusqu’à 30 tonnes.

 

Les B2M sont des bâtiments armés par un équipage de 20 marins, d’un déplacement d’environ 2300 tonnes en charge, pouvant atteindre une vitesse de 13 nœuds. Ces bâtiments, de type «supply» (navire ravitailleur de plateforme de forage), permettront d’effectuer des missions de 30 jours sans ravitaillement, et seront en mesure de naviguer 200 jours par an.

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 17:55
bâtiment de transport léger (BATRAL) Dumont D’Urville - photo Marine nationale

bâtiment de transport léger (BATRAL) Dumont D’Urville - photo Marine nationale

Le programme B2M doit remplacer à partir de 2015-2016 les bâtiments de transport légers (Batral), aujourd'hui à bout de souffle.

 

09/11/2013 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Ce contrat de l'ordre de 100 millions d'euros sera transféré à leur filiale commune Kership, récemment créée. Ces bâtiments sont très attendus par la Marine nationale.

 

Les nouveaux partenaires, DCNS et le chantier naval Piriou peuvent se frotter les mains. Comme l'a révélé "Ouest-France" fin octobre, ils sont en pole-position pour remporter un contrat du ministère de la Défense portant sur la construction de trois Bâtiments multi-missions (B2M) et un autre en option, des navires de 65 mètres de long faiblement armés, ont confirmé des sources concordantes à "La Tribune". Soit une commande de l'ordre de 100 millions d'euros (hors option), construction et maintien en condition opérationnelle pour une durée de six ans. La livraison du premier B2M est prévue à la fin de 2015 ou au début de 2016, les deux suivants étant prévus un an plus tard.

 

La direction générale de l'armement (DGA) a choisi dans le courant du mois d'octobre DCNS et Piriou, mieux-disant, aux dépens du consortium formé par STX et de Constructions mécaniques de Normandie (CMN), et, enfin d'une offre de Socarenam de Boulogne, alliée à la Compagnie maritime nantaise. Début décembre, un comité ministériel d'investissement (CMI) du ministère de la Défense doit se réunir début décembre pour confirmer ce choix. Le contrat devrait être notifié dans la foulée. Certainement "avant la fin du mois de décembre 2013", comme l'avait expliqué début octobre à l'Assemblée nationale le délégué général pour l'armement (DGA), Laurent Collet-Billon.

 

Un contrat qui va renforcer l'alliance DCNS et Piriou

 

Ce contrat va donc conforter l'alliance de DCNS et de Piriou, qui avaient créé une société commune Kership. Cette entreprise a pour objectif de devenir un leader mondial dans la construction de navires destinés à l'action de l'Etat en mer. Le contrat sera notifié aux deux entreprises, et non à Kership. Pourquoi ? Parce que l'appel d'offre du ministère et la réponse des deux partenaires sont antérieures à la création de l'entreprise commune. "Le contrat sera très probablement transféré à Kership", explique-t-on de source proche du dossier.

 

Détenue par Piriou et DCNS, respectivement à hauteur de 55 % et 45 %, Kership est une société anonyme par actions simplifiées dotée d'un conseil de surveillance à parité de représentation des deux partenaires. La prise de participation de DCNS au capital de la société commune s'élevera à 2,25 millions d'euros.

 

Financement assuré par le ministère de la Défense

 

Initialement, le financement devait être interministériel. Mais au final, le ministère de la Défense assurera seul le financement de la construction et le fonctionnement des trois premiers B2M. "Les conditions initiales de conduite du programme B2M prévoyaient une contribution de l'État - hors ministère de la Défense - de 20 % pour l'acquisition et de 50 % pour le fonctionnement, avait expliqué Laurent Collet-Billon. D'une réunion interministérielle tenue en juillet dernier, il est apparu que ce financement n'était plus garanti". D'où le nouveau dispositif de financement.

 

Pourquoi une telle précipitation alors ? La marine a abandonné le programme des bâtiments d'intervention et de souveraineté (BIS), qui devaient remplacer les bâtiments de transport légers (Batral), aujourd'hui à bout de souffle. Elle compense "ce renoncement" par l'arrivée des B2M à partir de 2015 et de 2016, avait expliqué le chef d'Etat-major de la marine, selon les propos de l'amiral Bernard Rogel. Ces premiers bâtiments doivent être déployés en Polynésie, Antilles-Guyane et en Nouvelle-Calédonie.

 

Une "situation critique"

 

L'amiral Rogel a été clair. La France ne pourra "pas surveiller en permanence l'ensemble de notre ZEE (zone économique exclusive, ndlr) qui représente plus de vingt fois le territoire métropolitain, mais nous tâchons de la contrôler au mieux, notamment pour éviter que d'autres viennent y exploiter ses richesses", a-t-il expliqué. Le chef d'Etat-major de la marine avait déjà annoncé, il y a deux ans, des réductions temporaires de capacité pour les moyens en outre-mer. Aujourd'hui, "elles subsistent mais les B2M, qui embarqueront des armes légères, remplaceront les Batral, et les patrouilleurs continueront d'être exploités avec le risque de rupture franche", a-t-il rappelé. Dans le Pacifique, la marine ne dispose que de deux patrouilleurs et deux frégates de surveillance, "qui j'espère à terme seront renforcées par les B2M en attendant la livraison du programme Batsimar".

 

Selon l'amiral, le décalage à la loi de programmation militaire 2014-2019 du programme Batsimar entraîne "une aggravation supplémentaire de la situation de la composante patrouilleurs post 2020 ». Outre-mer, le retrait en 2020 des derniers patrouilleurs P400 prolongés "rendra la situation critique". "Ainsi, l'acquisition de patrouilleurs légers pour la Guyane (PLG) et des B2M est impérative pour atténuer la réduction capacitaire avant 2016". Et de préciser que "ces remplacements doivent être garantis, faute de quoi nous n'aurons vraiment plus grand-chose pour assurer la souveraineté de notre zone économique outre-mer".

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 11:55
Bâtiments multimissions: DCNS et Piriou remportent le marché... sauf recours

24.10.2013 par P. Chapleau Lignes de Défense


Le jeune couple DCNS/Piriou a de quoi sourire. La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié à Kership, la co-entreprise créée en avril dernier par Piriou et DCNS, que la construction de trois Bâtiments multimissions (les B2M) allait lui être confiée.

Kership était en concurrence avec deux autres groupements: d’une part, STX et les CMN (Constructions mécaniques de Normandie), d’autre part la Socarenam de Boulogne alliée à la Compagnie maritime nantaise. Les deux concurrents arrivés en seconde et troisième position disposent de 20 jours pour contester la décision de la DGA et déposer un recours. 

La commande, d’une valeur d’une centaine de millions d’euros, porte sur quatre bâtiments, dont trois commandes fermes qui pourraient être destinées à la Polynésie, aux Antilles-Guyane et à la Nouvelle-Calédonie, et une option pour l’océan Indien. Le contrat devrait également porter sur le maintien en condition opérationnel (MCO) des navires. 

Ces navires hauturiers d’un peu plus de 60 de long et d’un déplacement supérieur à un millier de tonnes, sont destinés à remplacer les navires de type Batral (pour « Bâtiment de Transport Léger ») dont deux restent en service: les Dumont d’Urville et La Grandière. Ces Batral sont conçus pour le transport et le débarquement de troupes et de matériels. Leur structure à fond plat leur permet de se poser sur une plage, pour débarquer véhicules et passagers par une porte d'étrave.

Les B2M, dont la mise en service interviendra vers 2015, pourraient faire l’objet d'un financement interministériel. Effectivement, la Défense, l’Intérieur, les Transports sont susceptibles de contribuer au financement, puisque les B2M effectueront également des missions dévolues à d’autres ministères dans le cadre de la fonction garde-côtes.

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 16:55
Le RHM Malabar crédits MICHEL FLOCH

Le RHM Malabar crédits MICHEL FLOCH

05-08-2013 Mer et Marine

 

En plus des 3 bâtiments multi-missions (B2M), patrouilleurs hauturiers qui seront commandés en fin d’année afin de remplacer à partir de 2015 les bâtiments de transport léger (Batral), la marine française va bien se doter, comme prévu, de 8 bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH). C’est ce que propose le ministère de la Défense dans le cadre du projet de loi de programmation militaire 2014 – 2019 présenté le 2 août et qui sera examiné par le parlement à l’automne.

 

Les BSAH vont permettre de remplacer les Remorqueurs de haute mer (RHM) Tenace (1973) et Malabar (1976), le Remorqueur ravitailleur (RR) Revi (1985), les Bâtiments de soutien de région (BSR) Chevreuil (1977), Elan (1978), Gazelle (1978) et Taape (1983), ainsi que les Bâtiments de soutien, d'assistance et de dépollution (BSAD) Alcyon (1981) et Ailette (1982). Il est actuellement prévu un partenariat public-privé (PPP), avec un opérateur civil exploitant une partie de ces navires, comme c'est le cas aujourd’hui de l’Ailette et l’Alcyon, affrétés auprès du groupe Bourbon. A l’image également de ce qui est fait depuis de longues années non seulement avec les BSAD (comptant également l’Argonaute et le Jason), mais aussi que les remorqueurs d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS) Abeille Bourbon, Abeille Liberté, Abeille Languedoc et Abeille Flandre. La Marine nationale devrait externaliser des fonctions non militaires nécessitant un savoir-faire spécifique difficile à entretenir par les militaires. Elle devrait néanmoins conserver en propriété et armer par ses soins une partie des BSAH pour les missions les plus sensibles.

Les BSAH serviront au soutien d’une force navale (accompagnement d’un groupe aéronaval ou amphibie, d’un sous-marin), de soutien de région (remorquage d’engins, ancrages, relevages…) et de sauvegarde maritime dans le cadre de l’action de l’État en mer (sauvetage, assistance à la protection des biens, protection de l’environnement, lutte contre les pollutions maritimes…) Les nouvelles unités devraient être inspirées des navires de services aux opérations offshore. Ils mesureraient de 70 à 80 mètres de long pour un déplacement de 2000 à 3000 tonnes, leur motorisation développant entre 8000 et 12.000 cv. Ils doivent disposer d'une grande plateforme de travail, sur l'arrière, capable d'accueillir divers équipements et matériels. Les BSAH avaient fait l’objet, en 2010, d’un appel à projets auprès du secteur privé.

La notification de ce programme devrait intervenir d’ici 2014, le projet de LPM prévoyant que les 8 bâtiments soient tous opérationnels à la fin de la période couverte par la loi, c'est-à-dire en 2019.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 17:35

http://www.meretmarine.com/sites/default/files/new_objets_drupal/20121127004111_p3.jpg

Patrouilleur du type MOPV 60 développé par Piriou

 

27/11/2012 Mer et marine

 

Créer un leader mondial sur le segment des patrouilleurs. C’est l’objectif de DCNS et Piriou, qui vont  constituer une société commune pour pénétrer ce marché en fort développement. Le projet, qui sera présenté ce matin lors des Comités d’Entreprise des deux groupes, porte sur la création d’une filiale chargée de commercialiser et de réaliser des bâtiments de moins de 95 mètres construits aux normes civiles. Piriou détiendrait la majoritaire du capital mais l’entreprise serait codirigée par les deux partenaires, l’accord de chacun étant indispensable pour chaque décision stratégique, qu’elle soit industrielle ou commerciale. Alors que La Tribune a porté hier ce dossier, dont on parle depuis plusieurs mois en coulisses, sur la place publique, le rapprochement de Piriou et DCNS constitue un développement très logique pour les deux industriels français, qui se refusent pour le moment à commenter ce projet, en attendant qu’il soit présenté à leurs CE respectifs.

 

Le patrouilleur L'Adroit, du type Gowind OPV (© DCNS)

 

DCNS novice sur les navires aux normes civiles

 

Alors, pourquoi un tel rapprochement ? Les deux entreprises sont, en fait, très complémentaires. Leader européen du naval militaire, DCNS cherche à se développer sur le segment des patrouilleurs hauturiers, les fameux OPV (Offshore Patrol Vessel). A ce titre, le groupe a développé un design d’OPV au sein de sa ligne Gowind, qui a donné naissance à L’Adroit. Correspondant à l’entrée de gamme (Gowind OPV) de cette famille, ce bâtiment de 87 mètres, conçu aux normes civiles, a été réalisé sur fonds propres par DCNS et mis à la disposition de la Marine nationale pour trois ans (2012 – 2015) afin d’éprouver le concept à la mer, de l’améliorer et, au passage, de s’en servir de vitrine flottante.  Car, si l’industriel français n’a plus à faire ses preuves dans le domaine des grands bâtiments de combat, les performances de ses produits, frégates et sous-marins par exemple, étant mondialement reconnues, il en va autrement pour les bateaux peu complexes. C’est un marché nouveau pour DCNS, qui développe des designs intéressants, mais dont les moyens industriels ne sont pas forcement les plus optimisés pour réaliser de telles unités. Ainsi, même si L’Adroit a bénéficié d’un chantier dédié à Lorient, permettant de  réduire significativement les coûts sur certains postes, DCNS manque encore de compétitivité sur les bateaux non militaires par rapport aux chantiers civils qui, confrontés à une concurrence exacerbée depuis longtemps, sont allés plus loin dans la compression des coûts et des délais.

 

Le design de patrouilleur hauturier MOPV 80 (© PIRIOU)

 

Piriou veut se diversifier sur le marché des bateaux gris

 

En s’alliant à Piriou, DCNS pourra bénéficier du savoir-faire du constructeur breton, et de son expertise dans le domaine civil. Basé à Concarneau, Piriou s’est remarquablement adapté à l’évolution du marché de la construction navale, adaptant son outil industriel et diversifiantsa clientèle pour compenser la baisse d’activité du secteur de la pêche. Transbordeurs, navires de transport de personnel, offshore, remorqueurs, dragues, thoniers-senneurs et même un très beau navire de voyage, à ranger dans la catégorie des yachts… Piriou réalise aujourd’hui des bateaux très divers et est, en parallèle, parvenu à se développer à l’international. Disposant de chantiers au Vietnam et au Nigéria,  l’industriel s’est  positionné au plus près des marchés porteurs, en Afrique et en Asie, permettant de conquérir des contrats locaux, tout en poursuivant son activité à Concarneau, les bureaux d’études français  bénéficiant au passage des projets engrangés à l’étranger. Récemment, Piriou a également décidé de se lancer sur les bâtiments militaires, un marché sur lequel il débarque après avoir acquis une bonne expérience dans le domaine du maintien en condition opérationnelle (MCO) d’unités de la Marine nationale. Ces contrats lui ont permis de se faire connaître dans ce monde spécifique et d’en appréhender les subtilités. Fort de son expérience dans les navires civils, notamment ceux amenés à durer à la mer, Piriou se positionne désormais sur la construction de patrouilleurs. Fin octobre, à l’occasion d’Euronaval, il a présenté une nouvelle gamme de bateaux gris allant de 25 à 80 mètres, les unités les plus importantes, les MOPV 60 et MOPV 80, s’inspirant des grands navires de services à l’offshore. Dérivé de l’un de ces patrouilleurs, un premier bâtiment de 44 mètres, dédié à la formation maritime (le BFM Almak), est en cours de construction pour une livraison prévue en septembre 2013.

 

Nouvelle gamme de patrouilleurs de Piriou (© PIRIOU)

 

Vue du futur BFM Almak (© PIRIOU)

 

Positionnement en France et à l’international

 

DCNS et Piriou ont donc tout intérêt à se rapprocher pour faire jouer leurs complémentarités. En s’alliant au Concarnois, le premier va pouvoir élargir sa gamme vers de plus petits bâtiments, tout en s’appuyant sur un constructeur très efficient ayant une grande expérience de la navale civile. L’implantation de Piriou en Afrique et en Asie, avec potentiellement de nouveaux chantiers à créer, par exemple au Moyen-Orient, dans la région Asie-Pacifique et en Afrique équatoriale, est également un atout certain. D’autant que, comme son partenaire, DCNS est un habitué des programmes impliquant des transferts de technologie. Quant à Piriou, il va pouvoir bénéficier du « carnet d’adresses » de DCNS et de la force commerciale du groupe en France et à l’étranger afin de placer ses nouveaux produits, en ayant de plus la possibilité de développer de nouveaux designs communs. Alors que de nombreux projets fleurissent aux quatre coins de la planète, la nouvelle société commune, qui doit être opérationnelle en 2013, convoite également le marché français. Elle va, ainsi, pouvoir se positionner sur différents projets des administrations, à commencer par ceux de la Marine nationale, avec les six à huit Bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH), ainsi que les deux à trois bâtiments multi-missions (BMM), qui seront commandés l’an prochain. DCNS et Piriou seront également alliés dans le cadre du futur programme BATSIMAR (Bâtiments de surveillance et d’intervention maritime), qui pourrait comprendre jusqu’à 18 unités afin de remplacer les avisos et patrouilleurs français actuellement en service.

 

Corvette du type Gowind Combat (© DCNS)

 

DCNS partage les OPV mais garde la main sur les corvettes

 

La nouvelle société commune proposera donc toute une gamme de bâtiments, allant du petit patrouilleur d’intervention pour des services comme les douanes et les forces de police ou de gendarmerie, jusqu’aux grands patrouilleurs destinés aux marines et garde-côtes.  En plus des nouveaux designs dévoilés fin octobre par Piriou, la gamme Gowind OPV, s’appuyant également sur une construction aux normes civiles, sera versée par DCNS à la nouvelle société. Le groupe naval conservera en revanche dans son propre catalogue les corvettes de la gamme Gowind Combat, dont quatre exemplaires vont être réalisés pour la Malaisie. Ces bâtiments sont, en effet, fortement armés et, contrairement aux Gowind OPV, sont comme les frégates conçues aux normes militaires. En dehors des constructions neuves, il conviendra également de voir quelle sera la stratégie des deux partenaires dans le domaine du MCO. Dans un premier temps, chacun devrait garder ses propres marchés mais, à terme, la filiale commune signera sans doute, avec certains clients, des contrats comprenant un package pour la construction de patrouilleurs et leur entretien sur plusieurs années.

 

Le chantier de Lanester (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

Vers une reprise de STX Lorient ?

 

Pour les programmes français, mais aussi si cela est possible pour l’export, DCNS et Piriou souhaitent mettre en commun leurs outils industriels dans l’Hexagone, à commencer par les chantiers de Concarneau et Lorient. Concernant le port morbihannais, en plus du site de DCNS, on notera que le groupe réfléchit à une éventuelle reprise de STX Lorient. Cette filiale des chantiers nazairiens, implantée à Lanester, est actuellement en difficulté, son dernier navire ayant été livré le mois dernier. Capable de construire des navires jusqu’à 100 mètres de long, STX Lorient, habitué à travailler en sous-traitance pour son voisin DCNS, pourrait permettre à ce dernier d’accroître ses capacités industrielles. L’éventuelle reprise du chantier de Lanester ne fait, toutefois, pas partie à l’heure actuelle du projet de création de la société commune avec Piriou. « C’est un dossier indépendant », assurent certaines sources.  Reste que si cette acquisition voit le jour, STX Lorient pourrait être amené à travailler sur les programmes décrochés par la coentreprise.  Surtout si DCNS et Piriou remportent les BSAH et BMM, dont la construction dépasserait sans doute les capacités de production des deux partenaires à Concarneau et Lorient. 

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 12:55
Défense : DCNS et Piriou veulent devenir les leaders mondiaux de la construction des bâtiments de moins de 95 mètres

L'OPV Gowind "L'Adroit", patrouilleur hauturier destiné à des missions de sauvegarde maritime construit par DCNS

 

27/11/2012 Michel Cabirol – LaTribune.fr

 

Les deux chantiers navals visent rapidement un chiffre d'affaires d'une centaine de millions d'euros. Ils convoitent notamment les programmes nationaux dédiés à l'action de l'Etat en mer, qui sont en train d'être lancés par le ministère de la Défense.

 

Alors que DCNS et Piriou vont créer une joint-venture en vue de mettre en commun des actifs dédiés à des bâtiments d'entrée de gamme, les deux chantiers naval vont s'attaquer ensemble aux appels d'offre lancés par la France, qui souhaite renouveler une partie de sa flotte de souveraineté. Ils visent notamment les programmes de bâtiments multi-missions (B2M), de bâtiments de souveraineté et d'intervention maritime (Batsimar) et, enfin, de bâtiments de soutien et d'assistance hauturiers (BSAH). Ils visent également les marchés à l'exportation portant sur les bâtiments de moins de 95 mètres, avec des standards civils et destinés aux gardes-côtes, à la police et gendarmerie, aux douanes... "DCNS et Piriou veulent devenir le leader mondial de la construction des bâtiments de moins de 95 mètres", explique-t-on à "La Tribune". DCNS va ainsi améliorer sa base de coûts en fabriquant des bâtiments aux normes civiles.

 

Cette alliance est complémentaire industrielle avec la création en 2013 d'une joint venture en vue de mettre en commun des actifs dédiés à des bâtiments d'entrée de gamme, que DCNS commercialisera. Nouveau venu dans la construction de bâtiment militaire, Piriou a récemment présenté lors du salon Euronaval toute une gamme de navires multi-missions de la classe OPV (Offshore Patrol Vessel) et M.OPV (Multipurpose Offshore Patrol Vessel) de 25, 35, 50, 60 et 80 mètres. De son côté, DCNS propose son patrouilleur hauturier Gowind type "L'Adroit", qui mesure 87 mètres. Sur le plan commercial, DCNS a également une idée derrière la tête. En vendant un "petit" bâtiment d'entrée de gamme, le groupe naval veut séduire des marines, qu'il n'avait pas comme client jusqu'ici. Et surtout leur proposer des bâtiments plus importants par la suite.

 

Le programme B2M retardé

 

Destinés à opérer dans les territoires d'outre-mer (Polynésie, Nouvelle-Calédonie, Antilles, océan Indien), les B2M, des navires de soutien civils, ont pour objectif de compenser le retrait du service des bâtiments de transport légers (Batral) et des patrouilleurs du type P400. Un programme qui vient d'être retardé en raison des fortes contraintes budgétaires en dépit de leur mission cruciale de surveillance de la zone économique exclusive (ZEE). "On a commandé trois B2M en remplacement - sachant que les Batral, avaient des capacités amphibies, utiles par exemple pour le débarquement de fret humanitaire comme ils l'ont fait à Haïti. Si le contrat est passé l'année prochaine, comme je l'espère, nous pourrons avoir ces navires de soutien en 2015", a récemment expliqué à l'Assemblée nationale le chef d'état-major de la marine, l'amiral Bernard Rogel

 

Le ministère de la Défense tente de "trouver un financement interministériel pour l'acquisition de bâtiments multimissions", a précisé l'amiral Bernard Rogel. Car les B2M seront amenés à remplir des missions très diverses. Le ministère de l'Outre-Mer pourrait ainsi financer une partie de ce programme à hauteur de 20 %, le reste étant à la charge du ministère de la Défense. Selon lui, "on ne peut simultanément considérer la zone économique exclusive comme importante et laisser la situation en l'état". Ces navires, qui sont des bâtiments civils ravitailleurs de plates-formes, auront "un armement léger - au moins en autodéfense - de bâtiments civils", avait-il précisé. Le retard de ce programme n'est pas sans conséquence sur la présence en mer de la marine avec le désarmement de "tous les P 400 - lesquels ne pourront être prolongés - et les Batral, sans les remplacer tout de suite", regrette le chef d'état-major de la marine. D'où un trou capacitaire. "Nous avons déjà redéployé deux patrouilleurs : Le Malin, bateau saisi pour pêche illégale aux Kerguelen que nous avons racheté, vers la Réunion  et l'Arago vers la Polynésie", avait-il expliqué. S'agissant du Malin, ce chalutier a été transformé en garde-côtes

 

L'Adroit de DCNS, les futurs patrouilleurs de haute-mer ?

 

C'est le programme Batsimar qui sera le fer de lance de la surveillance de la ZEE. Compte tenu des contraintes budgétaires, "cette question devra faire l'objet d'une priorité à court terme, avait-il assuré. Mais je ne vais pas demander des FREMM (frégates multimissions, ndlr) pour surveiller la ZEE. Cela étant, on ne peut non plus envoyer n'importe quel bâtiment pour faire de la surveillance de zone dans la mesure où les pêcheurs illégaux, par exemple, autour de l'île de Clipperton emploient des moyens très rapides". La marine compte sur le patrouilleur hauturier Gowind, L'Adroit, construit par DCNS, qui l'a mis à disposition de la marine pendant trois ans. "J'ai été très intéressé par le partenariat avec DCNS : le bateau est mis à disposition pour trois ans, ce qui nous procure un patrouilleur de haute mer supplémentaire ; nous en profitons, nous, marins, pour affiner notre besoin sur les patrouilleurs de haute-mer (Batsimar)", avait expliqué l'amiral Rogel. Car selon lui, "nous avons des adversaires de mieux en mieux équipés : on ne rattrapera pas un go-fast de trafiquant de drogue avec un patrouilleur de 12 noeuds, sachant qu'il est souvent trop tard quand la drogue est arrivée sur la plage. Il en est de même pour l'immigration illégale : il ne faut pas attendre que les bateaux viennent s'échouer dans les bouches de Bonifacio pour réagir !"

 

Les bâtiments du programme Batsimar vont aussi remplacer certains moyens métropolitains, tels que les bâtiments de surveillance des pêches. "Le redéploiement a donc ses limites", avait constaté le chef d'état-major de la marine. Enfin, la marine souhaite que le Maintien en condition opérationnel (MCO) soit confié au secteur civil, "ce qui permettrait de les faire entretenir partout dans le monde", avait estimé le chef d'état-major de la marine.

 

Vers un partenariat public-privé pour le BSAH ?

 

Partenariat public-privé (PPP) ou acquisition ? Le programme BSAH, qui est inscrit au budget, "pourrait faire l'objet d'un partenariat public-privé. Nous comptons étudier la mise en oeuvre de cette initiative singulière", avait de son côté expliqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. La notification de ce PPP est prévue en 2013, avec une contractualisation de service pour une flotte de 8 bâtiments et une durée de 15 ans à partir de 2015. En tout cas, la direction générale de l'armement (DGA) s'oriente vers un PPP. "Nous prévoyons l'acquisition par un contrat de service de bâtiments de soutien et d'assistance hauturiers pour la marine", avait de son côté expliqué le Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon. "Pour les BSAH, deux versions concurrentes étaient prévues : l'une, en PPP, l'autre patrimoniale, avec 8 navires aux normes civiles dont 4 à équipage civil et 4 à équipage militaire, ce qui revenait à reconduire le dispositif actuel avec des bâtiments plus modernes et mieux adaptés", avait enfin expliqué le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud.

 

Le PPP va-t-il décaler la livraison des bâtiments ? Non, avait estimé l'amiral Rogel. "Le PPP ne provoquera, je l'espère, pas de décalage car les sociétés intéressées sont déjà bien informées, mais il ne faut pas, en effet, prendre de retard : nous aurons besoin de ce service en 2015. Leur décalage d'un an nous oblige à affréter plus longtemps et à prolonger quelques bateaux, ce qui a aussi un coût", avait-il expliqué. L'objectif de la marine est d'avoir des navires aux normes civiles, armés par des civils ou des militaires. "Nous achèterons un service sur la période 2015-2030, les bâtiments étant financés et entretenus par l'industriel, qui en livrera 4 à équipage militaire et 4 civils. Ils permettront de faire de la lutte anti-pollution ou des missions d'entraînement", avait expliqué l'amiral Bernard Rogel. En 2008, la marine disposait de sept bâtiments de soutien et d'assistance militaires auxquels s'ajoutaient quatre bâtiments civils affrétés (bâtiments de soutien, d'assistance et de dépollution - BSAD).

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 07:50
Proposition pour un schéma directeur des moyens de l'Action de l'Etat en Mer

 

18.10.2012 Le Fauteuil de Colbert

 

C'est par la plume, toujours aussi bien informée, de Michel Cabirol (La Tribune) que l'on apprend deux décisions qui peuvent autant inquiéter que réjouir : le report des programmes BMM (Bâtiment Multi-Missions) et BATSIMAR (BATiment de Souveraineté et d'Intervention MARitime).

 

Des richesses maritimes à préserver

 

La chose est inquiétante car si la France dispose d'un empire maritime de 11 millions de km², il est d'une nature binaire. C'est-à-dire que soit sa valeur est de 0, soit elle vaut 1. Pour être plus illustratif, cela veut dire qu'en ces temps de disette budgétaire :

  • soit nos 11 millions de km² de zones économiques exclusives qui recèlent, avec l'Archipel, des ressources considérables (halieutiques, pétrolières, gazières, du nickel, des terres rares, des énergies renouvelables, etc...) sont sous le contrôle de l'Etat grâce à une surveillance maritime digne de ce nom, et la valeur est de 1.
  • Soit les 11 milllions de km² ne saut pas surveillés. Dans cette optique, les ressources seront encore plus pillées qu'aujourd'hui, les compagnies étrangères ne prendront même plus la peine de demander des permis d'exploitation, les pêcheurs du monde entier viendront pêcher sans la moindre conscience environnementale et l'ensemble sera pillé. 

Une question d'intégrité territoriale

 

La mer n'est pas fondamentalement différente du milieu terrestre sous bien des aspects. Ainsi, il convient de le montrer sous deux angles différents :

  • Que se passerait-il dans les territoires terrestres si on retirait la Gendarmerie ? Imaginait que le territoire ne soit plus encadré par des policiers ou des gendarmes : ne serait-ce pas le début de l'anarchie ? Comment les lois républicaines seraient-elles respectées ? Serait-ce différent en mer ? Ces zones économiques exclusives françaises seraient livrées à la loi du plus fort, et au train où vont les choses, ce ne sera pas celle de la République. Pour dire, dans une pareille situation, bien des choses pourraient arriver. Par exemple, les somaliens se plaignent de rejets toxiques sur leurs côtes.
  • Mais dans un pays où l'on cherche le redémarrage industriel, peut-on se priver de ce que la mer nous offre ? Des ressources sans maître seront exploitées par d'autres. La Guyane devrait produire 200 000 barils de pétrole jour vers 2020.  Wallis et Futuna, archipel français du Pacifique, posséderait des terres rares : ces gisement qui contiennent tout les méteaux précieux dont les industriels de l'électronique ont besoin. Si la production devait être importante, elle permettrait à un pays comme le Japon de contrebalancer un peu les exigences de Pékin qui détient les deux tiers des réserves mondiales de terres rares déclarées...

C'est pourquoi, depuis la fin de la Guerre froide, la France est une "île artificielle" : la paix européenne lui permet, et même l'oblige, à faire le choix de la Mer puisque le continent de menace plus l'intégrité de nos frontières en Europe. Il en va de notre devoir que de protéger l'Archipel France qui, s'il nous permet une couverture mondial et d'être aux portes de l'Asie, où le centre géopolitique du monde a basculé, n'est pas protégé de bien des menaces, contrairement à nos territoires d'Europe. C'est pourquoi la Marine nationale est devenue la première force armée garante de l'intégrité territoriale de la France.

 

Un déficit inquiétant en patrouilleurs


Mais le gouvernement ne peut pas inventer, celui-ci comme le précédent ou le suivant, des ressources budgétaires qui manquent ou une politique de l'Action de l'Etat en Mer qui n'a pas les moyens adéquats depuis plusieurs décennies. Il resterait encore entre 20 et 30 patrouilleurs. Pour 11 millions de km², ce chiffre pourrait se tromper à 5 navires près que le monde n'en serait pas changé !

Le volume quantitatif des moyens affectés à l'Action de l'Etat en Mer est un défi impératif à relever : il faut des coques, cela ne s'invente pas, c'est le seul moyen pour être présent dans nos mers et nos océans.

 

La qualité n'est pas non plus au rendez-vous puisque les seuls patrouilleurs un tant soit peu modernes sont les frégates Floréal et le patrouilleur Adroit (une location). Qu'ont-ils de si moderne ? Ils sont les seuls :

  • à être capable de mettre en œuvre des moyens aéronautiques,
  • et d'être doués d'une grande autonomie, d'une grande endurance à la mer.

Pour patrouiller dans un domaine aussi vaste (qui se compte en millions de km²), il faut des navires endurants. Mais ce n'est pas tout car l'endurance va de paire avec une motorisation adaptée. Elle doit donc être la plus économique possible. Mais cela implique que la vitesse de pointe soit faible. Ce choix de s'auto-limiter, afin d'optimiser la consommation de carburant, et de réduire le coût d'achat (tout nœuds se paie cher en mer), est réalisable dans la mesure où la Marine canadienne a eu l'intelligence d'installer un hélicoptère sur une frégate en 1958. C'était dans la perspective de la lutte anti-sous-marine et l'idée était révolutionnarie car le sous-marin ne pouvait plus échapper depuis au sonar aéroporté ou à la torpille du binôme constitué par la frégate et la voilure tournante.
Mais dans le cadre des missions de l'Action de l'Etat en Mer, l'hélicoptère est capital afin de permettre d'intercepter, grâce à un canon téléopéré ou à des tireurs d'élites, les Go Fast et autres cargos récalcitrants qu'il faudrait aborder de vive force. C'est cela qui dispense la frégate de l'Action de l'Etat en Mer d'avoir une vitesse de pointe.

 

Mais d'autres besoins sont apparus :

  • les frégates Floréal ont été livrés avec des armes de guerre : un canon de 100 mm et des missiles anti-navires Exocet (qui ont acquis une respectabilité mondiale pendant la guerre des Malouines de 1982). Il y a nécessité pour la France de faire respecter son pavillon, en plus de le montrer. Il y a bien des zones de notre archipel ou nos voisins n'oserait pas se frotter à ce pragmatique armement.
  • La capacité à mettre en œuvre des moyens de lutte contre les pollutions maritimes. Si les dernières marées noires ont pu avoir lieu au large des côtes américaines ou européennes, que se passerait-il si elle avait lieu au large de la Réunion ? De la Nouvelle-Calédonie ? Il faudrait combien de temps pour trouver les moyens maritimes nécessaires pour la combattre ? Les moyens MARPOL sont centrés en Europe. La France ne pouvait pas apporter son aide lors de la dernière catastrophe maritime au large de la Nouvelle-Zélande. C'était certainement du au fait que nous n'avons rien là bas pour agir dans un tel cadre, et pourtant les naufrages arrivent (la preuve). 
  • Du choix précédent découle des caractéristiques dimensionanntes pour les futurs patrouilleurs : s'ils doivent mettre en œuvre des moyens de lutte contre les pollutions, ils devront donc avoir une large plage arrière et une grue de manutention. Equipements bien utiles pour des navires appelés à faire de la logistique entre les îles.
  • Une partie des patrouilleurs devra aussi reprendre les missions qui étaient dévolues aux BATRAL (BAtiment de TRAnsport Léger). Ils étaient autant des patrouilleurs que des navires amphibies auxiliaires ou des moyens bien pratiques pour les missions humanitaires. Comme navire amphibie, ils pouvaient s'affranchir d'un port pour pouvoir débarquer hommes et équipements grâce à la capacité de "beacher" (s'échouer sur une plage).

L'état-major de la Marine doit faire face au remplacement de tout les patrouilleurs, et pour ce faire, a concocté trois programmes :

  • les BSAH (Bâtiment de Soutien et d'Assistance Hauturier) qui doivent remplacer les bâtiments de soutien de région et autres remorqueurs de haute mer. Ce sont eux, justement, qui doivent lutter contre les marées noires et autres désastres. Ils seront au nombre de huit navires affrêtés par la Marine nationale au près d'un armateur privé.
  • Les BMM ou B2M (Bâtiment Multi-Missions) qui doivent remplacer les BATRAL. Ils ressembleront plus à des transports de munitions pour effectuer des manœuvres logistiques infra-théâtre (entre nos îles antillaises, par exemple). Mais ils n'auront plus les capacités amphibies de nos aînés. Ils seront trois.
  • Les BATSIMAR (BATiment de Souveraineté et d'Intervention MARitime) qui doivent remplacer le gros des patrouilleurs hautiers, et innover car les deux premiers de la série seront à fond plat afin de patrouiller les fleuves Maroni et Oyapock où se produisent très régulièrement des incidents violents avec les orpailleurs illégaux et les pêcheurs brésiliens. Ils doivent être au nombre de 18 navires.

Au vu des caractéristiques qui sont demandées précédemment, pourquoi existe-t-il trois programmes ?

  • Si tout les futurs patrouilleurs disposent d'une grue et d'une large plage arrière, alors ils pourront mettre en œuvre des moyens anti-pollutions. Mieux, si ceux-ci sont aérotransportables ou suffisamment nombreux pour être pré-positionnés, alors c'est la sécurité maritime nationale, voire mondiale, qui y gagnera.
  • Les futurs patrouilleurs s'annoncent aussi volumineux que les frégates Floréal (2 à 3000 tonnes) et si l'on regarde ce qui s'est fait pour l'Adroit, alors ils auront eux aussi de grands volumes pour transporter des conteneurs. A quoi peuvent bien servir trois navires dont la seule vocation sera la logistique sans être doués d'aucune capacité amphibie ?
  • Ils devront être capable d'opérer des drones aériens et de surface. L'avènement de ces senseurs déportés décuplent en mer les capacités de surveillance d'un navire, ce qui lui permet de couvrir une plus large surface.

L'architecture retenue par l'état-major a ses raisons, ses logiques, aussi bien financières qu'opérationnelles. Mais ces logiques peuvent être mises en doute.

Le patrouilleur générique existe-t-il ?

 

Si l'on regarde plus près ce que propose les industriels, alors on constate que le patrouilleur générique (n'en déplaise à un ancien chef d'état-major de la Marine) existe : c'est l'étude UT-527 de Rolls-Royce Marine :

  • 92,4 mètres de longueur pour une largeur de 18 mètres et 1800 tonnes de déplacement. Son autonomie est de 16 000 nautiques à 16 nœuds et sa vitesse maximale est de 20 nœuds. Le navire dispose d'une plateforme pour hélicoptère lourd (de la classe des 10 tonnes). Tout comme il a une rampe arrière pour la mise en œuvre d'embarcations. Le navire possède également un treuil de remorquage de 130 tonnes au point fixe (contre 160 tonnes pour l'Abeille Bourbon). Le navire est mis en œuvre par un équipage de 12 hommes. Il peut embarquer un SGTIA de 320 hommes ou bien un élément de gendarmerie (120 hommes, vingt véhicules).

Ce patrouilleur fait tout ce qui peut être demandé aux navires des programmes BSAH, BMM et BATSIMAR. Son seul défaut est l'absence d'un hangar pour hélicoptère et l'absence d'un radier, en bonne et due forme, ou d'une capacité à "beacher".

 

Patrouilleur de souveraineté, patrouilleur logistique

 

A dire vrai, il vaudrait peut être mieux miser sur deux navires de l'Action de l'Etat en Mer car il sera difficile d'allier toutes les caractéristiques sur un seul navire. C'est comme si l'on souhaitait réaliser la frégate unique : même en se donnant les moyens, elle sera bonne en tout, excellente en rien  -ou bien ce serait possible au prix d'un coup unitaire exhorbitant et un nombre de coque réduit : l'économie du projet est-ele la bonne ?

Pour l'Action de l'Etat en Mer, il convient peut être d'imaginer deux patrouilleurs avec chacun un domaine de spécialité :

  • un patrouilleur dédié aux missions de souveraineté et à la patrouille hauturière. A cette fin, il recevra les armes nécessaires pour dissuader tout adversaire de contester notre souveraineté en tout point de notre archipel. Si jamais il était dépassé, alors il faudrait s'attendre à voir réagir l'échelon supérieur : le groupe aéronaval.
  • Un patrouilleur spécialsé dans les missions logistiques et servant lui aussi de patrouilleur. Il excellerait dans les missions de transport et de soutien d'un SGTIA, de missions de dépollutions et de soutien logisitques aux îles isolés de l'archipel.

L'avantage d'une telle répartition est de faire tout ce qui est demandé aux trois programmes précédents. Ceux-ci prévoyaient 29 unités :

  • ce ne serait pas de trop pour avoir un ou deux patrouilleurs logisitques dans chaque grande zone (Antilles, Réunion, façade Atlantique, Méditerranée et Nouvelle-Calédonie/Polynésie). Cela nécessiterait entre 8 et 10 unités selon les arbitrages.
  • Les patrouilleurs de souveraineté devraient être dispersés de la même manière.

Le budget devra aussi tenir compte des nécessaires équipements de cohérences : hélicoptères légers (programme HC4), drones aériens, embarcations semi-rigide, drones de surface, moyens de lutte contre les mines, sonar remorqué (concept de l'OPV ASM : pas inutile alors que les sous-marins prolifèrent), pièce d'artillerie navale, missiles anti-navires, artillerie légère téléopérée, moyens anti-aériens, etc...

 

Le groupe amphibie auxiliaire

 

Enfin, il faudrait prévoir de pouvoir utiliser les deux types de patrouilleurs combinés car, ensemble, ils pourraient former un pion d'action aéroamphibie auxiliaire. Ainsi, les deux navires pourraient déployer un SGTIA pour les missions de basse intensité : l'un se servirait de ses capacités amphibies quand l'autre pourrait faire le coup de force sur une côle mal défendue. Ensemble, ils pourraient mettre en œuvre plusieurs voilures tournantes et drones pour appuyer leur action.

 

Cette capacité inédite permettrait de faire la jonction entre l'Action de l'Etat en Mer et les missions plus traditionnelles de la Marine nationale, marine de Guerre. Cela préserverait dans chaque zone de l'Archipel France une capacité minimale d'intervention contre tout coup de force audacieux. Après tout, il manquait simplement une telle capacité aux anglais quand les Malouines furent envahi par les Argentins. Chose qui ne serait peut être pas arrivé s'il y avait eu un patrouilleur de souveraineté anglais dans les parages.

 

Un format difficilement contournable

 

Ce sont là les capacités que l'on peut souhaiter pour les 30 prochaines années. Il sera bien difficile de trouver le moyen de faire mieux ou aussi bien avec moins de coques. La République est une et indivisible, donc, en l'état actuel des choses, il faudra bien que la Marine puisse assumer les missions qui lui incombent pour protéger le territoire national. Et si l'on ambitionne de tirer parti des richesses qui nous sont octroyées par la convention de Montego Bay de 1982, grâce aux zones économiques exclusives, alors il faudra être présent sur mer.

 

Des solutions paliatives pour "faire la soudure"

 

En attendant que le budget de la Défense se lance enfin dans la construction de ce nécessaire édifice, il existe peut être des solutions pour préparer l'avenir sans le sacrifier avec des programmes conçu beaucoup trop justement pour durer dans le temps.

 

http://www.malango-actualite.fr/photos/20121015-2011_02_17_thonier_breton_aux_seychell.jpg© Inconnu. Un thonier.

 

La première solution éventuelle consisterait à avoir recours à la flotte de pêche française et à ses marins-pêcheurs. Ce n'est pas une nouveauté puisque les chalutiers français ont d'ores et déjà servi comme patrouilleurs auxiliaires pendant les deux confits mondiaux, notamment pour la lutte anti-sous-marine.

 

Après tout, la Marine a bien sous son pavillon des navires de pêche (Albatross et Mali) qui ont été soit racheté, soit confisqué à de indéliquats pêcheurs étrangers.

 

Cela pourrait aussi constituer une bouée de sauvetage pour la flotte de pêche française qui navigue entre les aides de Bruxelles pour réduire ses capacités, les pertes d'emplois qui en découlent, des quotas qui sont trop peu pour nourir tout les navires, et donc des campagnes de pêche qui sont trop courtes.

 

Il s'agirait pour la Marine de louer des navires et des équipages pour combler ponctuellement des besoins capacitaires dans certaines zones. La Marine nationale, en coordination avec le comité directeur de la fonction garde-côtes, passerait contrat au près de certains patrons pêcheurs et armateurs pour louer navires et équipages afin de mener des missions bien précises. Pourquoi ne pas imaginer de les verser dans la réserve ?

 

Il n'y aurait pas de grandes modifications à réaliser sur ces navires qui seraient voués à des missions de contrôle des pêches et de lutte anti-pollution. S'ils ne seront pas apte à mettre en œuvre des hélicoptères (mais pourquoi pas des drones moyennant une petite plateforme ?), ils seront bien assez utiles pour ces missions, et pour le reste, il restera les navires de la Marine. Par ailleurs, les thoniers ont un tel potentiel que l'un d'eux a été transformé pour les besoins du site de la DGA des Landes, en remplacement de l'Aquitaine Explorer.

 

Le gain politique n'est pas à négliger car une flotte de pêche employée d'une telle manière pourrait plus facilement respecter les normes européennes et permettre de prendre ses rivales en défaut... et ainsi préserver les stock halieutiques.

 

http://www.meretmarine.com/objets/500/1944.jpgPatrouiller Thémis des Affaires Maritimes.

 

La seconde solution est une réforme latente que la création de la fonction garde-côtes a pu annoncer pour certain : la mainmise par la Marine sur toutes les embarcations de l'Action de l'Etat en Mer. Il serait grand temps qu'un schéma directeur, à l'échelle de l'Archipel France, soit créé afin de coordonner l'Action de l'Etat en Mer depuis les vedettes côtières jusqu'aux patrouilleurs de haute mer !

 

Chacune des administrations -Affaires maritimes, Gendarmerie maritime, DGA et Douanes- à ses vedettes et ses patrouilleurs. En contemplant l'état de cette flotte d'auxiliaires (grâce à Net-Marine), il est tout aussi de se demander si :

  • les vedettes de servitude ne font pas doublon avec d'autres vedettes qui ne sont pas "de servitudes".
  • Il y a tellement de pousseurs et de remorqueurs alors qu'il y a de moins en moins de navires : ne faudrait-il pas moins de remorqueurs, mais que certains d'entre-eux soient plus gros pour effectuer des missions en dehors des ports, comme de l'assistance aux exercices ?
  • De même qu'il y a bien des navires de soutien des plongeurs-démineurs : ne pourrait-on pas utiliser des patrouilleurs ou de grands remorqueurs dans certains cas ?
  • Que dire qu'il puisse exister autant de bâtiment écoles alors qu'il y a de moins en moins d'élèves.

N'y aurait-il que la flotte d'auxiliaires pour échapper aux logiques de la rationalisation et de la polyvalence des plateformes ?

 

L'idée serait de rationaliser autour d'une structure de forces simple, mais efficace :

  • un patrouilleur côtier apte à patrouilleur jusqu'aux limites de la zone économique exclusive depuis la côte (bande des 200 miles nautiques),
  • qui serait capable d'opérer des drones aériens et de surface,
  • et aussi d'embarquer ponctuellement des vedettes côtières afin de remplacer l'hélicoptère qui ne serait pas embarqué à bord.
  • Ce dernier, si besoin était, pourrait venir de la terre.

Ce patrouilleur pourrait servir à toutes les missions de l'Action de l'Etat en Mer qui ne dépasseraient pas l'horizon des côtes. Il pourrait même servir de navire-écoles, et les élèves se familiarisrait avec des outils (drones, hélicoptères, embarcation rapide embarquée) qu'ils connaîtront durant toute leur future carrière.

En allant plus loin, s'il y avait suffisamment de patrouilleur côtier, alors il serait imaginable qu'ils servent, eux-aussi, d'autres missions qui soulagerait les unités hauturières de la Marine nationale :

  • par exemple, si la Marine continue à s'orienter dans le cadre du SLAMF (Système de Lutte Anti-Mines Futur) sur un programme à six vecteurs, alors il restera bien moins de navires que les actuels 13 chasseurs de mines triparties. Il ne serait pas inutile d'imaginer qu'un patrouilleur côtier puisse embarquer une équipe de plongeur-démineurs et ses matériels. Même schéma de pensée pour les patrouilleurs hauturiers : cela permettrait de déployer une capacité anti-mines mondiale et résiduelle.
  • Autre exemple, ces patrouilleurs côtièrs, ou les remorqueurs côtièrs d'assitance, pourraient aussi servir à remorqué des sonars, notamment au service de la FOST, dans l'optique du remplacement des BRS (Bâtiment de Remorquage de Sonar) et de la diminution du nombre de chasseurs de mines (SLAMF).
  • Que dire de ces futurs patrouilleurs s'ils pouvaient se charger des missions anti-pollution maritime, et ainsi soulager en partie les patrouilleurs hauturiers ?
  • Ne faudrait-il pas envisager que le systèmes de forces proposait, le patrouilleur côtier, ait un rayon d'action suffisant pour pratiquer la diplomatie navale en effectuant un certain nombre d'escales chaque année dans des ports étrangers ? L'influence de la France en serait autant augmentée partout dans le monde.

 

L'intérêt du schéma-directeur établi par le comité directeur de la fonction garde-côtes serait de rationnaliser le dispositif, mais aussi de l'étendre, dans la mesure du raisonnable :

  • si le système de forces ainsi proposée permet de travailler sereinement et ponctuellement dans la bande des 200 miles nautiques avec des outils (marsupialisation) améliorés,
  • alors le besoin en patrouilleurs hautirers (de souveraineté et logistique) sera bien moindre qu'avant dans certaines zones. Ainsi, ces navires hautueris pourront être déployés dans les zones les plus éloignés, les plus isolés où leurs capacités sont indispensables.

L'administration serait même plus que prête pour régler les éventuelles difficultés découlant d'une telle rationalisation puisque l'autorité unique de l'Etat en mer, c'est le préfet maritime. L'organe qui coordone les programmes de matériels intéressant l'Action de l'Etat en Mer, c'est le comité directeur de la fonction garde-côtes.

 

Il serait même intéressant que les différentes administrations gardent leurs équipages car, dans le cas où les élèves de la Marine embarqueraient à bord du système de forces proposé, alors ils pourraient découvrir différentes cultures maritimes et différentes manières d'aborder la mère. Ce ne serait pas de trop. C'est actuellement l'esprit de la formation des officiers de la Marine de l'administration des Affaires maritimes qui embarquent ainsi comme officier chef de quart sur un navire de la Marine nationale, un navire de la marine marchande et un navire de pêche.

 

L'actuel gouvernement ne peut être qu'inciter à construire une flotte, et ses différentes branches, sur le long terme : toute l'histoire navale montre que les flottes savamment étudiées sont les moins coûteuses à mettre en œuvre, mais aussi les plus efficaces. En ce qui concerne les patrouilleurs, il faut impérativement mieux penser l'articulation entre la côte et la haute mer afin de lisser les besoins d'un boût à l'autre de la chaîne. Le schéma directeur qu'il faudrait que le gouvernement établisse pourrait être soutenu par le recours aux navires et équipages de la flotte de pêche française, ce qui permettrait de combler les pertes capacitaires qui apparaîtrait le temps de la transformation.

 

Enfin, il convient de relever que plus les moyens affectés à la fonction garde-côtes, à l'Action de l'Etat en Mer, seront nombreux et cohérent entre eux, plus les forces de haute mer de la Marine nationale (groupe aéronaval, forces sous-marines, groupe de guerre des des mines, groupe amphibie, etc...) seront libérés de missions pour lesquelles ils sont en situation de surcapacités !

 

Il est donc urgent d'attendre, de réfléchir à ce que l'on peut faire avec ce que l'on a, avant de se projeter dans l'avenir par un grand plan d'ensemble qui permettra une manœuvre aisée d'un bout à l'autre de l'action maritime et navale de la France.

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 07:50

http://i33.servimg.com/u/f33/14/53/18/45/haut10.jpg

 

© Inconnu. Les navires de l'opération Myrrhe : le porte-avions Foch, bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme, la frégate (ou croiseur léger) Duquesne et le navire-atelier Jules Verne. Un SNA pourrait certainement être partie intégrante de cette escadre.

 

23.09.2012 Le Fauteuil de Colbert

 

La logistique navale n'est que trop rarement mise en avant alors qu'elle est parfaitement essentielle. Par exemple, pendant la seconde guerre mondiale, les allemands s'appuyaient intelligemment sur des pétroliers pour allonger le rayon d'action des raiders (les cuirassés de poche par exemple), des croiseurs auxiliaires et des sous-marins. Les alliés eurent bien des difficultés à enlever à l'Allemagne ce bras logistique qui démultipliait le rayon d'action de ses navires. Autre exemple, et plus près de nous, pendant la guerre des Malouines, la capacité de la Royal Navy à durer à la mer ne tenait qu'en sa capacité à ravitailler son escadre combattant en Atlantique Sud depuis la métropole. Si les Argentins avaient visé en priorité les navires logistiques anglais, la fin de cette guerre aurait pu être tout autre (comme dans le cas où les Argentins auraient réussi à se procurer quelques missiles Exocet de plus).

 

Globalement, il est impossible d'envisager l'action lointaine et durable d'une force navale sans qu'elle puisse s'appuyer sur un train logistique hauturier apte à ravitailler les navires en munitions, combustibles, nourritures et pièces de rechanges. Pour peser sur une crise, les outils militaires adéquats sont appelés à durer. En mer, il est donc nécessaire que le groupe naval puisse durer en face des côtes de la crise. Toutes les fois où la puissance aéronavale française a été engagée, les porte-avions durèrent à la mer, sans s'éloigner de l'épicentre de la crise -ce qui revient à dire que le lien doit être fait entre la base avancée et l'escadre. Mais cette nécessité de durer à la mer concerne aussi le groupe amphibie (voir la présence du Tonnerre pendant la crise présidentielle ivoirienne) et le groupe de la guerre des mines (voir son action durable (un peu plus de 4 mois) et bénéfique dans la dépollution des eaux koweïtiennes (quand l'Irak avait interdit l'accès de cet Etat à l'US Marines Corps).

 

Pour satisfaire aux besoins de la logistique navale, il faut, généralement, des pétrolier-ravitailleurs et des navires-ateliers. Ainsi, la Flotte des porte-avions Clemenceau et Foch étaient, à ses débuts, accompagnée par des pétroliers-ravitailleurs, des transports-ravitailleurs et des bâtiments de soutien logistique. Les derniers servaient plutôt au soutien de différentes divisions navales, grâce à leurs ateliers, dans des lieux éloignés des arsenaux ou directement à la mer. Cette flotte logistique était alors constituée d'unités très spécialisées. Par la suite, au cours des années qui suivirent (de 1970 vers 2000), la flotte logistique se resserra autour d'unités de plus fort tonnage et plus polyvalentes. Il faut dire aussi que, après la mise à la retraite des unités logistiques des années 60, il n'y eu pas vraiment de nouvelles entrées en service de navires logistiques. Outre le pétrolier-ravitailleur Durance et les Bâtiments de Commandement et de Ravitaillement (BCR) Meuse, Var, Marne et Somme (ils sont issus de la même classe, sauf que la tête de série n'a pas de moyens de commandement), il n'y a pas eu d'autres constructions de navires logistiques. Par ailleurs, passé l'an 2010, il ne reste plus que les quatre BCR. Le dernier bâtiment se soutien logistique affecté à la guerre des mines, le Loire, a quitté le service en 2009. Le dernier navire-atelier affecté au reste de la Flotte, le Jules Verne, a été désarmé, lui aussi, en 2009.

 

Les buts de la guerre navale française ont changé et l'évolution du visage de la flotte logistique l'atteste.

Par exemple, la flotte logistique qui existe en 1960 semble très bien adaptée à la flotte issue de la IVe République qui était très équilibrée et très pyramidale. Les trois types d'unités logistiques navales d'alors -pétroliers, transporteurs et navires-ateliers- devaient, manifestement, permettre de soutenir en de nombreux points de la planète bleue les escorteurs et les sous-marins classiques. Il s'agissait de diffuser la flotte en différentes escadres légère pour combattre là où les adversaires se concentreraient, certainement près des points vitaux du trafic maritime. Les porte-avions ne constituent pas encore le centre névralgique du ravitaillement.

 

Mais la montée en puissance de la force aéronavale française semble bouleverser la flotte logistique toute entière. Les buts de la guerre navale changèrent aussi. La permanence aéronavale française, matérialisée par la navigation quasi-permanente d'un porte-avions, devient la finalité de la flotte logistique. Qui plus est, la guerre navale change car la puissance navale française, tout du moins, se fait au soutien d'opérations de moins en moins hauturières et de plus en plus côtières. Si les Clemenceau et Foch quittent Toulon et la Méditerranée en 1966, sur décision du général De Gaulle, après le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN, c'est pour la retrouver le 18 décembre 1974 par la décision présidentielle de Giscard d'Estaing. Dès lors, nos deux porte-avions ne cessèrent de projeter la puissance aérienne française de la mer vers la terre afin de peser sur les différentes crises qui apparaîtront.

 

Il y eu des années 60 à 1974 un passage de témoins entre une guerre navale qui se concevait dans l'optique d'une guerre des communications et de batailles de rencontre dans l'Atlantique entre les deux blocs à des missions d'intervention dans le cadre des conflits périphériques et au plus près des côtes. Dès lors, il ne s'agissait plus de soutenir des escadres et des divisions qui combattraient à travers le monde. Mais il s'agit bien désormais d'appuyer l'action d'un groupe aéronaval qui doit durer face à des côtes pour peser politiquement sur le règlement d'une crise. Il y a eu concentration de la logistique navale sur une escadre en particulier. A cette formation, il est possible d'adjoindre deux autres groupes tout aussi essentiel : le groupe amphibie et celui de la guerre des mines. La Marine doit pouvoir escorter le groupe amphibie, indépendamment du groupe aéronaval, nous dit le livre blanc de 2008. D'un autre côté, il est bien difficile d'imaginer l'engagement dissocié des trois groupes navals -et donc un soutien logistique naval à assurer en trois points différents du globe. Mais cela est encore arrivé, récemment : le Tonnerre participait donc à la résolution de la crise ivoirienne alors que le porte-avions était en mission Agapanthe.

 

La physionomie des escorteurs a également été bouleversé. Premièrement, l'Amiral Nomy expliquait que l'introduction des engins (premier nom des missiles) dans la Marine était l'occasion de concevoir de grands escorteurs : il n'était plus question dans son esprit d'escorteurs spécialisés (anti-aérien et anti-sous-marin) mais bien de frégates polyvalentes car il valait mieux "les construire plus gros et plus cher". L'aboutissement de ce processus là, sous l'influence américaine, était le croiseur à propulsion nucléaire. De l'autre côté, c'est bien l'évolution de la guerre navale française qui réduit les objets à protéger et concentre les missions de protection sur la FOST (Force Océanique Stratégique) et sur le GAn (Groupe Aéronaval). Le passage d'une guerre navale à l'autre entraîne aussi des besoins différents : s'il n'est plus tellement question de lutter contre une marine mondiale comme la flotte rouge, alors il s'agit de réussir à peser sur une succession de crises régionales. Le besoin en escorteurs est moins grands (même s'il y a des paliers à ne pas franchir pour pouvoir continuer à avoir une présence mondiale) mais l'endurance qui leur est demandée l'est beaucoup plus, d'où une croiseurisation des frégates, ce qui amène à disposer de FREMM de 6000 tonnes en charge.

 

Il y a encore une chose qui a poussé la logistique navale vers la concentration : la propulsion nucléaire. Quid de l'intérêt de posséder un train naval dédié au soutien des sous-marins quand ceux-ci sont devenus les navires les plus libres de la planète grâce à leurs réacteurs nucléaires ? L'adoption de cette propulsion par le porte-avions n'a fait que pousser le processus à son paroxysme.

 

La Royale dispose donc d'un train de logistique navale très concentré, ce qui a entraîné une croissance en tonnage des plateformes et une réduction du nombre de navires. L'expression des besoins de la Marine a conduit DCNS a proposé les BRAVE pour le programme de remplacement des BCR. Ce programme de renouvellement devrait être notifié dans le cadre de la prochaine loi de programmation militaire (et serait même nécessaire pour sauvegarder l'avenir des Chantiers de l'Atlantique, arsenal devenu indispensable pour la Marine). Il y a une confirmation, par cette matérialisation de la pensée actuelle de l'état-major, du processus entamé depuis les années 70 : quatre unités sont espérées. Il y a donc confirmation d'une flotte (logistique) avec de grandes unités polyvalentes. Le processus de concentration s'accompagnerait, tout de même, d'une certaine croissance car le tonnage unitaire grimperait de 18 000 tonnes (BCR) à 30 000 tonnes (BRAVE). Ce surplus consisterait en la prise en compte qu'il manque quelques capacités opérationnelles depuis le retrait du service des navires-ateliers (Loire (guerre des mines) et Jules Verne). Tout aussi intéressant, il faut noter que les volumes supplémentaires des BRAVE serviront pour transporter hommes et matériels au soutien d'une opération amphibie.

 

Le problème d'une logique qui est portée à son paroxysme, c'est qu'elle crée des déséquilibres propres à déstabiliser tout le système. Cela a été vu avec l' US Navy qui souffre d'une logique mahanienne qui réduit son nombre de navires et donc sa présence mondiale. Dans le cas de la logistique navale française, la concentration observée, constatée, permet, effectivement, de soutenir le groupe aéronaval et ses branches que sont le groupe amphibie et celui de la guerre des mines. Mais c'est un mouvement qui ampute la Marine nationale des capacités nécessaires pour intervenir dans d'autres endroits de la planète quand la nécessité se fait impérieuse. Il y a des choses qui corrigent naturellement les déséquilibres :

  • l'une des premières choses qui redonne de la souplesse au système c'est la plus grande endurance des plateformes actuelles : les sous-marins nucléaires ont très peu besoin de logistique navale dans le cas français (différent dans le cas américain avec des missions de 7 à 9 mois contre 3 à 4 en France) et les frégates sont désormais conçues pour durer plusieurs mois à la mer, avec comme seuls arrêts logistiques les bases avancées.
  • C'est par ailleurs ces bases avancées qui permettent aux unités de la Marine de prendre appui sur des relais terrestres tout autour de l'arc de crises, et même plus grâce aux territoires français d'Outre-mer. 
  • Enfin, il y a donc cette concentration du soutien logistique navale sur un groupe et ses ramifications qui permettent de supporter un si petit nombre de navires logistiques.

Néanmoins, les hypothèses actuelles d'emploi dissocié du groupe aéronaval et de l'un des deux autres groupes ne sont pas si minces. Dans le cadre de la crise syro-iranienne, il ne serait pas étonnant que le porte-avions soit employé dans le bassin oriental de la Méditerranée quand au large de l'Arabie Saoudite Washington demandera l'aide du groupe de guerre des mines français (car la marine américaine n'a presque plus de capacités dans ce domaine et que le groupe de guerre des mines de l'OTAN, s'il a le mérite d'exister, est relativement restreint).

 

Corriger les déséquilibres constatés ne serait pas simple quand le budget (éternellement, il faut le dire) est contraint. Néanmoins, c'est peut être possible.

 

Première possibilité, c'est le BPC. Le navire est constitué de grands volumes, vides, pour permettre l'embarquement d'un groupe aéromobile (constitué de voilures tournantes) et et d'un SGTIA (Sous-Groupement Tactique InterArmes) de l'Armée de Terre pouvant être à dominante blindée (il est peut être imaginable qu'un BPC embarque deux SGTIA pour de "courte durée", mais c'est une autre affaire). La proposition se retrouve en bas des billets de blog : pourquoi ne pas utiliser, ponctuellement, un BPC comme navire-atelier ? Cela supposerait que les ateliers soient modulaires et déplaçable pour ne pas faire d'un BPC un navire définitivement spécialisé après installation de tels équipements. Le monde est bien fait puisque à bord des BRAVE "sur l'arrière, une zone modulable peut servir au stockage de matériel, abriter des ateliers de réparation ou accueillir des troupes et des véhicules". Les hangars à véhicules et hélicoptères des BPC devraient bien pouvoir embarquer de telles installations. La plateforme aurait même de belles qualités nautiques puisque ses grandes dimensions et son fort tonnage lui assure une grande stabilité, caractéristique essentielle pour un navire-atelier où peut se dérouler de la micro-électronique (par exemple). 

 

De cette première possibilité, il découle deux directions différentes, mais complémentaires :

  • un BPC au soutien du groupe aéronaval,
  • un autre, BPC, au soutien du groupe de guerre des mines ou de missions aéroamphibies devant durer dans le temps (comme la mission Corymbe en cas de crise).

Dans le cas d'un BPC navire-atelier, il pourrait soutenir le porte-avions, ses frégates, son SNA et de ses aéronefs. Il pourrait s'approcher de chacune des unités pendant une opération pour livrer des pièces de rechange, des équipements réparés et faire des ravitaillements complémentaires à ceux opérés par les BCR et les futurs BRAVE. Par la suite, le navire s'éloigne rapidement de l'escadre pour se protéger et se ravitailler lui-même au près d'un port amical ou d'une base avancée.

 

Dans ce cadre là, l'hélicoptère est le moyen incontournable pour faire rapidement le lien pour opérer les échanges entre les navires logistiques et les unités soutenues. Mais est-ce le seul moyen ? Un BPC logistique pourrait se servir de deux EDA-R pour ravitailler plus rapidement les navires de l'escadre et donc écourté une manœuvre qui demeure risqué dans une zone de guerre.

 

http://media.lelombrik.net/11501-12000/11679.jpg© Inconnu.

 

De là, il faudrait peut être proposer un échange de services entre le porte-avions et l'unité logistique. Clément Ader disait que les aéronefs devaient être entretenus et réparés à bord. Mais dans le cadre d'un BPC-atelier qui ferait le lien entre le porte-avions et la terre, il pourrait fluidifier l'entretien des voilures fixes et tournantes. A quoi bon garder à bord un chasseur qui serait bon pour plusieurs semaines de réparations ? Pourquoi ne pas permettre à un BPC qui ferait la rotation entre une base avancée et le porte-avions d'en apporter un directement depuis la France qui serait entièrement disponible et d'enlever la machine indisponible et qui ne pourrait plus quitter le bord par elle-même ? Le porte-avions pourrait délocaliser les opérations lourdes d'entretien vers le BPC et la terre. Ce nouveau partage des tâches allégerait le bateau porte-avions (et peut être son coût - est-ce que le déplacement des moyens de commandement vers un BPC serait de nature à en faire de même pour le PA2 ?). Mais cela permettrait, aussi, de maintenir un groupe aérien embarqué avec des machines en permanence disponible. Mais un tel changement suppose de disposer d'un hélicoptère lourd apte à réaliser de tels mouvements...

 

Imaginez une autre hypothèse : le soutien d'un BPC-atelier aux opérations offensives du porte-avions. Grâce à l'aide d'hélicoptères lourds, il serait donc possible de transporter des Rafale du pont d'un BPC vers le porte-avions. Ce dernier envoie tout ses Rafale. A ce moment là, pourquoi ne pas concevoir que les Rafale stockés à bord du BPC soient déplacés sur le porte-avions. La suite de l'idée consisterait à les conditionnés pour constituer la seconde vague de l'attaque et donc, à être catapultés. La première vague, à son retour, pourrait être transvasée du porte-avions au BPC et y serait reconditionnée quand la seconde le serait à bord du porte-avions. Dans cette optique, le BPC devient un considérable multiplicateur de forces. L'idée peut être séduisante car elle offre la possibilité de ne plus se laisser limiter aux 32 aéronefs du Charles de Gaulle (dont 24 Rafale) : le poids opérationnel du GAn face à un groupe aéronaval américain serait beaucoup plus relatif.

 

http://4.bp.blogspot.com/-TmROn2mn8F8/TdoOTskJ0fI/AAAAAAAAKLQ/PmG2SI_4HeY/s1600/GGDMgroupe.jpg© Marine nationale. BCR Var entouré de l'Andromède et du Croix du Sud.

 

Si le BPC pouvait devenir navire-atelier, ponctuellement, alors il pourrait servir de navire-base au groupe de guerre des mines. Bien que les futurs chasseurs de mines seront plus hauturiers que les actuels, il n'en demeure pas moins qu'ils auront besoin d'un soutien logistique pour renouveler "leurs munitions" nécessaires à la chasse aux mines (constatations de l'opération menée dans le Golfe Persique en 1991). Le BCR Var a d'ores et déjà expérimenté une telle formule lors d'un exercice en 2011. Est-ce qu'un BPC pourrait servir dans une telle mission ? Cela permettrait, en tout cas, de délester les futurs BRAVE de missions qui n'emploieraient pas l'intégralité de leur potentiel et où un BPC démultiplierait la force d'une opération de guerre des mines. La protection du groupe pourrait passer, par exemple, par l'embarquement d'hélicoptères Tigre à bord du porte-hélicoptères. Il serait envisageable, à nombre de chasseurs de mines égale, d'embarquer plusieurs équipages afin de travailler presque nuit et jour (grâce aussi aux ateliers et à l'embarquement de consommables). Surtout que, un BPC, avec son radier, pourra emporter deux drones porte-drones (du programme SLAMF) en plus de ceux des futurs chasseurs de mines. Ce ne serait pas un mince avantage quand l'économie mondiale peut être menacé par le minage d'un détroit.

 

Enfin, il y a le cas où BRAVE et BPC pourraient être au soutien d'une mission aéroamphibie. Il y a clairement la volonté d'utiliser les BRAVE pour renouveler les équipages lors d'une opération qui dure, mais, et peut être aussi, pour soutenir une opération amphibie. Ce serait une option prise sur le  Sea basing : le BPC servirait de porte d'entrée sur un théâtre et le BRAVE transporterait les troupes à injecter sur ce théâtre.

 

Dans une autre mesure, il y aurait le cas où le BPC dépasse le cas du navire-atelier pour devenir presque un navire-usine. Il est alors engagé dans une mission qui dure et il a besoin de se faire durer, mais aussi de soutenir des moyens qui lui sont rattachés (comme des aéronefs) ou adjoints (d'autres navires qui ne pourraient pas durer aussi longtemps). Ce serait tout l'avantage de coupler les capacités aéroamphibies d'un BPC avec celles d'un navire-atelier. Une telle utilisation du BPC en Somalie permettrait de se passer de quelques frégates dans un contexte où il est difficile d'obtenir les précieuses frégates de la part des Etats engagés dans l'opération Atalante.

 

Il y a une toute dernière option. La guerre navale à la française permet de se concentrer avec de grands moyens sur chaque crise internationale qui se présente. Cette manière de faire empêcherait d'être ponctuellement présent en d'autres endroits du globe, avec, certes, des moyens moins important. Mais être présent, c'est le minimum pour pouvoir pesé, et c'est le propre d'une marine à vocation mondiale. Les Russes reconstruisent leur puissance hauturière avec des remorqueurs comme navire logistique. Ces auxiliaires de haute mer font rarement partie intégrante d'une escadre. Et pourtant, ils servent très souvent dans la marine russe à appuyer un déploiement de deux ou trois frégates ou destroyers, notamment au large de la Corne de l'Afrique ou dans le bassin oriental de la Méditerranée.

Le cas du groupe de guerre des mines de l'OTAN a été évoqué : lors de son dernier passage à Brest, le SNMCMG1, était composé de quatre chasseurs de mines et d'un navire de soutien polonais, le Kontradm. Z. Czernick. Ce dernier jauge à peine plus qu'un chasseur de mines (6 ou 700 tonnes). Sa présence demeure un puissant moyen pour faire durer la formation à la mer.

Ce ne serait peut être pas une solution à négliger en France que de constituer une seconde ceinture logistique autour de petites unités, comme des remorqueurs de haute mer polyvalent. Dans cette optique, il y a les programmes BSAH et BMM qui pourraient fournir les unités nécessaires. Les BSAH semblent étudiés pour. Mais pourquoi donc ne pas saisir l'opportunité de fusionner, au moins, ces deux programmes pour avoir ce second rideau logistique ? A l'heure où les relations en Asie se tendent, il faudrait peut être plutôt miser sur le déploiement d'une FREMM (avec commandos, MdCN et Exocet block III (donc MdCN aussi) avec l'appui d'un navire de soutien en Asie du Sud-Est pour faire sentir la présence de la France, sans se couper de la présence du GAn en Méditerranée.

 

http://www.netmarine.net/f/bat/EDIC9092/photo02.jpg

 

En tout dernier lieu, il y a le cas des EDA-R (Engin de Débarquement Amphibie Rapide). Ils pourraient constituer le troisième niveau du soutien logistique naval. Ils sont de faible tonnage, ce qui fait leur force le jour où il sera possible de remonter des fleuves dans le cadre d'une opération terrestre. Une version agrandie de ces chalands -soit la taille d'un EDIC- avec une plus puissante motorisation pourrait servir de navire logistique et amphibie rapide. Prépositionné, il pourrait faire le lien entre BRAVE, BPC et la base avancée la plus proche. Hors opération, il pourrait bien servir de patrouilleur hauturier : l'EDA-R demeure un catamaran -ce qui est une formule architecturale assez économique- et il n'est pas impératif qu'il navigue à sa vitesse maximale, mais bien à sa vitesse de croisière économique.

 

Ce ne sont là que quelques pistes qui sont jetées comme sur un brouillon. Le format se réduira à quatre unités logistiques : les futurs BRAVE. Ceux-ci devraient permettre de remplacer une partie des capacités qui étaient offertes par les navires-ateliers et de soutien. C'est le premier rang du soutien logistique naval. Il n'en demeure pas moins que 4 navires est un format bien léger : il faut considérer que le format en SNA à six unités est insuffisant pour protéger la FOST et soutenir le GAn en Libye, face à Toulon. Donc, il y a ces pistes pour combattre les déséquilibres créés par le système : se servir des BPC comme navire logistique auxiliaire, voire comme navire-atelier. La logique pourrait même être poussé pour en faire des porte-aéronefs auxiliaires afin de participer au soutien des aéronefs du GAn, et pourquoi pas d'augmenter le nombre d'avions pouvant être catapultés par le porte-avions. C'est le deuxième rang du soutien logistique naval. En outre, il ne faudrait pas négliger les "nouvelles" capacités de projections (celles des années 60, aujourd'hui perdues, en réalité) qui pourraient être offertes par l'utilisation de navires dédiés initialement à l'Action de l'Etat en Mer comme d'une flotte logistique. C'est le troisième rang. Parfois, il suffit d'une frégate multi-missions et d'un navire de soutien pour participer à une crise à l'autre bout du monde. Enfin, les nouveaux chalands de débarquement, les EDA-R, et une éventuelle version agrandie, les EDA-R XL, pourraient servir d'unités logistiques de bases pour accélérer la manœuvre logistique lors du ravitaillement d'une escadre ou faire la liaison entre la terre et l'escadre. La version agrandie du nouveau chaland de la Marine servirait de moyen prépositionné pour des transports entre théâtres et de patrouilleur en dehors du service aux escadres. C'est le quatrième rang.

 

Qu'est-ce que ces propositions représentent sur le plan budgétaire ? Les quatre unités logistiques (BRAVE) sont d'ores et déjà programmé : ne pas les commander, c'est une économie comptable et la perte du statut de marine à vocation mondiale. Il y a d'ores et déjà trois BPC, et dans le cadre des propositions, ce ne serait pas un luxe que de monter à 5 unités, sachant qu'une telle commande en lot offrirait des navires moins coûteux (300 millions l'unité) qu'une commande isolée (400 millions l'unité) -soit dit en passant qu'une commande en série et en lot de 5 BPC aurait coûté autant que la méthode actuelle pour en acquérir quatre unités. En attendant, le quatrième BPC est programmé pour la prochaine loi de programmation militaire. Tout comme les programmes BSAH et BMM qui concerneront des unités de 2 à 3000 tonnes. Enfin, il est prévu de percevoir deux EDA-R par BPC. Et la version agrandie n'a pas quitté le brouillon. Donc, au final, il n'est question que d'un BPC de plus et d'EDA-R XL.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 07:55
Le Batral La Grandière crédits : MARINE NATIONALE

Le Batral La Grandière crédits : MARINE NATIONALE

 

07/10/2011 MER et MARINE

 

Appelés BMM, pour bâtiments multi-missions, les successeurs des bâtiments de transport légers (Batral) de la Marine nationale seront commandés l'an prochain. Ce nouveau programme remplace l'ancien projet BIS (bâtiment d'intervention et de souveraineté). Cet été, la Direction Générale de l'Armement (DGA) a lancé un appel à projets en vue de notifier en 2012 le contrat, dont le financement est prévu par le projet de loi de finances. Différent du programme BSAH (bâtiments de soutien et d'assistance hauturier), qui sera lui aussi lancé l'année prochaine, le programme BMM va voir l'acquisition de trois navires afin de remplacer les Batral Dumont d'Urville, Jacques Carter et La Grandière. Les nouvelles unités seront basées aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie.


Le Batral Dumont d'Urville (© : MARINE NATIONALE)

Mise en service en 2014

Les BMM, dont la livraison est prévue à partir de 2014, seront des navires de type supply, c'est-à-dire des bateaux des bateaux de soutien et de ravitaillement, à l'image de ceux exploités dans le secteur offshore. Construits aux normes civiles, ils mesureront 60 à 80 mètres et afficheront un déplacement d'au moins 1000 tonnes. La DGA a spécifié que ces bâtiments devaient avoir une grue pour l'embarquement de conteneurs, pouvoir mettre en oeuvre des embarcations rapides et des plongeurs, être en mesure de transporter des armes et des munitions, et présenter une autonomie importante, leur permettant de tenir au moins 20 jours en opérations. De nombreux designs de navires peuvent correspondre à ces besoins. Dans le cadre du projet BIS, Rolls-Royce avait, par exemple, proposé plusieurs versions militaires de ses célèbres remorqueurs du type UT, qui rencontrent un certain succès auprès de différentes marines et garde-côtes. Mais le groupe britannique et ses bureaux d'études norvégiens ne sont sans doute pas les seuls sur les rangs. Le groupe français Piriou, qui a développé une gamme de patrouilleurs polyvalents de 60 à 80 mètres, les Multipurpose Offshore Patrol Vessel (MPOV), peut par exemple se positionner .


Navire du type UT512 (© : ROLLS-ROYCE)


Navire du type UT515 (© : ROLLS-ROYCE)

Un financement interministériel

Contrairement aux BSAH, les BMM ne vont pas faire l'objet d'un partenariat public privé. En revanche, et c'est une grande nouveauté, il s'agit d'un programme dont le financement sera interministériel. En dehors du ministère de la Défense, qui pilote le dossier via la DGA, les ministères de l'Intérieur, des Pêches (Agriculture) et des Transports (Ecologie), ainsi que des Finances (dont dépend la Douane) vont également mettre la main à la poche. Car les BMM, qui seront armés par la Marine nationale, ne rempliront pas que des missions militaires, comme la surveillance et le contrôle des espaces océaniques outre-mer, ainsi que le transport de personnels et de matériel de l'armée de Terre. Leur action concernera aussi d'autres ministères, puisqu'ils assureront des missions de police des pêches, de lutte contre les trafics et l'immigration clandestine, de lutte contre les pollutions ou encore de soutien logistique des territoires ultramarins et d'aide humanitaire aux pays riverains suite à des catastrophes naturelles. La mutualisation de leur acquisition en interministériel, dans l'esprit de la nouvelle Fonction Garde Côtes (FGC), est donc logique.


Débarquement depuis le La Grandière (© : MARINE NATIONALE)


Blindé débarqué du Dumont d'Urville (© : MARINE NATIONALE)

Abandon des capacités amphibies

Entre les Batral et les BMM, la grande nouveauté est l'abandon des capacités de débarquement amphibies. Mis en service entre 1983 et 1987 (deux autres unités plus anciennes, les Champlain et Francis Garnier, ayant déjà été désarmés), les Batral ont, à l'époque de la guerre froide, été conçus pouvoir déployer une compagnie d'intervention Guépard de l'armée de Terre. Bateaux à fond plat pouvant s'échouer sur une plage, les Dumont d'Urville, Jacques Carter et La Grandière, longs de 80 mètres pour un déplacement de 1330 tonnes en charge, ont la possibilité de projeter 140 soldats et 12 véhicules, dont des blindés. L'embarquement et le débarquement des hommes et surtout du matériel se fait au moyen d'une rampe, qui se déploie après l'ouverture de la grande porte de proue. L'évolution des missions et des besoins, ces dernières années, a rendu moins évidente la nécessité de disposer, sur les successeurs de Batral, de capacités amphibies. Celles-ci auraient été intéressantes, comme l'histoire récente l'a montré, pour intervenir suite à des catastrophes naturelles dans des zones où les infrastructures portuaires sont inexistantes ou hors d'usage. Mais cette option n'a pas été retenue, peut-être dans la mesure où cela aurait nécessité le développement d'un bâtiment spécifique, plus coûteux qu'un supply, type de bateau construit à la chaîne pour l'offshore et logiquement moins onéreux, même avec quelques adaptations.


Le Francis Garnier chargé d'aide humanitaire pour Haïti, en 2008 (© : EMA)


Le Batral Dumont d'Urville (© : MARINE NATIONALE)

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