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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 18:55
Les blessés en Opérations extérieures ne prennent pas de vacances !

 

Source CTSA

 

Pendant la période des fêtes de fin d'années, le nombre de donneurs diminue dangereusement.

 

Le site de Clamart du Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) invite fortement les donneurs des communes proches à profiter des vacances de Noël et de nouvel an pour venir y donner leur sang.

 

Le CTSA vous accueille sur son site fixe de Clamart (Îlot Percy), du lundi au vendredi, de 8h15 à 16h00, sans rendez-vous pour un don de sang total, et sur rendez-vous au 01 41 46 72 26 (secrétariat et informations) pour un don de plaquettes ou de plasma en aphérèse.

 

Une pièce d'identité est nécessaire pour l'accès au site.

 

Centre de transfusion sanguine des armées Jean Julliard

rue du Lieutenant Raoul Batany- 92140 CLAMART

 

CTSA - îlot Percy, rue du Lt Raoul BATANY à Clamart 92140 - 01 41 46 72 26

  • Tram 3A – Balard, puis Bus 169 (arrêt Hôpital Percy)
  • Tram 2 – Issy Val de Seine, puis Bus 290 (arrêt Hôpital Percy)
  • RER - Issy - puis bus 190 (arrêt Hôpital Percy)
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 11:55
[Teaser] La médecine de guerre au plus près des combats


31 oct. 2016 Ministère de la Défense

 

#JDEF - Depuis les attentats en France, les équipes du SAMU civil et les urgentistes s’inspirent du retour d’expérience des médecins et des chirurgiens militaires. Depuis un an, les soignants civils sont formés par le service de santé des armées à la prise en charge de blessures balistiques mais aussi aux procédures de « triage » des victimes d’un attentat.

Pour comprendre pourquoi l’armée détient ce savoir-faire unique, l’équipe du Journal de la Défense (
#JDEF) s’est rendue au Sahel où 3.500 soldats sont engagés dans l’opération Barkhane. Dans cette zone qui s’étend sur près de 4000 km, des infirmiers, des médecins et des chirurgiens militaires œuvrent chaque jour pour soigner et sauver des vies.

Grille de diffusion sur LCP-An
-Samedi 05 novembre à
10:00
-Dimanche 06 novembre à 16:30https://www.youtube.com/watch?v=I2CjtkZ1S-g
-Samedi 19 novembre à 10:00
-Dimanche 20 novembre à 16:30
-Mardi 27 novembre à 07:20
-Samedi 10 décembre à 10:00
-Dimanche 11 décembre à 07:05 et à 16:30
-Jeudi 22 décembre à 10:20

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 10:55
Solidarité Défense prépare le Noël de nos soldats !

 

26.10.2016 Ingrid LAMRI - Présidente de l'ANAJ-IHEDN

 

Chers amis,

Notre partenaire
Solidarité Défense prépare le Noël de nos soldats, venez l'aider !

Tous les ans, Solidarité Défense confectionne environ 12 000 colis de Noël destinés aux militaires en OPEX. Ils y mettent également des dessins d’enfants de toutes les écoles de France. Les armées acheminent ensuite ces colis sur les théâtres d’opération.

Confectionner ces colis prend du temps, aussi nous vous invitons à vous manifester si vous avez une heure ou une journée à consacrer sur Paris à cette belle initiative.


Pour participer à cette initiative, merci de renseigner le formulaire suivant : RENDEZ-VOUS ICI !


En espérant vous voir nombreux à vous investir auprès de Solidarité Défense ! 

 
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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 11:55
[RMBS 2016] La reconstruction par l'équitation


23 juin 2016 DICoD

 

A l'occasion des Rencontres militaires blessure et sports (RMBS), les blessés de la Défense ont participé à une atelier "Equitation", le 16 juin après-midi, à Bourges.
Qu’il s’agisse d’un handicap physique ou psychique, la pratique de l’équitation à vocation thérapeutique est fortifiante, autant à travers les sensations motrices que peut procurer le mouvement avec l’animal qu’à travers la relation de confiance qui s’établit entre l’homme et le cheval.

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 12:55
14 juillet 2016 : collecte de sang au musée de l’Armée à Paris au profit des militaires blessés et des patients traités dans les hôpitaux militaires

 

La traditionnelle collecte de sang organisée à Paris à l’occasion des cérémonies du 14 juillet se déroulera de 10 heures à 17 heures en salle Turenne du musée de l’Armée (Hôtel national des Invalides, Paris 7ème).

 

L'Association des entreprises partenaires de la Défense propose une nouvelle fois de s'associer à cette cause en effectuant un don classique (« sang total ») sous réserve d'être apte et volontaire.

Il est possible de faire un don classique jusqu'à 70 ans. Si vous avez des questions, vous pouvez contacter un médecin du Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) au 01 41 46 72 24.

N'oubliez pas d'apporter votre carte de donneur ou une pièce d'identité officielle.

Accès direct à la salle Turenne par la Cour d'honneur des Invalides. Ancien réfectoire des Invalides, les hautes peintures murales du XVIIe siècle de la salle Turenne illustrent la gloire des campagnes militaires de Louis XIV et rendent compte de toute la magnificence du Grand Siècle.

 

Si vous n’êtes pas disponible le 14 juillet à Paris, vous pouvez fort bien faire une promesse de don dans les semaines, voire les mois à venir, notamment durant la période d’été !

 

Accueil au Centre de transfusion sanguine des armées de Clamart (Hauts de Seine) du lundi au vendredi de 8 heures 30 à 16 heures.

 

Informations et rendez-vous auprès du CTSA au 01.41.46.72.24

CTSA Clamart

1, rue du lieutenant Raoul Batany

92140 Clamart

 

Téléchargez la plaquette présentant le CTSA, son expertise et les modalités de don :

pdfLIEN

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 17:55
Besoin urgent de sang groupe O, de plasma et de plaquettes pour faire face aux besoins des armées

 

Situé à Clamart (Hauts de Seine) le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) recherche des donneurs pour faire face aux besoins des militaires blessés et des patients traités dans les hôpitaux militaires :

  • don de sang "sang total" de groupe O, dont la pénurie nuit à l'autonomie transfusionnelle des armées.
  • don de plasma ("aphérèse simple") de groupes AB et A plus particulièrement (production du plasma lyophilisé « PLYO » par le CTSA).
  • don de plaquettes ("aphérèse sur rendez-vous") pour lesquelles tous les groupes sont recherchés, notamment les A. Compte tenu de leur péremption très courte (5 jours) celles-ci sont prélevées selon les besoins et utilisées surtout localement (hôpitaux d’instruction des armées Percy et Bégin).

 

Accueil au CTSA de Clamart du lundi au vendredi de 8 heures 30 à 16 heures.

Si vous n’êtes pas disponible dans les prochains jours, vous pouvez fort bien faire une promesse de don dans les semaines, voire les mois à venir, notamment durant la période d’été !

 

Informations et rendez-vous au 01.41.46.72.24

CTSA Clamart

1, rue du lieutenant Raoul Batany

92140 Clamart

 

Téléchargez la plaquette présentant le CTSA, son expertise et les modalités de don :

pdfLIEN

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 20:55
Recherche de donneurs de sang de groupe O pour faire face aux besoins des armées

 

source Entreprises partenaires de la défense

 

Depuis le mois de février les stocks de sang de groupe O couvrent de plus en plus difficilement les besoins du Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA). C'est la conséquence probable de la forte sollicitation des forces en métropole comme en projection.

Situé à Clamart (Hauts de Seine) le CTSA recherche des donneurs de groupe O pour faire face aux besoins des militaires blessés et des patients traités dans les hôpitaux militaires.

Accueil du lundi au vendredi de 8 heures 30 à 16 heures.

Si vous n’êtes pas disponible dans les prochains jours, vous pouvez fort bien faire une promesse de don dans les semaines voire les mois à venir !

Informations et rendez-vous au 01.41.46.72.24

CTSA Clamart

1, rue du lieutenant Raoul Batany

92140 Clamart

Téléchargez la plaquette présentant le CTSA et son expertise :

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 12:55
Le faux blessé est préparé pour son évacuation par des commandos marine après avoir reçu les premiers soins - photo JP Pons - Marine Nationale

Le faux blessé est préparé pour son évacuation par des commandos marine après avoir reçu les premiers soins - photo JP Pons - Marine Nationale

 

11.01.2016 FORFUSCO

 

En décembre dernier, un stage de médicalisation en milieu hostile a été organisé à l’école des fusiliers marins au profit d'opérateurs commandos marine. 10 commandos marines, principalement des chefs d'équipes, ont suivi durant 15 jours une formation théorique puis pratique qui est réalisée en grande partie sur le complexe de tir du Linès où les stagiaires peuvent être mis en situation d'intervention sur des camarades blessés ou victimes civiles ou militaires tout en étant sous la menace d'un ennemi. Pendant la semaine de pratique, le stage multiplie les scénarios de mise en situation, à terre, avec extraction par la mer, et sur tout type de blessures, de jour et de nuit etc.

4 formateurs, 2 infirmiers et 1 médecin-chef de la cellule secourisme de l'Ecole des fusiliers marins et de l'antenne médicale de Lorient ont encadré cette formation hors norme.

A ce jour, l'Ecole des fusiliers marins organise chaque année deux stages au profit des opérateurs commandos marine et assure également la formation de médecins et personnels médicaux des armées aux interventions en zone de combat.

 

Reportage photos

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 07:55
Général Philippe Boutinaud, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris - photo BSPP

Général Philippe Boutinaud, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris - photo BSPP

 

16.12.2015 Commission de la défense nationale et des forces armées - Compte rendu n° 29

 

Mme la présidente Patricia Adam. Nous accueillons le général Philippe Boutinaud, qui commande la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). À la suite des attentats du 13 novembre dernier, nous avons procédé à plusieurs auditions, dont celle du directeur du service de santé des armées, et il nous a semblé naturel, général, de vous entendre. La BSPP a en effet joué ce soir-là un rôle éminent pour apporter les premiers secours aux victimes. Bien que le budget de votre service ne dépende pas du ministère de la Défense, les pompiers de Paris relèvent du statut général des militaires, et nous sommes désireux de connaître la réaction de l’ensemble des services de l’État à cet événement tragique.

 

Général Philippe Boutinaud, commandant la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Madame la présidente, je vous remercie de votre invitation et suis d’autant plus honoré de m’exprimer devant votre commission que je suis le premier général des pompiers de Paris à avoir ce privilège.

 

Permettez-moi de vous présenter en quelques mots la BSPP. C’est Napoléon Ier qui créa le bataillon de pompiers de Paris en 1811 et le plaça sous l’autorité du préfet de police. La BSPP est aujourd’hui forte de 8 600 hommes et femmes, dont 8 000 à Paris. Elle est chargée de la sécurité des personnes et des biens dans la capitale et les trois départements de la petite couronne. Elle constitue la plus grosse unité de sapeurs-pompiers en Europe et la troisième dans le monde après celles de Tokyo et de New York. Elle effectue près de 460 000 interventions annuelles, soit environ 1 250 par jour.

 

L’opération du 13 novembre constitue assurément la plus grosse opération de secours par le nombre de victimes depuis les années quatre-vingt et peut être la plus importante jamais effectuée par les pompiers de Paris si l’on exclut les bombardements de la seconde guerre mondiale. Ce qui est certain, c’est que jamais nous n’avions dû traiter autant de victimes en aussi peu de temps. Pour prendre en charge les blessés des sept attentats simultanés perpétrés à Saint-Denis d’un côté, et dans les Xe et XIe arrondissements de Paris de l’autre, la BSPP a dépassé les exigences posées par son contrat opérationnel. Ces attaques ont été concentrées en 40 minutes. Dans les Xe et XIe arrondissements, six sites d’interventions sont répartis sur à peine quatre kilomètres carrés. L’identification des sites en a été d’autant plus ardue que les adresses se trouvaient très proches les unes des autres, et l’on nous en donnait parfois deux pour des établissements situés à l’angle de deux rues.

 

À partir de 22 heures, l’action s’est fixée au Bataclan, ce qui nous a aidé à concentrer nos moyens. L’ensemble de l’opération a duré huit heures, puisqu’elle a débuté à 21 heures 19, heure de la première explosion au Stade de France, et s’est achevée à 5 heures 30 le 14 novembre, moment où nous avons clos les opérations de secours au Bataclan.

 

L’action d’ensemble des secours de la BSPP s’articule en quatre phases successives :

 

• De 21 heures 19 à 22 heures, nous étions dans la phase de réaction, qui s’est avérée tumultueuse car nous devions faire face à de très nombreuses demandes de secours. Ces moments sont chaotiques pour tous les services et le resteront toujours dans de pareilles circonstances. J’ai été affecté chez les pompiers de Paris pour la première fois il y a 26 ans où j’ai fait de très nombreuses interventions, j’ai participé à plusieurs opérations extérieures (OPEX) dans les forces armées et j’ai toujours été confronté au chaos du premier quart d’heure. La différence entre une unité d’élite et une autre réside dans le temps nécessaire au rétablissement. Nous avons mis environ vingt minutes pour y parvenir, ce qui, de mon point de vue, constitue une performance.

 

De 22 heures à 0 heure 20, c’est la phase de reprise d’initiative, puisque nous commencions à savoir précisément ce qui se passait et à quels endroits. Dans cette phase, à en juger par le nombre d’appels de services extérieurs, il semble que seuls les pompiers de Paris avaient une vue à peu près claire des événements.

 

De 0 heure 20, heure de l’assaut au Bataclan, à 4 heures 21, c’est la phase de concentration des efforts sur deux sites majeurs avec d’un côté l’évacuation des spectateurs du Stade de France et de l’autre la prise en compte des très nombreuses victimes du Bataclan.

 

Enfin de 4 heures 30 à 8 heures, c’est la phase de retour à la normale. À 8 heures du matin, tous les véhicules de la BSPP avaient retrouvé l’intégralité de leur potentiel, c’est-à-dire que le stock de produits pharmaceutiques et des consommables des ambulances de réanimation et des véhicules de secours aux victimes avait été reconstitué.

 

À 4 heures 21, j’ai transmis au préfet de police un bilan de 381 victimes comptabilisées par les pompiers, dont 124 décès, 100 urgences absolues et 157 urgences relatives. À ce bilan il faut ajouter les nombreuses personnes qui se sont présentées spontanément dans des hôpitaux pour faire soigner diverses blessures sans avoir été prises en compte par les sapeurs-pompiers. Au total, 430 pompiers de Paris et 125 engins ont été dépêchés sur les lieux des attentats ; 250 personnes travaillaient derrière eux dans la chaîne de commandement et de soutien. Plusieurs véhicules ont essuyé des tirs dont deux sont sévèrement impactés par balles.

 

Alors quelles sont les difficultés initiales que nous avons rencontrées ?

 

Tout d’abord il s’agit de comprendre ce qui se passe en pareilles circonstances. Entre 21 heures 30 et 22 heures, nous avons reçu 700 appels, dont certains faisaient état de fusillades, d’autres d’explosions, d’autres de scènes de panique ou de prises d’otages. On nous indiquait de très nombreuses adresses différentes, car, outre les angles de rue, de nombreuses personnes, blessées et échappées du Bataclan par exemple, se réfugiaient sous des portes cochères dans les rues voisines ou montaient dans la première voiture qui passait.

 

En second lieu, il y avait 72 000 personnes au Stade de France, dont les plus hautes autorités de l’État. Nous avons demandé et obtenu que le stade ne soit pas évacué. En effet, pendant que les spectateurs regardaient le match, dès lors qu’aucune explosion n’avait eu lieu à l’intérieur, les gens risquaient moins dans le stade que dehors où des kamikazes auraient pu se mêler à la foule pour alourdir le bilan. Par ailleurs ça laissait aux secours et aux policiers un répit pour travailler plus sereinement après les deux premières explosions commises par des kamikazes.

 

Globalement, cette opération de secours fut réussie grâce à notre anticipation, notre organisation, notre préparation opérationnelle et nos décisions, planifiées et prises durant l’intervention. J’identifie des facteurs de succès de quatre ordres.

 

Tout d’abord l’anticipation. La BSPP a tiré des enseignements des attentats survenus à Madrid en 2004, à Londres en 2005 et à Bombay en 2011. En 1978, les pompiers de Paris ont mis au point un « plan rouge », adopté ensuite au niveau national, qui vise à traiter un grand nombre de victimes concentrées en un site unique. Après Madrid et Londres, nous nous sommes aperçus que ce plan n’était pas calibré pour faire face à plusieurs attaques et nous avons élaboré un « plan rouge alpha » en 2005 nous permettant d’agir sur plusieurs sites simultanément. Le contrat opérationnel de la BSPP a été adapté en conséquence mais la situation du 13 novembre dernier excédait les exigences de ce contrat.

 

Par ailleurs nous nous sommes adaptés à l’évolution de la nature de la menace depuis janvier dernier ; nous étudiions notamment depuis cet été le cas d’une course mortifère dans Paris. Nous avons bâti un plan à partir de ce scénario, afin de pouvoir déployer des modules permettant de réagir à un plus grand nombre de sites.

 

Le second facteur de succès tient à l’organisation de la BSPP. Outre son statut militaire qui lui garantit une forte discipline, l’articulation du commandement mise en place a permis de faire face efficacement aux événements de cette soirée. Depuis 2011, le centre opérationnel de la BSPP réunit en un même lieu trois piliers fondamentaux pour la gestion de crises majeures : le centre de traitement de l’alerte où sont reçus tous les appels 18 et 112, l’état-major opérationnel pour la conduite de crise et la coordination médicale pour la gestion des moyens médicalisés et la remontée des bilans médicaux des intervenants. Cette dernière gère le millier de bilans médicaux réalisés tous les jours par les chefs d’agrès, qui se trouvent auprès des victimes, et oriente les blessés vers les hôpitaux de Paris. La coordination médicale a joué un rôle fondamental dans la réussite de notre action du 13 novembre 2015.

 

Second point particulier de l’organisation du commandement à la BSPP c’est l’équilibre entre la gestion centralisée des moyens et des ordres et la décentralisation maximale dans l’exécution jusqu’aux plus bas échelons hiérarchiques. Au troisième attentat, j’ai donné l’ordre de réduire l’envoi des moyens demandés pour plan rouge alpha, afin de ne pas nous trouver démunis. Je craignais en effet que le scénario de Bombay se répète, et que les terroristes aillent dans une gare après avoir visé des gens attablés à des terrasses de café. Nous devions donc garder des moyens pour réagir si la liste des sites frappés continuait de s’allonger.

 

L’état-major opérationnel de la BSPP s’articule en deux niveaux. Une posture immédiate activable par une garde assurée 24 sur 24 et une posture renforcée armée par du personnel d’astreinte à 1h30. Le fait que la plupart des officiers et sous-officiers soient logés sur place facilite grandement la réactivité du dispositif ; ainsi, la posture immédiate a été activée à 21 heures 25 et la posture renforcée à 21 heures 30 avec tout le personnel d’astreinte sur place moins de trente minutes plus tard.

 

Le troisième facteur de succès réside dans la préparation opérationnelle. Nous nous exerçons tous les samedis au centre opérationnel ; le scénario change à chaque fois et nous testons notre capacité à gérer des crises complexes. Les pompiers de Paris sont donc préparés à intervenir dans ces contextes. Mais ils ne peuvent pas agir seuls. J’avais abordé le scénario d’un raid mortifère dans Paris avec le préfet de police et avais rencontré le chef du service d’aide médicale urgente (SAMU) de Paris, pour en discuter et organiser des exercices d’entraînement. C’est dans ce cadre qu’un exercice envisageant un scénario multi-sites avait eu lieu le vendredi 13 novembre 2015 au matin avec les SAMU de la région parisienne. Par ailleurs, dans les centres de secours, des manœuvres de secourisme et d’intervention ont lieu tous les jours, afin de compléter notre entraînement. Cela s’avère d’ailleurs indispensable pour être opérationnel en situation de crise quelle qu’en soit l’intensité.

 

En outre, les cadres, notamment les médecins, bénéficient de leur expérience opérationnelle militaire. Parmi les 61 médecins évoluant sous mes ordres, 40 ont exercé en opérations et savent donc traiter les blessures par balles. La plupart des officiers ont également participé à des OPEX ainsi que quelques sous-officiers et militaires-du-rang.

 

Le quatrième facteur de succès réside dans les décisions prises, qu’elles soient planifiées à l’avance ou prises en conduite.

 

En ce qui concerne les décisions planifiées, en premier lieu il s’agit d’adapter la réponse opérationnelle en la dégradant sensiblement. Par exemple, si un incendie s’était produit pendant les attentats, on n’aurait dépêché qu’un engin-pompe au lieu de deux au départ des secours. En second lieu, les demandes de renforts extérieurs à la BSPP, adressées au centre opérationnel de la zone (COZ) de défense et de sécurité à la préfecture de police, sont pré rédigées. Cela permet de gagner du temps. Nous avons demandé dès le départ deux colonnes de renforts aux SDIS de la grande couronne qui sont, en cas de besoin, destinées à nous appuyer dans la couverture courante du risque. Une seule a partiellement été utilisée.

 

Troisièmement, dès qu’une alerte comme celle du 13 novembre est lancée, nous dépêchons des détachements de liaison : des personnes de garde reçoivent un message sur leur téléphone pour se rendre à la préfecture de police, au centre opérationnel de zone ou ailleurs si c’est nécessaire ce qui facilite la coordination avec les autres administrations et nous permet de relayer l’information concernant les actions pompiers en cours.

 

Quatrièmement, nous disposons également d’un concours planifié des associations agréées de sécurité civile – la Croix-Rouge, l’Ordre de Malte, la Croix Blanche et la Protection civile de Paris. À la suite des attentats de janvier 2015, j’avais demandé que ces associations nous envoient un représentant au centre opérationnel. Ils sont arrivés dans la demi-heure, ce qui nous a permis de coordonner l’envoi de vecteurs pour les blessés les moins graves.

 

Cinquièmement nous anticipons les besoins en hélicoptères ; en effet, les urgences absolues doivent être prises en charge par une équipe médicale dans l’heure, alors que les urgences relatives peuvent être traitées dans un délai de six heures, sachant que plus le temps passe, plus les urgences relatives risquent de devenir des urgences absolues. Si les hôpitaux sont saturés, on peut évacuer les blessés les moins fragiles vers des établissements plus éloignés comme ceux de Lille, de Nancy et de Metz. Nous n’avons pas eu besoin de les solliciter, mais des hélicoptères avaient été demandés pour être prêts à transférer des patients. De même, nous avions envisagé de nous appuyer sur les hôpitaux militaires Percy et Bégin lors de simulations : ainsi, ces établissements ont pu accueillir une cinquantaine de blessés graves. Enfin, nous avons également sollicité la RATP, via le COZ, pour transporter des gens vers des centres d’accueil des impliqués (CAI), gérés par les associatifs.

 

Au chapitre des décisions prises en conduite, à partir de la troisième demande de plan rouge, j’ai donné l’ordre d’adapter la réponse en envoyant des modules plus resserrés. En effet, c’est le nombre de blessés qui dicte les moyens nécessaires, et non celui des morts pour lesquels nous ne pouvons malheureusement plus rien faire. Seuls les premiers intervenants sont capables d’évaluer les vrais besoins. Nous leur avons donc envoyé les moyens qui correspondaient à la situation spécifique sur chaque site en fonction des demandes qu’ils exprimaient plutôt que des modules pré formatés comme ceux du plan rouge.

 

Six ambulances de réanimation sont armées a minima chaque jour avec un médecin, un infirmier et un conducteur. Il y en avait sept en ligne le 13 novembre. En une heure, nous avons armé 21 ambulances de réanimation supplémentaires en sollicitant les personnes qui n’étaient pas de garde. Une fois que nous sommes parvenus à localiser précisément les lieux des attentats, nous avons baptisé le terrain en donnant un nom, « Bataclan », « Charonne », « Voltaire », « République » pour identifier chaque site d’intervention. J’ai appelé la zone de défense pour que la consigne d’utiliser uniquement ces termes soit donnée. Malgré cette recommandation, certains services ont continué d’employer des adresses pour désigner les sites ce qui a parfois entretenu une certaine confusion. Cet élément, qui peut paraître insignifiant, se révèle déterminant. C’est un réflexe chez les militaires que de baptiser le terrain pour éviter les confusions.

 

Ensuite, nous avons désigné un commandant des opérations de secours (COS) et un directeur des secours médicaux (DSM) pour chaque site. Les COS dans ces circonstances sont en général des officiers ou des sous-officiers supérieurs mais ce n’est pas une obligation. Sur le site de Beaumarchais, c’est un caporal-chef qui a pris en charge les secours. On lui a envoyé trois véhicules qu’il a conditionnés pour faire partir trois urgences absolues et quatre urgences relatives vers des hôpitaux.

 

Enfin pour réduire la saturation du centre d’appel, le message d’accueil du 18 et du 112 a été changé pour inviter les requérants à différer les demandes ne présentant pas d’urgence absolue : en une demi-heure, le nombre d’appels est passé de 700 à 200. Nous avons publié le même message sur les réseaux sociaux, et il a été relayé 29 000 fois en une heure sur Twitter et 39 000 sur Facebook. Cela nous a permis de reprendre l’initiative et de ne plus être submergés d’appels.

 

Mais au-delà de ces facteurs de succès il faut aussi souligner qu’un certain nombre de frottements ont entraîné quelques dysfonctionnements.

 

Tout d’abord, il fallait déterminer si les terroristes se trouvaient toujours dans la zone, car on ne peut pas être pompier et tenir une arme. Un élu local m’a récemment demandé s’il fallait armer les pompiers. Je lui ai répondu qu’un médecin tenait une perfusion et non un fusil lorsqu’il s’occupait d’un soldat blessé. Il n’est donc pas question d’armer les pompiers, car si l’on devait assurer notre sécurité, on ne soignerait plus les gens. Il convient en revanche de travailler avec les forces de sécurité pour mieux assurer la protection des secours ainsi que celle des victimes

 

En second lieu la BSPP pour commander ses interventions s’appuie sur un triptyque réuni en un lieu unique. On y retrouve co localisés le centre de traitement de l’alerte, l’état-major opérationnel et la coordination médicale. Chaque jour, 36 opérateurs sont de garde pour 24 heures, 18 opérateurs répondent au téléphone pendant que les 18 autres sont sur place mais en repos physiologique. Dix traitent les demandes de secours et huit gèrent les bilans médicaux remontant des interventions. En quelques minutes, cet effectif peut doubler pour atteindre 36 militaires en rappelant ceux qui se reposent. Le SAMU n’a pas la même réactivité pour faire monter en puissance son centre d’appels, si bien qu’il lui fut plus difficile de se coordonner rapidement avec nous dans la soirée du 13 novembre. Il ne s’agit pas de critiquer le SAMU avec lequel nous entretenons de bonnes relations, mais nous devons prendre en compte cette situation et sécuriser les communications entre nous en toutes circonstances.

 

Par ailleurs, le COS et le DSM doivent pouvoir travailler avec un commandant des opérations de police (COP), mais il n’est pas toujours facile d’identifier le COP sur chaque site. La préfecture de police est au courant de ce problème et nous avons demandé que le COP porte une chasuble d’identification comme c’est le cas pour le COS et le DSM. Cet élément s’avère très important, car les COP sont responsables des plans rouges alpha circulation (PRAC) qui ouvrent les itinéraires et donc les axes d’arrivée et d’évacuation pour les secours.

 

Par ailleurs, étant donné que les pompiers sont presque les seuls à disposer d’une vision globale des événements au début de la crise, l’état-major opérationnel est constamment sollicité pour connaître le bilan des victimes. Les médias comme les autorités doivent accepter d’attendre un peu pour disposer de bilans fiables et vérifiés. J’ai parfois répondu un peu sèchement, mais poliment, à certains d’entre eux.

 

Autre point de frottement : la rumeur. Elle a toujours existé, mais auparavant elle provenait du bas alors que maintenant ce sont les chaînes d’information émettant en continu qui la créent. Un bruit faisait état d’une personne tirant dans la gare du Nord avec un grand nombre de victimes. Nous sommes parvenus à le dissiper en demandant aux appelants s’ils avaient vu eux-mêmes des blessés ou le tireur. Beaucoup avaient entendu dire mais aucun n’avait vu. Il s’agit d’un problème récurrent car, en janvier dernier, je commandais le centre opérationnel et l’on m’avait demandé à cinq reprises des secours pour une prise d’otages à Paris l’après-midi de l’Hyper Cacher. Nous veillons donc à ne pas consommer des moyens pour rien en recoupant l’information à partir de ce que voient ou non les requérants.

 

Enfin, des blessés furent transportés sur des barrières de foule, car nous n’avions plus de brancards disponibles devant l’afflux de blessés. Cela peut choquer mais ça ne présente pas de danger particulier, même pour une urgence absolue, l’important étant que la personne reste à l’horizontal. On a depuis perçu davantage de brancards souples pour les répartir dans tous les véhicules de secours à victimes. Ces derniers sont dimensionnés pour accueillir une victime. Éventuellement on peut en mettre une couchée et une autre assise, voire trois au maximum en conditions dégradées ; l’afflux de 35 à 40 personnes blessées par balle en quelques minutes a donc posé quelques difficultés. Mais il faut accepter que le dispositif mette quelques minutes à monter en puissance, même si cela va tout de même relativement vite.

 

Au bilan il n’y a pas eu de dysfonctionnement important au regard de l’ampleur des missions à remplir.

 

En termes de coordination interservices, la coopération avec les autres acteurs peut être qualifiée d’excellente. Toutefois quelques points méritent une attention particulière.

 

Le système d’information numérique standardisé (SINUS) est un bracelet comportant un code-barres qui permet à l’ensemble des personnels de secours et de santé d’alimenter une base de données ; hélas, seuls les pompiers utilisent SINUS. Il conviendrait que les autres services médicaux l’emploient également afin de faciliter l’identification et la localisation des victimes en particulier celles qui se présentent spontanément dans un hôpital. Beaucoup des difficultés rencontrées pour renseigner les familles auraient été résolues si toutes les victimes avaient été répertoriées grâce au système SINUS et pas uniquement celles prises en charge par les pompiers.

 

La coopération s’est accrue après les attentats de janvier avec les associations de sécurité civile, notamment par l’envoi d’éléments de liaison. Les mairies et les centres opérationnels de zone les réclament également, si bien qu’il s’avère souvent délicat de maîtriser le dispositif associatif. Les membres de ces associations sont tous volontaires et veulent donc tous participer. C’est louable mais il faut prendre garde qu’une trop grande concentration de volontaires associatifs ne constitue par autant de victimes supplémentaires en cas de situation non figée. Ils en sont conscients, et nous réfléchissons avec eux sur ce sujet. Au moment de l’Hyper Cacher, j’avais demandé 10 moyens associatifs, on m’en a envoyé 32 ! C’est trop et l’on peut se trouver démuni pour une autre opération.

 

Avec les autres directions de la police, nous dépêchons des éléments de liaison dans les autres services afin d’améliorer la coordination entre les chaînes de commandement police et pompiers. Une note, signée par le préfet de police, fixe le rôle de chaque acteur en cas d’événement grave. Mais il est important que des exercices aient lieu pour que les différents acteurs s’approprient de façon réflexe les plans.

 

Les forces de l’opération Sentinelle ont effectué un très bon travail en nous protégeant à Charonne et dans le centre de secours de Chaligny où nous avions ouvert des postes médicaux avancés de circonstance. Les militaires de Sentinelle ont également protégé les premiers pompiers qui sont arrivés devant le Bataclan sans savoir que les terroristes s’y trouvaient. Leur véhicule fut criblé de balles et n’a pas pu repartir. Il serait intéressant d’améliorer notre coopération avec les forces de Sentinelle, qui savent boucler un quartier et fouiller les personnes suspectes si nécessaire en complément des forces de police.

 

Au-delà des interventions elles-mêmes, qu’avons-nous fait depuis ?

 

Dès leur retour d’interventions, j’ai demandé à tous les garçons et les filles qui avaient participé au secours la nuit du 13 au 14 novembre d’écrire librement ce qu’ils avaient fait. Cet exercice présente deux vertus : savoir ce qui a été accompli sans réécriture postérieure de l’histoire et favoriser le désamorçage psychologique. En effet, les pompiers au Bataclan ont découvert 78 morts dans la salle de spectacle et ont entendu sonner les téléphones portables des personnes décédées que leurs proches tentaient de joindre. Ce sont des moments difficiles. J’ai donc décidé que tous les pompiers de Paris intervenus cette nuit-là seraient vus en consultation par un psychologue et un psychiatre – j’ai demandé un renfort du service de santé des armées qui m’a été immédiatement accordé –, et seuls quelques-uns auront besoin d’un suivi plus poussé.

 

On a remédié au manque de brancards légers dès le lendemain des attentats en équipant trois véhicules spécifiquement dédiés pour emporter ce matériel. On a également placé des trousses de « damage control » contenant des pansements hémostatiques et des garrots tourniquets dans tous les véhicules.

 

Sans les téléphones mobiles, beaucoup de gens n’auraient pas pu commander le 13 novembre. Nous ne devons pas nous habituer à nous reposer uniquement sur ces appareils. Ceux-ci sont très utiles, mais nous avons besoin de systèmes redondants et j’ai demandé une rallonge budgétaire, qui m’a été accordée hier par le conseil de Paris, pour disposer d’un véhicule satellite. Il nous permettra d’assurer la permanence de nos transmissions.

 

Nous expérimenterons, dès la fin du mois de janvier, la plateforme d’appel unique. À partir de mars prochain, les appels au 17 émis de Paris et de Seine-Saint-Denis, et ceux au 18 et au 112 passés depuis l’ensemble de la zone couverte par la BSPP, arriveront tous dans notre centre opérationnel, afin de couvrir les stades de France et du Parc des princes dans la perspective de l’Euro 2016. Le ministre de l’Intérieur a déjà annoncé qu’une expérience similaire sera menée dans la zone Centre, ce système ayant vocation à être étendu à l’ensemble du pays.

 

Enfin, pour améliorer la connaissance des gestes qui sauvent, j’ai proposé à madame la Maire de Paris et au Préfet de Police une action qui débutera à partir de la mi-janvier 2016 : le samedi après-midi, d’abord dans six centres de secours, les Parisiens pourront apprendre comment alerter les secours, que faire en attendant qu’ils arrivent – comment réaliser un garrot et un pansement hémostatique avec ce que l’on a sous la main – et comment pratiquer un massage cardiaque. Si chaque Français savait effectuer un massage cardiaque, même imparfaitement, on sauverait plusieurs centaines de vies chaque année. Cette formation, gratuite et non qualifiante, durera deux heures. Si un public nombreux se déplace à Paris, on étendra ce dispositif à la banlieue. Les Parisiens qui souhaitent y participer devront s’inscrire au préalable sur le site Internet de la préfecture de police.

 

Nous avons été efficaces le 13 novembre dernier, et il aurait été difficile de faire mieux. Il ne s’agit pas d’une autocélébration et nous devons nous pencher non pas sur la guerre que nous venons de vivre, mais sur la prochaine. Il faut se préparer à toutes les hypothèses, même les pires, afin de garantir la capacité à mener des opérations de secours dans des contextes très complexes. Il faut continuer à réfléchir, à s’entraîner et à s’adapter, car ce n’est pas à un risque que nous devons faire face, mais à une menace, ce qui change tout.

 

Je vous remercie de votre attention et suis prêt à répondre à vos questions.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Merci, général, pour votre exposé qui montre à quel point votre audition était nécessaire. Nous devons envisager les pires scénarios pour affronter cette menace. Vous avez fait allusion à Dar al-Islam : j’invite tous mes collègues à lire cette publication car les horreurs qui se produisent y ont été annoncées.

 

M. Joaquim Pueyo. Général, combien de sapeurs-pompiers pouvez-vous mobiliser ? Vous avez indiqué le chiffre de 430 : correspond-il à un plafond indépassable ou les astreintes vous permettent-elles de disposer de davantage de militaires ?

Tout le monde reconnaît la valeur professionnelle et l’éthique des sapeurs-pompiers. Je nourris la plus grande estime pour leur engagement et leur état d’esprit, mais leur reconversion me préoccupe. Au bout de dix à quinze ans d’expérience, nombreux sont ceux qui rencontrent des difficultés pour retrouver un emploi, y compris parmi les pompiers professionnels. Comment pouvons-nous les aider ?

Nous sommes en tout cas remplis d’admiration pour votre action durant les attentats.

 

M. Jean-Jacques Candelier. Mon général, vous étiez le 13 novembre au Stade de France ; après la première explosion, que d’aucuns ont pris pour des pétards, vous avez eu le réflexe de sortir pour examiner la situation : étiez-vous préparé à ce genre d’attaques ou avez-vous de bons réflexes ?

Vous avez indiqué que la coopération entre les services avait été bonne, et je tiens à rendre hommage aux 430 pompiers mobilisés cette nuit-là. On m’a précisé que davantage de vies auraient pu être sauvées si vos véhicules avaient été dotés de mallettes de réanimation. Est-ce vrai ?

Une partie des véhicules de la flotte de la BSPP sont de marque Mercedes. Pourrions-nous les remplacer par des français à l’avenir ?

 

Général Philippe Boutinaud. À ma connaissance, la BSPP n’utilise aucun véhicule Mercedes.

 

M. Alain Moyne-Bressand. Je vous remercie, madame la présidente, d’avoir organisé cette passionnante réunion. Bravo à vous, Mon général, et aux hommes et aux femmes que vous commandez pour leur travail exceptionnel.

Avez-vous mis en place un programme pour former les pompiers à ces situations nouvelles de guerre, afin de les rendre encore plus opérationnels ?

Vos personnels ont été profondément marqués par ce qu’ils ont vu cette nuit-là : comment pensez-vous les aider à exprimer leurs éventuels traumatismes ?

 

M. Yves Fromion. Au lendemain des attentats, un médecin urgentiste, interrogé à la radio, regrettait que les véhicules de la BSPP ne possèdent pas de kits complémentaires que les médecins pourraient utiliser. De tels moyens existent sur le terrain des opérations extérieures : serait-ce possible d’équiper vos véhicules de ces kits dont ce médecin, voisin du Bataclan, aurait pu se servir lorsqu’il est descendu dans la rue pour vous aider ?

 

Général Philippe Boutinaud. Je respecte ce médecin qui a affirmé avoir attendu les pompiers pendant vingt minutes et n’avoir trouvé ensuite aucun matériel médical dans leur véhicule ; néanmoins, à chaque fois que l’on appelle les secours, on pense toujours qu’ils ont mis plus de temps à arriver que la réalité, et j’ai moi-même fait cette expérience à plusieurs reprises. Ce défaut de perception ne disparaîtra jamais, car le temps paraît toujours interminable dans ces circonstances. L’une des phrases de l’éthique du pompier de Paris dit d’ailleurs, s’adressant à la victime : « dans ta détresse, pardonne mon apparente lenteur ». Dans les faits, tous les chefs d’agrès, lorsqu’ils quittent le centre de secours pour se rendre sur intervention, appuient sur un bouton de leur radio pour indiquer leur départ et font de même lorsqu’ils arrivent à l’adresse de l’intervention. Le système enregistre automatiquement tous les horaires de la prise d’appel à l’arrivée sur interventions ce qui permet de connaître précisément les délais de déplacement. Les personnes formant un contentieux devant la justice au titre d’une prétendue lenteur d’intervention sont pratiquement systématiquement déboutées car nous connaissons à la seconde près le temps mis entre l’appel et l’arrivée sur le site. Notre système fonctionne ainsi depuis l’incendie de Publicis en 1973 et se trouve donc bien rodé.

 

Concernant les moyens à disposition dans un véhicule de secours à victimes. Il faut savoir qu’il a été difficile aux secouristes de faire progresser les matériels mis à leur disposition. Un certain nombre de membres du corps médical ont lutté longtemps pour que les secouristes disposent du moins de matériel possible. La mise en place des défibrillateurs semi-automatiques dans les engins dans les années 90 a été obtenue au terme de très longs débats au prétexte qu’il ne fallait pas mettre ces appareils entre des mains non expertes. Aujourd’hui, ces appareils sont mis largement à la disposition du grand public. Plus concrètement, on ne peut pas installer des kits destinés à soigner 20 à 30 personnes dans des véhicules prenant en charge une ou deux victimes en utilisation standard. Ce matériel ne servirait la plupart du temps à rien et se périmerait, ce qui représenterait un coût important et inutile. À Beyrouth ou à Bagdad, on pourrait réfléchir à un tel équipement, mais j’ose espérer que de tels attentats ne se produiront pas toutes les semaines à Paris. Il faut rester raisonnable en la matière, et je vous assure que les véhicules de secours et d’assistances à victimes sont très bien pourvus ; en outre, les connaissances en matière de secours d’urgence d’un caporal-chef ou d’un sergent aujourd’hui sont d’un niveau très élevé. En revanche, il est nécessaire de renforcer l’aptitude du citoyen aux gestes de première urgence. Comment faire un pansement hémostatique de fortune avec les moyens disponibles, un t-shirt par exemple.

 

Chaque jour, environ 1 850 pompiers de la BSPP sont de garde dans les centres de secours parisiens et dans les quatre centres opérationnels – le central et ceux des trois groupements d’incendie. Sans donner aucun ordre, 500 ou 600 pompiers viennent naturellement dans les centres de secours en cas d’événements comme ceux du 13 novembre. On n’a pas déployé plus de 430 pompiers, parce que nous souhaitions économiser nos forces en cas d’autre frappe plus importante et que les associations de sécurité civile ont immédiatement fourni des moyens d’évacuation suffisants. Nous n’avons pas manqué de moyens.

 

Les pompiers de Paris ne rencontrent pas de réelle difficulté de reconversion, mais ils échouent parfois à aller là où ils le veulent. Après 15 ou 18 années à la BSPP, ils souhaiteraient continuer avec le même grade dans les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Ce sont les différences de statut entre les différentes fonctions publiques qui constituent aujourd’hui des barrières entre les pompiers militaires et civils. Un pompier militaire qui souhaite se reconvertir dans un SDIS doit réussir le concours de recrutement dans la fonction publique territoriale et attendre qu’une place soit disponible. Ce système peut se révéler perdant pour tout le monde ; après 17 ans à la BSPP, un caporal-chef placé sous mes ordres a demandé à intégrer un SDIS de la grande couronne parisienne. Il a été réengagé comme première classe et a dû repartir au centre d’instruction : on a donc dépensé de l’argent pour lui apprendre un métier qu’il connaît déjà parfaitement ! Je m’entends très bien avec le colonel Éric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, mais ni lui ni moi n’avons le pouvoir de changer cette situation sans une révision des textes réglementaires.

 

M. Joaquim Pueyo. Membre d’un SDIS, j’interviens souvent pour recruter des pompiers de Paris parce qu’ils le méritent ; il faudrait modifier la réglementation afin de favoriser leur intégration.

 

Général Philippe Boutinaud. Cette question, de nature politique, mériterait en effet d’être posée. Dans les années 2000, nous avons passé des accords d’échange avec certains départements, qui nous permettaient d’engager un volontaire de leur SDIS à la BSPP pendant huit ans – période de rentabilisation de sa formation –, celui-ci repartant ensuite dans son département d’origine avec le grade maximum de caporal-chef. Nous avons signé 26 conventions, mais, dix ans après, la moitié des départements les ont dénoncées. Aujourd’hui nous avons encore 13 conventions actives qui permettent à un très petit nombre de pompiers de Paris de poursuivre leur carrière dans un SDIS sans passer le concours.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Nous évoquerons ce sujet avec nos collègues de la commission des Lois.

 

Général Philippe Boutinaud. J’ignore s’il existe des mallettes de réanimation, mais nous avons procédé à l’acquisition d’un moniteur multiparamétrique qui, installé dès la fin de cette année dans nos ambulances de réanimation puis nos véhicules de secours et d’assistance à victimes, regroupera les fonctionnalités de plusieurs machines et permettra de faire des bilans encore plus précis qu’aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire que chaque ambulance des pompiers de Paris embarque un médecin et ce ne serait tout simplement pas possible. Dans 90 % des interventions, un secouriste suffit à remplir la mission dans des conditions de sécurité parfaites pour la victime, les actes médicaux étant réalisés dans un centre hospitalier. Dans l’avenir le sauveteur aura à sa disposition du matériel capable d’enregistrer des éléments scientifiques et de les transmettre à la coordination médicale qui confirmera le bilan fait sur place.

 

Tous les personnels intervenus le 13 novembre, y compris moi, sont passés devant un psychologue. La première réaction des garçons et des filles est de rechigner à subir cette consultation au motif qu’ils n’en sentent pas le besoin, mais ils sont jeunes et j’ai vu dans ma carrière des militaires s’effondrer à la cinquantaine. Avec ce passage devant un psychiatre, il sera au moins écrit dans le dossier de ces pompiers ce qu’ils ont vécu cette nuit-là, ce qui leur permettra de faire valoir leurs droits.

 

En revanche, il y a peu de formation pour les préparer à une telle expérience. Les pompiers qui ont pris des balles dans le pare-brise ne sont pas habitués à une telle situation, même si la BSPP traite 80 personnes blessées par arme blanche ou arme à feu tous les mois.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Général, des attentats peuvent se produire en province, dans de grandes métropoles comme dans des villes moyennes. Partagez-vous votre retour d’expérience du 13 novembre dernier avec les autres services de secours en France ?

 

M. Michel Voisin. Le 13 novembre à midi, je me trouvais à l’hôpital français de Damas devant des enfants qui avaient subi de graves blessures causées par l’explosion d’une bombe quinze jours auparavant dans une cour de récréation. Si un attentat avait lieu en France dans la cour d’une école située en zone rurale, il y aurait de quoi être inquiet car les secours bénéficient de moyens importants à Paris, mais la situation est moins favorable en province. Votre retour d’expérience permettra-t-il de mettre en place des plans visant à répondre à ce que vous appelez, général, la guerre de demain ?

 

M. Daniel Boisserie. Comment évaluez-vous l’organisation actuelle des SDIS ? Le commandement, pluriel, se trouve partagé entre le préfet, le directeur du SDIS voire le maire. Ne devrions-nous pas restructurer les SDIS pour les adapter à la situation actuelle ?

Avez-vous envisagé des attaques utilisant les réserves des châteaux d’eau ou des gaz chimiques ?

 

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. Évaluez-vous le profil psychologique de vos recrues afin de détecter les éventuelles fragilités ?

Pour quelles raisons êtes-vous les seuls à avoir compris ce qui s’était passé le 13 novembre ? Pourquoi les autres intervenants n’ont-ils pas fait preuve de la même lucidité ?

 

M. Philippe Folliot. On a trop souvent tendance à s’autoflageller dans notre pays, pour ne pas saluer l’efficacité d’un service public comme le vôtre, qui agit dans des conditions particulièrement difficiles. Mon général, veuillez transmettre à l’ensemble de vos équipes le témoignage de notre admiration. Tous les services de sécurité et hospitaliers ont formé une chaîne d’action exceptionnelle dans un contexte qui ne l’était pas moins.

L’organisation de la protection civile dans notre pays repose sur une dualité conférant un statut civil à l’ensemble des pompiers, sauf à ceux de Paris et de Marseille qui sont militaires. Doit-on préserver votre spécificité ? Doit-on la remettre en cause ou, au contraire, l’étendre, comme on l’envisage de le faire pour l’ensemble du Grand Paris ?

Comment faciliter les passerelles entre les pompiers de Paris et les SDIS, tout en conservant le caractère propre de chacun ?

 

M. Jean-Michel Villaumé. Le Premier ministre avait évoqué à l’Assemblée nationale l’existence d’une menace chimique et biologique, ce qui avait inquiété la population. Vous êtes-vous préparés pour faire face à ces menaces ?

 

M. Claude de Ganay. Les médias perturbent votre action et celle de l’ensemble des forces de secours dans une intervention comme celle du 13 novembre dernier. J’ai été choqué de voir des policiers poursuivre des pseudo-terroristes devant une foule de badauds qui filmaient la scène pour vendre les images aux chaînes d’information en continu. En Belgique, tous les médias ont accepté de ne pas communiquer sur une opération de police en cours ; il y a lieu de réfléchir à cette expérience et à l’action des médias lors de tels événements.

 

M. Philippe Nauche. Comment s’est articulée votre action avec celle du SAMU de Paris ? Comment les ambulances de réanimation ont-elles été réparties ? Qui a procédé au recensement des places dans les hôpitaux pour y transférer les victimes ? La coopération avec le SAMU a-t-elle bien fonctionné ? Avez-vous réussi à être complémentaires ou y a-t-il des mesures d’amélioration à mettre en œuvre ?

 

Mme la présidente Patricia Adam. À quelle heure les forces de l’opération Sentinelle ont-elles pu arriver le 13 novembre ?

 

Général Philippe Boutinaud. Le 25 novembre dernier, le préfet Laurent Prévost, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), m’a invité à m’exprimer devant les directeurs des SDIS. Je leur ai décrit nos actions dans la soirée et la nuit du 13 novembre, leur ai expliqué les difficultés que nous avions rencontrées et leur ai fait part de la façon dont ils devaient, à mon avis, se préparer. En effet, ces actions commencent à Paris car la capitale est une caisse de résonance médiatique internationale – nos ennemis souhaitant faire le plus de victimes possible pour que les médias en parlent partout dans le monde –, mais d’autres attaques peuvent ensuite avoir lieu en province.

 

Dans les grandes villes comme Lyon, les pompiers sont presque autant mobilisés qu’à Paris pour faire face à ce type d’attaques, et leur capacité de réponse s’avérerait comparable, ne serait-ce que parce que la profession observe toujours la BSPP.

 

M. Michel Voisin. Vous avez mis en exergue la capacité des hôpitaux militaires de la région parisienne à recevoir des blessés de guerre ; il n’est pas certain que de tels établissements existent à Lyon.

 

Général Philippe Boutinaud. Il y a tout de même l’hôpital Desgenettes à Lyon, même si les blessés en OPEX sont plutôt transférés dans les hôpitaux militaires d’Île-de-France. Les médecins exerçant dans les hôpitaux civils peuvent de toute façon traiter les blessés par balle. L’utilisation d’armes n’est en effet pas propre à la région parisienne.

 

Prendre en charge des enfants blessés exige beaucoup de moyens ; or les blocs pédiatriques sont moins nombreux. En outre, il faut traiter en parallèle le choc émotionnel des enfants et des parents, ce qui complexifie les opérations. Il faudrait donc anticiper le transfert d’un certain nombre de jeunes patients vers des structures pédiatriques de province.

 

Dans les départements ruraux ou de villes moyennes, les SDIS sont moins confrontés à ce genre d’événements ; composés de nombreux pompiers volontaires, pour qui j’éprouve le plus grand respect, ils ne bénéficient pas du même entraînement qu’à Paris ou dans les grandes métropoles. Dans un centre de secours parisien, un chef d’agrès ou un pompier servant dans un véhicule de secours et d’assistance à victimes effectue entre 12 et 15 interventions par jour, alors qu’un centre de secours d’une petite ville peut n’être sollicité que deux fois par jour.

 

Le risque d’une attaque chimique reste faible, l’emploi d’un produit chimique au contact d’un explosif en neutralisant l’effet, mais si c’était le cas nous serions confrontés à une opération très exigeante. En 1992, la secte Aum a perpétré un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, qui a fait près de 6000 victimes, mais peu de morts : intervenir pour prendre en charge autant de victimes nécessiterait un déploiement de moyens très importants. La BSPP possède une compagnie NRBC, composée de pompiers spécialisés. Le 13 novembre, nous n’avons pas eu besoin des véhicules de reconnaissance chimique pour lever le doute. Mais cela fait partie des enseignements que l’on a tirés de cette expérience, il faut les engager a priori. On ne peut pas savoir, au début de l’intervention, si l’attaque possède une dimension NRBC, et le déterminer peut prendre du temps car les premiers intervenants peuvent être neutralisés ou dans l’incapacité de communiquer avec le centre opérationnel. La BSPP possède plusieurs véhicules de reconnaissance chimique ou radiologique ; en outre, nous disposons des moyens du plan jaune et de chaînes de décontamination. Par ailleurs, les formations militaires de la sécurité civile (FORMISC) sont placées en alerte au déclenchement du plan jaune et doivent pouvoir rejoindre la capitale rapidement.

 

Nous procédons évidemment à une évaluation psychologique des recrues, mais tant qu’elles n’ont pas été confrontées à une intervention difficile, on ne peut pas être certain de leurs réactions. Un très fort esprit de corps règne à la BSPP, et avant les psychologues, on avait inventé des moyens de désamorçage, des rituels, comme se faire offrir à boire par le plus jeune qui a fortement pâli devant un corps déchiqueté par un métro ou faire une omelette après un incendie avec des victimes. Outre cet aspect anecdotique, cela permettait d’en parler ensemble autour d’un moment de convivialité déliant les langues et les esprits. Les jeunes d’aujourd’hui se trouvent peut-être moins préparés à être confrontés à des morts violentes, car très souvent, ils n’ont jamais vu de cadavres avec d’intégrer les rangs de la BSPP. Cependant, par rapport aux horreurs que nous voyons, les problèmes psychologiques restent très peu répandus. Chacun développe en outre une stratégie d’évitement, consciemment ou non. Il faut dire que les pompiers ne connaissent pas personnellement les victimes, contrairement aux opérations extérieures où ce sont des compagnons d’armes qui sont touchés.

 

Napoléon Ier a décidé il y a 204 ans que les pompiers de Paris seraient militaires. Après l’Empire, vinrent des régimes monarchiques et républicains qui ne remirent jamais en cause cette appartenance à l’armée. Aujourd’hui, il s’agit du service de secours le plus efficient de France, puisque nous sommes les moins nombreux par rapport au nombre de personnes secourues. La remise en cause du statut militaire des pompiers de Paris entraînerait à coup sûr une augmentation du coût sans gain de performance.

 

La militarisation des autres pompiers ne constituerait pas davantage une bonne réponse aux défis que nous devons relever. Les pompiers volontaires sont indispensables au système français de sécurité civile, les remplacer par des pompiers militaires ne serait pas soutenable financièrement. En revanche, on pourrait réfléchir à l’évolution de la départementalisation des corps de sapeurs-pompiers, mais il s’agit là d’une question de nature politique.

 

M. Philippe Folliot. Je ne souhaite pas remettre en cause le statut militaire de la BSPP, qui a montré toute son efficacité. Mon interrogation portait sur le Grand Paris : puisque le système des pompiers de Paris s’avère le plus efficace et le moins cher, ne pourrait-on pas l’étendre à l’ensemble du Grand Paris ?

 

Général Philippe Boutinaud. Les pompiers de Paris effectuent 460 000 interventions par an et n’ont donc pas besoin d’en réaliser davantage. Les sept communes qui souhaitent être rattachées au Grand Paris devront-elles entrer dans le périmètre de la BSPP ? Je n’ai aucune revendication en la matière, mais on doit conserver la cohérence du binôme formé par le préfet de police, qui remplit le rôle de directeur des opérations de secours (DOS), et le chef de la BSPP, qui commande les opérations de secours (COS). Si l’autorité du préfet de police s’étendait à ces sept communes, le périmètre d’intervention de la BSPP devrait évoluer en cohérence. Cela maintiendrait l’unité budgétaire et ne complexifierait pas trop le système, mais une telle évolution requerrait une période de transition et d’adaptation. Si l’échelon départemental subsistait, ces sept communes continueraient d’appartenir à un département, ce qui poserait une question de répartition entre le SDIS et la BSPP. Cependant, il n’est pas prévu pour l’instant de confier des compétences en matière de sécurité et de secours au Grand Paris.

 

On ne pourra pas demander aux médias de cesser de diffuser dans les heures suivant un attentat, et c’est à nous de nous adapter à cette situation et à leur dire de ne pas nous solliciter pendant notre intervention.

 

M. Claude de Ganay. En Belgique, les médias ont accepté, pendant quelques heures, de ne pas couvrir une opération de police menée contre des terroristes.

 

Général Philippe Boutinaud. Les autorités peuvent choisir de ne transmettre aucune information, mais elles s’y sont refusées jusqu’à présent. Il convient sans doute de gérer les médias de manière différente. Dans la soirée du 13 novembre, des journalistes m’ont appelé, mais je leur ai répondu que je n’avais pas le temps de m’entretenir avec eux. Il y a lieu de réfléchir collectivement à une évolution de nos rapports avec les médias.

 

Il y a toujours eu une rivalité entre les SAMU et les pompiers. Mais à Paris nous avons enterré la hache de guerre entre nos deux services, ces rivalités s’avérant ridicules. Ce sont les victimes qui comptent et non les egos. Le SAMU n’a pas pu développer le même système de rappel du personnel que celui de la BSPP, si bien que la première heure a été un peu compliquée. Concernant la régulation des places dans les hôpitaux, c’est le SAMU qui oriente les blessés vers les établissements hospitaliers. Mais nous avons la chance de pouvoir bénéficier de la présence des hôpitaux militaires de la région parisienne ce qui nous a permis d’orienter des victimes vers Bégin et Percy. En outre, il est nécessaire d’installer une ligne sécurisée entre le SAMU et la BSPP, ce qui va être prochainement le cas, car nous devons nous assurer de pouvoir travailler en commun avec le SAMU.

 

M. Philippe Nauche. Les relations entre le SAMU et la BSPP s’avèrent meilleures, mais il reste des traces des antagonismes passés ; il est ainsi inenvisageable de mettre en œuvre une plateforme commune entre le 15 et le 18 à Paris, alors que de tels systèmes existent en province.

 

Général Philippe Boutinaud. La BSPP va être pionnière en matière de concentration de la prise d’appel en un même lieu pour les pompiers et les policiers. C’est un pas en avant considérable. Mais ce qui importe c’est d’avoir des systèmes informatiques compatibles. Nous devons simplifier les choses, non les complexifier !

 

Les forces de l’opération Sentinelle sont intervenues au Bataclan et à Charonne un peu avant 22 heures, soit dans un délai assez bref. Ces soldats venaient de leur propre initiative de la mairie du XIe arrondissement, d’où ils ont reconnu le bruit sec des tirs de kalachnikov, et ont très efficacement bouclé le site de Charonne. Peut-être faudrait-il réfléchir à mieux utiliser les patrouilles de l’opération Sentinelle en les rendant plus mobiles et en leur assignant des missions de bouclage ou de contrôle de zones dont elles ont la maîtrise pour faire les mêmes en opérations extérieures. Mais il faut que leur emploi s’inscrive dans le cadre de la loi, ce qui n’est pas de ma compétence.

 

Lorsque l’on nous réclame l’envoi de secours, un officier dans mon état-major recoupe l’information puis oriente les opérateurs quant aux questions qu’ils doivent poser aux personnes qui nous contactent. Voilà pourquoi nous possédons une vision d’ensemble de la situation, s’appuyant sur du renseignement vérifié. C’est comme cela que nous avons été capables de confirmer qu’il n’y avait pas d’attaques à la gare du Nord et aux Halles, alors que d’autres services faisaient remonter l’information contraire sur le fondement de rumeurs. Il faut recouper l’information ! Le centre de traitement de l’alerte demande toujours aux appelants s’ils ont été directement témoins des faits pour lesquels ils nous sollicitent.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Général, je vous remercie beaucoup de votre exposé et de vos réponses très intéressants.

 

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* *

 

Membres présents ou excusés

 

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Daniel Boisserie, Mme Isabelle Bruneau, M. Jean-Jacques Candelier, M. Nicolas Dhuicq, Mme Geneviève Fioraso, M. Philippe Folliot, M. Yves Fromion, M. Claude de Ganay, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Laurent Kalinowski, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Jean-Pierre Maggi, M. Alain Moyne-Bressand, M. Philippe Nauche, M. Joaquim Pueyo, M. Gwendal Rouillard, M. Jean-Michel Villaumé, M. Michel Voisin

 

Excusés. - M. Olivier Audibert Troin, Mme Danielle Auroi, M. Claude Bartolone, M. Malek Boutih, M. Philippe Briand, M. Jean-Jacques Bridey, M. Laurent Cathala, M. David Comet, M. Lucien Degauchy, M. Francis Hillmeyer, M. Éric Jalton, M. Frédéric Lefebvre, M. Christophe Léonard, M. Bruno Le Roux, Mme Marie Récalde, M. Eduardo Rihan Cypel

 

Télécharger l' Audition du général Philippe Boutinaud, commandant la brigade de sapeurs-pompiers de Paris

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 22:55
 [Hors-série] Attentats à Paris : les soldats de l'urgence en première ligne (JDEF)

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18/12/2015 Samantha Lille  - DICOD

 

Vendredi 13 novembre 2015,  la capitale est touchée par une vague d’attentats terroristes. Quelques minutes seulement après les premières détonations à Paris et Saint-Denis, les militaires de la brigade de sapeur-pompiers de Paris et le personnel du service de santé des armées se mobilisent pour prendre en charge les victimes. C’est un combat effréné pour sauver des vies qui va alors s’enclencher.
A l’occasion d’un Journal de la Défense (#JDef) hors-série, ces secouristes et soignants reviennent sur cette nuit qui restera gravée dans leur mémoire.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 17:55
photo DCSSA

photo DCSSA

 

16/12/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Le 11 décembre le général d’armée Pierre de Villiers était à l'hôpital d'instruction des armées (HIA) Percy pour retrouver les militaires blessés dans l’exercice de leurs missions. Comme à chaque fois, il s’est longuement entretenu avec eux, leur témoignant de son soutien, mais surtout de son admiration face à leur combativité.

 

Accueilli par le directeur central adjoint du service de santé des armées (SSA), le médecin général Patrick Godart, le CEMA a également profité de cette visite pour rencontrer le personnel hospitalier, en visitant l’unité psychiatrique, de neurochirurgie, de médecine physique et de réadaptation. Marqué par les nombreux témoignages qu’il a reçu, il a salué l’engagement de tous ceux qui s’investissent aux côtés des blessés, équipes médicales comme cellules d’aide aux blessés.

 

REPERES

 

SSA 2020

En cohérence avec le projet des armées Cap 2020, la transformation  du Service de Santé des Armées permet de garantir la qualité du soutien médical opérationnel des forces engagées en opération et l’utilisation des capacités du Service au profit de la résilience de la Nation. Le projet de service SSA 2020 comporte notamment la réorganisation de la médecine des forces et un nouveau modèle hospitalier.  Ce  modèle  s’articule autour de  huit hôpitaux,  différenciés  selon  leur  contribution  au contrat  opérationnel  et  insérés  dans  le  service  public  de  santé  en cohérence avec  leurs missions respectives.

 

HIA

Les HIA accueillent le personnel militaire. Ils participent également au service public hospitalier. Les blessés des récents attentats à Paris pris en charge à Percy bénéficient de la totalité de l’expertise et des moyens de l’HIA pour leur parcours de soins.

Le HIA Percy a récemment inauguré la maison des blessés et des familles et ouvrira, d’ici 2017, un nouveau centre de traitement des brûlés.

photo DCSSA

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 11:55
Médecin général Jean-Marc Debonne - photo DCSSA

Médecin général Jean-Marc Debonne - photo DCSSA

 

24.11.2015 Commission de la défense nationale et des forces armées Compte rendu n° 20

 

Mme la présidente Patricia Adam. Mes chers collègues, compte tenu des événements que nous venons de vivre, j’ai tenu à ce que notre commission entende le médecin général Jean-Marc Debonne. Nous savons en effet quelle a été la contribution du service de santé des armées au cours de ces heures tragiques et à quel point celle-ci a été importante. C’est aussi, pour l’ensemble des membres de la commission de la Défense, l’occasion d’exprimer notre gratitude envers les hommes et les femmes de ce service pour le courage et la disponibilité dont ils ont fait preuve dans des conditions très difficiles.

 

Je vous donne donc la parole afin que vous nous décriviez l’action qui a été celle des hôpitaux du SSA à Paris, mais aussi pour que vous établissiez un bilan de la situation des blessés aujourd’hui.

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne, directeur central du service de santé des armées. Madame la présidente, Mesdames et messieurs les députés, je voudrais vous remercier très sincèrement de m’accueillir aujourd’hui au sein de votre commission, dans le contexte que nous connaissons. Vous le savez, le service de santé des armées (SSA) a une raison d’être, celle d’assurer le soutien opérationnel des forces armées, où qu’elles se trouvent. Il a aussi une vocation, qui se résume dans ce mot d’ordre inspiré du baron Percy : Pro Patria et Humanitate. Notre Patrie et notre Humanité, c’est bien ce que les attaques terroristes du 13 novembre dernier ont cherché à atteindre.

 

Vous avez souhaité que je vous présente la manière dont le service de santé des armées a fait face à ces attentats, et vous vous demandez s’ils auront un impact sur la transformation qu’il conduit. Je dois vous dire, en préambule, que je ne vous apporterai pas de réponse définitive sur ce dernier point : les réflexions en cours au sein du service, que je veux voir aboutir rapidement, ne sont pas encore stabilisées et n’ont donc pas été validées par le chef d’état-major des armées et le ministre de la Défense. Aujourd’hui, je souhaite donc plutôt partager avec vous mes réflexions sur ce que pourrait devenir sa contribution à la résilience de la Nation, au vu de l’évolution de la menace et des capacités dont il dispose.

 

J’articulerai mon propos autour de trois questions. Comment le service s’est-il mobilisé face aux attentats du 13 novembre ? De quelles aptitudes particulières cette mobilisation témoigne-t-elle ? Dans quelle mesure, enfin, le SSA pourrait-il demain contribuer à la résilience de la Nation, compte tenu des événements récents et des annonces relatives à l’évolution des effectifs de la défense ?

 

En premier lieu, je voudrais insister sur la forte mobilisation dont le service de santé des armées a fait preuve. Nombre de ses personnels se sont investis, instantanément, puis de manière continue durant près de trois jours. Je décrirai ici cinq aspects majeurs de l’engagement du service en cette dramatique circonstance.

 

Le premier aspect concerne la prise en charge des blessés physiques. Mis en alerte le vendredi dans les minutes qui ont suivi les premiers événements, les hôpitaux d’instruction des armées (HIA) Bégin et Percy de la plateforme hospitalière militaire d’Île-de-France ont déployé en moins de quatre-vingt-dix minutes leur capacité maximale de prise en charge simultanée de blessés, conformément au plan « Mascal », qui est la procédure d’afflux massifs de blessés éprouvée en opérations extérieures (OPEX). Dès minuit, les blessés sont arrivés par vagues successives de sept à huit ambulances, régulées efficacement pour limiter la saturation des capacités. Ces blessés ont bénéficié de stratégies de prise en charge largement utilisées en OPEX, mais non réservées à ce seul cadre.

 

Ainsi les blessés, qui avaient été préalablement catégorisés dès leur accueil hospitalier, ont pu bénéficier de techniques de damage control, mais aussi, lorsque cela était nécessaire, d’une transfusion de plasma lyophilisé (PLYO), qui est systématiquement utilisé en première intention en cas de traumatismes hémorragiques, dans tous les HIA comme en OPEX. Au total 52 blessés ont été pris en charge dans la nuit, dont dix-huit urgences absolues sur les 98 qui ont été dénombrées dans les hôpitaux franciliens. Cinquante interventions chirurgicales ont été réalisées en quarante-huit heures au profit de ces blessés, treize d’entre eux étant admis en réanimation.

 

En parallèle, ces hôpitaux ont contribué au réapprovisionnement de certaines ambulances de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et du service d’aide médicale urgente (SAMU) pour leur permettre de poursuivre leur mission. Ils se sont ensuite réorganisés, dès le lendemain après-midi, pour intégrer la prise en charge des blessés dans leurs activités habituelles, programmées et d’urgence.

 

Dans le même temps, le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) a mis en œuvre sa procédure de montée en puissance en cas d’urgence, ce qui a permis d’assurer sans faille le soutien transfusionnel des deux HIA. Dès sept heures trente le samedi, l’ensemble de son personnel militaire et civil a répondu présent pour accueillir 500 volontaires des communes environnantes, venus spontanément donner leur sang. Il s’est agi en effet d’identifier les 164 donneurs du groupe O, les plus immédiatement utiles comme vous le savez, puis de prélever les 132 personnes ne présentant pas de contre-indication. La préparation et la qualification des produits ainsi collectés ont pu démarrer immédiatement, le CTSA étant en capacité de qualifier les produits sanguins même le week-end. Les stocks du CTSA ont été reconstitués dès le dimanche soir : en cas de besoin, le centre était alors en mesure de proposer à l’Établissement français du sang (EFS) des poches de concentrés plaquettaires, qui sont des produits à très courte péremption.

 

L’établissement de ravitaillement sanitaire de Vitry-le-François a également été mobilisé en soutien des HIA, dont il a permis le fonctionnement continu ainsi que la régénération des moyens dans un délai extrêmement bref. Devant la forte consommation de produits anti-hémorragiques, il a constitué des stocks tampons pour pouvoir répondre aux éventuels besoins de nos structures chirurgicales actuellement déployées en OPEX. Anticipant la venue à Paris des renforts militaires de la force Sentinelle, l’établissement de ravitaillement a livré dès dimanche midi 2 000 garrots et 2 000 pansements compressifs pour en doter nos soldats. Il a également livré sans préavis des trousses de secours individuelles du combattant aux deux unités parachutistes arrivées à Paris en urgence, ainsi qu’à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

 

Le deuxième aspect de notre engagement a trait à la prise en charge des blessés psychiques, à la fois dans les HIA et au sein d’une cellule dédiée située à l’École militaire.

 

Dans les HIA, nos psychiatres et nos psychologues ont été présents dès l’arrivée de la première vague de victimes. Ils ont pris en charge à la fois les blessés conscients ne relevant pas de l’urgence vitale et les patients impliqués sans blessure physique, lesquels ont pu bénéficier d’échanges individuels dans un espace approprié, avec un souci permanent de traçabilité. Au cours de la nuit, les équipes ont progressivement été renforcées afin de prendre en charge les personnes venant retrouver un blessé, mais également pour soutenir les personnes profondément angoissées du fait de leur recherche infructueuse d’un proche dans tous les hôpitaux parisiens.

 

Passées ces premières heures de mobilisation immédiate, la cellule d’urgence médico-psychologique s’est réorganisée pour prendre en charge au plus tôt les blessés hospitalisés – dès que leur état clinique l’a permis – ainsi que leur entourage familial. En tout, plus de cent consultations ont été réalisées en moins de quarante-huit heures dans les deux HIA. Les assistantes de service social ont renforcé sous vingt-quatre heures ce dispositif de crise par la prise en compte globale des besoins des victimes et de leurs proches.

 

Dans le même temps, les équipes de soins ont fait l’objet d’une attention particulière. Des débriefings médico-psychologiques ont d’emblée été programmés ; ils ont ensuite été réalisés progressivement, pour permettre aux soignants d’aborder autrement l’expérience qu’ils ont traversée. Plusieurs de ces soignants diront que les scènes qu’ils ont dû vivre ici, à Paris, auprès de victimes civiles blessées par balle, ont parfois dépassé la charge émotionnelle qu’ils ont pu ressentir sur les théâtres d’opérations.

 

En parallèle et à la demande de la direction générale de la santé (DGS), une cellule d’aide médico-psychologique a été mise en place à l’École militaire pour armer un dispositif d’aide aux familles et aux impliqués. Des psychiatres et psychologues des hôpitaux Percy, Begin et Val-de-Grâce, ainsi que du service médico-psychologique des armées et du service de psychologie de la marine, ont apporté leurs compétences dans l’organisation du soutien psychologique aux familles et aux victimes. Ils ont mis en place une zone d’accueil et de priorisation des personnes en difficulté, comportant un premier niveau d’accompagnement médico-psychologique pouvant se prolonger dans des entretiens individuels. Cette organisation s’est révélée d’autant plus nécessaire que de nombreux professionnels civils, en particuliers psychologues, se sont présentés spontanément pour apporter leur aide, sans doute utile mais parfois dispersée. Nos personnels ont mené en tout plus de quatre-vingts entretiens individuels, sans compter les nombreuses autres rencontres informelles. À chaque fois, ils ont proposé un rendez-vous de suivi pour assurer la continuité de la prise en charge. C’est un principe fondamental que nous appliquons à chaque déploiement d’une cellule de soutien médico-psychologique.

 

Ainsi le service de santé des armées a été pleinement associé au soutien médico-psychologique qu’il a assumé sans discontinuer durant près de vingt-quatre heures, en étroite collaboration avec les personnels de santé civils, avant d’être relevé par d’autres équipes civiles mobilisées par le ministère de la Santé.

 

Le troisième aspect que je voudrais évoquer est l’accompagnement par le service de la montée en puissance de la force Sentinelle. Très rapidement, le personnel de tous les centres médicaux des armées de la région d’Île-de-France est passé en alerte et a organisé les appels et retours spontanés du personnel soignant. Dès le samedi matin, les antennes médicales concernées par l’arrivée de renforts militaires – à Vincennes, au Fort de l’Est, à Brétigny – ont anticipé le soutien médical du premier renfort de 1 000 soldats, et ont mis en place un accueil médico-psychologique spécifique aux armées. Deux équipes médicales ont soutenu au plus près les soldats de l’opération Sentinelle déployés sur le terrain, dont certains ont dû appliquer à des blessés le protocole de sauvetage au combat qui leur a été enseigné par le SSA. Enfin, l’HIA du Val-de-Grâce a organisé l’hébergement de 116 militaires de l’opération Sentinelle, en plus de ceux qu’il héberge déjà.

 

Le quatrième aspect de notre engagement est essentiel à rappeler. Durant tout ce temps, le SSA a continué de garantir la permanence du soutien des forces projetées en OPEX, où sept équipes chirurgicales sont actuellement déployées, deux d’entre elles provenant d’ailleurs des HIA d’Île-de-France. L’alerte MEDEVAC a été assurée, une évacuation médicale aérienne étant réalisée le jour même des attentats entre la Côte d’Ivoire et I’HIA Percy. L’approvisionnement de nos unités médicales opérationnelles déployées sur les théâtres d’opérations a été en permanence assuré durant cette période de forte tension sur le territoire national.

 

Enfin, le cinquième aspect de notre engagement que je tiens à rapporter ici est l’efficacité de notre chaîne de commandement. Une cellule de crise a été activée autour de l’état-major opérationnel santé dès le 13 novembre à vingt-deux heures trente. Elle a fonctionné en permanence durant le week-end, sous ma direction et celle de mes adjoints directs en charge des opérations et en charge des hôpitaux. Cette cellule a été associée à la montée en puissance des armées, qu’elle a renseignées sur les bilans et dispositifs médicaux en place. Elle a rapidement établi des liaisons avec les HIA, avec le directeur médical de Sentinelle et avec le coordonnateur national du service médico psychologique des armées ; elle s’est mise en relation avec les officiers de liaison du SSA présents dans la cellule interministérielle de crise et avec le Centre opérationnel de réponse et de régulation des urgences sanitaires et sociales (CORRUSS), qui relève comme vous le savez du ministère de la Santé. À ce titre, la qualité de l’interface entre le SSA et les autorités du ministère de la Santé mérite d’être particulièrement soulignée.

 

L’engagement du SSA se poursuit actuellement, car à ce jour dix-huit blessés sont encore hospitalisés dans nos HIA, et se poursuivra encore longtemps, car pour nombre de ces blessés s’ouvre un long chemin de soins et de réadaptation, de prise en charge psychologique mais aussi sociale, nécessitant de mobiliser des moyens coordonnés pour une approche globale de leurs besoins. C’est un domaine dans lequel l’expertise de nos HIA et de l’Institution nationale des Invalides (INI) sera grandement utile.

 

Mesdames et messieurs les députés, je voudrais devant vous saluer l’engagement, le dévouement et la compétence des personnels du SSA, qui ont certes fait preuve d’une exceptionnelle réactivité, mais aussi d’une efficacité difficilement égalable dans un tel contexte. Cette efficacité, ne l’oublions jamais, est le fruit d’une expérience, individuelle certes, mais avant tout collective, acquise sur les théâtres d’opérations, en soutien et au contact de nos forces armées.

 

Envisageons maintenant ces événements sous un autre angle : quelles sont les aptitudes particulières du SSA qui ont permis cette mobilisation immédiate de ses capacités ?

 

La réponse du service à cette crise met plus particulièrement en lumière cinq aptitudes dont la combinaison constitue un système opérationnel et cohérent.

 

La première de ces aptitudes est notre savoir-faire technique en matière de chirurgie de guerre. La prise en charge des victimes, potentiellement « sous le feu », leur catégorisation, leur mise en condition à l’avant, en prenant toujours en compte le facteur temps et l’impératif sécuritaire, est l’aboutissement d’une très longue expérience du service de santé des armées français, expérience fortement éprouvée ces dernières années, vous le savez, sur de nombreux théâtres d’opérations. Au-delà des procédures et du sang-froid qu’elle suppose, cette prise en charge est fondée sur des techniques médico-chirurgicales spécifiques et parfois novatrices.

 

Prenons l’exemple du damage control, que j’ai évoqué : ce concept, complémentaire de celui de sauvetage au combat, donne la priorité à la correction des désordres physiologiques, et non à la réparation chirurgicale complète immédiate. Son intérêt est de réduire le temps opératoire initial en ne réalisant que les gestes vitaux strictement nécessaires. Cette technique permet une prise en charge rapide de réanimation, centrée sur la maîtrise du choc hémorragique par le biais de l’emploi précoce des dérivés du sang et de médicaments favorisant la coagulation ; elle autorise ensuite une reprise chirurgicale éventuelle à vingt-quatre heures chez un blessé stabilisé, donc dans de meilleures conditions.

 

Autre exemple : les gestes chirurgicaux d’urgence. Ils sont enseignés dans le cadre du cours avancé de chirurgie en mission extérieure (CACHIRMEX) de l’École du Val-de-Grâce, qui donne à nos chirurgiens, de différentes spécialités, la maîtrise des gestes simples et salvateurs, assurant ainsi la survie des blessés tout en préservant leur pronostic fonctionnel.

 

Vous l’aurez compris, la notion de chirurgie de guerre dépasse largement le simple cadre de la blessure par balle. Elle est une stratégie globale visant à adapter l’acte chirurgical aux conditions dans lesquelles il s’exerce. La nature des soins prodigués dépendra ainsi, par exemple, des moyens et des délais d’évacuation, et du caractère éventuellement hostile voire agressif de l’environnement.

 

La deuxième aptitude sollicitée a bien été notre réactivité, permise par notre posture permanente de veille. Le SSA fonde en effet son action sur trois principes : la permanence de ses capacités, la réactivité de ses moyens, et la disponibilité de ses équipes. Cette culture spécifique du service lui permet de mobiliser, sur court préavis, des équipes constituées et entraînées, notamment au travers du dispositif santé de veille opérationnelle (DSVO), qui comporte plusieurs niveaux d’alerte et de montée en puissance.

 

Du fait de cette posture permanente, le service est particulièrement réactif. Mais si nous intervenons certes rapidement, et de manière organisée, notre action n’a cependant pas vocation à durer : une fois le relais pris par d’autres acteurs institutionnels, nous devons nous désengager au plus vite pour régénérer notre capacité de réaction. J’insiste sur ce point : nos capacités nous permettent d’être, notamment sur le territoire national, une sorte de starter, dont l’action immédiate laisse le temps aux autres entités de monter en puissance. Pour employer un vocable militaire, je dirais que nous sommes l’amorce de la réponse à la crise.

 

La troisième aptitude est certainement notre soutien logistique intégré. Dès le temps de paix, il appartient au SSA de constituer et d’entretenir des stocks préconditionnés afin qu’ils soient immédiatement transportables et utilisables sur le terrain. Cet objectif implique d’entretenir en permanence, et de renouveler régulièrement, un stock « plancher » constitué de tous les produits pharmaceutiques, équipements médico-chirugicaux et produits sanguins labiles nécessaires au soutien des forces en France et en opérations. Il implique également de disposer d’équipes prêtes à conditionner et distribuer ces produits à tout moment. Cela nous permet d’être autosuffisants en contexte opérationnel afin de ne pas freiner l’action médicale. Je tiens à insister également sur la capacité de régénération immédiate et continue des moyens utilisés, qui nous permet de rester en permanence réactifs.

 

La quatrième aptitude est, vous l’aurez compris, notre capacité d’organisation dans la conduite des opérations. À la chaîne organique du service se superpose en fait une chaîne fonctionnelle tournée vers l’opérationnel. Cette chaîne de commandement est en mesure d’assurer une couverture globale des risques. Le pivot de cette chaîne est l’état-major opérationnel Santé (EMO Santé). Intégré au pôle opérationnel de l’état-major des armées, à Balard, l’EMO Santé dirige en permanence l’échelon opératif du service placé en OPEX, outre-mer ou en métropole. Il coordonne la projection des équipes et des structures, leur ravitaillement, et surtout l’évacuation et le rapatriement des soldats malades ou blessés. Il permet de commander et de contrôler la manœuvre santé dans tout son spectre et de conserver ainsi une autonomie de décision. Ce savoir-faire permet d’activer simultanément et instantanément un ensemble de compétences pour répondre à une problématique donnée dans sa globalité. C’est ce que nous avons fait durant tout ce terrible week-end. C’est aussi ce que nous avions fait lors de la crise Ebola.

 

La dernière des cinq aptitudes spécifiques que je tenais à signaler concerne la doctrine d’emploi, qui est in fine la clé de voûte de toutes nos aptitudes. Cette doctrine régit l’ensemble de nos activités opérationnelles et se nourrit en retour de l’analyse permanente de nos expériences en opérations. La doctrine d’emploi est le fondement de notre auto-résilience, car elle garantit le recours à des moyens adaptés à la situation, par des équipes médicales correctement formées et présentes au bon endroit et au bon moment.

 

En résumé, le service de santé, au-delà de son expertise, se singularise par une capacité d’action permanente et réactive, adaptable à son environnement, structurée par sa chaîne de commandement et sa doctrine d’emploi, qui intègre un soutien logistique autonome. Tout cela, encore une fois, est rendu possible par les fortes valeurs d’engagement et de cohésion qui caractérisent les personnels de notre service.

 

J’en viens à la dernière question : dans quelle mesure le SSA pourrait-il demain contribuer à la résilience de la Nation, compte tenu des événements récents et des annonces relatives à l’évolution des effectifs de la défense ?

 

L’ampleur et la nature des attaques que nous avons subies, ainsi que, malheureusement, la probabilité qu’elles surviennent à nouveau, nous amènent aujourd’hui à envisager d’approfondir notre rôle dans la capacité de résilience de la Nation. Même si notre raison d’être est de soutenir les forces armées, et même si ce sont les forces armées qui ont fait ce que nous sommes, notre expertise doit pouvoir être mise à la disposition de la Nation pour la participation à la gestion des crises sanitaires. Il apparaît logique que le SSA puisse épauler plus largement les structures publiques de santé, et soit ainsi amené à considérer la gestion des crises sur le territoire national comme une dimension de son action, et non plus seulement comme une contribution optionnelle.

 

Faudra-t-il pour cela remettre en cause notre nouveau modèle, dit « SSA 2020 », que vous connaissez et que nous avons commencé à mettre en œuvre ? Certainement pas, car ce modèle a été conçu pour être évolutif et adaptatif et a, du reste, anticipé l’évolution de sa contribution à la résilience, conformément aux orientations du Livre blanc de 2013 sur la défense et la sécurité nationale.

 

Il me semble que ce qui est en jeu aujourd’hui, ce sont plutôt le niveau et les modalités de la participation du SSA. Il ne s’agit pas pour nous de suppléer, et encore moins de supplanter, les acteurs institutionnels de la réponse aux crises : nous devons absolument veiller à ce que nos capacités et nos organisations ne soient ni redondantes ni – surtout – concurrentes. Le point crucial est la complémentarité de nos missions et de nos identités respectives. Il s’agit donc bien de partager avec l’ensemble de la communauté de santé nos compétences et nos aptitudes. Loin de remettre en cause notre modèle, cela conforte et prolonge les principes de concentration et d’ouverture de notre projet, qui sont vous le savez les deux principes majeurs de la transformation actuelle du service.

 

Ainsi, pour reprendre les propos tenus par le chef d’état-major des armées devant la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat le 18 novembre dernier, je pense aussi qu’« il faut une valorisation, et pas une banalisation » de l’action du SSA.

 

Comment conduire cette valorisation ? Tout d’abord, en renforçant notre coopération en direction des acteurs de la santé dans des domaines particuliers que nous maîtrisons. Il pourra s’agir, bien évidemment, du risque nucléaire, radiologique, biologique et chimique (NRBC), pour lequel l’expertise du SSA est largement connue et reconnue. Mais il pourra également s’agir du sauvetage au combat, du damage control que j’ai évoqué, ou de l’extraction de blessés en milieu hostile. Par ce partage de ses compétences propres, le SSA contribuerait à une « montée en gamme » des compétences des autres acteurs de la santé face à la menace terroriste.

 

Ce partage est nécessaire, mais non suffisant. Il nous faudra sûrement aller bien au-delà et considérer l’impact de la préparation à la crise sanitaire sur notre organisation. Cet impact aura des conséquences différentes sur les cinq composantes qui constituent le service de santé des armées.

 

En effet, les trois composantes « d’appui » que sont le ravitaillement, la recherche et la formation participent déjà depuis longtemps et de manière indiscutable à la gestion des crises sanitaires. Leur réorganisation en cours le prend déjà en compte et confirme pour elles cette mission.

 

S’agissant de la composante hospitalière, les événements récents prouvent la pertinence de la transformation actuelle. Car c’est bien la densification des hôpitaux de plateforme qui leur a permis de participer efficacement à la prise en charge des victimes des attentats, et cette densification a été rendue possible par la différenciation des missions confiées à nos hôpitaux et portée par le modèle SSA 2020. Cependant, vous le savez, nos HIA ne sont implantés qu’en quelques points seulement du territoire national, ce qui, à l’évidence, limite la portée de leur contribution.

 

Le véritable enjeu, j’en suis personnellement convaincu, est la valorisation du rôle de la médecine des forces. En effet il faut rappeler que nos centres médicaux des armées et leurs 250 emprises sont présents quasiment sur tout le territoire national, en zone urbaine comme en zone rurale, en métropole comme outre-mer. Ce maillage territorial, associé aux cinq aptitudes que j’ai décrites tout à l’heure, constitue un moyen solide de réponse à la crise. Rappelons-nous surtout que la prise en charge d’un afflux massif de blessés se joue d’abord à l’avant, au moment de la relève des victimes, de la régulation des interventions, de la médicalisation des évacuations, et le cas échéant de la mise en œuvre de protocoles spécifiques de prise en charge, comme particulièrement en cas de risque NRBC. Or ce sont exactement les compétences-clés des personnels de la médecine des forces. Ce sont bien eux qui, sur l’ensemble du territoire, peuvent apporter le complément indispensable pour une meilleure prise en charge par notre système de santé national d’un nombre élevé de victimes.

 

Mesdames et messieurs les députés, face à des groupes armés qui utilisent sur notre sol des modes d’action d’une extrême agressivité, le service de santé des armées est prêt à mettre à la disposition de la Nation ses aptitudes uniques en termes de réactivité, d’organisation et d’expertise. Nos savoir-faire et nos savoir-être sont le fruit d’une longue expérience sur les théâtres d’opérations extérieures, expérience à la fois difficile à acquérir et difficile à entretenir.

 

Le contexte sécuritaire actuel ne remet pas en cause le modèle SSA 2020, et montre au contraire qu’il y a sans doute urgence à accélérer sa mise en œuvre. Cela nous permettrait, si cela nous était demandé, de renforcer la concentration et l’ouverture du service, afin d’apporter une contribution nouvelle en cas de crise sanitaire majeure.

 

Mais, vous le savez, les moyens des armées restent définis au plus juste, et cela vaut aussi pour le service de santé des armées. Si nous devions prendre une part plus importante à la résilience de la Nation, c’est bien cette adéquation entre nos moyens et nos missions qui serait un point majeur de préoccupation.

 

Quelles que soient les circonstances et les décisions qui seront prises, nous ne baisserons pas la garde. Vous pouvez compter sur mon engagement personnel et la totale loyauté des femmes et des hommes du service de santé des armées.

 

Je vous remercie de votre attention. Je me tiens maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Merci, général, de nous avoir présenté votre action de ces derniers jours. Nous mesurons bien la complémentarité du SSA avec les structures de santé civiles, tout comme la valeur ajoutée qu’il est à même d’apporter. Il est important que cela soit mieux connu.

 

Mme Marie Récalde. Je tiens à vous faire part de mon admiration et de notre gratitude envers les hommes et les femmes du service de santé des armées, dont nous apprécions la réactivité et l’implication, fruit d’une très longue expérience.

Dans le cadre de l’état d’urgence, les hôpitaux parisiens ont été les plus mobilisés. Vous avez cependant fait référence au maillage territorial et à la complémentarité du SSA avec le service public de santé. Je souhaite donc vous interroger sur les hôpitaux d’instruction des armées de province, notamment sur certains projets en cours qui les concernent. Plusieurs structures coopèrent déjà dans des groupements de coopération sanitaire (GCS) de moyens. Où en est-on ? Au-delà, comment évoluera ce maillage territorial ? Je fais en particulier référence au projet BAHIA en Gironde qui, je l’espère, devrait aboutir dans les délais annoncés, et qui résulte d’une étroite collaboration entre l’hôpital d’instruction des armées Robert-Picqué et la Maison de santé protestante de Bordeaux Bagatelle. Je pense que ce projet a du sens au regard du modèle SSA 2020, surtout depuis les derniers événements.

 

M. Olivier Audibert Troin. Mon général, nous avions eu, avec ma collègue Émilienne Poumirol, l’honneur de travailler, à vos côtés et avec vos services, sur le suivi et le traitement de nos blessés. Dès les premières pages de notre rapport, nous avions tenu à rendre hommage au service de santé des armées, en affirmant qu’il s’agissait très vraisemblablement d’un des meilleurs systèmes de santé au monde, si ce n’est du meilleur. Je veux vous dire ce soir à quel point nous sommes fiers de ce que vous avez fait pour accompagner, non seulement nos militaires, ce qui est votre devoir, mais aussi la population civile.

J’ai repris le compte rendu de votre audition du 13 mai 2015, qui sonnait déjà comme un cri d’alarme. En effet, à cette occasion, vous nous aviez expliqué que votre niveau d’engagement allait au-delà du contrat opérationnel : 938 militaires rapatriés en France en 2013, 786 en 2014 ; 248 équipes médicales déployées en 2013, 228 en 2014, et une trentaine d’équipes chirurgicales – sans compter votre soutien à l’opération Sentinelle, qui est venu alourdir la charge.

Certes, le président de la République a annoncé un arrêt de la déflation des effectifs prévue à partir de 2017. Mais comment, dans la situation actuelle, allez-vous faire face à cette nouvelle surcharge de travail ? Allez-vous, au-delà de cet arrêt de la déflation, demander des renforts supplémentaires ? Se poserait alors le problème de la formation : on ne devient pas médecin ou infirmier du jour au lendemain.

Ce plan de charge est-il de nature à affaiblir le savoir-faire du service de santé des armées, qui est une référence dans le monde entier ?

Enfin, l’ensemble des OPEX déclenchées en 2013 et en 2014 a-t-il eu une incidence sur la tarification à l’activité (T2A) dans nos hôpitaux d’instruction des armées ?

 

M. Jean-Jacques Candelier. Mon général, vous transmettrez mes sincères félicitations aux militaires du SSA. Je vous parlerai d’armes chimiques et bactériologiques, puis du plan de lutte contre la variole.

Le 19 novembre, le Premier ministre a parlé du risque d’attentats avec des armes chimiques et bactériologiques. Le Gouvernement a autorisé en urgence la Pharmacie centrale des armées (PCA) à distribuer un antidote aux armes chimiques à des services d’urgence civils en France.

S’agissant du plan de lutte contre la variole, j’observe que les vaccins français, étant de première génération, peuvent entraîner des effets secondaires, et qu’ils ne peuvent être utilisés de façon préventive pour vacciner nos troupes. Nous savons par ailleurs que le virus de la variole peut servir d’arme bactériologique.

Quels moyens ont donc été mis à votre disposition pour soigner efficacement et préventivement nos troupes contre le risque d’attaques bioterroristes en général, et contre le risque d’utilisation de la variole comme arme bactériologique en particulier ?

 

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. Ma question rejoint celle de M. Candelier. Un arrêté du 14 novembre dernier a en effet autorisé l’approvisionnement du SAMU en sulfate d’atropine par la Pharmacie centrale des armées. Ce produit est en effet le seul antidote aux gaz toxiques comme le sarin, et la PCA est la seule à en posséder. Est-il possible d’en fabriquer rapidement ? Est-ce la première fois qu’un approvisionnement militaire a lieu ?

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. La question de Mme Récalde porte sur la place des hôpitaux des armées, et en particulier sur celle des hôpitaux hors plateforme, dans le contexte que nous connaissons.

 

Nous compterons quatre hôpitaux de plateforme : deux en Île-de-France – puisque le Val-de-Grâce va bientôt fermer – et deux en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA). En Île-de-France, les hôpitaux Percy et Bégin ont pris en charge plus de 55 blessés – dont dix-huit en urgence absolue. C’est assez inhabituel, et il n’est pas imaginable, pour des raisons de taille, que nos huit hôpitaux militaires le fassent. Cela a été possible pour plusieurs raisons.

 

Premièrement, ces hôpitaux ont une très forte culture de l’opérationnel, et ce n’est pas par hasard qu’ils deviendront demain des hôpitaux de plafeforme. Percy à Clamart, Bégin à Saint-Mandé, Sainte-Anne à Toulon, Laveran à Marseille sont en effet rompus à la pratique de la chirurgie de guerre.

 

Deuxièmement, ces derniers mois, Bégin et Percy ont bénéficié du renfort des équipes du Val-de-Grâce. Je tiens à le dire ici : nous avons commencé à procéder à des transferts, de chirurgiens en particulier. Ainsi, durant ce terrible week-end, des personnels du Val-de-Grâce, affectés nouvellement à Percy et à Bégin, ont tenu leur rang, contribuant à l’efficacité remarquable de ces deux hôpitaux.

 

L’évolution ne sera pas la même pour les quatre hôpitaux hors plateforme : Brest, Metz, Bordeaux et Lyon. Ces hôpitaux détiennent des compétences individuelles de même nature que les hôpitaux de plateforme, mais ils ne disposent pas du même panel global de ressources. Ils ne peuvent donc pas prétendre prendre en charge les blessés comme l’ont fait Percy et Bégin. Ils ne le pouvaient pas hier, ils ne le peuvent pas aujourd’hui, et ils n’ont pas vocation à le faire demain. En revanche, je suis personnellement convaincu qu’en y maintenant des personnels tels que des chirurgiens, des réanimateurs, des infirmiers anesthésistes, des infirmiers de bloc opératoire, des urgentistes et des psychiatres, nous pourrons contribuer, dans le cadre des partenariats que vont développer ces établissements, à l’amélioration de leur efficacité en cas de crise sanitaire. Cela me semble important, dans un contexte comme celui que nous avons vécu et que peut-être, malheureusement, demain, des villes de province auront à connaître.

 

Cette contribution ne sera pas celle d’un hôpital dans sa globalité, telle que Percy et Bégin l’ont apportée, mais celle d’équipes militaires, rompues aux opérations extérieures, insérées dans des équipes d’établissements partenaires. Ces hôpitaux joueront donc également un rôle important, le cas échéant, mais différent de celui qu’ont pu jouer Percy et Bégin.

 

Devons-nous modifier la réforme hospitalière en cours ? Selon moi, non. Mieux vaut continuer à densifier les quatre hôpitaux de plateforme, et développer les partenariats entre les quatre HIA hors plateforme et leurs partenaires. Le projet bordelais avec Bagatelle est toujours le projet prioritaire sur lequel travaille actuellement le ministère de la Défense – et pas seulement le SSA. Mais il ne faut pas oublier les projets menés à Brest avec le centre hospitalier universitaire (CHU), à Metz avec le centre hospitalier régional (CHR) et à Lyon avec les Hospices civils. Selon moi, le partenariat est une condition nécessaire au maintien et à la pérennité des hôpitaux militaires hors plateforme.

 

Je me réjouis de l’appui apporté par les autorités de santé, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) et les agences régionales de santé (ARS) à la construction de ces partenariats, ce qui n’est pas chose simple. Je crois que les événements dramatiques que nous avons vécus ont contribué à sensibiliser, s’il en était besoin, nos autorités de santé à l’intérêt de tels partenariats.

 

Enfin, le projet BAHIA à Bordeaux a encore plus de pertinence dans le contexte actuel. Nous maintiendrons des compétences chirurgicales projetables dans les établissements concernés, qui pourront, le cas échéant, participer à la gestion d’une crise sanitaire, quelle qu’en soit d’ailleurs la nature – attentats ou autres types d’agression.

 

Monsieur Audibert Troin, je vous remercie pour ce que vous avez apporté au SSA par votre rapport d’information sur la prise en charge des blessés. Au-delà de ce que vous avez pu écrire aimablement sur nous, nous avons beaucoup appris. Nous avons pris en compte vos remarques, notamment sur la continuité de la prise en charge des blessés ; en effet, en ce domaine aussi, il y avait beaucoup à faire. Enfin, grâce à ce rapport, nous savons que le service doit améliorer sa connaissance de l’ensemble des blessés des armées, à la fois à l’instant T et dans la continuité. Nous sommes en train de nous organiser à cette fin.

 

Lors de mon audition au mois de mai dernier, vous aviez bien perçu mon inquiétude devant un SSA qui arrivait au bout de son modèle et qui, compte tenu du contexte, était mis sous très forte tension. Bien sûr, depuis le mois de mai, la situation ne s’est pas améliorée. À l’extérieur, elle reste à peu près au même niveau, avec des fluctuations, mais à l’intérieur, elle se dégrade.

 

Quelle conséquence cela peut-il avoir sur le SSA ? Il se trouve que le service a fait récemment des choix très douloureux qui ont abouti, notamment, à la fermeture d’un hôpital, qui interviendra dans les mois qui viennent. Nous avons décidé en effet de nous concentrer sur les domaines d’expertise du service qui répondent aux besoins actuels des armées. Nous avons accepté de renoncer à certaines activités, qui ne sont plus conformes à ces besoins. Cela nous permet de dégager des ressources et de les réorienter vers les besoins des armées, actuels et à venir.

 

D’une certaine façon, nous avions anticipé ce qui allait arriver. Nous ne pensions pas que cela arriverait de cette façon-là, ni même aussi rapidement. Voilà pourquoi nous pouvons nous inquiéter du temps que nous aurons pour mettre en œuvre ce nouveau modèle de service. C’est ce que j’ai voulu dire dans mon propos liminaire : il faut accélérer le mouvement.

 

Monsieur le député, vous avez raison quand vous évoquez le temps de formation nécessaire – sans oublier que formation ne signifie pas compétence : la compétence, c’est l’expérience acquise, qui ne se décrète pas au bout de quelques années seulement.

 

Vous l’avez dit, les armées ont obtenu une atténuation de leur effort. Nous avons compris que cela devait d’abord bénéficier à l’opérationnel, au renseignement, à certaines fonctions vitales dans le contexte actuel. Mais le SSA est aussi une fonction vitale : nous avons à soutenir des forces, des effectifs militaires qui ne vont pas diminuer, et qui vont même se renforcer s’agissant de la force opérationnelle terrestre (FOT). Voilà pourquoi nous allons demander, et c’est une demande nouvelle par rapport à ce qui avait été prévu en 2013, le renforcement du soutien santé.

 

Par ailleurs, nous sommes confrontés à d’importantes problématiques en matière de protection et de sécurisation de nos emprises. C’est un besoin à prendre en compte. Nous allons donc également demander – la réflexion est en cours et vous comprendrez qu’aujourd’hui je ne puisse pas donner de chiffres exacts – que le SSA bénéficie d’un certain degré d’atténuation de son effort.

 

Enfin, je voudrais aller au-delà des besoins nouveaux que je viens d’évoquer, concernant la montée en puissance de la médecine des forces. En effet, cette composante est en première ligne au contact des forces armées. Elle est en difficulté et doit impérativement, et en urgence, être renforcée.

 

Ce sera le sens de notre stratégie auprès de l’état-major des armées et du ministère, en sachant que la question de la résilience que nous abordons ce soir peut avoir une incidence sur l’évolution des ressources du service de santé des armées. Si nous devions contribuer de manière significative à l’effort de résilience de la Nation dans un certain type de crise dans lequel nous sommes véritablement une valeur ajoutée, il faudrait le prendre en compte d’abord dans l’effectif de la médecine de premier recours. En effet, comme je l’ai dit, c’est la médecine de premier recours qui est la plus largement présente sur le territoire national.

 

Nous avons actuellement des contacts très étroits avec les ARS. Leurs directeurs étant responsables de la gestion des crises sanitaires dans leur région, ils prennent en compte les ressources du SSA. Ils nous interrogent sur ce que pourrait être notre contribution en cas de crise. Qu’allons-nous leur répondre ? Il est certain que nous ne pouvons pas détourner nos ressources du besoin opérationnel. Jamais nous n’avons mis en cause ni diminué notre soutien aux forces armées, sur le territoire comme en opérations extérieures. Et l’on comprend bien que ce que l’on peut faire de manière brusque, en quelques jours, ne saurait perdurer. Il y a donc vraiment, de mon point de vue, une décision importante à prendre de la part des armées.

 

Le service de santé des armées sait quelle est sa raison d’être : le soutien aux forces armées. On peut nous demander demain de contribuer à la résilience de la Nation de différentes façons – par la formation, la recherche, le ravitaillement. Mais nous pouvons aussi y contribuer de manière opérationnelle, comme nous l’avons fait le 13 novembre. Ce pourrait être le rôle de la médecine des forces, qui interviendrait en collaboration étroite avec les structures civiles.

 

Vous le savez, un des axes majeurs de notre projet est de faire en sorte que nos praticiens et nos infirmiers présents dans les forces, ainsi que nos auxiliaires sanitaires, soient fortement associés à la pratique de l’urgence pré-hospitalière et hospitalière. Avec les compétences détenues par ces personnels dans les domaines de crise particulière, comme les risques NRBC, nous pensons que le service peut apporter une plus-value à l’indiscutable capacité de réaction des structures civiles.

 

Mais vous comprendrez qu’au-delà des besoins que nous exprimons aujourd’hui, la montée en puissance de la force opérationnelle terrestre, les nouveaux besoins de protection et de sécurité, qui doivent être pris en compte et qui, je n’en doute pas, seront pris en compte par l’état-major des armées, la question de notre contribution à la résilience pourrait avoir également un impact sur l’évolution de la médecine des forces et de ses effectifs.

 

Nous ne demandons rien de plus. Nous poursuivons notre plan de restructuration et la contraction de notre modèle hospitalier. Mais nous ne pouvons pas faire cela tout seuls. Nous avons donc sollicité l’état-major des armées, pour bénéficier nous aussi d’une atténuation de nos déflations d’effectifs.

 

Aujourd’hui, et pour répondre concrètement à votre question, le service de santé des armées « assure ». Mais nous nous soucions de ce qui se passera demain. Je pense donc que le renfort que nous demandons – les personnels qui sont présents actuellement, sur les postes que nous n’aurions plus à supprimer – nous permettrait de continuer et de préparer la régénération. Il n’est pas trop tard, bien au contraire. Mais il est temps de faire quelque chose, et de le faire maintenant.

 

Les nombreuses opérations extérieures ont-elles eu une incidence sur la performance des hôpitaux militaires soumis à la tarification à l’activité ? Je répondrai que les coûts engagés par nos hôpitaux sont justifiés, et que le déséquilibre que ces hôpitaux pourront afficher est parfaitement légitime au regard de leur engagement, comme ce fut le cas pour la crise Ebola. À ce propos, je tiens à rappeler que le ministère des Affaires étrangères a contribué au financement et aux pertes de recettes générées par la prise en charge de malades Ebola. Nous ne demandons d’ailleurs que cela.

 

Vous m’avez également interrogé sur les risques NRBC, et plus particulièrement sur les risques biologiques et chimiques. C’est un sujet très vaste.

 

D’abord, le plan national de lutte contre la variole prévoit différents cercles concentriques de protection. Le SSA s’inscrit dans le plan national, mais il le décline selon les besoins spécifiques de nos armées. C’est pourquoi nous ne ferons pas monter en puissance de la même façon la prévention pour nos soldats. En pratique, dès que la menace sera avérée, nous vaccinerons systématiquement avec le vaccin de troisième génération nos soldats potentiellement exposés.

 

L’atropine est un produit très utilisé par tous les acteurs de santé, mais un conditionnement particulier est nécessaire pour faire face à l’hypothèse d’une agression par un toxique chimique. À Orléans, la PCA produit et conditionne de façon adaptée l’atropine. Cette dernière n’est pas disponible ailleurs sous cette formulation sur le territoire national. Elle l’est, me semble-t-il, en Allemagne, mais pas de façon facilement accessible pour notre service public de santé.

 

Ce produit n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Nous sommes autorisés à utiliser des produits non titulaires d’une AMM dans le strict cadre d’un usage au bénéfice des armées. Alors qu’une AMM est en cours et sera obtenue dans les semaines qui viennent, le ministère a donc eu recours à une procédure particulière pour pouvoir délivrer, au profit des unités civiles de santé, de l’atropine dans le format adapté.

 

En résumé : oui, nous sommes les seuls à produire de l’atropine dans le conditionnement utile ; oui, nous le mettons à disposition. Mais, pour cela, nous devons faire jouer l’article L. 3131-1 du code de la santé publique, qui permet au ministre de la Santé à la fois de faire délivrer ce produit par la PCA et de l’utiliser, le cas échéant, alors qu’il n’est pas titulaire d’une AMM.

 

Enfin, le SSA a effectivement développé, pour le besoin des armées, des expertises, des compétences et des capacités pour prévenir les risques biologiques et chimiques.

 

S’agissant du risque biologique, nous avons des compétences particulières, avant tout dans le domaine de la veille sanitaire. Un risque biologique pouvant être insidieux, il faut disposer d’un système d’alerte permanent.

 

Nous avons des capacités de diagnostic qui vont du test rapide au laboratoire de haute sécurité – tel que celui mis en œuvre à Conakry. Nous avons des procédures de prise en charge en contexte dégradé de malades hautement contagieux. Nous les avons mises en œuvre en Guinée à l’occasion d’Ebola. Qui peut prendre en charge Ebola peut prendre en charge les malades les plus contagieux, à la réserve près qu’il n’y avait pas, pour Ebola, de transmission aérienne – laquelle constitue une véritable préoccupation.

 

Nous avons par ailleurs travaillé sur les évacuations médicales de ces patients. Le cas échéant, en effet, on nous demande de rapatrier un soldat qui serait contaminé. Cela nous a amené à faire d’importants efforts, avec l’armée de l’air, sur les conditions d’évacuation.

 

Nous pouvons enfin prendre en charge des malades hautement contagieux dans nos structures, mais en capacité adaptée aux besoins des armées. Il se trouve que ces capacités ont été suffisantes sur le territoire national, et ont donc été sollicitées.

 

Je tiens à dire maintenant, puisque vous vous inquiétez de notre relation avec l’organisation de la santé publique, que le 2 décembre, à l’École du Val-de-Grâce, aura lieu un retour d’expérience (RETEX) sur la prise en compte, par le système de santé national, de la crise Ebola. Il sera organisé sous l’égide de nos deux ministères et sous la conduite de la DGOS, de la DGS et du SSA. La DGOS et la DGS nous ont en effet demandé de participer à son organisation. J’en suis personnellement extrêmement fier, car cela constitue une vraie reconnaissance du service de santé des armées.

 

Nous avions pris en compte nous-mêmes les deux malades, mais nous avons contribué, avec les autorités de santé, à ce RETEX qui a été effectué de manière remarquable – j’ai pu en avoir connaissance – sur l’ensemble du territoire national. Et nous nous trouvons aujourd’hui associés à son appropriation collective.

 

Je pense que cela va dans le sens du rapprochement que nous avons souhaité, qu’il s’agisse d’organiser ou de regarder ce que nous avons fait ensemble. C’est à cette seule condition que, demain, si nous devions modifier notre action dans la résilience, nous pourrions être efficaces : en préparant en amont, et en faisant ensuite ensemble le retour d’expérience. Sinon, notre action ne pourrait être que supplétive, et très limitée en efficacité. C’est d’ailleurs un des principes du modèle « SSA 2020 » : pour être plus efficaces en cas de crise, il faut se préparer en amont.

 

En conclusion, j’ai voulu montrer, à propos du risque B, que le service contrôle – actuellement au profit des armées – l’ensemble de la problématique. Je ne pourrais pas donner ici la liste des agents qui sont effectivement concernés, et vous comprendrez pourquoi. Certains sont bien connus. Vous avez cité la variole. Mais il y en a d’autres, vous le savez.

 

M. Joaquim Pueyo. Monsieur le médecin général, j’allais vous poser les mêmes questions que mes collègues sur les risques d’attaque biologique ou chimique. Vous y avez répondu, s’agissant notamment du rôle des services de santé dans le domaine de la formation et de l’expertise.

Lors des récents attentats, l’identification des victimes a souvent pris du temps, ce que l’on comprend bien entendu compte tenu des circonstances. Il reste que pour certaines familles de victimes, à ce jour il n’y a guère d’information sur les circonstances et le moment du décès de leur proche. C’est très dur pour eux.

Je sais que, sur le coup, l’essentiel est de tenter de sauver des victimes, et que leur identification n’est pas la priorité. Mais il en va différemment dans les jours qui suivent. N’y aurait-il pas une réflexion à mener avec les hôpitaux militaires et civils sur les informations que l’on doit aux familles des victimes de ce qui s’apparente à un acte de guerre ?

 

M. Alain Marty. Un collègue de travail de ma fille a quitté le Bataclan avec une blessure assez importante au niveau du visage. Il semblait conscient, et il a été pris en charge par le service de secours. Mais il est décédé, sans que l’on sache quand ni pourquoi. Il est enterré aujourd’hui à Dôle, et ses proches ont du mal à faire le deuil. Cela se passait dans un hôpital de l’assistance publique, mais ma remarque rejoint celle de mon collègue : pour les familles, il est important de savoir ce qui s’est passé.

 

M. Michel Voisin. Monsieur le médecin général, je vous ai écouté avec beaucoup d’attention, et je voudrais vous exprimer moi aussi toute ma reconnaissance. Cela étant, vous nous avez dit que les hôpitaux susceptibles d’intervenir lors d’épisodes équivalents à ceux que l’on vient de connaître étaient concentrés dans la région parisienne et en région PACA. Les gens de la région lyonnaise, de Bordeaux, de Brest ou d’ailleurs peuvent se sentir laissés pour compte…

Je suis de la région lyonnaise, où nous avons l’honneur d’accueillir l’école de santé des armées de Bron, ainsi que le régiment médical de La Valbonne. Et comme vous nous avez parlé de la coopération entre l’hôpital civil et le SSA, je vous soumets le cas suivant : j’ai reçu dans ma permanence une jeune fille qui faisait sa médecine à Lyon, et qui s’est vu refuser un stage à l’hôpital Desgenettes, sous le prétexte que c’est un hôpital militaire. Il serait temps de mettre en place une coopération un peu plus poussée ! J’avais déjà fait savoir que je déplorais cette situation, mais je n’ai malheureusement jamais eu de réponse.

Encore une fois, monsieur le médecin général, la France « profonde » peut se demander ce qui se passerait si les mêmes événements se produisaient ailleurs, par exemple chez moi à Bourg-en-Bresse, où l’on n’a malheureusement pas les mêmes possibilités d’accueil qu’en région parisienne.

 

M. Alain Moyne-Bressand. Mon général, je m’associe naturellement à ces témoignages de reconnaissance, qui sont justifiés.

J’observe que nous connaissons dans notre pays un manque de médecins. Le même phénomène se vérifie-t-il dans les services des armées ? Par ailleurs, le SSA est très sollicité à l’heure actuelle, notamment sur des théâtres d’opérations extérieures. Ne risquez-vous pas d’être confronté à une rupture de moyens humains ? Voyez-vous l’avenir sereinement ? Y a-t-il des dispositions à prendre ?

 

Mme Édith Gueugneau. Comme mes collègues, je veux absolument vous témoigner ma reconnaissance, et saluer le très grand professionnalisme et la très grande réactivité du SSA.

Ma première question concerne le projet de réforme du service, qui passe notamment par une ouverture vers les services de la santé publique. Cette ouverture n’est-elle pas l’occasion de mutualiser et de gagner en efficacité en matière de recherche médicale ? Si oui, de quelle façon ?

Par ailleurs, je siège au sein de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale. J’aimerais savoir quels moyens de formation vous comptez mettre en œuvre pour attirer du personnel médical féminin, qui pourrait être rebuté.

Enfin, dans le contexte actuel, marqué par des événements dramatiques, nos armées sont très sollicitées. Comment s’organise le suivi et l’aide psychologique pour accompagner nos hommes et nos femmes ?

 

M. Guy Chambefort. Mon général, je m’associe à ce qu’a dit Edith Gueugneau. Je voudrais vous poser une question, à laquelle vous avez déjà un peu répondu. Va-t-on remettre en cause la décision de fermeture de l’hôpital du Val-de-Grâce ? Je pense qu’elle est irréversible. Mais, au vu des événements, est-ce une bonne décision ?

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. Même si vous ne m’avez pas sollicité à ce propos, je voudrais au moins témoigner de notre tristesse, que nous partageons avec les familles des victimes, en particulier de celles qui sont décédées.

 

Nous sommes régulièrement confrontés à la question que vous avez soulevée vis-à-vis des familles des victimes de guerre. Il est en effet extrêmement difficile de reconstituer complètement une histoire, depuis la prise en charge jusqu’au rapatriement. Ici, tout s’est passé dans un espace clos, en plein Paris, et c’est peut-être un peu moins compliqué que lorsque cela se passe en Afghanistan ou au Mali. Néanmoins, nous devons le faire. Nous ne pouvons pas laisser de zone d’ombre, et j’y suis extrêmement attentif.

 

Ce que le SSA peut faire de très important, c’est d’expliquer ce qui s’est passé. J’ai confié cette mission au médecin-chef Clerc qui est à côté de moi. Il faut aller jusqu’au bout de ce qui est possible en matière de retour d’expérience – ce que l’on peut appeler, dans un hôpital civil, une revue de morbidité ou de mortalité.

 

Il est très difficile de comprendre ce qui s’est passé, et encore plus de le faire immédiatement. Après, le risque est que tout s’éparpille et que certains aspects très importants ne puissent être vérifiés, du fait de l’intervention de très nombreux acteurs. En outre, cela ne dépend pas du seul SSA, puisqu’il faut remonter toute la chaîne, depuis les lieux du drame jusqu’à l’hôpital. Cela étant, s’agissant des deux cas qui ont été évoqués, le SSA est totalement ouvert à la compréhension globale de ce qui a pu se passer. Même si nous n’avons pas tous les éléments d’information, nous mettrons à disposition ceux que nous avons.

 

La réponse que l’on peut faire à une famille sur ce qu’il s’est passé et sur les raisons d’une issue fatale dépend de nombreux éléments – qui se sont produits, dans la majorité des cas, avant l’arrivée à l’hôpital. Reste qu’il est très important de comprendre et d’informer les familles. Il n’est pas toujours possible de tout comprendre, mais il faut au moins savoir, quand il y a eu blessure, pourquoi l’évolution a été défavorable. Une telle question mérite toute notre attention.

 

Nous le faisons pour les blessés décédés en opérations chaque fois que c’est possible car, malheureusement, ceux-ci n’arrivent pas toujours directement au SSA, et nous ne pouvons pas toujours agir à temps.

 

S’agissant des cas particuliers qui sont survenus le 13 novembre et dans les jours qui ont suivi, nous participerons à ce que l’on nous demandera de faire. Et, dans tous les cas, nous essaierons de faire en sorte que des réponses soient apportées aux familles. Nous apporterons les réponses que nous pourrons. Mais nous ne pouvons pas nous prononcer pour l’ensemble de la chaîne de secours.

 

M. Jean-Paul Perez, médecin-chef de l’hôpital Percy. Le soir du 13 novembre, ce fut un véritable chaos dans Paris, en raison de l’afflux massif de blessés. Un des problèmes majeurs que nous avons rencontrés fut l’identification des personnes blessées et décédées.

 

Monsieur Pueyo, si une famille de victime le souhaite, qu’elle prenne directement contact avec mon secrétariat, et je la recevrai. Je verrai ce qu’il est possible de lui dire, comme l’a dit le général Debonne.

 

Cette identification a pris énormément de temps en raison des circonstances très particulières. Cela étant, dès trois heures du matin, nous avons commencé le processus de récolement des identités avec les identités provisoires.

 

Nous avons dû voir plusieurs centaines de familles, et répondre à quelque 600 coups de téléphone. Les familles ne savaient pas où étaient leurs proches. À partir de ces 600 coups de téléphone, nous n’avons réussi à identifier que deux blessés présents à Percy. Nous avons travaillé en complète collaboration avec la police, qui était présente dans l’hôpital dès le départ. Mais comment identifier quelqu’un qui n’a aucun papier d’identité et dont les signes distinctifs, dans un tel contexte, n’apparaissent évidents ni pour le soignant, ni pour la famille ? Il a parfois fallu attendre plusieurs jours pour pouvoir affirmer de manière certaine l’identité de telle ou telle victime.

 

J’étais sur place cette nuit-là et tout le week-end, et je puis vous dire qu’il était très pénible de dire à une famille que l’on ne pouvait lui répondre avec certitude. Je vous laisse imaginer la charge émotionnelle que cela pouvait représenter pour les soignants et les personnes de l’accueil.

 

Le dimanche soir, nous avons vu arriver à Percy des familles qui avaient fini leur « chemin de croix » de l’ensemble des hôpitaux parisiens et qui nous demandaient si nous avions accueilli leur fils, leur fille, leur père. Parfois, leur proche n’était pas sur les listes, mais nous ne les avons pas pour autant adressées à d’autres structures. Nous les avons prises en charge directement à Percy, même si leur proche n’y était pas hospitalisé.

 

Voilà un retour d’expérience immédiat…

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. Monsieur Voisin, le cas de la stagiaire refusée à Desgenettes est inhabituel. À ma connaissance, nos hôpitaux accueillent de nombreux stagiaires civils. Ils sont très ouverts, et les terrains de stage militaires sont très largement utilisés.

 

M. Michel Voisin. Il s’agissait d’une élève qui était en première ou en deuxième année. On lui a refusé son stage à Desgenettes, alors même qu’elle se destine à la médecine militaire !

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. Évidemment, un incident est toujours possible. Mais je vous confirme que nos hôpitaux sont ouverts et que ces terrains de stage sont largement utilisés par les facultés de médecine : à la fois parce qu’il faut des terrains de stage et parce que la qualité des stages dans nos hôpitaux est reconnue. Bien sûr, les stages sont excellents dans les CHU comme dans les CH, mais les hôpitaux militaires ont une façon particulière de procéder, qui est appréciée et reconnue. C’est pourquoi nous accueillons de nombreux stagiaires, sans compromettre pour autant la qualité de l’encadrement pédagogique.

 

Il faut savoir que nous ne pouvons pas, que nous n’avons jamais pu, et que nous ne pourrons pas demain avoir le niveau collectif d’établissement suffisant dans tous nos hôpitaux pour prendre en charge des blessés comme nous avons pu le faire le vendredi 13 novembre dans les deux hôpitaux parisiens. Nous pourrions également le faire à Sainte-Anne et à Laveran, mais nous ne pouvions pas le faire ailleurs et nous ne pourrons toujours pas le faire demain.

 

Il ne serait pas raisonnable de maintenir ces hôpitaux au niveau où ils sont actuellement : ils ne pourront pas accueillir de polytraumatisés, malgré les compétences qu’ils hébergent. En effet, pour les accueillir, il faut davantage que des compétences humaines. Il faut des moyens techniques de haut niveau, que nous ne pouvons pas déployer dans tous nos hôpitaux. Aussi est-il important de nouer autant que faire se peut des partenariats avec les hôpitaux civils.

 

Nous sommes là dans un domaine totalement nouveau, où des praticiens militaires, avec des praticiens civils, se mobilisent dans des trauma centers, auxquels ils apportent la valeur ajoutée qui est la leur, en matière d’organisation et de prise en charge des blessures de guerre. Mais ils le font dans un contexte beaucoup plus large, ce qu’aucun hôpital militaire ne peut faire seul, en tout cas hors plateforme.

 

Personnellement, je suis totalement convaincu que c’est la voie qu’il faut suivre. Nous conserverons donc les compétences hospitalières militaires dans les villes où il y a des hôpitaux militaires. Ces hôpitaux ne ferment pas. Cela étant, il faut s’interroger sur leur pérennité et sur la façon dont ils pourront maintenir des compétences en traumatologie, en réanimation et en traitement de brûlés. Jamais Desgenettes, par exemple, ne pourra avoir un service de prise en charge des brûlés, alors que nous pourrions mettre certains de nos personnels dans la réanimation des brûlés de l’hôpital Édouard-Herriot. Ce serait une plus-value pour nos soldats. Et c’est d’ailleurs ce qui est en train de se mettre en place à Metz.

 

Telle est la stratégie hospitalière du SSA, dont la réorganisation repose sur un principe de différenciation. Les hôpitaux de plateforme devront être renforcés, on y concentrera les moyens, pour qu’ils puissent, en tant qu’entités, jouer un rôle de trauma center, y compris au cours d’épisodes dramatiques comme ceux que nous avons vécus. Cela ne signifie pas que nous ferons disparaître les hôpitaux hors plateforme, mais que les forces du SSA seront associées aux forces hospitalières civiles de notre environnement.

 

J’ai constaté, tant à Metz qu’à Brest, Bordeaux et Lyon, que cette vision était partagée. Le projet n’est pas simple à construire, mais je pense que chacun peut jouer un rôle dans son avènement.

 

Desgenettes pourrait ainsi accueillir les services de l’hôpital Henry-Gabrielle, spécialisé en rééducation, une discipline qui nous intéresse au plus haut point. On pourrait constituer un groupe hospitalier de territoire entre Édouard-Herriot, c’est-à-dire les Hospices civils de Lyon, et Desgenettes.

 

Desgenettes resterait ouvert, avec son plateau de consultation, notamment pour tous les personnels de la Défense. Ceux-ci bénéficieraient non seulement de ses compétences, mais aussi de celles de nos partenaires. Nous pourrions mettre au point des parcours de soins privilégiés et adaptés avec nos partenaires. Telle est la stratégie du hors plateforme.

 

L’une de vos questions portait sur la recherche. On aurait pu penser que dans un système qui se contracte, qui a des difficultés, la recherche aurait été considérée comme une préoccupation secondaire. Or c’est exactement l’inverse.

 

Selon moi, plus nous serions petits, plus nous devrions être excellents. Or, un des grands vecteurs de l’excellence, c’est la recherche. Nous avons beaucoup à apporter à la recherche médicale de défense, et pas seulement à l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) de Brétigny-sur-Orge. Les hôpitaux, les centres médicaux des armées et le ravitaillement doivent être intégrés dans l’effort de recherche. Cela suppose de leur donner les moyens et d’organiser cette démarche. C’est en cours, avec la création d’une direction de la recherche, qui n’est pas la direction de l’IRBA et qui intègre l’ensemble des composantes du service sous une même tête.

 

Madame la députée, je peux vous rassurer à propos de la féminisation du SSA, qui progresse. Et je peux dire à ceux qui s’inquiètent que cela se passe très bien, y compris sur les théâtres d’opérations extérieures. Il faut seulement admettre que les uns ne sont pas forcément les autres, que chacun a ses préoccupations et ses moments de disponibilité – parfois différents dans une vie. Et il faut savoir intégrer tous ces éléments dans notre modèle.

 

Il suffit de se rendre sur les théâtres d’opérations pour se rendre compte que cela fonctionne très bien. Quarante kilos sur le dos d’une jeune femme de quarante kilos, c’est possible ! Il faut dire que nous avons la chance d’avoir des personnels exceptionnels. Je précise que le SSA est féminisé à 60 %.

 

Sachez aussi que l’aide psychologique, sur laquelle vous m’avez interrogé, est un sujet d’importance. Le SSA, les armées et l’ensemble du ministère se sont fortement mobilisés, et l’effort se poursuit. Le 14 novembre, le service médico-psychologique des armées a été mis à contribution.

 

À un certain moment, nous nous sommes inquiétés, car nous ne savions pas jusqu’où nous pourrions aller. Mais nous avons réagi à temps et de manière opportune. Aujourd’hui, je crois pouvoir dire, avec beaucoup de précaution et de modestie, que grâce à l’engagement des armées en la matière, car le SSA n’est pas le seul concerné, la situation est parfaitement prise en compte. Les actions menées se poursuivent et les plans d’action se succèdent.

 

Nous avons acquis de l’expérience dans la prise en charge des blessés de guerre, qui malheureusement, pour la très grande majorité d’entre eux, sont des blessés jeunes. C’est une prise en charge globale, qui comporte toujours un volet psychologique. De la même façon, lorsque l’on prend en charge les victimes d’attentats, on doit se garder de sous-estimer les conséquences psychologiques que peuvent avoir ceux-ci, même si rien ne transparaît sur le moment. Voilà pourquoi nous portons une attention très particulière à cet aspect des choses. Des équipes de psychologues et de psychiatres étaient d’ailleurs en place dès le vendredi soir dans les deux hôpitaux militaires.

 

J’en viens à la transformation du service de santé des armées, et à la décision de fermeture du Val-de-Grâce. Cette décision est-elle pertinente ? Ma réponse sera double. Oui, parce c’est celle de notre ministre. (Sourires.) Oui, car les événements de vendredi soir nous l’ont démontré.

 

Le problème de cet hôpital tenait moins à l’importance des travaux de structure à réaliser qu’à l’inadaptation de son projet médical. Sans service d’urgences ni de traumatologie, il n’aurait d’ailleurs pu recevoir aucun blessé le 13 novembre. Son offre de soins ne répondait plus au besoin des armées. Reste que c’est grâce au personnel du Val-de-Grâce que Percy et Bégin ont été efficaces. La densification de Percy et de Bégin grâce aux équipes du Val-de-Grâce nous a permis de faire ce que nous avons fait le 13 novembre et dans les jours qui ont suivi.

 

Je ne pense pas qu’il faille remettre en cause cette décision. D’une part, il faudrait renforcer le Val-de-Grâce de plusieurs centaines de personnes. Ensuite, là où il est situé, il n’y a pas de place pour un nouveau service d’urgences. Bien sûr, les événements actuels nous font voir les choses autrement. Mais il faut prendre en compte la réalité du quotidien : on se retrouverait avec deux services d’urgences de part et d’autre du boulevard de Port-Royal, que l’on n’aurait même pas de quoi alimenter. Cela coûterait très cher, alors que nous avons le devoir de faire attention aux ressources que l’on nous donne et à leur emploi. J’y suis très attaché. Notre crédibilité en dépend.

 

Je terminerai par la question de M. Moyne-Bressand. D’une manière générale, nous n’avons pas de difficultés à recruter des personnels médicaux et paramédicaux. Mais il n’en va pas de même pour les spécialités que vous avez évoquées, particulièrement celles qui sont soumises à la projection sur les théâtres d’opérations. C’est même un sujet de tension important, compte tenu du niveau de projection des forces et de ce qui se passe actuellement.

 

Dans un tel contexte, nous ne pouvons pas être béatement sereins. Nous devons donc être très vigilants sur notre capacité, demain, à soutenir les opérations – et je ne parle même pas de notre capacité à contribuer à la résilience.

 

La tension est extrêmement élevée dans certaines spécialités, dont la chirurgie et, plus particulièrement, la chirurgie orthopédique. C’est d’ailleurs un phénomène général dans notre pays. La démographie médicale est telle que nous devons nous interroger sur notre attractivité dans ce type de spécialité.

 

Actuellement, le SSA porte une attention particulière aux conditions de travail et de vie quotidienne des chirurgiens dans nos structures hospitalières. Le rythme de leur sujétion opérationnelle a été extrêmement intensif, parfois trop intensif. Je l’avais dit, une telle situation n’était pas supportable à terme. Si elle devait perdurer, il faudrait reconsidérer un certain nombre de choses. Je pense notamment au rôle de la réserve, dont la défense et les armées se préoccupent tout particulièrement en ce moment.

 

Je tiens à dire ici que sur les théâtres d’opérations – comme par exemple à Gao, au Mali – les réservistes opérationnels font preuve d’une remarquable efficacité. Évidemment, on ne peut pas employer la réserve comme on emploie les personnels d’active, car elle n’a pas le même niveau permanent de préparation opérationnelle. Cependant, l’engagement de ces réservistes est très impressionnant. J’en ai fait l’expérience. Nous avons des praticiens de tous horizons, libéraux comme hospitaliers, qui vont à Gao et font du RETEX avec nous.

 

Ainsi, aujourd’hui, le SSA est confronté à une obligation, que je considère comme prioritaire : garantir un soutien aux forces armées, même si nous ne pouvons pas y parvenir à nous seuls. Comment nous y prendre alors ? En premier lieu, en organisant notre réserve. Nous avons des besoins. Il y a des volontaires. Nous devrons davantage intégrer la réserve dans les différentes fonctions du SSA, en opérations comme sur le socle.

 

Depuis trois ans, j’insiste sur le rôle que la réserve pourrait jouer dans le SSA. Les effectifs de la réserve ont été augmentés de 13 000 postes, dont certains seront attribués au service de santé des armées – qui compte déjà 3 000 réservistes opérationnels, dont beaucoup de praticiens et de personnels hautement qualifiés.

 

C’est une façon de répondre à ce manque de spécialistes. Il y a des missions pour lesquelles nous ne pouvons pas envoyer de réservistes. Mais il y a bien d’autres pour lesquelles nous pouvons y faire appel. Nous le faisons depuis longtemps, et ils nous répondent. Dans les conditions que nous connaissons, je sais que nous pourrons compter encore davantage sur eux. C’est intégré totalement dans notre schéma, et leur place va continuer à évoluer.

 

Les réservistes occupent déjà une place importante. Par exemple, 50 % des actes dentaires réalisés en OPEX le sont par des dentistes réservistes. Ce chiffre suffit à lui seul à nous rassurer sur l’état d’esprit de notre réserve.

 

On ne peut pas être totalement serein dans les temps actuels, mais on peut tout de même rester confiant. Ce sera ma conclusion.

 

M. Michel Voisin. Nous avons eu un bel exemple de réserviste dans notre commission : notre ancien collègue, Jean-Claude Beaulieu, qui était chirurgien, se mettait pendant cinq semaines par an à votre disposition sur les théâtres d’opérations.

 

M. le médecin général Jean-Marc Debonne. Nous le connaissions bien, et j’ai eu l’occasion de dialoguer à plusieurs reprises avec lui.

 

Mme la présidente Patricia Adam. Mon général, nous vous remercions.

 

*

* *

 

Membres présents ou excusés

 

Présents. - Mme Patricia Adam, M. Olivier Audibert Troin, M. Jean-Jacques Bridey, M. Jean-Jacques Candelier, M. Guy Chambefort, M. David Comet, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, Mme Edith Gueugneau, M. Christophe Guilloteau, M. Francis Hillmeyer, M. Alain Marty, M. Damien Meslot, M. Alain Moyne-Bressand, M. Joaquim Pueyo, M. Gwendal Rouillard, M. Michel Voisin

 

Excusés. - M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, Mme Catherine Coutelle, Mme Geneviève Fioraso, M. Serge Grouard, M. Éric Jalton, M. Jean-Yves Le Déaut, M. rédéric Lefebvre, M. Jean-Claude Perez

 

Télécharger Audition du médecin général des armées Jean-Marc Debonne, directeur central du service de santé des armées

 

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 18:55
crédits DCSSA

crédits DCSSA


21/11/2015 par DCSSA

 

Suite aux attentats du 13 novembre à Paris, les hôpitaux militaires ont mis en pratique leur savoir-faire dans le domaine de la médecine de guerre au profit des victimes.

 

Bégin, 22h30. L’hôpital décide d’activer le plan blanc suite aux attentats qui frappent la capitale. Les équipes soignantes sont appelées en renfort. Des médecins réservistes, mais aussi des soignants des hôpitaux de Paris qui habitent tout près se présentent spontanément pour prêter main forte. En 45 minutes, 48 médecins et 25 paramédicaux sont mobilisés, la salle des urgences est entièrement reconfigurée. La préparation et l’anticipation seront cruciales cette nuit-là.

Les premières victimes en urgence absolue arrivent à 23h50. Entre minuit et 1 heure, il y a 31 blessés balistiques enregistrés. Les équipes médico-chirurgicales de Bégin sont rôdées à la prise en charge de ces plaies complexes. Le plan MASCAL (massive casualties) mis en œuvre en opérations extérieures pour faire face à un afflux de blessés est appliqué : triage, catégorisation des blessés, examens, puis passage en chirurgie où est appliqué le damage control pour sauver un maximum de vies. « La catégorisation rapide et efficace des blessés a été la clé pour la régulation des urgences » explique le MCS Vincent, chirurgien viscéraliste. Cinq blocs opératoires tournent simultanément. Des gestes maintes fois répétés lors de formations spécifiques aux médecins militaires, puis en réalité lors des opérations extérieures, sont effectués.

Une équipe mobile de soutien psychologique est rapidement constituée. Elle se déplace dans les différents services auprès des blessés et des familles, pour leur apporter un réconfort, les rassurer, les écouter et les aider à mettre des mots sur les images d’horreur. L’équipe intervient aussi auprès du personnel soignant. L’objectif : le préserver. Outre les débriefings collectifs, chacun va bénéficier d’un suivi personnalisé dans les jours à venir.

Les opérations au bloc ont continué jusqu’ au samedi 23h. Bégin a pris en charge 41 victimes. L'hôpital Percy en a soigné dix-sept. « Faire face à la mort est le propre de l’urgentiste. L’expérience militaire permet dans ce cas de figure d’avoir des repères qui permettent de garder son sang-froid » explique le MC Eric, chef du service des urgences de l’HIA Bégin. « Malgré l’afflux de blessés sur une courte période, chacun savait précisément ce qu’il avait à faire. Tout s’est déroulé dans la sérénité. Tous les patients ont eu une chance » ajoute-t-il.

D’autres victimes, indirectes ou psychologiques, se sont présentées les jours suivants. Le personnel soignant répond encore présent. L’HIA s’est reconditionné, a complété ses stocks et se tient à nouveau prêt.  « C’est notre devoir à la fois de médecin et de militaire d’être présent pour la population française. Les Parisiens ont besoin de nous. Nous serons là H24 », conclut le MC Eric.

Le coeur de métier des médecins militaires est le soutien des soldats sur  le territoire national et en opérations extérieures. Ils sont déployés au plus près des combats et opèrent si nécessaires dans des antennes chirurgicales, installées sous tente, en environnement souvent hostile, comme en Afghanistan ou au Mali. La volonté du service de santé des armées est de toujours offrir aux blessés la meilleure chance de survie et de récupération fonctionnelle.

Le service de santé des armées en opérations extérieures : une chaîne de soins continue et permanente

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 12:55
photo EVDG - DCSSA

photo EVDG - DCSSA

 

13/11/2015 EVDG  - DCSSA

 

Une première Unité d’enseignement (UE) optionnelle « Santé et Défense » vient d’être créée pour les étudiants des Facultés de Santé d’Ile-de-France.

 

L’UE optionnelle « Santé et Défense » a été créée par une  convention établie entre l’École du Val-de-Grâce et l’Université Paris-Descartes. Ouverte à tous les étudiants en médecine, pharmacie et odontologie des 11 facultés d’Ile-de-France, elle a pour objectif de favoriser les vocations d’engagement dans la Réserve opérationnelle du SSA.

 

3000 réservistes servent volontairement à temps partiel dans les hôpitaux militaires ou dans les  centres médicaux des armées. En 2014, une quarantaine d’entre eux a exercé en opérations extérieures pour participer au soutien médico-chirurgical des armées.

 

L’UE expose les différentes composantes et actions du SSA. Elle comprend un tronc commun de quatre modules pour tous les étudiants, des visites des sites du SSA et deux modules spécifiques pour médecins, pharmaciens et dentistes. Les intervenants sont des médecins militaires d’active et de réserve.

 

L’UE rencontre déjà un franc succès. 88 étudiants sont inscrits pour sa première année d’existence.

 

L’ouverture officielle du premier module a eu lieu le 10 octobre à l’École du Val-de-Grâce en présence du doyen de la faculté de pharmacie Paris-Descartes. Au programme : l’organisation de la défense et du SSA, la place des réservistes, l’environnement de l’aide humanitaire internationale et la mission du Centre de traitement des soignants déployée en Guinée lors de la crise Ebola. Ces présentations ont suscité un vif intérêt et de nombreuses questions parmi les étudiants.

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 08:55
Bloc opératoire HIA Bégin - photo ECPAD

Bloc opératoire HIA Bégin - photo ECPAD

 

18/11/2015 Service de santé des armées - DCSSA

 

Hôpitaux militaires, centre de transfusion sanguine, psychiatres, DAPSA, CMA, le service de santé a été largement mobilisé suite aux attentats commis  dans Paris ce week-end.

 

Les deux HIA Percy et Bégin ont été immédiatement mobilisés. Chaque HIA a conditionné ses blocs opératoires pour faire face à l’afflux massif de blessés. Ils ont, au total, accueilli 58 blessés, soit 18% des urgences absolues. En une heure à Bégin, 8 ambulances ont acheminé une trentaine de blessés, dont 20 par balle et de nombreuses urgences psychologiques. Au même moment, 17 blessés étaient accueillis à Percy.  Dès l’arrivée des ambulances de la BSPP, les blessés étaient triés, catégorisés, examinés avant le passage au bloc opératoire. « Les équipes médicales ont mis en œuvre au profit des blessés français sur le territoire national ce qu’elles font habituellement en opération extérieure » a souligné le MG Gygax-Genero, directrice de l’HIA Bégin.

 

« Si chaque hôpital a eu un nombre important de blessés, aucun n’était dans un afflux dit saturant. Chaque victime a donc pu avoir le traitement nécessaire : le damage control, c’est-à-dire des mesures conservatoires qui permettent la survie du blessé, du membre » a expliqué les MCS Rigal, chef du service de chirurgie orthopédique de l’HIA Percy.

 

Une cellule médico-psychologique a également été déployée dans chaque HIA au profit des blessés, de leur famille, mais aussi du personnel soignant, fortement impacté. L’action du CTSA a été également déterminante dans la prise en charge des blessés grâce à un approvisionnement en sang efficace et continu. 

 

Le lendemain, une équipe de psychiatres et psychologues du Service intervenaient à l’école militaire pour soutenir les familles de victimes. « Nous étions là pour leur apporter une présence, un accueil, un réconfort, faire en sorte qu’ils puissent mettre des mots sur ces événements d’horreur absolus » a expliqué le médecin en chef Martinez, coordinateur national du soutien médico-psychologique des armées.

 

Pendant ce temps, les établissements du ravitaillement sanitaire déployaient 2500 garrots et pansements compressifs nécessaires aux 1500 militaires envoyés en renfort de l’opération sentinelle.

 

Rôdé à la prise en charge des blessés de guerre, physiques et psychiques, le personnel soignant a fait preuve d’une efficacité et d’un dévouement remarquables. Le ministre de la défense a d’ailleurs salué « la mobilisation, la réactivité et le sang-froid du personnel du SSA »lors de sa visite à Bégin, lundi 17 novembre. A midi, entouré du personnel hospitalier, il a observé une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat.

 

L’action continue dans les hôpitaux au profit des blessés dont le parcours de reconstruction s’annonce long et difficile, toujours entouré du personnel soignant.

Infographie HIA-Attentas novembre 2015 - credits DCSSA

Infographie HIA-Attentas novembre 2015 - credits DCSSA

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 13:55
photo DCSSA

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17/11/2015  DCSSA

 

Dans une quinzaine de  jours, vous pourrez faire une promesse de don de sang datée en appelant les sites de collecte du CTSA (01 41 46 72 26 pour le site de Clamart et 04 83 16 22 60 pour le site de Toulon) en heures et jours ouvrables.

 

L'exceptionnelle mobilisation des donneurs de sang en Ile-de-France depuis samedi 14 novembre a permis de compléter la banque de sang militaire (CTSA). Nous vous remercions pour votre générosité.

En dehors des collectes déjà programmées, tous ceux qui voudraient s'engager dans le soutien du service de santé des armées doivent réserver leur don pour les semaines à venir et particulièrement pour les fêtes de fin d'année qui sont toujours des périodes en manque de donneurs.

Il est important de respecter cette consigne d'étalement des dons car tous ceux qui donnent aujourd'hui ne pourront plus donner en sang total pendant deux mois.

Pour votre promesse de don, dans une quinzaine de jours, appelez au 01 41 46 72 26 pour le site de Percy/Clamart et 04 83 16 22 60 pour le site de Sainte-Anne/Toulon du centre de transfusion sanguine des armées

 Pour en savoir plus sur le don du sang et le centre de transfusion sanguine des armées

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 16:55
photo DCSSA

photo DCSSA


16/11/2015 DCSSA

 

Dans une quinzaine de  jours, vous pourrez faire une promesse de don de sang datée en appelant les sites de collecte du CTSA (01 41 46 72 26 pour le site de Clamart et 04 83 16 22 60 pour le site de Toulon) en heures et jours ouvrables.

L'exceptionnelle mobilisation des donneurs de sang en Ile-de-France depuis samedi 14 novembre a permis de compléter la banque de sang militaire (CTSA). Nous vous remercions pour votre générosité.

En dehors des collectes déjà programmées, tous ceux qui voudraient s'engager dans le soutien du service de santé des armées doivent réserver leur don pour les semaines à venir et particulièrement pour les fêtes de fin d'année qui sont toujours des périodes en manque de donneurs.

Il est important de respecter cette consigne d'étalement des dons car tous ceux qui donnent aujourd'hui ne pourront plus donner en sang total pendant deux mois.

Pour votre promesse de don, dans une quinzaine de jours, appelez au 01 41 46 72 26 pour le site de Percy/Clamart et 04 83 16 22 60 pour le site de Sainte-Anne/Toulon du centre de transfusion sanguine des armées

 Pour en savoir plus sur le don du sang et le centre de transfusion sanguine des armées

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 08:55
photo EMA / DCSSA (archives)

photo EMA / DCSSA (archives)

 

15/11/2015 Sources : Etat-major des armées

 

Face au drame humain qui a frappé Paris, la mobilisation de l’armée est maximum tant sur le plan sécuritaire que sanitaire. Le service de santé des armées (SSA) a renforcé le plan Blanc pour répondre à la prise en charge de l’afflux important des victimes. Le plan Blanc organise la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles.

 

Des gestes de médecine de guerre

 

Les hôpitaux militaires (HIA) de la plateforme hospitalière d’île de France, Begin à St Mandé et Percy à Clamart ont soigné de nombreux blessés des attentats de Paris, dont certains dans un état très grave. Au total, 52 blessés ont été pris en charge par les HIA.

Les équipes ont œuvré sans discontinuer. Elles disposent de compétences spécifiques acquises en opérations. A Paris, elles ont effectué sur les victimes des attentats, les mêmes gestes et prodigué les mêmes soins que sur les blessés de guerre.  Forte plus-value au bénéfice des partenaires civils.

Le ministère de la Santé a également sollicité le SSA pour la prise en charge psychologique à l’école militaire des familles et des victimes des attentats. Une équipe de spécialistes psychiatres et psychologues a renforcé la cellule d’urgence médico-psychologique de l’assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP).

La gestion de crises sanitaires est une expertise du SSA. Les HIA parisiens ont participé à l’accueil de vicitmes des attentats de janvier 2015. La contribution du SSA à la résilience nationale est inscrite dans le livre blanc de la défense et de la sécurité nationale 2013.http://www.defense.gouv.fr/actualites/communaute-defense/attentats-de-paris-contribution-des-armees-au-plan-blanc3

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 12:55
Armée de Terre -Service de santé des armées, même combat !

 

12/11/2015 Ministère de la Défense

 

L’armée de Terre et le Service de santé des armées (SSA) sont quotidiennement engagés sur les mêmes activités et en opération. Afin de formaliser cette relation essentielle, les deux entités ont signé, le 6 novembre dernier, un contrat de service.

 

Ce contrat de service aborde l’ensemble des domaines d’interaction entre les deux entités. S’inscrivant pleinement dans les projets « Au Contact » de l’armée de terre et « SSA 2020 », il vise à fournir un soutien de proximité adapté et toujours plus performant. Le document décline les prestations attendues par chacune des parties dans les domaines du soutien santé, des ressources humaines, des équipements, de la préparation et de l’engagement opérationnel.

 

Maintenir, du niveau central au niveau local, une coordination efficace entre l’armée de Terre et le Service de santé des armées en vue de l’engagement opérationnel, tel est le l’objectif permanent  qui guide les réflexions.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 12:55
L’unité Fatigue et vigilance de l’IRBA possède un savoir-faire reconnu dans la réalisation d’études cliniques dans le domaine de  la fatigue et de la vigilance. Ici, les sujets d’une étude réalisent des tests cognitifs. Image d’archives ECPAD

L’unité Fatigue et vigilance de l’IRBA possède un savoir-faire reconnu dans la réalisation d’études cliniques dans le domaine de  la fatigue et de la vigilance. Ici, les sujets d’une étude réalisent des tests cognitifs. Image d’archives ECPAD

 

10/11/2015 DCSSA

 

La start-up de biotechnologie lyonnaise Theranexus a annoncé le lancement, en collaboration avec le service de santé des armées, de la phase clinique de son traitement des troubles de l’éveil.

 

En dépit de l’administration des meilleurs traitements actuels, les patients atteints de narcolepsie et d’apnée du sommeil souffrent de somnolence résiduelle. THN10, programme de traitement mis au point par la société Theranexus, est destiné à apporter à ces patients une solution plus efficace pour le maintien de l’éveil et de leurs performances cognitives, attention et mémoire.

 

L’étude clinique sur le THN10 est réalisée à l’Hôpital d’instruction des armées Percy (Clamart - 92). Elle est coordonnée par l’unité Fatigue et Vigilance de l’Institut de recherche biomédicale des armées, dirigée par Mounir Chennaoui. La pharmacie centrale des armées apporte son soutien pour la fabrication et la libération des médicaments expérimentaux. 

 

Vingt volontaires sains privés de sommeil sont enrôlés dans cette phase II de l’étude d’efficacité, conduite par le médecin en chef Fabien Sauvet, spécialiste du sommeil à l’IRBA. La phase I de sécurité a montré que la combinaison des deux molécules élaborée par Theranexus ne présente aucun problème de tolérance ni de sécurité cardiovasculaire par rapport au traitement de référence.

 

« Nous nous réjouissons que le développement clinique de ce produit progresse conformément au calendrier établi avec des résultats attendus au 1er semestre 2016. A ce sujet, le soutien de la Direction générale de l’Armement et le savoir-faire de l’IRBA, reconnue pour sa capacité à réaliser des études cliniques dans les domaines de la fatigue et de la vigilance, ont été décisifs pour attendre ce nouveau jalon », explique Franck Mouthon, président de Theranexus.

  

En France, 10 000 personnes souffrent de narcolepsie. L’apnée du sommeil touche 4 % de la population.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 12:50
photo NATO

photo NATO

 

12/11/2015 DCSSA

 

Le service de santé des armées et le centre d’excellence pour la médecine militaire (MILMED COE) de Budapest en Hongrie coopèrent depuis 2011 dans les domaines de la surveillance épidémiologique et de la formation. Une rencontre a eu lieu dans la perspective de renforcer cette coopération.

 

Le MGI Patrick Godart, directeur central adjoint du SSA, a effectué une visite au MILMED CoE de Budapest en Hongrie, les 14 et 15 octobre 2015. Il a rencontré le directeur, le Brigadier Général Stefan Kowitz (DEU), ainsi que les responsables des départements RETEX, formation et interopérabilité.

 

Le Centre d’excellence et le SSA travaillent ensemble pour le développement du système ASTER (surveillance épidémiologique en temps réel) au sein du centre de surveillance épidémiologique de l’OTAN à Munich. Dans le domaine de l’enseignement, la coopération se fait pour l’évaluation des capacités médicales, avec l’École du Val-de-Grâce, et des cours de surveillance épidémiologique, destinés aux personnels médicaux appelés à être projetés dans des Rôles 1 à 3, sont assurés par le CESPA depuis fin 2013.

 

Le SSA et le Centre d’excellence accompagnent un projet de Trauma Registry, dont l’expérimentation est en cours, au profit de l’OTAN. Enfin, le Mil Med CoE coordonne la préparation des exercices médicaux internationaux Vigorous Warrior, organisés tous les 2 ans depuis 2011.

 

Le Mil Med CoE est l’un des 16 centres d’excellence militaire en Europe. Il est le seul dans le domaine de la santé. Le Mil Med CoE fonctionne depuis septembre 2009 et a obtenu la certification OTAN en octobre de la même année. Il s’est vu conférer le statut d’organisation internationale, et non plus de structure nationale hongroise à vocation multinationale, peu avant son inauguration officielle fin 2009. L’adhésion de la France a été officialisée le 12 octobre 2011.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 11:55
« Le Sang donné pour le sang versé » - 70e anniversaire du CTSA

 

12/11/2015 C. Martin  -  DICOD

 

Le Centre de Transfusion Sanguine des Armées (CTSA) a été créé le 12 novembre 1945 par le médecin-général Julliard. Au plus près du combattant, le rôle du CTSA est d’assurer la sécurité au niveau transfusionnel d’un militaire projeté en opération extérieure. Depuis 70 ans, son action perdure au sein des armées.

 

Note RP Defense: le CTSA reçoit le sang de toutes et tous, civils et militaires.

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 12:56
[Diaporama] Terriens et aviateurs survivent au CESSAN

La cabine plonge à 3,5 mètres de profondeur dans un bassin de 1 500 m3 d’eau et d’une profondeur de 6 mètres. Les exercices sont réalisés en toute sécurité en présence des plongeurs instructeurs du CESSAN. - photo J.REDOUANE©ECPAD

 

 

30/10/2015 Cne F. Cantin  -  DICOD

 

Fin octobre, une vingtaine de terriens et aviateurs, tous personnels navigants, se sont retrouvés au Centre d’entraînement à la survie et au sauvetage de l’aéronautique navale (CESSAN), à Lanvéoc. Durant cinq jours, ils ont été évalués sur leur aptitude à la survie en mer avec hélitreuillage au large des côtes bretonnes, formés à l’évacuation de cabines immergées en bassin et à l’utilisation de l’élément de respiration subaquatique (ERSA) avant de s’entraîner à se dégager d’une voile de parachute dans l’eau. Le CESSAN a mis à profit ses nouveaux simulateurs arrivés à l’été pour un entraînement au plus proche de la réalité. Chaque année, le Centre accueille plus de 1 000 stagiaires des trois armées, de la gendarmerie, du service de santé des armées ou encore de personnels navigants d’armées étrangères pour apprendre à survivre en cas d’amerrissage forcé.

 

Terriens et aviateurs survivent au CESSAN - [Diaporama]

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 08:30
photo EMA / Armée de Terre

photo EMA / Armée de Terre

 

03/11/2015 Sources : État-major des armées

 

Du 19 au 23 octobre 2015 à Dayr Kifa au Sud-Liban, les militaires français et ceux des Forces armées libanaises (FAL) ont effectué un entraînement conjoint de sauvetage au combat.

 

Depuis février 2012, les soldats français et libanais renforcent l’interopérabilité des procédures de travail – notamment grâce aux entraînements conjoints.

Cet exercice leur a permis de partager connaissances et expériences respectives en matière de sauvetage au combat. Après une approche théorique, une présentation de la trousse individuelle du combattant et un rappel des gestes de premiers secours, les casques bleus français et les soldats libanais ont participé à différents exercices pratiques.

C’est dans le cadre de l’appui aux FAL que les soldats français de la mission Daman ont mené des exercices abordant l’analyse de l’état de la victime, le dégagement d’urgence, la prise en compte des blessures, la pose de garrot ou encore le brancardage de fortune – véritables spécificités françaises. Un exercice final reprenant l’ensemble des cas a permis aux militaires des deux nations d’évaluer leurs compétences dans le domaine.

Suite de l’article

photo EMA / Armée de Terre

photo EMA / Armée de Terre

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 18:56
Recherche de donneurs O NEGATIF au profit du Centre de transfusion sanguine des armées

Le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) manque cruellement de sang 0 NEGATIF (le sang des donneurs universels, distribuable pour toutes les urgences vitales) depuis quelques semaines.

Si vous êtes O NEGATIF n’hésitez pas à faire un don au plus vite au CTSA de Clamart (Hauts de Seine) ou de Toulon

CTSA Clamart

1, rue du lieutenant Raoul Battany

92140 Clamart

01 41 46 72 24

CTSA Toulon

Boulevard Sainte-Anne

83000 Toulon

04 83 16 21 61

Du lundi au vendredi, de 8 heures 30 à 16 heures 30.

Téléchargez la plaquette présentant le CTSA et son expertise : LIEN

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