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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 11:30
photo Marine Nationale

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29/01/2016 Marine Nationale

 

Du 17 au 20 janvier, l’Amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine, s’est rendu au sein du GAN ainsi qu’à Bahreïn et Abu Dhabi.

Il a tenu en ce début d’année à être aux côtés des équipages en opérations. Lors de sa rencontre avec les équipages du porte-avions Charles de Gaulle  et de la FDA Chevalier Paul, le CEMM a souhaité saluer le professionnalisme et la ténacité de l’ensemble des équipages. Ces qualités sont  essentielles pour mener à bien une mission complexe comme l’opération CHAMMAL.

L’Amiral Rogel a également souligné le degré d’intégration du groupe aéronaval avec nos partenaires américains et européens (1).

Lors de sa visite au détachement Atlantique 2 sur la base aérienne 104 d’Al Dhafra, le chef d’état-major de la Marine a particulièrement loué la capacité d’adaptation de l’aéronautique navale aux besoins opérationnels et la qualité de l’intégration avec l’armée de l’air. Les équipages des ATL2 se sont en effet particulièrement bien adaptés aux opérations terrestres, alors même que la vocation première de ces aéronefs est maritime .
Le CEMM a témoigné à tous les marins engagés dans l’opération CHAMMAL sa pleine confiance et leur a souhaité une excellente année 2016.

 

(1) «  Le CEMM remet la médaille d’officier de l’ordre national du mérite au vice-amiral d’escadre Fox (US Navy) »

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 17:20
Le CEMM remet la médaille d’officier de l’ordre national du mérite au VAE Mark I. Fox (US Navy)

 

20 Janvier 2016 Marine Nationale

 

L’Amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine, a remis la médaille d’officier de l’ordre national du mérite au vice-amiral d’escadre Mark I. Fox en présence de l’ambassadrice des Etats-Unis à Paris.

 

Cette distinction, remise au nom du Président de la République, témoigne de la qualité des relations historiques entre les marines américaine et française. Elle vise à saluer le vice-amiral d’escadre Fox pour son action personnelle et son haut niveau d’engagement dans la construction du partenariat entre nos deux marines.

 

La marine a atteint avec l’US Navy un niveau de confiance particulièrement élevé. Cette confiance permet aujourd’hui à l’amiral commandant le groupe aéronaval d’assurer également le commandement de la Task Force 50, normalement attribuée à un Américain. C’est une première dans l’histoire des relations entre nos deux marines.

 

En tant qu’adjoint au commandant des forces armées américaines dans la zone Proche et Moyen-Orient (CENTCOM), l’Amiral Fox œuvre depuis l’intervention en Afghanistan pour le renforcement de notre collaboration maritime bilatérale dans le golfe arabo-persique et dans le nord de l’océan Indien.

 

Institution républicaine créée en 1963 par le Général de Gaulle, l’ordre national du Mérite est le second ordre national après la Légion d’honneur. Il a pour vocation de récompenser les « mérites distingués » et d’encourager les forces vives du pays.

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 12:55
photo EMA

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18/11/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le 13 novembre 2015, le général d’armée Pierre de Villiers s’est rendu à Tours, avec les trois chefs d’état-major d’armée et le major général des armées, pour rencontrer les spécialistes ressources humaines (RH) de nos armées.

 

Au programme de cette journée, un comité des chefs d’état-major (COCEM) à dominante RH et la visite des trois directions rassemblées à Tours : la DRH de l’armée de terre (DRHAT) à la caserne Baraguey, la DRH de l’armée de l’air (DRHAA) sur la base aérienne 705 et la direction du personnel militaire de la Marine (DPMM) au quartier Rannes.

 

La rénovation du modèle de ressources humaines est une des priorités fixées par le chef d’état-major des armées (CEMA) pour 2015 et 2016.

 

Entouré de son « équipe de commandement », il a choisi d’aborder ce sujet lors d’un COCEM élargi aux directeurs des ressources humaines d’armée sur le site de la DPMM à Tours. Cette réunion a eu lieu un mois après la diffusion de sa vision du modèle RH, qui vise à « construire l’armée de nos justes besoins : celle qui répondra aux enjeux de demain ». Il est allé ensuite à la rencontre des experts RH de chacune des armées : « Vous avez en charge ce que nous avons de plus précieux. Les RH constitue notre capital et je compte sur vous pour le faire fructifier au mieux ; pour le modeler sur la courbe de nos besoins : c’est-à-dire les besoins de notre pays, pour le succès des armes de la France ! »

 

Repères

 

COCEM

Chaque semaine, le comité des chefs d’état-major (COCEM), rassemble à Paris, autour du général de Villiers, le major général des armées (MGA) ainsi que les chefs d’état-major des armées de Terre (CEMAT), de l’Air (CEMAA) et de la Marine nationale (CEMM) pour arrêter, selon un ordre du jour spécifique, la politique des armées sur les sujets d’avenir.

 

Le modèle des ressources humaines des armées

Le CEMA a diffusé, le 13 octobre 2015, sa vision du modèle des ressources humaines, en cohérence avec la politique des ressources humaines du ministère de la Défense.

Une vision du modèle des ressources humaines qui

    souhaite fédérer les énergies pour adapter les armées à un monde qui change continument ;

    permet au personnel d’exprimer pleinement tout son potentiel et encourage chacun à être acteur de son parcours professionnel ;

    entend proposer de nouvelles perspectives d’avancement, lisibles et réalistes.

 

Un modèle qui se caractérise à travers quelques principes simples :

    un modèle construit sur la confiance ;

    un modèle attractif ;

    un modèle ouvert et participant à la cohésion nationale ;

    un modèle exigeant, sous-tendu par la finalité opérationnelle ;

    un modèle résilient, sachant anticiper les besoins.

 

Pour réussir ce projet ambitieux en répondant aux attentes du CEMA, un plan d’action conjoint a été lancé par l’EMA et le SGA. Il s’agit d’une démarche exigeante qui concerne tous les domaines des ressources humaines et qui mobilise l’ensemble des acteurs RH du ministère : états-majors, directions centrales, directions des ressources humaines et directions fonctionnelles.

photo EMAphoto EMA

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 11:55
La grande fresque de la Marine : de la Grande Guerre à nos jours

 

source CESM

La grande fresque de la Marine : de la Grande Guerre à nos jours de Vincenzo Federici et Patrick de Gmeline avec une préface de l'amiral Bernard Rogel, chef d'État major de la Marine.

L'histoire de notre Marine nationale au XXe siècle suit les grands événements mondiaux, forte de ses traditions et de son savoir-faire, elle avance fièrement vers les défis de demain.

A découvrir aux Editions du Triomphe !

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 12:55
photo Marine Nationale

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06/11/2015 Sources : Marine nationale

 

Le mercredi 4 novembre 2015, l'amiral Rogel, accueilli par le vice-amiral Charles-Henri Garié, commandant du BMPM, a rendu visite au Bataillon de marins-pompiers de Marseille.

 

À cette occasion, le CEMM a salué cette unité hors normes, plus grande unité de la Marine nationale, dont la mission de sécurité civile consiste à protéger lors de ses 115.000 interventions annuelles, Marseille, ses habitants, son environnement et son port.

 

L’amiral Rogel s’est vu présenter un large panel des capacités d’interventions des marins du feu : lutte contre l’incendie, survie en mer, risques technologiques, experts cynotechniques, groupe d’intervention en milieu périlleux (GRIMP), mais aussi engins d’interventions contre les feux de forêts, de secours terrestres ou maritimes.

 

Cette visite était également l’occasion d’échanges et de discussions ouvertes avec les marins du bataillon. Au cours de ces échanges, le chef d’état-major de la Marine a rappelé «l’efficacité des marins pompiers, leur sens des responsabilités et l’humilité dont ils savent faire preuve pour venir en aide aux Marseillais avec humanité et conformément à l’esprit d’équipage qui les anime»

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 12:55
Remise du prix du CEMM à l’hebdomadaire Le Marin

 

5/11/2015 Sources : Marine nationale

 

Le prix du CEMM vise à récompenser chaque année un acteur du monde maritime pour son engagement exceptionnel au service de la mer et des marins.

 

Pour son édition 2015 l’Amiral Rogel, chef d’état-major de la marine (CEMM), a choisi de récompenser l’hebdomadaire Le Marin.

 

Lors d’une réception organisée par la Marine au Stade Vélodrome de Marseille dans le cadre des Assises de l’économie de la mer, le CEMM a remis son prix à quatre représentants du journal : M. Jean-Paul Boucher, directeur général délégué du groupe Ouest-France, M. Jean-Marie Biette, secrétaire Général du Marin, M. André Thomas, rédacteur en chef et M. Benoît Le Goaziou, président du conseil de surveillance.

 

Créé en 1945 par Alphonse Aubrée et Jean Sauvée, Le Marin œuvre depuis 70 ans à faire connaître les enjeux économiques, environnementaux, sociaux ou de défense qui se jouent en mer. A l’image des Assises de la Mer, Le Marin contribue à rapprocher les univers du commerce, de la recherche, de la pêche, de la plaisance et de la marine nationale.

 

Félicitations et longue vie au Marin !

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:55
Credits Ulstein

Credits Ulstein

 

28.10.2015 par Le Fauteuil de Colbert

 

L'audition du Chef d'Etat-Major de la Marine nationale (CEMM), l'amiral Rogel, devant la commission de la Défense et des forces armées de l'Assemblée nationale est l'occasion de faire le point sur le programme BATSIMAR (BATiment de Surveillance et d'Intervention MARitime). 

 

A priori, il ne ressort que très peu d'informations. Il n'aurait pas été question d'un avancement du calendrier de ce programme de 2024 à 2022. Le député Gilbert Le Bris utilisait encore la date de 2024 et l'amiral Rogel n'emploie pas un autre calendrier.

 

Toutefois, le Chef d'État-Major de la Marine (CEMM) ne cache pas la situation très difficile traversée par les moyens de l'Action de l'État en Mer. Et respecter l'actuel calendrier (Horizon Marine 2025), avec une entrée en service des deux premiers BATSIMAR en 2024, n'est pas une situation acceptable. "Si nous attendions 2024, nous serions en « rupture globale temporaire de capacité », car tous les patrouilleurs outre-mer vont s’éteindre les uns après les autres."

 

 

Suite de l'article

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 17:55
photo Marine Nationale

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15 octobre 2015 Commission de la défense nationale et des forces armées - Compte rendu n° 10

 

Mme la présidente Patricia Adam. Nous avons le plaisir d’accueillir l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine. Nous sommes particulièrement attentifs au rôle de la marine nationale dans notre défense, et deux de nos commissaires se sont déplacés dernièrement dans le golfe de Guinée où se déroule l’opération Corymbe. Par ailleurs, le bureau de la commission de la Défense vient de décider de la création d’une mission d’information pour 2016 sur le rôle de la marine nationale en Méditerranée, et je ne doute pas que vous nous apporterez une aide précieuse pour mener à bien des travaux qui porteront sur les équipements et l’engagement, mais permettront également de mieux faire connaître l’action de la marine nationale dans une zone particulièrement sensible en ce moment.

 

Amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine. Répondre à vos invitations est toujours un plaisir car cela me permet de lever les yeux de mes tâches quotidiennes pour me projeter dans le futur. Or la mission d’un chef d’état-major n’est pas seulement de diriger les opérations en cours mais de préparer l’outil de combat dont la France aura besoin à l’horizon 2040. Avant d’aborder la question du PLF, je commencerai par un bref panorama du contexte stratégique, qui est particulièrement évolutif, et des missions remplies par la marine nationale, car ce sont des éléments essentiels pour comprendre nos besoins.

 

Le monde actuel se caractérise par une série de ruptures, dont quatre sont essentielles à mes yeux. La première est une rupture économique. Le centre de gravité économique s’est sensiblement déplacé vers l’Asie. Les routes maritimes qui en émanent sont aujourd’hui les artères de nos économies, le réseau sanguin qui permet de les alimenter : en vingt ans, la quantité de biens transportés par mer est passée de 4,5 à 9 milliards de tonnes et devrait atteindre 14 milliards de tonnes en 2020 – je parle ici essentiellement de marchandises en conteneurs et non du pétrole.

 

Cela nous rend plus vulnérables car, si demain le détroit de Bab-el-Mandeb ou le canal de Suez devaient être fermés à la circulation, le contournement de l’Afrique entraînerait trois semaines de délai dans les livraisons, ce qui ne serait guère supportable pour nos économies à flux tendu. C’est la raison pour laquelle nous surveillons attentivement la situation au Yémen, car si les milices rebelles disposent de missiles sol-mer, les marines occidentales n’auront d’autre choix que d’accroître leur présence dans la zone pour assurer la sécurité du transport. Il nous faut par ailleurs nous prémunir contre un autre danger : la piraterie, qui explose notamment dans le golfe de Guinée et connaît une forte recrudescence en Asie du sud-est.

 

L’explosion des volumes transportés par mer a également entraîné une course au gigantisme qui nous pose des défis en termes de sécurité. En effet, on n’assiste pas un navire comme le Bougainville de la CMA-CGM, baptisé la semaine dernière par le président de la République et capable de transporter 17 500 « boîtes », comme un petit porte-conteneurs. C’est la même chose pour les paquebots, qui peuvent désormais transporter jusqu’à cinq mille passagers, là où le Titanic « insubmersible » n’en accueillait que deux mille. Nous devons être d’autant plus au point sur les questions de sauvetage et de sécurité que ces paquebots vont de plus en plus loin, jusqu’en Arctique ou en Antarctique, ce qui nécessite que nous nous coordonnions au niveau international, en particulier avec les pays limitrophes comme la Norvège.

 

Enfin, la territorialisation croissante des mers – en Chine, en Arctique ou en Méditerranée orientale – par des pays d’autant plus soucieux de préserver leurs ressources océaniques que les ressources terrestres s’épuisent est, elle aussi, un défi pour la marine nationale, qui doit protéger notre zone économique exclusive (ZEE).

 

La seconde rupture est une rupture environnementale. Le dérèglement climatique a d’ores et déjà des conséquences en mer. Il se traduit d’abord par une augmentation de la violence des phénomènes climatiques – je pense notamment au cyclone qui a ravagé le Vanuatu, où la marine française a été la première à intervenir pour convoyer de quoi réparer les routes et les aéroports afin de permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.

 

Ces phénomènes climatiques extrêmes alourdissent nos missions, a fortiori dans nos DOM-COM, situés dans des zones sensibles et qui ne sont pas à l’abri d’une grave catastrophe humanitaire. Je me réjouis donc de l’arrivée des bâtiments multimissions qui répondent au strict besoin d’assurer les missions de sauvegarde et d’assistance confiées à la marine.

 

Les changements climatiques induisent aussi des phénomènes migratoires, sur mer comme sur terre. Dans ce dernier cas, apparaissent avec les populations qui s’agglutinent sur les littoraux des problèmes de pollution et de pêche illégale ainsi que le développement de trafics côtiers ou océaniques : cigarettes, drogue, armes ou êtres humains – car n’oublions jamais qu’avant d’être coupables, les migrants sont d’abord des victimes.

 

Nous devons enfin surveiller de près l’évolution de la zone arctique, où la fonte des glaces va donner accès à de nouvelles ressources et ouvrir de nouvelles routes qui, à la différence de celles empruntant le canal de Suez ou le détroit de Bab-el-Mandeb ne présenteront pas de point bloquant. D’où des enjeux stratégiques importants, qui poussent déjà la Russie à renforcer ses bases navales tout au long de la route du nord-est. Nous devons donc être capables de sécuriser les flux maritimes français dans la région.

 

Le troisième phénomène de rupture concerne l’émergence de nouvelles puissances en mer. Il s’opère dans l’ombre de la menace actuelle, essentiellement non-étatique, mais n’en est pas moins réel. La Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil ou le Japon, qui ont parfaitement compris la nature des enjeux maritimes, développent une stratégie navale ambitieuse et se dotent de tous les outils susceptibles d’asseoir leur puissance en mer.

 

Quant à la Russie, sa marine est partout et se déploie aussi bien dans le golfe de Guinée qu’en Amérique latine, dans le Pacifique dans la Manche ou l’Atlantique. Elle a fait à plusieurs reprises la démonstration de ses capacités, d’abord en évacuant ses ressortissants du Yémen au printemps dernier, opération qui était une première pour elle, puis en procédant la semaine dernière au tir de vingt-six missiles de croisière navals sur la Syrie, ce qui confirme ce que je prédis depuis longtemps, à savoir le retour de la Russie parmi les puissances maritimes de premier plan.

 

La Chine a pour sa part publié récemment un nouveau Livre blanc de la défense, consacré pour l’essentiel au volet naval de sa stratégie. Elle a, en 2014, mis sur cale, lancé ou livré soixante bâtiments. Les Chinois, comme les Russes, sont partout, en Baltique, dans le golfe de Guinée et dans l’océan Indien où ils déploient des outils de puissance comme les sous-marins nucléaires d’attaque. On ne peut donc plus parler à propos de la marine chinoise de marine émergente, mais bel et bien d’une marine moderne, puissante et mondiale.

 

Reste l’Europe, qui a encore du chemin à faire pour prendre la mesure de ces nouveaux enjeux. La marine française, îlot de verdure relatif dans le marasme européen, tente humblement d’agréger autour d’elle les forces européennes, ce qui est parfois couronné de succès puisque, lors de son prochain déploiement, notre porte-avions devrait être escorté par un groupe comprenant une frégate britannique, une frégate belge et une frégate australienne.

 

Enfin, la quatrième rupture est une rupture technologique. L’avance considérable dont disposaient encore il y a une dizaine d’années les pays occidentaux grâce à ce que l’on a appelé la « révolution dans les affaires militaires » s’est considérablement réduite. Cela s’explique en partie par un phénomène que nous avons mal anticipé, à savoir la démocratisation de l’accès aux technologies modernes – je pense par exemple à celles qui permettent la construction d’engins explosifs improvisés (IED) sur terre, ou de bateaux-suicides sur mer mais surtout à toutes les cybertechnologies.

 

L’informatisation croissante de nos bâtiments nous rend plus vulnérables à la cybermenace, que nous prenons très au sérieux. C’est la raison pour laquelle un amiral de mon état-major est spécifiquement chargé des opérations de cyberdéfense. De même le porte-avions, s’il se déploie en fin d’année ; embarquera une équipe vouée à la cyberdéfense. Nous ne devons en effet pas sous-estimer les capacités grandissantes de nos adversaires dans ce domaine. J’ajoute que les Américains sont très en avance en matière de cybertechnologies même si nous nous tenons actuellement à leur niveau et que parvenir à démontrer nos propres performances dans la durée est une condition nécessaire pour coopérer avec eux et intégrer leurs réseaux.

 

La capacité d’action de notre marine doit également se mesurer à l’aune de trois paramètres transverses, au premier rang duquel la contraction du temps – j’entends par là la réactivité croissante dont doivent faire preuve les militaires pour s’aligner sur l’accélération du temps politique et médiatique. À l’inverse, l’espace, lui, se dilate, ce qui signifie que notre champ d’action s’étend désormais bien au-delà de nos frontières. En d’autres termes, on nous demande aujourd’hui d’agir plus vite et plus loin. Et la France a d’autres frontières que métropolitaines, il ne faut pas l’oublier. Enfin, il ne faut pas oublier non plus que la menace d’aujourd’hui n’efface pas celle d’hier, pas plus qu’elle ne préfigure celle de demain, ce qui implique, pour adapter notre marine aux enjeux des prochaines décennies, de faire dès à présent les bons choix stratégiques.

 

J’en viens à présent aux opérations. Les moyens de la marine restent fortement sollicités et, aujourd’hui, ce ne sont pas moins de six mille marins engagés sur la moitié de la flotte qui sont en mer, en opération ou prêts à intervenir. Notre mobilité nous permet d’intervenir au plus près des menaces, et nous avons à l’heure actuelle des bâtiments déployés autour du théâtre syrien, en Méditerranée orientale et dans le golfe arabo-persique, pour des missions de renseignement et des frappes aériennes.

 

Dans le cadre de notre mission de protection, nos bâtiments sont également intervenus au printemps dernier pour évacuer nos compatriotes du Yémen, et nous poursuivons, avec l’opération Corymbe, nos actions de prévention et de lutte contre l’insécurité dans le golfe de Guinée, ce qui inclut notamment des actions de formation des marines riveraines dans le cadre des exercices NEMO.

 

Dans l’Atlantique Nord, nous participons aux mesures de réassurance de l’OTAN, dans un contexte marqué, je l’ai dit, par le regain d’activité des forces russes. Cela s’inscrit dans la perspective d’une réappropriation des eaux froides de l’Arctique, dont je vous ai souligné les enjeux.

 

Pour répondre à la crise migratoire, une de nos frégates et un de nos avions de surveillance maritime sont également engagés dans l’opération Sophia – ex-EUNAVFOR Med – opération européenne de lutte contre les passeurs de migrants en Méditerranée, dans laquelle nous occupons le second poste hiérarchique au sein de l’état-major de conduite. Dans le même temps nous poursuivons notre participation à l’opération Triton, dans le cadre de l’agence FRONTEX.

 

En matière de lutte contre les trafics, une de nos frégates de surveillance a réalisé coup sur coup ces deux dernières semaines quatre importantes saisies d’opportunité, soit au total une prise de 1,6 tonne de cocaïne pure, ce qui correspond à huit millions de doses d’un gramme sur le marché et équivaut à une perte de 500 millions d’euros pour les trafiquants. Ces saisies représentent sept tonnes cette année et quarante tonnes en quatre ans que la marine nationale est ainsi parvenue à retirer du marché. Sans doute devrions-nous mieux communiquer sur ce volet de notre action.

 

En Guyane, nous menons des opérations de grande ampleur contre la pêche illégale, confiées aux commandos marine. La dernière en date a permis le déroutement de plusieurs bâtiments de pêche qui opéraient illégalement dans nos eaux territoriales.

 

Il faut enfin mentionner les sémaphores, la gendarmerie maritime, les fusiliers marins et les centres opérationnels de la marine (COM) mobilisés en permanence pour la surveillance de nos approches maritimes.

 

Je ne m’étendrai pas sur la dissuasion dont nous assurons la composante océanique depuis plus de quarante ans, me bornant à conclure en rappelant qu’intervention, protection et dissuasion forment la marine « 3+1 », le quatrième élément renvoyant à la permanence. La permanence assurée par notre marine est en effet un élément essentiel de notre système de défense, dans la mesure d’abord où il nous permet d’être réactifs – lors de l’évacuation impromptue de nos compatriotes du Liban en 2006, de Libye en juillet 2014 ou du Yémen en mars 2015, nous avons été capables d’intervenir en moins de vingt-quatre heures – mais également parce qu’elle participe d’un dispositif d’anticipation stratégique global, la marine n’ayant pas uniquement vocation à surveiller les mers mais également certains territoires qui ne sont pas accessibles autrement.

 

L’ensemble de ces missions occupe pleinement la marine qui connaît un dépassement du contrat opérationnel défini par le Livre blanc de 2013 – je ne dis pas une surchauffe –, dépassement qui n’est rendu possible que par des arbitrages permanents. Ainsi, notre participation à l’opération Sophia en Méditerranée n’a-t-elle été possible qu’au prix de notre retrait de la mission Atalanta dans l’océan Indien. De même, nous devons remplacer un peu partout nos avions de patrouille maritime par des avions de surveillance maritime, afin de concentrer l’effort sur les théâtres d’opérations les plus sensibles.

 

Au-delà de ces arbitrages, ce dépassement du contrat opérationnel ne tient dans la durée que grâce à une diminution de l’entraînement supérieur. Nous avons dû annuler plusieurs participations à des exercices majeurs et nous sommes en deçà des normes OTAN en matière d’activités opérationnelles. Il est évident que tout cela ne peut se prolonger sans problème et qu’il ne peut s’agir que d’une situation ponctuelle, mais nous misons dès cette année sur la remontée de l’activité prévue par la loi de programmation militaire et le Livre blanc.

 

Le dépassement du contrat opérationnel est aujourd’hui compliqué par deux facteurs. En premier lieu, des problèmes de disponibilité des matériels anciens qui vieillissent : c’est le cas des Atlantique 2, qui devraient être prochainement modernisés et des Lynx, mais aussi des SNA – sous-marins nucléaires d’attaque – de type Rubis, que nous sommes impatients de voir remplacés par les Barracuda. Les Aviso A69 et les patrouilleurs de service public sont également touchés par le vieillissement, ce qui peut conduire à des ruptures nettes de disponibilité, comme cela s’est produit à Cherbourg après que le patrouilleur de surveillance des pêches Cormoran a pris un « coup de tabac » et s’est trouvé immobilisé pour un bon moment. Ces choix de vieillissement résultent d’arbitrages assumés, mais ils n’en viennent pas moins compliquer l’actuel dépassement du contrat opérationnel. En second lieu, les réductions temporaires de capacité inscrites dans le Livre blanc compliquent elle aussi ce dépassement du contrat opérationnel.

 

Enfin, ce dépassement du contrat opérationnel s’opère à budget constant. Nous dépendons en effet très peu du BOP – budget opérationnel de programme – OPEX dans la mesure où dans leur définition « technocratique » les OPEX sont avant tout des opérations aéroterrestres : en 2014, l’activité de la marine n’a ainsi été couverte qu’à hauteur de 2 % par les crédits OPEX, ce qui signifie que nos opérations à l’extérieur ne sont quasiment financées que par le PLF. Il nous importe tout particulièrement qu’il soit au rendez-vous sur les crédits permettant l’activité des forces.

 

Au-delà de ces aléas, la transformation de notre marine se poursuit. Nous sommes engagés dans le plan Horizon Marine 2025, qui, plus qu’une évolution est une révolution. Ce plan concerne à la fois les bâtiments mais aussi les RH, les soutiens, la formation. Conformément au Livre blanc, nous diminuons notre format et avons déjà perdu cinq bâtiments cette année. La marine sur FREMM, la marine sur Barracuda, c’est le prolongement de ce qui a déjà initié avec l’arrivée des bâtiments de projection et de commandement (BPC), c’est le passage à une marine automatisée et informatisée qui fonctionnera avec des équipages optimisés.

 

La phase de conception du plan est derrière nous et nous sommes entrés dans la phase de mise en œuvre. 2016 sera une année charnière, une année de bascule capacitaire avec l’admission au service actif de plusieurs FREMM, le chargement du cœur du premier Barracuda, le passage de la composante embarquée au « tout Rafale », le développement du missile M51 dans la tenue de notre posture de dissuasion et enfin la mise en service du missile de croisière navale (MdCN).

 

Parmi tous les défis que nous pose la réforme, l’un me préoccupe plus que les autres, la tenue dans le temps des ressources humaines. Le passage d’une marine mécanique à une marine informatique signifie en effet que, là où les frégates embarquaient auparavant trois cents hommes d’équipage, il n’y en aura désormais plus qu’une centaine. Cela diminue singulièrement la masse salariale mais cela modifie aussi la structure des équipages. Très pyramidale dans l’ancien système, où l’on avait une base peu qualifiée très importante, on évolue à présent vers une structure en sapin, avec une base peu qualifiée très étroite et une proportion beaucoup plus importante de techniciens et techniciens supérieurs, ce qui signifie que l’on ne peut plus compter sur le seul recrutement interne et la promotion par l’escalier social. De plus en plus, la marine va devenir une armée de microfilières, la gestion de nos ressources humaines n’obéissant plus à une logique d’effectifs mais à une logique de compétences. Les arbitrages qui nous concerneront devront tenir compte de cette logique.

 

2016 sera aussi l’année des réorganisations. Avec l’abandon des sites de l’hôtel de la Marine et de la caserne de la Pépinière, l’installation de l’état-major à Balard et la migration de services vers Tours et Vincennes, le siège de la marine nationale se « dématérialise » ce qui prouve certes que nous sommes une armée moderne mais exige une réorganisation de nos services.

 

J’en viens au projet de loi de finances pour 2016. Vous avez voté en juillet une actualisation bienvenue de la LPM, dans la mesure où, grâce à l’augmentation des crédits d’entretien, elle permet de sécuriser les ressources. En ce sens, le PLF est tout à fait conforme à cette LPM actualisée. Il va permettre de financer la remontée d’activité à partir de 2016, et les engagements du ministre sur le maintien en condition opérationnelle (MCO) sont tenus. Nous sommes donc optimistes sur notre capacité à remonter l’activité de la flotte entre 2016 et 2018 pour atteindre les normes OTAN ; nous pourrons ainsi combler le déficit d’entraînement supérieur que j’évoquais plus haut.

 

Dans la marine, les contrats de MCO sont pluriannuels. Les engagements pour 2016 contribueront à consolider la hausse des crédits d’entretien dans la durée. Nous avons par ailleurs réalisé un travail de fond sur le MCO naval, explorant toutes les pistes d’optimisation. J’observe cependant que les négociations avec les industriels se durcissent et qu’il devient de plus en plus difficile de parvenir à un niveau d’accord optimum.

 

Le MCO aéronautique connaît lui aussi des difficultés, et certains aéronefs subissent encore des retards en sortie-visite mais, globalement, nos efforts ont porté et, dans le domaine naval comme dans l’aéronautique, on constate une remontée de la disponibilité globale des équipements malgré des difficultés ponctuelles.

 

Pour ce qui concerne ses équipements, la marine poursuit à la fois sa réduction de format et sa modernisation. En 2016, elle se verra livrer la FREMM Languedoc, deux bâtiments multimissions qui seront basés en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie, un patrouilleur léger guyanais, deux hélicoptères Caïman et six Rafale au standard multimissions, dont quatre retrofités de leur standard d’origine. Dans le même temps sera commandé le quatrième bâtiment multimissions (B2M) destiné aux Antilles, le troisième bâtiment ayant été basculé vers La Réunion, à la demande du ministère des Outre-mer. Nous attendons également deux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH), utilisés dans nos missions d’assistance, de remorquage et de soutien, en particulier dans le golfe de Gascogne où, du fait de la rudesse des conditions météorologiques, nous devons repêcher un nombre croissant de conteneurs tombés en mer et qui constituent autant de dangers pour la navigation.

 

Ces nouvelles livraisons ne suffiront pas à compenser la réduction de format inscrite au Livre blanc et n’éviteront pas certaines ruptures temporaires de capacité. J’ai déjà évoqué les patrouilleurs, mais les hélicoptères légers sont également concernés : les Alouette III et les Lynx ont leur âge, et il n’est pas convenable que certains bâtiments partent aujourd’hui sans hélicoptère. C’est pourquoi nous attendons avec impatience le futur hélicoptère interarmées léger.

 

Il nous faut également porter notre attention sur les infrastructures. L’arrivée des frégates et des sous-marins de nouvelle génération, très informatisés, a en effet une incidence sur le bilan de puissance électrique demandé aux quais. Or nos infrastructures portuaires – grues, quais bateaux-portes – et électriques datent du plan Marshall et ont besoin d’être remplacées. Les travaux peuvent certes paraître coûteux, mais il faut évidemment rapporter ce coût à la durée de vie des installations – plus de soixante-cinq ans pour celles que nous utilisons aujourd’hui.

 

En matière de ressources humaines, nous allons être l’armée qui va expérimenter le nouveau système de paiement de la solde. C’est certes une charge de travail supplémentaire et une prise de risque, mais aussi la reconnaissance du travail que nous avons fait pour maîtriser Louvois. Notre masse salariale sera cette année encore à l’équilibre, ce que l’on doit à tous les marins qui arment le Centre d’expertise des ressources humaines (CERH) à Toulon, qui ont su faire face aux dysfonctionnements majeurs que nous avons connus.

 

En termes d’effectifs, la marine poursuivra dans le cadre de ce PLF les déflations prévues par la LPM. 2 120 postes identifiés par analyse fonctionnelle seront supprimés au cours de la période 2014-2019, ce qui représente 8 % des effectifs du BOP-marine. C’est d’autant plus lourd que cela intervient après une réduction encore plus importante au cours de la LPM précédente, et que la multiplicité des compétences et des certificats nous oblige à être particulièrement vigilants.

 

La déflation des effectifs s’appuie sur la diminution de format mais aussi sur le remplacement de bâtiments anciens à forts effectifs par des bâtiments neufs à équipage réduit. Mais ce qui la rend possible, c’est que, grâce à la LPM, nous avons pu renforcer les fonctions de protection, sécurité et sûreté, avec la création de 800 postes permanents dont des fusiliers, des atomiciens, des cyber-spécialistes ou des techniciens du renseignement, auxquels s’ajoutent 250 postes temporaires répondant à des besoins nouveaux, comme la prolongation d’un an de trois frégates d’ancienne génération suite à la vente de la FREMM Normandie, ou encore la formation des équipages étrangers sur les bâtiments que nous exportons. Au total, ce sont 2 120 postes qui sont supprimés dans la structure fonctionnelle et un peu plus de 1 000 postes créés par ailleurs.

 

Le maintien des compétences est un enjeu important. Nous devons entretenir un nombre croissant de microfilières de techniciens hautement qualifiés, et les viviers dans lesquels nous les puisons se réduisent, d’une part sous l’effet des déflations mais aussi à cause d’un problème de fidélisation, ces compétences étant extrêmement convoitées par des industries qui ne connaissent pas la crise. Nous devons nous assurer de ne pas en arriver au stade où en sont certaines marines européennes, qui connaissent de graves problèmes de ressources humaines, au point que certains de leurs bateaux doivent rester à quai faute de personnel pour les faire naviguer. Aujourd’hui, notre surengagement opérationnel, le nombre et la multiplicité de nos missions, notre politique de formation interne et notre valorisation des carrières jouent en faveur de notre attractivité, mais nous devons rester attentifs à ce que pour ceux qui s’engagent au service de la Nation, la balance entre contraintes et avantages penche en faveur de ces derniers, ce qui implique de leur offrir de bonnes conditions de travail et de bonnes conditions de vie.

 

On nous demande cette année encore d’économiser sur les frais de fonctionnement mais la diminution des crédits peut avoir des incidences sur le moral des troupes. Outre que les dépenses de fonctionnement ne sont pas des dépenses de confort mais servent, par exemple, à financer des formations ou l’externalisation de certains contrats auprès de sociétés civiles – comme la société Bourbon pour les remorqueurs de haute mer –, le métier de marin a des contraintes particulières. Au port-base, il y a des astreintes, des gardes, des alertes ; quant aux conditions de vie à bord, j’invite tous les membres de cette commission à passer une semaine à bord d’un Aviso A69 dans le golfe de Gascogne… En mission, nous sommes séparés de nos familles pendant de longues durées, parfois sans pouvoir communiquer. Il est donc important, dans notre gestion des ressources humaines, de mieux prendre en compte ces familles et les questions de garde des enfants, de travail des conjoints, tout en nous adaptant aux nouvelles réalités sociales dans lesquelles les familles pèsent plus qu’autrefois : célibat géographique, familles recomposées, etc.

 

J’en terminerai en mentionnant les trois décrets signés du Premier ministre qui viennent d’étendre la superficie du plateau continental sous responsabilité française aux Antilles, en Guyane, en Nouvelle-Calédonie et aux îles Kerguelen. Cette extension représente 550 000 mille kilomètres carrés supplémentaires, soit exactement la superficie du territoire métropolitain. C’est un nouveau champ d’action pour la marine, à qui je ne doute pas qu’on fournira les moyens pour qu’elle y accomplisse au mieux ses missions…

 

Mme la présidente Patricia Adam. J’ai été particulièrement attentive dans vos propos à ce qui concernait l’Europe. Il me semble qu’en matière de défense, s’il y a un domaine où nous pourrions progresser plus rapidement qu’ailleurs c’est bien la marine, à conditions toutefois que les autres pays acceptent de nous rejoindre dans cette dynamique.

 

M. Gwendal Rouillard. Pourriez-vous nous apporter des précisions sur le coût du porte-avions lorsqu’il est déployé en opération extérieure, notamment dans le cadre de l’opération Chammal.

 

En ce qui concerne les frégates de taille intermédiaire (FTI), comment arbitreriez-vous, à titre personnel, entre les besoins de la marine nationale et la volonté exprimée par le Gouvernement de pouvoir exporter ces nouveaux bâtiments dans les meilleurs délais ?

 

Vous avez évoqué nos marins, leur fierté d’exercer les missions que leur confie la marine nationale, mais également les contraintes de plus en plus lourdes qui pèsent sur eux et leurs familles. Un fusilier marin travaille soixante-dix heures par semaine, avec quarante heures d’astreinte pour un revenu qui reste modeste. Nous devons, vous l’avez dit, nous attacher prioritairement à consolider l’attractivité des métiers et la fidélisation des troupes. Il serait également bon de formaliser cette logique de compétences dont vous souhaitez qu’elle remplace la logique des effectifs en ce qui concerne les déflations, car le ministère de la Défense a, en la matière, une véritable mutation à opérer.

 

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. La préfecture maritime et la base navale de Cherbourg assurent les missions de l’État en mer sur un littoral qui va de la frontière belge à la baie du Mont-Saint-Michel, ce qui représente 870 kilomètres de côtes, avec un trafic maritime intense. Je viens de recevoir un appel téléphonique me signalant qu’une barge vient de déverser des tonnes de fioul à proximité de la rade de Cherbourg. De plus, dans un contexte de fortes menaces terroristes, la base navale assure également des missions de sécurité du littoral et du territoire. Or cette base a dû subir les déflations d’effectifs, et l’amiral Ausseur a fait une demande d’effectifs supplémentaires. Pensez-vous qu’il aura gain de cause ?

 

La marine a été choisie pour tester le nouveau système de paye « Source Solde ». Cela risque de fortement accroître la charge de travail du Centre d’expertise des ressources humaines de la marine (CERH) de Toulon : allez-vous devoir recruter du personnel supplémentaire ?

 

M. Yves Fromion. Pourriez-vous nous apporter des précisions sur l’opération Sophia et la manière dont la marine française s’y implique ?

 

Je tiens par ailleurs à vous remercier du ton particulièrement irénique sur lequel vous nous avez fait votre exposé. Comme l’an dernier, vous nous avez expliqué que la marine dépassait largement son contrat opérationnel et les ruptures capacitaires que cela pouvait entraîner. Cela illustre bien les tensions et les impasses auxquelles fait face notre politique de défense, et ceci depuis fort longtemps. Je m’étonne dans ces conditions que la nouvelle loi de programmation militaire apporte une réponse à ce point sous-dimensionnée aux ambitions et aux exigences formulées dans le Livre blanc. Combien de temps pourrons-nous faire semblant de remplir correctement nos missions avec les moyens dont nous sommes dotés ?

 

Mme la présidente Patricia Adam. En matière de défense, nous nous inscrivons dans le temps long, mais je pense que nous sommes tous d’accord ici pour considérer qu’il est nécessaire que le budget de la défense ne soit pas inférieur à 2 % du PIB.

 

M. Jacques Lamblin. La marine nationale est confrontée à ce paradoxe qu’il lui faut raisonner sur le temps long, car la programmation des équipements oblige à des anticipations sur trente ans, alors que, dans le même temps, la technologie évolue de plus en plus rapidement. Cette équation est difficile à résoudre mais, quels que soient les projets mis en œuvre dans les temps futurs, nous avons deux certitudes. La première est qu’il nous faudra conserver notre capacité à agir car la présence française est indispensable un peu partout sur le globe. La seconde est que, sans instrument de puissance à sa disposition, la parole de l’État n’est plus que bavardage sur la scène internationale. Nous avons donc besoin d’une marine efficace, ce qui est le cas actuellement avec notre force océanique et notre force aéronavale. Concernant cette dernière, le porte-avions va prochainement être immobilisé pendant dix-huit mois. Comment est-il envisagé de pallier son indisponibilité ? Par ailleurs, notre flotille de Super Étendard doit être progressivement remplacée par des Rafale ; sera-t-on prêt dans les temps ?

 

M. Daniel Boisserie. Nos nombreux engagements imposent une maintenance accrue. Il vous a été dévolu une certaine somme : vers quelles priorités aller vous flécher les dépenses ?

 

M. Philippe Meunier. La livraison de la FREMM à l’Égypte n’est pas sans conséquence sur la déflation des effectifs. Si vous avez obtenu des postes supplémentaires pour y faire face ainsi que du personnel supplémentaire pour renforcer vos missions de protection, les objectifs de déflation, eux, n’ont pas varié entre la LPM initiale et la LPM actualisée. Dans ces conditions, où allez-vous supprimer des postes pour atteindre ces objectifs ?

 

M. Gilbert Le Bris. En ce moment même se tient à l’Assemblée nationale un colloque sur Clipperton, territoire éloigné et un peu en jachère mais qui, avec ses 500 000 km2 de ZEE, soit l’équivalent de la métropole, est un atout majeur pour la France. Or le programme BATSIMAR suscite quelques inquiétudes quant à la pérennité de nos forces de souveraineté. Notre flotte de patrouilleurs outre-mer connaît déjà des réductions temporaires de capacité, et je ne vois pas comment il sera possible de tenir jusqu’en 2024. Quelles solutions envisagez-vous pour patienter jusqu’à l’arrivée des patrouilleurs de nouvelle génération ?

 

M. Eduardo Rihan Cypel. Quand j’entends certaines des interventions précédentes, j’ai l’impression que nous n’évoluons pas dans la même réalité. Le Gouvernement actuel est le premier à avoir stoppé l’hémorragie budgétaire et de ressource humaine dans les armées. Les militaires sont d’ailleurs bien conscients de cette réalité. Le Charles-de-Gaulle a effectué dans le golfe Persique une mission extrêmement pointue, servant les intérêts de tous les alliés dans le combat contre le terrorisme et contre Daech. Où en est la situation dans la zone et est-il prévu que le Charles-de-Gaulle y soit redéployé ?

 

M. Jean-François Lamour. Vous avez évoqué les efforts nécessaires en matière d’infrastructures. Un peu plus d’un milliard d’euros est affecté au budget de la défense dans le PLF pour 2016 pour faire face à ces dépenses, mais des inquiétudes persistent sur leur financement, liées notamment aux recettes attendues des cessions immobilières. En ce qui concerne la marine nationale, pourriez-vous nous préciser à quoi correspond l’effort de rénovation ou de construction de nouvelles infrastructures ?

 

Concernant le tuilage entre FREMM et FTI, les annonces faites par le ministre il y a quelques mois sur l’avancement du programme des FTI ne me paraissent pas forcément en adéquation avec vos besoins en matière de frégates de premier rang, a fortiori si l’on tient compte de la récente extension de notre plateau continental. Quel est votre sentiment sur la révision à la baisse du nombre de FREMM, alors que la montée en puissance des FTI n’a encore d’existence que sur le papier ? Jugez-vous réaliste l’objectif consistant à doter la marine de quinze frégates de premier plan à l’horizon 2029 ?

 

Vous avez insisté sur le soutien aux exportations d’armement (SOUTEX) et les 250 postes temporaires que vous aviez obtenus pour y faire face. Comment intégrez-vous cette donnée nouvelle dans votre stratégie en matière de ressources humaines, qui doit également tenir compte des déflations d’effectifs ?

 

Amiral Bernard Rogel. Je vous remercie, monsieur Rouillard, de m’avoir interrogé sur le coût du porte-avions en OPEX, car on nous fait souvent un très mauvais procès à ce sujet. Qu’en est-il, tout d’abord, du porte-avions lui-même ? À ceux qui font remarquer qu’un seul bâtiment ne permet pas d’assurer la permanence, je réponds que nous n’avons qu’à en prendre deux, et nous n’aurons plus de problèmes... Plus sérieusement, la question n’est pas récente : elle a été examinée dans les deux derniers Livres blancs. Le porte-avions est un outil de puissance qui nous vaut la considération de nos alliés. Je fais d’ailleurs observer qu’il s’en construit partout : les Chinois devraient en construire quatre, de même que les Indiens, les Américains en possèdent onze et les Britanniques en construisent deux.

 

J’en viens à votre question. La marine, qui déploie en permanence 5 000 personnes en mission, ne coûte au BOP OPEX, notamment pour les missions Chammal et Corymbe, que moins de 100 millions par an sur 1,2 milliard d’euros ; cela ne me paraît pas excessif. Il faut donc savoir raison garder et éviter d’utiliser de mauvais arguments dans des combats de périmètre.

 

Par ailleurs, oui, les FTI sont un enjeu majeur. Oui, elles ont été voulues par la marine. Oui, elles représentent une bonne solution. Le Livre blanc recommandait d’équiper la marine de quinze frégates de premier rang, c’est-à-dire des frégates dotées de capacités anti-sous-marines et anti-aériennes pour pouvoir se rendre dans n’importe quelle zone de crise – les frégates La Fayette, qui ne disposent pas de sonar et ne sont équipées que d’une défense anti-aérienne rapprochée, n’en sont donc pas. Nous avons alors réfléchi à la manière dont nous pouvions atteindre l’objectif fixé par le Livre blanc – qui est en réalité de treize frégates de premier rang car nous disposons déjà de deux frégates anti-aériennes (FDA) –, grâce à un panachage de FREMM et de FTI. Nous avons abouti, en étroite collaboration avec le ministre de la Défense et ses services, à une solution consistant à prendre, outre les deux FDA, huit FREMM et à bâtir un navire qui corresponde au principe de différenciation énoncé dans le Livre blanc tout en ayant la capacité de frégates de premier rang. Je me félicite que le programme ait été avancé pour une première livraison en 2023, ce qui nous fait gagner deux années durant lesquelles nous aurions pâti d’une nouvelle rupture temporaire de capacité.

 

Si nous avions choisi 11 FREMM en plus des deux FDA, il nous aurait fallu deux frégates supplémentaires ; or je ne crois pas à une série de deux unités : la rupture de capacité aurait été définitive. Le plan que nous avons retenu offre donc, selon moi, la meilleure solution. Il permet à la fois de respecter l’enveloppe budgétaire, de doter la marine de quinze frégates de premier rang et d’augmenter la prestation export de l’industrie française.

 

Selon nous, la principale menace est sous-marine : aujourd’hui – et c’est inédit, me semble-t-il –, plus de 49 nations disposent de sous-marins modernes. La FTI doit donc être dotée de capacités anti-sous-marines – je précise, à ce propos, que l’une de nos difficultés actuelles est liée au nombre des frégates anti-sous-marines (ASM) car, en raison de l’effet de biseau et de l’arrivée des FREMM, nous n’en avons aujourd’hui que six au lieu de huit prévues. Pour autant, la FTI doit être également équipée de capacités anti-aériennes pour pouvoir s’approcher des zones de crise car, et c’est la deuxième caractéristique des opérations navales actuelles, dès lors que l’on s’approche de la terre, on s’expose notamment à la menace aérienne et aux missiles sol-mer.

 

J’estime que ce bâtiment, qui fera entre 4 000 et 4 500 tonnes, doit être d’abord anti-sous-marin, avec une capacité d’emport NH90, puis qu’il doit disposer une capacité anti-aérienne significative. Je ne pense pas que sa taille permettra d’y installer le missile de croisière naval. Les discussions avec les industriels se dérouleront sur cette base, qui correspond aux besoins opérationnels minimums de la marine – je me battrai pour qu’ils soient reconnus, et je ne doute pas que je parviendrai à être entendu. Ensuite, il faudra s’efforcer de faire le bateau le plus intelligent possible pour qu’il soit facilement exportable. Nous travaillons « en plateau » avec les industriels et la DGA, et j’ai bon espoir que nous arriverons très vite à une définition intéressante.

 

Par ailleurs, il est vrai que nous rencontrons des difficultés avec les Atlantique 2, en raison tout d’abord de leur vieillissement et de la suractivité opérationnelle, car ils interviennent partout, de l’Arctique à la Syrie en passant par le Sahel. Ces difficultés sont également liées à l’appréhension de cette disponibilité par le service industriel, qui a rencontré quelques problèmes avec un logiciel de commande des pièces de rechange. De surcroît, nous allons retirer certaines cellules pour, enfin, les moderniser. Cette modernisation, décidée par le ministre de la Défense, est importante car cette capacité, que n’ont plus d’autres marines européennes, et elles le regrettent – je pense à nos amis britanniques en particulier –, est un véritable couteau suisse : de la lutte anti-sous-marine à la lutte antiterroriste en passant par le sauvetage en mer, cet avion peut tout faire. Nous nous efforçons donc de concilier le retrait de certaines cellules avec l’amélioration du taux de disponibilité, qui est actuellement de 27 %. Nous avons ainsi adopté un plan d’urgence, qui crée quelques frictions, puisque nous avons imaginé d’envoyer des avions directement chez l’industriel sans passer par le service industriel de l’aéronautique.

 

Le NH90, quant à lui, pèche au contraire par sa jeunesse. Il s’agit cependant, je tiens à le souligner, d’un aéronef exceptionnel – et c’est le sous-marinier qui parle – qui va bouleverser la lutte anti-sous-marine. Les capacités de l’hélicoptère et de son sonar FLASH, développé par Thales, sont tout à fait exceptionnelles, et je puis vous dire que même les nations dont les budgets militaires sont beaucoup plus importants que les nôtres nous envient le tandem FREMM-NH90.

 

J’ajoute, car j’ai omis de l’indiquer tout à l’heure, que le Groupe aéronaval (GAN) sera escorté, outre les bâtiments étrangers, par une FREMM et une FDA. Il s’agit déjà de la marine de 2025 que j’évoquais tout à l’heure.

 

J’en reviens au NH90. Celui-ci présente des défauts de corrosion – cela provient d’une perte de compétence de l’industriel, qui du reste l’a reconnu. Nous avons donc élaboré un plan pour y remédier et prévu, avec Airbus hélicoptères, d’embarquer des ingénieurs sur les bateaux dans le cadre de leur formation. Ces machines sont également souvent immobilisées pour des opérations de soutien, de sorte que nous avons élaboré un autre plan afin d’adapter le soutien aux besoins opérationnels. Sur ces deux points, les plans d’urgence devraient nous apporter des réponses assez rapidement.

 

Vous avez évoqué ensuite les contraintes pesant sur les familles ; c’est un sujet important. Entre les jours de mer, les jours d’alerte – durant lesquels il doit pouvoir se rendre sur son bateau en 48 heures, voire 24 heures – et les jours de garde, un marin est actuellement soumis à environ 180 jours de contrainte par an, soit la moitié de l’année. Les fusiliers marins travaillent, vous l’avez dit, plus de 70 heures par semaine. J’ai donc réclamé, et j’ai été entendu, des effectifs supplémentaires, d’abord pour faire baisser la pression, que le passage au plan Cuirasse a fait monter d’un cran supplémentaire. De fait, la force professionnelle de protection des emprises n’est pas extensible : lorsqu’on augmente le niveau d’alerte, la contrainte croît d’autant.

 

Nous avons également élaboré un grand plan destiné à développer l’attractivité du métier de fusilier. Il n’est en effet guère motivant de garder des clôtures entre 70 et 90 heures par semaine, pour un salaire à peine égal au SMIC. Or, nous avons besoin de spécialistes de la protection, en particulier dans la situation actuelle. Nous avons donc décidé de favoriser la mobilité des fusiliers marins : désormais, ils changent régulièrement de centre, partent en OPEX pour garder, avec les fusiliers de l’air, les avions de l’aéronautique navale et participent à la protection embarquée des bâtiments que nous devons protéger contre la piraterie. Cet effort porte ses fruits, mais nous devons avoir cette préoccupation constamment présente à l’esprit : en améliorant l’attractivité du métier, on favorisera la fidélisation des personnels, qui est absolument nécessaire.

 

Par ailleurs, nous ne pouvons plus raisonner en suivant une logique de nombre ; nous menons une analyse fonctionnelle permanente. Ce qui m’a beaucoup frappé, lors de l’élaboration du Livre blanc, c’est que l’on n’est pas parvenu à faire le lien entre les équipements de demain et les métiers de demain, de sorte que ce qui devait arriver arriva : les déflations se fondent sur des logiques d’effectifs et non sur des logiques de compétences. Or, aujourd’hui, il y a danger, car nous ne pouvons plus raisonner en termes d’effectifs.

 

Mme la présidente Patricia Adam. C’est vrai dans le soutien.

 

Amiral Bernard Rogel. C’est vrai partout ! Lorsqu’on nous demande de réduire les effectifs, nous ne pouvons pas « taper » dans les personnels compétents, car nous en avons besoin pour faire tourner les équipements ; nous « tapons » donc sur la base, c’est-à-dire le pied du sapin, au risque de le faire chavirer. Nous devons donc être très attentifs à ce sujet. Nous avons beaucoup diminué la masse salariale : depuis 1960, le nombre en effectifs des équipages a drastiquement baissé, et le taux d’encadrement a augmenté. De fait, cette notion d’encadrement n’a plus de sens. Je n’ai pas besoin de tant d’officiers pour encadrer tant de marins ; j’ai besoin de tant d’officiers mariniers, de tant d’officiers mariniers supérieurs et de tant de matelots pour faire tourner un bateau.

 

Madame Gosselin-Fleury, permettez-moi tout d’abord de vous dire combien j’ai été heureux d’ouvrir une école des mousses à Cherbourg – et d’augmenter la capacité de celle de Brest, madame la présidente. Je suis en effet très fier de ces écoles qui forment des jeunes qui quittent le système scolaire à l’âge de seize ans, aux métiers de compétence que j’ai évoqué tout à l’heure. Cherbourg restera un port école, important pour nous. Mais c’est aussi un port nucléaire – et l’arrivée des équipages de Barracuda augmentera les effectifs – et un port d’action de l’État en mer (AEM), et je voudrais m’y arrêter quelques instants.

 

Tout d’abord, je rappelle que l’AEM ne se limite pas à la marine ; elle concerne également la gendarmerie maritime, l’administration des affaires maritimes et la douane, notamment. La Manche est un secteur sensible, où nous rencontrons actuellement des difficultés liées à l’ancienneté des bateaux. Nous n’y disposons en effet que de deux bateaux disponibles sur cinq. En cas de besoin, nous faisons donc venir des bateaux de Brest, comme c’est le cas actuellement en raison du risque de pollution provoqué par la collision de deux bateaux au large de Zeebrugge – et nous redéploierons notre dispositif pour traiter la catastrophe intervenue ce matin. Dans certains domaines, tels que la lutte antipollution en mer, la marine agit seule. C’est pourquoi je me suis battu pour que l’on nous affrète quatre bâtiments de soutien et d’assistance. En tout état de cause, nous continuerons à porter une attention toute particulière à la zone Cherbourg-Manche-Mer du Nord en interministériel, car l’augmentation des flux maritimes se traduit également par une croissance du nombre des navires qui y circulent. J’ajoute que les champs d’éoliennes implantées en Manche-Mer du Nord, non seulement risquent d’accroître le risque d’accident, mais nous ont conduits, l’année dernière, à augmenter d’un tiers le nombre de nos interventions de déminage. On estime en effet qu’il reste aujourd’hui au fond 60 % des engins historiques jetés durant les deux conflits mondiaux.

 

En ce qui concerne le projet Source Solde, j’ai obtenu des renforts d’effectifs – vingt-neuf personnes très exactement – pour le CERH de la marine à Toulon, dont le travail extraordinaire nous a permis de contenir la crise Louvois et d’être, depuis des années, à l’équilibre en titre 2, ce qui est un exploit de nos jours. Lorsque le ministre m’a annoncé que la marine avait été choisie – ou plutôt élue, devrais-je dire – pour mettre en œuvre le nouveau dispositif, j’ai donc réclamé un renfort en effectifs et j’ai demandé à être parfaitement intégré dans le processus de décision, étape par étape.

 

M. Fromion m’a interrogé sur l’opération Sophia, dont je rappelle qu’à la différence de l’opération Triton, elle est dirigée contre les passeurs – même si, de fait, elle est aussi une opération de sauvetage car on ne peut pas rester indifférent au sort de ces malheureux qui cherchent à traverser la Méditerranée. Comme l’opération Atalante et toutes les opérations d’action de l’État en mer, elle est complexe. La difficulté n’est pas tant militaire que juridique : il est inutile d’arrêter des passeurs s’ils ne peuvent pas être jugés. Des discussions sont en cours pour régler ce problème – nous y parviendrons, j’en suis convaincu, mais cela prendra un peu de temps. Comme contre la piraterie, l’action des marines est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Le meilleur moyen de lutter contre les passeurs consiste en effet à s’en prendre à leur argent. En outre, on constate qu’ils adaptent déjà leur mode d’action à la présence des marines. Il faut donc mener une action militaire, une action dissuasive et, surtout, réfléchir au meilleur moyen d’atteindre les réseaux financiers.

 

M. Yves Fromion. À quelle distance des côtes libyennes opérez-vous ?

 

Amiral Bernard Rogel. Nous sommes passés de la phase 1, de mise en place du dispositif, à la phase 2A d’intervention en eaux internationales. La phase 2B correspond à une action dans les eaux territoriales libyennes, mais elle nécessite soit un mandat de l’ONU – qui est en cours de discussion –, soit une autorisation du gouvernement libyen, qu’il est difficile d’identifier aujourd’hui. Nous sommes donc dans la phase de renseignement et de secours, et nous agissons si nous trouvons des passeurs, mais nous ne sommes pas encore dans la phase ultime qui devrait conduire à la destruction des réseaux. L’exercice n’est pas simple.

 

Par ailleurs, la marine nationale ne fait pas semblant de remplir ses missions, comme vous l’avez dit. Elle les remplit, même si celles-ci ne cessent d’augmenter en raison des événements climatiques, de la croissance des flux maritimes ou des OPEX. Le Livre blanc était fondé sur le constat d’un contexte budgétaire difficile. Certains scénarios budgétaires donnaient d’ailleurs le frisson : s’ils avaient été retenus, vous auriez pu me dire que nous faisons semblant. Mais l’équipe qui l’a rédigé a cherché la meilleure solution pour nous permettre de franchir le creux de la vague. Il s’agissait de conserver les compétences pour faire face aux difficultés budgétaires et mieux rebondir par la suite. Jusqu’à maintenant, les choix qui ont été faits doivent être assumés par tous, qu’il s’agisse des réductions temporaires de capacité (RTC), du vieillissement des équipements ou des retards de livraison. L’objectif était de parvenir au meilleur compromis entre efficacité et budget, tout en évitant de perdre des compétences. Aujourd’hui, la situation n’est certes pas facile, mais le pari est réussi : l’activité est sur le point de remonter. On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein…

 

Néanmoins, il est permis de se demander si les hypothèses du Livre blanc resteront valables en cas de multiplication des missions nouvelles. Je crois, quant à moi, que nous sommes condamnés à en rédiger un nouveau au moins tous les cinq ans. Mais un outil militaire se construit dans la durée. Il ne s’agit donc pas de donner un coup de barre à chaque révision – les coups de barre ne sont jamais bons, c’est le marin qui parle – mais de réorienter. Ainsi, en ce qui concerne la marine, il faudra se pencher sur le programme BATSIMAR – et je réponds sur ce point à M. Le Bris. En effet, si nous attendions 2024, nous serions en « rupture globale temporaire de capacité », car tous les patrouilleurs outre-mer vont s’éteindre les uns après les autres. Or, il faut tenir compte non seulement des nouvelles zones à protéger et des événements climatiques mais aussi des problématiques de souveraineté. Il ne s’agit pas seulement de Clipperton, mais de l’ensemble de la ZEE : si nous n’y sommes pas présents, d’autres viendront l’occuper à notre place. Aujourd’hui, nous faisons régner l’ordre, notamment en mettant dehors des pêcheurs asiatiques illégaux, mais si nos patrouilleurs ne sont pas remplacés – et c’est également vrai pour les patrouilleurs métropolitains –, nous rencontrerons des difficultés, car ils sont un élément important de l’action de l’État en mer.

 

En ce qui concerne la force aéronavale, les Super-Étendard vont être retirés du service. Le déploiement qui suivra celui qui interviendra prochainement sera en version « tout Rafale ». Pour aménager cette transition, nous avons travaillé en étroite relation avec l’armée de l’air ; nous avons ainsi un escadron de transition commun. Nous devons cependant trouver un partenaire possédant un porte-avions afin d’entraîner notre groupe aérien pendant l’arrêt technique majeur (ATM) – je suis en contact avec mon homologue américain à ce sujet. L’intérêt du déploiement du Charles-de-Gaulle est de partir au maximum de la compétence acquise pour pouvoir décroître un peu pendant l’arrêt technique majeur, et repartir ensuite. Nous chercherons, là aussi, à coopérer avec les Américains.

 

S’agissant du MCO, les grands enjeux à venir sont l’ATM du Charles-de-Gaulle ainsi que les négociations avec les industriels sur les frégates et les sous-marins. La gestion du MCO est une préoccupation permanente.

 

J’en viens maintenant aux conséquences des contrats export avec l’Égypte. En ce qui concerne les FREMM, ce fut assez difficile, car il nous a fallu envoyer la moitié d’un équipage à DCI-NAVFCO alors que nous avons encore peu d’équipages de FREMM, puisque c’est une capacité que la marine française est en train d’acquérir. Je suis plus serein en ce qui concerne les BPC, car les marins formés sont nettement plus nombreux. Mais il est vrai qu’il s’agit toujours d’un défi, car la gestion des compétences se fait à flux tendu, singulièrement sur les FREMM, pour lesquelles nous n’avons pas beaucoup de ressources humaines. Le moment est donc délicat : nous devons concilier nos besoins et ceux de l’export. Cela passe par un dialogue avec DCI-NAVFCO et les industriels, et par des solutions nouvelles qui nous permettent d’anticiper ces besoins. Nous devons veiller à trouver le bon équilibre.

 

Le Charles-de-Gaulle, je le répète, est un outil de puissance important, reconnu par nos alliés les plus puissants et par les marines européennes, qui nous jugent crédibles et nous considèrent comme des leaders dans ce domaine. Actuellement, nous aidons les Britanniques à remonter en puissance en vue de la mise en service de leurs deux porte-avions. Cette capacité aéronavale est un véritable signe de puissance maritime.

 

Enfin, qu’en est-il des efforts en matière d’infrastructures ? Longtemps, on a dit à la marine que celles-ci seraient rénovées lorsque les nouveaux bateaux arriveraient, ce qui était intelligent, du reste. Les écologistes nous ont décerné un satisfecit en matière de déconstruction. Grâce à la DGA, nous sommes également exemplaires dans le domaine de l’écoconstruction. La marine nationale s’est ainsi engagée à supprimer tout rejet à la mer, mais ces rejets doivent bien s’effectuer quelque part. Les infrastructures que nous sommes en train de construire doivent donc prendre en compte cette donnée environnementale, ce qui renchérit un peu leur coût.

 

Les infrastructures – portes de bassin, grues, stations hydrauliques, alimentation électrique – datent du plan Marshall ; elles ont 65 ans. Il était intelligent, disais-je, de lier la rénovation des infrastructures à l’arrivée des bateaux modernes mais, aujourd’hui, nous ne pouvons plus reculer. Sans elles, nous ne pourrons ni garer ni entretenir nos bateaux. Mais, là encore, comparons ce qui est comparable : si l’on examine tous les grands programmes de la Défense, on s’apercevra qu’ils sont équitablement répartis. Quoi qu’il en soit, nous sommes repartis pour 65 nouvelles années, de sorte que nous devrions être moins « gourmands » à l’avenir.

 

M. Jean-François Lamour. Permettez-moi de préciser ma question, amiral : quelle est la part du budget de 1,1 milliard consacré aux infrastructures allouée à la construction de nouvelles infrastructures de la marine nationale pour l’année 2016 ?

 

Amiral Bernard Rogel. Elle est de l’ordre de 200 millions. N’oublions pas, d’ailleurs, les infrastructures de vie. C’est un sujet auquel je suis très sensible et sur lequel on a fait l’impasse pendant des années, pour des raisons budgétaires. Ces infrastructures ne sont pas en très bon état ; le ministre a décrété un plan d’urgence qui a permis de rénover certaines d’entre elles, mais il faut être vigilant sur ce point car c’est un élément très important pour l’attractivité des métiers et la fidélisation du personnel. Je ne parle pas des équipages de bâtiment embarqués, mais des personnels du soutien, notamment.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Pour avoir visité la base de défense de Brest, je peux en effet en témoigner de la nécessité de réaliser des travaux dans les infrastructures de vie. Je vous remercie, amiral.

 

*

* *

 

Membres présents ou excusés

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Daniel Boisserie, M. David Comet, M. Yves Fromion, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. François Lamy, M. Gilbert Le Bris, M. Alain Marleix, M. Philippe Meunier, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Gwendal Rouillard, M. Jean-Michel Villaumé

Excusés. - M. Olivier Audibert Troin, Mme Danielle Auroi, M. Claude Bartolone, M. Nicolas Bays, M. Philippe Briand, M. Jean-Jacques Candelier, M. Jean-David Ciot, M. Guy Delcourt, Mme Carole Delga, Mme Geneviève Fioraso, M. Philippe Folliot, M. Serge Grouard, M. Christophe Guilloteau, M. Francis Hillmeyer, M. Éric Jalton, M. Frédéric Lefebvre, M. Bruno Le Roux, M. Maurice Leroy, M. Damien Meslot, M. Jean-Claude Perez, Mme Marie Récalde, M. Alain Rousset, M. François de Rugy, M. Philippe Vitel, M. Michel Voisin

Assistait également à la réunion. - M. Jean-François Lamour

 

Téléharger l'Audition de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine, sur le projet de loi de finances pour 2016

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 16:55
photo Ecole Navale - Marine Nationale

photo Ecole Navale - Marine Nationale


15/10/2015 Sources : Marine nationale

 

Le 10 octobre 2015, l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine, a présidé la cérémonie de présentation aux drapeaux des promotions 2015 de l’École navale et de l’École Militaire de la Flotte, en présence du vice-amiral d’escadre Emmanuel de Oliveira, préfet maritime de l’Atlantique et commandant de la zone maritime Atlantique et du contre-amiral Benoît Lugan.

 

Cette cérémonie symbolise l’entrée officielle des Fistots (surnom donné aux élèves de 1ère année) dans la Marine nationale, et les présente aux autorités, à leurs pairs et à leurs familles en tant que « bordaches », nom hérité de l’époque où l’École navale était embarquée sur le Borda en rade de Brest. Six enseignes de vaisseau de la promotion École navale 2013 ont ainsi confié la garde du drapeau de l’École navale aux aspirants de la promotion École navale 2014, qui auront l’honneur et le privilège de le porter et de le protéger pendant une année.

Six aspirants des cours Officiers sous contrat promotion 2015 ont présenté le drapeau de l’École Militaire de la Flotte aux promotions d’officiers sous contrat long du corps des officiers de Marine et du corps des officiers spécialisés de la Marine ainsi qu’aux élèves administrateurs des Affaires Maritimes.

Désormais, les promotions 2015 de l’École navale et de l’École Militaire de la Flotte, devront se montrer dignes de leurs drapeaux et s’approprier la devise de la Marine datée du XIXè siècle, inscrite en lettres d’or sur ses bâtiments : «Honneur, Patrie, Valeur, Discipline». Comme l’a souligné l’amiral Rogel dans son allocution, "Cette devise évoque l’esprit d’équipage, la combativité, la grandeur d’âme, l’abnégation, la camaraderie mais aussi l’humilité. Ces valeurs sont forgées par le milieu dans lequel nous évoluons, la mer. Elles ont guidé les générations de marins qui nous ont précédés, comme elles doivent nous guider aujourd’hui".

À l’issue de la cérémonie clôturée par un défilé aérien suivi d’un défilé des troupes, les familles et invités, venus en nombre, ont pu visiter l’école (simulateur de navigation, espace traditions, locaux de vie) et assister à une présentation en amphithéâtre de la formation délivrée.

 

voir Reportage photos

photo Ecole Navale - Marine Nationalephoto Ecole Navale - Marine Nationale

photo Ecole Navale - Marine Nationale

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 19:55
photo P. Bélaval CMN

photo P. Bélaval CMN

 

13/10/2015 Source : Marine nationale

 

Le chef d’état-major de la Marine (CEMM), l’amiral Bernard Rogel a présidé la dernière cérémonie des couleurs de l’Hôtel de la Marine, le lundi 12 octobre 2015.

 

Cette cérémonie clôturait  226 ans de présence de la Marine en ces lieux. Siège du Ministère de la Marine puis de son état-major, ce bâtiment a été le témoin de pages importantes de l’histoire de la Marine, et durant plus de deux siècles, l’un des lieux majeurs de la mise en œuvre de la politique maritime française.

 

L’Amiral Rogel était entouré pour l’occasion de quatre anciens chefs d’état-major de la marine (Al Louzeau, Al Coatanea, Al Oudot de Dainville et Al Forissier) et du Maire du 8ème arrondissement de Paris, Madame d’Hauteserre.

 

Après avoir décoré six marins civils et militaires, l’amiral Rogel a dévoilé une plaque commémorative qui ornera la Cour d’Estienne d’Orves.

 

Le départ de la marine vers Balard, Tours et Vincennes s’inscrit dans le mouvement de modernisation de la Marine. Le plan stratégique « Horizon marine 2025 » en est le fil directeur.

 

Le centre des monuments nationaux est un organisme chargé de la mise en valeur et de l’ouverture au public des monuments nationaux. Il prendra possession de l’Hôtel de la Marine à la fin de l’année.

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 16:20
photo Marine Nationale

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25/09/2015 Sources : Marine nationale

 

Le chef d’état-major de la marine, l’amiral Bernard Rogel s’est rendu aux Etats-Unis pour assister à la prise de fonction du nouveau Chief of Naval Operations (CNO),l’amiral John M. Richardson. Il a également été reçu au Pentagone où il a pu s’entretenir avec le secrétaire d’Etat à la marine, M. Ray Mabus, et avec l’amiral Michelle Howard, le numéro deux de la marine américaine (VCNO).

 

L’amiral Bernard Rogel, qui avait rencontré l’ancien CNO, l’amiral Jonathan Greenert à de nombreuses reprises, lors de déplacement en France, aux Etats-Unis ou de rencontres multilatérales, tenait particulièrement à assister à son adieu aux armes et à son départ du service actif. Les deux hommes ont noué une relation forte, à l’image de la coopération existant entre l’US Navy et la Marine. Elles savent pouvoir compter l’une sur l’autre. L’année dernière, la frégate Jean Barta assuré le rôle de chef de la défense aérienne du carrier strike groupe (CSG) américain constitué autour du porte-avions USS Rooseveltpuis le groupe aéronaval français a assuré l’intérim complet d’un CSG et une frégate américaine a été intégrée au GAN français. Ces déploiements conjoints démontrent la capacité d’agir ensemble au niveau stratégique et l’interopérabilité accrue des deux marines. Les pilotes français de l’aéronautique navale sont en outre formés aux Etats-Unis et sont les seuls à pouvoir apponter sur un porte-avions américain.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 10:55
photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

 

30.06.2015 MER ET MARINE

 

Une page d’histoire se tourne. Après avoir occupé les murs de l’Hôtel de la Marine pendant 226 ans, l’Etat-major de la flotte française a fait ses cartons et quitte à partir d’aujourd’hui la rue Royale pour s’installer dans ses nouveaux locaux parisiens, sur le site de Balard. Le déménagement, prévu pour durer trois jours, doit être achevé vendredi et concerne 395 personnes, dont le grand patron, l’amiral Rogel, qui quittera le bord jeudi. Une manoeuvre de grande ampleur nécessitant une organisation très fine et planifiée comme une opération, le transfert de l’état-major devant être mené à bien au plus vite, sans rupture de la chaîne de commandement et avec le moins d’impact possible sur le fonctionnement des services.

Au-delà de la logistique, il y a bien entendu de l'émotion et de nombreux marins disent avoir un « pincement au cœur » en faisant leurs adieux à la place de la Concorde. Toutefois, le grand départ se fera finalement sans cérémonie. Car, à l'instar des vieilles coques qu'elle laisse partir sans tambour ni trompette une fois leur service achevé, la marine regarde l’avenir et n’a pas l’intention de s’appesantir sur le passé. C'est un peu rude, mais c'est ainsi.

 

Suite de l’article

 

Note RP Defense: voir Les salons de l'Hôtel de la Marine à l'honneur

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 04:55
Remise des trophées Rafale 2015

 

17/06/2015 Adj Jean-Laurent Nijean - armée de l'air

 

Mardi 16 juin, une cérémonie de remise des trophées Rafale s’est déroulée au chalet de Dassault Aviation, sur le Salon international de l’aéronautique et de l’espace au Bourget.

 

Le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, et son homologue de la marine nationale, l’amiral Bernard Rogel, ont participé à cette mise en valeur des militaires de l’armée de l’air et de l’aéronautique navale, acteurs à part entière de l’aventure du Rafale.

 

«Je profite de cette remise de trophées pour remercier les unités de l’armée de l’air et de la marine nationale qui ont fortement contribué au rayonnement du Rafale, a déclaré Éric Trappier, président-directeur général (PDG) de Dassault Aviation. Je suis aujourd’hui fier d'accueillir la fine fleur de ces unités grâce auxquelles nous livrerons dans un mois le premier Rafale à l'export. C’est le fruit d’un véritable travail d’équipe»

 

Après un discours, où il a pu rappeler l’engagement du fer de lance de l’aviation militaire française dans les opérations actuelles ainsi que sa réussite à l’ exportation, le PDG a procédé à la remise de quatorze trophées, sous les applaudissements de l’assemblée.

 

Le lieutenant-colonel Thierry Kubiak, commandant l’escadron de transformation Rafale 2/92 «Aquitaine» a obtenu le trophée d’honneur pour avoir totalisé 2100 heures de vol sur le bimoteur de Dassault. Le capitaine Cédric Ruet a gagné deux trophées, l’un pour avoir dépassé les 2000 heures de vol, l’autre en sa qualité de premier présentateur du Rafale en 2009. «C’est vraiment gratifiant de recevoir ces deux trophées, ajoute l’ex-solo display pilot. Cela fait près de dix ans que j’ai le plaisir de voler sur Rafale et je ne vois pas comment je pourrais m’en lasser !»

 

Les deux autres présentateurs sur Rafale ne sont pas en reste, puisqu’ils ont également reçu un des trophées de l’industriel français. Les pilotes ne sont pas les seuls à avoir été récompensés : un chef navigateur officier système d’arme, le commandant Nicolas de l’escadron de chasse 1/91 «Gascogne», les commandants des escadrons de soutien technique aéronautique de Saint-Dizier et de Mont-de-Marsan et du centre de formation Rafale ont également remporté un prix Rafale. Seul sous-officier aviateur, l’adjudant-chef Fabien a été récompensé pour ses dix ans d’ancienneté sur Rafale comme mécanicien avionique. «D’abord affecté à Mont-de-Marsan, puis à Saint-Dizier lors de la mise en service opérationnelle du Rafale, j’ai eu la chance de participer à toutes les évolutions de l’aéronef, précise le sous-officier. C’est avec fierté que je représente l’ensemble des mécanos qui ont œuvré sur le Rafale.»

Remise des trophées Rafale 2015Remise des trophées Rafale 2015
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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 12:35
Visite officielle du chef d’état-major de la marine en Chine

 

7 Avril 2015 par Marine nationale

 

Du 30 mars au 3 avril l’amiral Rogel s’est rendu en Chine en visite officielle.

 

Il a tout d’abord été accueilli chaleureusement par son homologue chinois à Pékin, l’amiral Wu Shengli avant de se rendre à Qingdao, base de la flotte du Nord pour visiter plusieurs unités opérationnelles dont le porte-avions Liaoning.

 

De retour à Pékin, l’amiral Rogel a été reçu par le chef d’état- major général de l’armée de libération, le Général Fang Fenghui.

 

Les relations entre nos deux marines s’inscrivent dans un dialogue stratégique militaire basé sur des réunions d’état-major et portent sur des sujets d’intérêt commun comme la lutte contre la piraterie maritime.

 

La Chine est un acteur militaire majeur qui souhaite renforcer ses capacités navales. Elle assure la permanence d’un groupe naval en océan Indien et déploie régulièrement ses bâtiments jusqu’en Méditerranée ou en Atlantique.

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 21:55
Les 5ème et 6ème SNA de type Suffren s’appelleront Rubis et Casabianca

 

26/03/2015 Sources : Marine nationale

 

Le 25 mars 2015, sur proposition de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine, monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense a décidé de nommer Rubis et Casabianca les 5ème et 6ème SNA de type Suffren.

 

Ce choix permet ainsi de perpétuer le souvenir d’unités qui se sont historiquement illustrées au cours de notre histoire récente, et dont la mémoire revêt une importance particulière pour les marins en général et les sous-mariniers en particulier.

 

Le Casabianca restera dans l'histoire pour son évasion du port de Toulon sous les ordres du commandant l'Herminier, lors de l'attaque allemande de 1942, et pour ses nombreuses missions aux côtés des alliés.

 

Le Rubis, quant à lui, a eu le plus long palmarès des Forces Navales Françaises Libres (FNFL). Cité 3 fois, il fut le premier bâtiment de combat nommé Compagnon de la Libération et à être décoré de la Croix de Guerre 39-45.

 

Les futurs SNA constitueront une composante essentielle des forces sous-marines pour les 50 années à venir. Le programme Barracuda prévoit la réalisation de 6 SNA pour remplacer les SNA de type Rubis. Par rapport aux SNA actuellement en service, le SNA de type Suffren apportera une meilleure invulnérabilité, notamment dans le domaine acoustique.

 

Pour l’action sous la mer, la capitalisation des savoir-faire acquis lors de la réalisation des sous-marins type Triomphant permet d’escompter des performances en détection sous-marine et en discrétion acoustique du niveau des meilleurs des sous-marins étrangers. Le SNA de type Suffren emportera la future torpille lourde.

 

Pour l’action au-dessus de la surface, les systèmes de transmission et d’acquisition du renseignement en font un bâtiment apte à travailler soit seul, soit de façon parfaitement intégrée dans une force navale. Pour l’action vers la terre, le sous-marin mettra en œuvre le missile de croisière naval (MdCN) et améliorera les capacités d’opérations spéciales en surface et en plongée. Le 1er SNA Suffren devrait être livré en 2018.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 16:55
photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

 

14 mars 2015 par Le Fauteuil de Colbert

 

Nous apprenions il y a quelques jours - avec une certaine surprise puisque les bruits de coursives n'évoquaient pas cette éventualité - la prolongation d'une année de l'amiral Bernard Rogel comme chef d'état-major de la Marine nationale.

 

Penchons-nous un instant sur l'importance du mandat qui est confié à l'amiral Rogle. Il prenait ses fonctions le 12 septembre 2011 et il devrait transmettre sa charge autour de l'été 2016. Soit un mandat de près de cinq années.

 

Par rapport aux anciens amiraux qui ont porté la fonction, ce n'est pas rien. Depuis 1892, la Royale a été dirigée par 53 chefs d'état-major. L'année 1943 marque une rupture car depuis les amiraux demeurèrent en fonction plus de deux ou trois années. Il n'est plus si rare qu'ils atteignent les quatre années, si ce n'est cinq ou plus !

 

Sur ces 53 chefs de la Marine, seuls 7 portèrent leurs fonctions pendant 5 années ou plus. Citons le souvenir des amiraux Nomy, Cabanier, Lannuzel, Leenhardt et Lefebvre.

 

En particulier, distinguons ce qui ressemble aux trois grands artisans de la reconstruction de la Royale au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, c'est-à-dire les amiraux Lemmonier (sept années), Nomy (neuf années) et Cabanier (huit années) qui totalisent à eux trois 24 années.

 

Toutes ces choses posées, elles permettent de replacer l'importance de l'allongement de la durée du mandat de l'amiral Rogel comme chef d'état-major de la Marine. D'ici à 2016, les spectateurs pourront se demander quelle sera la marque "Rogel" à la tête de la Marine, le nombe de chantiers qu'il aura pu lancer et mener alors que la tendance institutionnelle est à la réduction des pouvoirs des chefs d'état-major des Armées.

 

Ce qui ouvre d'intéressantes questions sur la durée du mandat, la pertinence de conserver ou de renouveler les officiers généraux, de maintenir ou ne pas respecter la barrière de l'âge de départ à la retraite tout en maintenant ouvertes les plus hautes perspectives de carrière pour les plus jeunes.

 

Note RP Defense : nouveau site du Fauteuil de Colbert

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 08:54
François Legrand et Jacques Perrin Photo Patrice Donot -Marine nationale

François Legrand et Jacques Perrin Photo Patrice Donot -Marine nationale

 

13 Mars 2015 Source : Marine nationale

 

Jacques Perrin et François Legrand viennent de faire leur entrée dans le prestigieux corps des peintres officiels de la Marine (POM).

 

Du beau monde s’est pressé dans les salons de l’état-major de la Marine le jeudi 12 mars 2015. C’est l’amiral Bernard Roger, chef d’état-major de la Marine (CEMM) qui a remis en personne leurs insignes aux deux nouveaux venus chez les Peintres Officiels de la Marine : François Legrand et Jacques Perrin.

 

Licencié en Arts Plastiques de l’université de Paris 1, artiste-peintre et enseignant en peinture et dessin depuis la fin des années 1970, François Legrand voit ainsi l’ensemble de son œuvre récompensé, dont son truculent Dionisos ou le marin, exposé au dernier salon de la Marine. 

 

Quant au second peintre nommé, il s’agit d’une figure médiatique du monde du cinéma qui entretient des liens privilégiés avec la Marine : Jacques Perrin. Outre sa participation à la 317ème Section (1965) et à l’inoubliable Le Crabe-Tambour (1977) réalisé par son ami Pierre Schoendoerffer, Jacques Perrin voit ainsi l’ensemble de ses films (réalisés, produits ou joués) récompensés, dont le film Océans montrant notamment la frégate de lutte anti-sous-marine (Fasm) Latouche-Tréville en plein tempête.

 

À noter que le comédien-réalisateur et producteur Jacques Perrin est le premier homme d’images animées à faire son entrée dans le corps des POM.

François Legrand Photo Patrice Donot Marine nationale

François Legrand Photo Patrice Donot Marine nationale

Jacques Perrin Photo Patrice Donot - Marine nationale

Jacques Perrin Photo Patrice Donot - Marine nationale

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 12:55
L'amiral Bernard Rogel prolongé d'un an

 

11 mars 2015 par Henri Weill - Ainsi va le monde !

 

L'amiral Bernard Rogel prolongé d'un an jusqu'au 31 août 2016 à la tête de la Marine où il a été nommé en 2011. Entré à l'Ecole navale en 1976 ce sous-marinier, qui totalise plus de 27000 heures de plongée, ancien sous-chef d’état-major « Opérations » à l’état-major des armées succéda en 2011 à l'amiral Pierre-François Forissier, qui occupa ces fonctions durant trois ans et demi.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 13:55
Les chefs d’état-major se réunissent à Toulon et saluent le déploiement Jeanne d’Arc

 

06/03/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le 5 mars 2015, le chef d’état-major des armées s’est rendu à Toulon pour présider le comité des chefs d’état-major (COCEM) et assister au départ de la campagne 2015 du groupe amphibie Jeanne d’Arc qui s’achèvera en juillet prochain. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre des visites de terrain voulues par le général de Villiers.

 

Pour cette nouvelle visite au contact des armées, le CEMA a souhaité organiser pour la première fois un comité des chefs d’état-major (COCEM) décentralisé. Cette rencontre, qui traditionnellement a lieu chaque semaine à Paris, rassemble le major général des armées (MGA) et les chefs d’état-major d’armée (CEM) autour du CEMA pour arrêter, selon un ordre du jour spécifique, la politique des armées sur les sujets d’avenir. C’est donc entouré du général Gratien Maire, du général Jean-Pierre Bosser, de l’amiral Bernard Rogel et du général Denis Mercier que le CEMA a embarqué à bord du Dixmude.

 

A travers la tenue de cette réunion, le général de Villiers a voulu réaffirmer l’unité interarmées et la proximité entre le commandement et les unités opérationnelles, facteurs indispensables pour répondre aux défis opérationnels d’aujourd’hui et de demain. Une occasion pour lui de rappeler également la continuité de l’engagement entre les états-majors parisiens et les forces sur le terrain, ainsi que le soutien indéfectible des chefs militaires envers les femmes et les hommes déployés par la France à travers le monde.

 

Articulée autour du bâtiment de projection et de commandement (BPC) Dixmude ainsi que de la frégate Aconit, la mission Jeanne d’Arc 2015 a pour premier objectif de permettre aux élèves sortant de l’Ecole Navale de se confronter à la réalité du monde maritime et d’achever leur formation en les intégrant pleinement à un équipage, loin des bancs d’école et des côtes bretonnes. Par ailleurs, elle intègre des éléments issus des autres armées, comme un groupe aéromobile et près de 150 élèves-officiers provenant de différentes écoles de formation. Parmi eux figurent des officiers élèves de la marine bien sûr, mais aussi l’armée de terre, avec de jeunes Saint-Cyriens, du service de santé des armées, du commissariat des armées, de la direction générale de l’armement, ainsi que des élèves administrateurs des affaires maritimes. Une pluralité qui confère à cette mission une dimension interarmée significative et formatrice pour l’ensemble de ces jeunes cadres. Pour ces derniers, ce déploiement opérationnel constitue un premier aguerrissement. L’équipage du groupe Jeanne d’Arc sera confronté pendant les cinq prochains mois à la réalité des opérations et des exercices dans leurs dimensions interarmées et internationales.

 

Cette dimension internationale s’incarne non seulement dans la composition de l’équipage, qui intègre en son sein une vingtaine d’élèves étrangers, mais aussi par les actions de coopération régionale qui ponctueront la campagne. Parallèlement à sa mission opérationnelle, le groupe amphibie participera ainsi à plusieurs interactions planifiées avec nos partenaires dans les régions traversées, témoignant ainsi du rang de la France, qui demeure un allié fiable et présent auprès de ses alliés.

 

Convaincu que cette mission marquera durablement ces jeunes officiers, le CEMA leur a réitéré sa confiance et sa fierté. Il leur a rappelé qu’ils constituent la richesse de l’armée : une armée jeune, unie, engagée, capable de mener des opérations sur le temps long et en coalition. Il leur a signifié que, dans un monde toujours plus incertain, alors qu’est engagée une phase de transformation et que le rythme des engagements opérationnels ne faiblit pas, leur responsabilité serait grande et qu’ils devraient  maintenir le cap défini par leurs aînés.

 

Peu après 17h30, le Dixmude a finalement appareillé avec le CEMA à son bord. Ce n’est qu’une fois au large que le général de Villiers a quitté les officiers élèves pour regagner Toulon en hélicoptère, non sans leur avoir souhaité bonne mer.

Les chefs d’état-major se réunissent à Toulon et saluent le déploiement Jeanne d’ArcLes chefs d’état-major se réunissent à Toulon et saluent le déploiement Jeanne d’Arc
Les chefs d’état-major se réunissent à Toulon et saluent le déploiement Jeanne d’Arc
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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 17:55
 photo Marine Nationale

photo Marine Nationale

 

17 Février 2015 Le Fauteuil de Colbert
 

Dans une interview donnée récemment à la rédaction de Mer et Marine, le chef d'état-major de la Marine nationale, l'amiral Bernard Rogel, nous offre un grand tour d'horizon de l'actualité de la Flotte. Nous pouvons en retenir la citation du CEMM qui orne l'entretien : "La marine est au-delà de son contrat opérationnel".

 

Phrase qu'il faut entendre dans le sens où la Marine nationale, comme l'Armée de Terre et l'Armée de l'air, a une activité plus importante que celle définie dans le "contrat opérationnel" fixée par le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.

 

Par exemple, le livre blanc demande à la Marine nationale d'assurer deux missions navales permanentes (contre trois précédemment). L'amiral Rogel de dire que la Royale assure 4 à 5 missions navales permanentes. Ce qui nous renvoie au propos d'Hervé Coutau-Bégarie (Le meilleur des ambassadeurs, éditions Economica, 2010) qui décrivait l'orientation inquiétante de la diplomatie navale, non plus vers des crises ponctuelles et courtes (à l'instar de "la guerre de la morue") mais bien vers des engagements de longue durée. Ainsi, la mission Corymbe, dans son format actuel, est assurée dans le Golfe de Guinée depuis plus de 20 ans.

 

Engagements structurants ou ponctuels qu'il faut assurer en plus d'autres missions comme la dissuasion nucléaire qui demande l'engagement, outre d'un SNLE en permanence à la mer, de moyens de protection et d'éclairage. Le potentiel d'Atlantique 2, de frégates anti-sous-marine (ASM), d'avisos et de SNA (Sous-marin Nucléaire d'Attaque) est consommé pour conduire cette mission.

 

Sans oublier l'engagement du GAn (Groupe Aéronaval) constitué, outre le porte-avions, d'une frégate ASM, d'une autre de Défense Aérienne (DA), d'un SNA et d'une unité logistique.

 

Enfin, dans la même interview, le chef d'état-major de la Marine confirme, comme chaque année depuis 1982, que les missions de l'Action de l'Etat en Mer (AEM) tiennent une place de plus en plus importante au sein de la Marine nationale. Les zones économiques exclusives ainsi que la maritimisation des économies imposent de grandes exigences en matière de maîtrise des espaces aéromaritimes. Parfois ou souvent c'est même une question de souveraineté territoriale élémentaire. L'ancien CEMM, l'amiral Forissier, expliquait à EchoRadar qu'en raison de la géographie navale française, il était préférable d'avoir une Marine nationale et non pas une garde-côtière pour assurer ces missions. Notons au passage que le développement des énergies marines demande un accroissement des missions de déminage effectuées par la Marine nationale.

 

Le format de la Marine nationale décidé à travers le livre blanc se constitue de 4 SNLE, de 6 SNA, d'1 porte-avions, de 3 BPC, de 15 frégates de 1er rang, d'une force de guerre des mines, d'une quinzaine de patrouilleurs et de 6 frégates de surveillance. C'est ce que nous proposons d'appeler la "flotte contractuelle", celle qui existe dans le livre blanc, dans les débats budgétaires entre l'Exécutif, le Législatif et Bercy.

 

Non pas par opposition mais par complément à celle-ci nous proposons de considérer l'existence d'une "flotte virtuelle". L'amiral Rogel, toujours dans la même interview, se refuse à se plaindre. Toutefois, le chef d'état-major de l'Armée de Terre disait devant les députés que témoigner des difficultés rencontrées pour effectuer les missions ne revient pas à se plaindre mais à tenir informé de la réalité le Parlement. Le concept de flotte virtuelle permettrait ainsi de matérialiser le décalage entre l'activité opérationnelle définie par le livre blanc et les moyens attribués et de l'autre côté les décisions d'engagement des forces ordonnées par le politique selon les ambitions de la France sur la scène internationale.

 

L'actuelle flotte virtuelle pour 2015 consacre des différentiels positifs et négatifs.

Pour le côté positif, cette flotte virtuelle ne nécessite pas un second porte-avions. Mais au regard de ce qui s'est déroulé pendant l'opération Harmattan (2011) au large de la Libye, il est apparu que le format à 6 SNA était trop juste et pour protéger la mission de dissuasion océanique et pour soutenir le GAn au Sud de Toulon. Manque-t-il un SNA ? Une autonomie plus importante par navire ? Le passage de 2 missions navales permanentes (flotte contractuelle) à 4 ou 5 (flotte virtuelle) demande un très grand effort à la flotte de surface. Celle-ci vient de perdre une frégate qui est vendue à l'Egypte. Le CEMM souhaite recevoir 4 FREMM d'ici à 2016.

 

Pour le côté négatif, cette flotte virtuelle enregistre une décrue très importante de ses moyens dédiés aux missions de l'AEM. La frégate de surveillance Nivôse subissait un incendie fin 2014 qui la retire temporairement du service opérationnelle. Le nombre de patrouilleurs subit une décrue importante d'ici à 2019 alors que la Marine tente péniblement de renouveler une partie de ces moyens (B2M, B3M, B4M, BSAH et PLG). Ce qui n'empêchera pas des ruptures temporaires de capacité. Tout ceci en attendant le programme BATSIMAR et de connaître la succession des frégates de surveillance pour la prochaine LPM.

 

Si témoigner n'est pas se plaindre, afficher le décalage entre une flotte contractuelle et une flotte virtuelle ne le sera peut-être pas non plus. Une nouvelle manière de matérialiser le décalage entre les ambitions, les nécessités et les moyens attribués ?

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 12:55
La priorité de la Marine nationale est de disposer de quatre frégates Fremm en 2016. (Photo : DCNS)

La priorité de la Marine nationale est de disposer de quatre frégates Fremm en 2016. (Photo : DCNS)

 

25/02/2015 LeMarin.fr

 

Alors qu'il doit prochainement recevoir une centaine de marins égyptiens afin d'assurer la prise en main de l'ex-Normandie dont la livraison à l'Égypte est espérée cet été, le site DCNS de Lorient s'attend à un pic de charge sur les parties coques dans les prochains mois.

 

En effet, le lancement de l'usinage courant avril de la corvette Gowind destinée à l'Égypte va de pair avec le recadencement du programme Fremm qui prévoit, d'ici la fin de l'année 2015, la livraison de la Provence à la Marine nationale, l'achèvement des essais en mer de la Languedoc et la mise à l'eau de l'Auvergne.

 

Piloté depuis décembre par Pierre Salmon, ancien directeur industriel de DCNS Indret, le site lorientais compte s'appuyer sur le renfort de salariés en provenance de Brest et de Cherbourg ainsi que de la sous-traitance par Piriou d'environ 20 % des éléments de coque de la corvette.

 

L'amiral Rogel, chef d'état-major de la Marine, a fait savoir que sa priorité était de disposer de quatre frégates Fremm en 2016 et de six en 2018.

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 17:50
Déplacement du chef d’état-major de la Marine en Norvège

 

12 Février 2015 Source : Marine nationale

 

Du 3 au 5 février l’amiral Rogel s’est rendu en Norvège pour une visite officielle à l’invitation de son homologue le contre-amiral Lars Saunes.

 

A cette occasion, les perspectives sur l’emploi des forces sous-marines, le corps de garde-côtes et la force de guerres des mines lui ont été présentée. Il a également effectué la visite d’un chasseur de mine, d’une frégate et d’un sous-marin norvégien.

 

Les deux marines interagissent et coopèrent régulièrement, ce qu’illustrent la participation récente du Primauguet et du Latouche-Tréville au cours de qualification des commandants de sous-marins norvégiens ou encore les embarquements croisés entre forces sous-marines.

 

Par ailleurs, les Norvégiens mènent une réflexion sur le renouvellement de leur flotte pour laquelle l’expérience française présente un intérêt certain.

 

Déplacement du chef d’état-major de la Marine en Norvège

Au cours de leurs entretiens, les deux CEMM ont également évoqué les sujets d’intérêt et les opportunités d’entrainement commun. La Norvège et la France conscients de ce que les flux maritimes sont devenus les principales artères de l’économie, partagent les mêmes préoccupations de sécurité et de défense, particulièrement dans le Grand Nord où le partage de connaissance et de savoir-faire entre ces deux marines représente une plus-value importante.

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 07:55
photo Thomas Baronnet - PR / Elysée

photo Thomas Baronnet - PR / Elysée

 

09 Février 2015 valeursactuelles.com

 

COULISSES. Il y a un an, alors qu’il venait d’avoir 61 ans, le général Benoît Puga, chef d’état-major particulier du président de la République, a vu son mandat prolongé de manière exceptionnelle, retardant ainsi une retraite qu’il se voyait prendre à la grande chancellerie de la Légion d’honneur.

Mais à l’été prochain, la question de son départ se posera de nouveau. Au sein de la “grande muette”, beaucoup voient le général Didier Castres, qui a déjà travaillé à l’Élysée, occuper ce poste, à défaut d’avoir pu devenir chef d’état-major de l’armée de terre. À moins qu’un marin ne revienne à l’Élysée. Dans ce cas, tout le processus de succession de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine, promis pour la retraite dans quelques mois, se trouverait gelé.

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 17:55
photos Patrice Donot - Marine nationale

photos Patrice Donot - Marine nationale

 

2 Février 2015 Source : Marine nationale

 

Mercredi  28 janvier 2015, le réseau des attachés de défense et des attachés navals était reçu à l’hôtel de la Marine pour un séminaire qui s’est conclu par les vœux du  Chef d’état-major de la Marine, l’amiral Rogel.

 

Ce séminaire présidé par  le sous-chef relations  internationales, le contre- amiral Bléjean avait pour objet de leur présenter la stratégie maritime de la France (CV de Jerphanion) la coopération bilatérale (CV Duchenet), les masters de l’école navale (LV Rannou) ainsi qu’un bilan des opérations de la marine en 2014 (CV Rivière).

 

L’adresse du CEMM pour ses vœux a été l’occasion de rappeler que « Les événements de l’année écoulée montrent une fois encore toute l’importance pour nos pays de travailler ensemble pour répondre à ces défis et pour préserver la paix et la stabilité. »

 

Revenant sur l’importance de la coopération il a ajouté que les opérations que l’on conduit sont complexes, souvent de longue durée. « Elles demandent des moyens importants, qu’aucun pays n’est en mesure de fournir seul. La recherche d’une solution pérenne dans la gestion des crises s’enrichit de l’implication d’acteurs qui se complètent et de leurs différences culturelles. Ce n’est donc qu’ensemble que nous pourrons élaborer des solutions pour construire la paix et la sécurité demain ».

 

La Marine entretient de nombreux échanges avec les marines alliées afin de nourrir ses coopérations qui viennent étoffer le réseau diplomatique français parmi les plus importants au monde. La coopération est nécessaire à la prévention des crises et à la préparation des engagements militaires dans tous les domaines : opérationnels, formation,  échanges entre marine, exercices conjoints mais  aussi dans les partages et les mutualisations de capacités.

Les attachés de défense et les attachés navals reçus à l’état-major de la MarineLes attachés de défense et les attachés navals reçus à l’état-major de la Marine
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 07:55
Les pachas de demain réunis à la FAN

 

28 Janvier 2015 Source : Marine nationale

 

41 stagiaires pas tout à fait comme les autres se sont donné rendez-vous au sein de la FAN depuis lundi pour deux semaines d’échanges, de débats et de présentations sur la marine d’aujourd’hui et de demain et les enjeux du commandement. Ils sont les futurs commandants de nombreuses unités de la marine : 35 bâtiments de surface (dont 8 outre-mer), 3 commandos, 2 sous-marins nucléaires d’attaque  et 1 flottille d’aéronautique navale.

 

Après une présentation de la Force d’Action Navale par le vice-amiral d’escadre Coindreau, c’est le chef d’état-major de la Marine qui s’est exprimé, avec franchise et sans détour, pour évoquer ce que représente le commandement. Face aux défis de la maritimisation, la tectonique des puissances maritimes, une actualité internationale incertaine, la marine doit être présente sur des théâtres d’opérations toujours plus nombreux tout en se réorganisant. Ce défi est de taille mais l’amiral Rogel a incité les futurs commandants à ne pas céder à la morosité : « nous pouvons être fiers de notre marine actuelle. Nous avons entre les mains toutes les compétences, l’intelligence, les qualités réunies pour faire de la marine de 2025 une marine qui compte parmi les grandes ». Le CEMM a recommandé aux futurs commandants de s’appuyer sur quatre piliers pour remplir leurs fonctions à venir : la rigueur, l’intelligence, l’enthousiasme et l’esprit d’équipage. Il leur a aussi rappelé quel était leur objectif principal final : « pas seulement combattre, mais vaincre ». Nul doute que son message aura été reçu 5/5 par l’auditoire.

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